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ABADA

De Encyclopédie

ABADA, s. m. c’est, dit-on, un animal qui se trouve sur la côte méridionale de Bengale, qui a deux cornes, l’une sur le front, l’autre sur la nuque du cou ; qui est de la grosseur d’un poulain de deux ans, & qui a la queue d’un bœuf, mais un peumoins longue ; le crin & la tête d’un cheval, mais le crin plus épais & plus rude, & la tête plus plate & plus courte ; les pieds du cerf, fendus, mais plus gros. On ajoûte que de ces deux cornes, celle du front est longue de trois ou quatre pieds, mince, de l’épaisseur de la jambe humaine vers la racine ; qu’elle est aiguë par la pointe, & droite dans la jeunesse de l’animal, mais qu’elle se recourbe en-devant ; & que celle de la nuque du cou est plus courte & plus plate. Les Negres le tuent pour lui enlever ses cornes, qu’ils regardent comme un spécifique, non dans plusieurs maladies, ainsi qu’on lit dans quelques Auteurs, mais en général contre les venins & les poisons. Il y auroit de la témérité sur une pareille description à douter que l’Abada ne soit un animal réel ; reste à sçavoir s’il en est fait mention dans quelque Naturaliste moderne, instruit & fidele, ou si par hasard tout ceci ne seroit appuyé que sur le témoignage de quelque voyageur. Voyez Vallisneri, tom. 3. p. 367[1].

Notes

  1. Antonio Vallisnieri, Opere Fisico-Mediche stampate e manoscritte del Kavalier Antonio Vallisneri raccolte da Antonio suo figliuolo, Corredate d’una Prefazione in genere sopra tutte, e d’una in particolare sopra il Vocabolario della Storia Naturale, Venise, Sebastiano Coleti, 1733.