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ALCYONIUM

De Encyclopédie

ALCYONIUM, s. m. substance qui se trouve dans la mer, & que l’on avoit mise presque jusqu’à présent au rang des végétaux, & au nombre des plantes de mer. Les Botanistes ont distingué plusieurs especes d’alcyonium ; on en trouve douze dans les Institutions de M. de Tournefort[1] : mais comme on ne pouvoit reconnoître ni feuilles ni fleurs ni semences dans aucune de ces especes, on ne leur a donné aucun caractere générique. Le degré de consistance, la couleur, la grandeur & la figure de ces prétendues plantes servoient de caracteres spécifiques : mais le meilleur moyen de les reconnoître est d’en voir les gravures dans différens Auteurs, comme le conseille M. de Tournefort. On en trouve aussi des descriptions détaillées, Hist. pl. Jo. Bauh.[2] tom. III. liv. 39. Hist. pl.[3] Raii. tom. I. &c. Enfin on a reconnu que ces prétendues plantes doivent être soustraites du regne végétal, & qu’elles appartiennent au regne animal. On est redevable de cette découverte à M. Peyssonel ; il a reconnu que l’alcyonium étoit produit & formé par des insectes de mer qui sont assez ressemblans aux polypes. Cette observation a été confirmée, & elle s’étend à la plûpart des substances que l’on croyoit être des plantes marines. V. Plantes marines, Polypier. Le mot alcyonium vient d’alcyon, parce qu’on a cru que l’alcyonium avoit quelque rapport avec cet oiseau pour son nid. En effet, il y a des alcyonium qui sont creux & spongieux, & que l’on a bien pû prendre pour des nids d’oiseaux.

Notes

  1. Joseph Pitton de Tournefort, Institutiones rei herbariæ. Editio altera, Gallica longe auctior, Paris, Imprimerie royale, 1700.
  2. Jean Bauhin, Historia plantarum universalis nova et absolutissima cum consensu et dissensu circa eas, Yverdon, s.n., 1650-1651.
  3. John Ray, Historia plantarum generalis, Londres, S. Smith et B. Walford, 1693.