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DORÉE, poisson de S. Pierre

De Encyclopédie

DORÉE, poisson de S. Pierre, faber sive gallus marinus, Rond. (Hist. nat. Ichthiolog.) poisson de mer, dont le corps est fort large, applati par les côtés, & d’égale épaisseur dans toute son étendue. Il ressemble beaucoup, par la forme, aux poissons plats ; cependant on ne peut le ranger dans ce genre, parce qu’il nage droit sur le ventre, & qu’il a un œil de chaque côté de la tête. La tête est fort grosse, & très-applatie par les côtés ; l’ouverture de la bouche, les yeux, & la prunelle sont grands, & l’iris est jaune : les narines sont placées très-près des yeux. Les côtés du corps ont une couleur d’olive mêlée de blanc-bleuâtre : il y a sur le milieu de chacun des côtés une tache ronde de couleur noire, de la largeur d’une petite piece de monnoie. Les écailles de ce poisson sont fort petites : les os & les cartilages qui composent les levres & les machoires sont unis par des membranes très-minces ; chaque machoire est garnie de dents pointues. Il y a sur la partie supérieure du palais une éminence raboteuse, de forme triangulaire, & sur la partie inférieure deux tubercules garnis aussi de pointes : la machoire supérieure est recouverte d’une sorte de lévre formée par une membrane qui se replie en-haut. La langue est longue, pointue, & lisse. Les traits qui s’étendent sur les côtés sont courbes. Il y a deux nageoires sur le dos : la premiere est la plus élevée ; elle a dix piquans, dont chacun est accompagné d’un aiguillon de consistence molle, qui s’écarte du piquant à quelque distance de la pointe, n’y tient que par une membrane, & se prolonge plus haut. La nageoire postérieure est composée de vingt-quatre aiguillons cartilagineux & flexibles ; le douzieme est le plus grand de tous. Il y a dans la queue quinze piquans branchus ; lorsque le poisson l’étend, son extrémité est circulaire. Les nageoires des oüies ont chacune quatorze aiguillons : celles du ventre sont placées un peu plus en-avant ; elles contiennent chacune sept aiguillons, dont le premier est ferme, osseux, & garni de petites pointes ; les autres sont cartilagineux & flexibles. Dans ce poisson l’anus est placé au milieu du corps. Il y a encore deux nageoires au-delà de l’anus ; la premiere a quatre aiguillons fermes & unis par une membrane ; ceux de la seconde nageoire sont flexibles & s’étendent presque jusqu’à la queue : on en compte jusqu’à vingt-deux. Il a de plus des épines de chaque côté des nageoires du dos, & de celles qui sont au-delà de l’anus. Il y en a aussi qui s’étendent en deux files depuis les oüies jusqu’aux nageoires du ventre, & depuis ces nageoires jusqu’à l’anus. Il se trouve aussi des épines à l’occiput & à l’angle des oüies. Ce poisson a la tête & le dos brun, les nageoires noirâtres, & les côtés de couleur d’or, d’où vient le nom de dorée. On lui a donné à Rome celui de poisson S. Pierre, parce qu’on a crû que S. Pierre avoit pris un poisson de cette espece par le commandement de Jesus-Christ, & avoit tiré de sa bouche une piece de monnoie pou payer le tribut, & que l’empreinte de ses doigt avoit formé sur les côtés la tache que l’on y voit. On a trouvé de ces poissons qui avoient jusqu’à seize pouces de longueur : il y en a dans l’Océan & dans la Méditerranée : la chair en est tendre & facile à digerer. Wil. Rond. hist. pisc. Voyez Poisson.

Dorées

Dorées, s. f. pl. (Verrerie.) se dit des fumées du cerf, lorsqu’elles sont jaunes.