FRENE (v7-347)
FRENE, (Pharmac. Mat. medic.) son écorce, ses feuilles, & ses graines contiennent un sel alumineux, tartareux, de saveur austere, acre & amere : le sel qu’on tire de son écorce est un alkali fixe, actif & corrosif. Le sel tartareux, acre & amer que les graines contiennent, est plus huileux & plus actif que celui de son écorce. M. Tournefort trouve que le sel essentiel du frêne est presque semblable à l’oxisal diaphorétique d’Ange-Sala, uni avec beaucoup de terre & de soufre. La décoction ou l’infusion de son écorce, noircit la solution de vitriol, de même que la noix de galle.
On ordonne rarement ou jamais les feuilles de frêne : l’écorce de cet arbre a les propriétés de la noix de galle ; elle est atténuante, sudorifique, & dessicative ; le sel tiré des cendres de cette écorce excite puissamment les urines, mais c’est une propriété qui lui est commune avec les autres sels alkalis.
La graine de frêne est appellée dans les boutiques ornithoglossum, ou lingua avis, parce qu’elle a en quelque maniere la figure d’une langue d’oiseau : c’est une graine extrèmement acre ; elle donne dans la distillation une huile empyreumatique, que l’on rectifie autant qu’il est possible, pour lui ôter son odeur de feu. Le petit peuple d’Angleterre confit cette graine, ou plûtôt le fruit du frêne avant sa maturité, dans de la saumure de sel & de vinaigre, & il en use dans les sausses. Cette graine entre dans la mauvaise composition galénique nommée électuaire diasatyrion de Nicolas Myrepse.