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Faux

De Encyclopédie

Faux, adj. terme d’Arithmétique & d’Algebre. Il y a, en Arithmétique, une regle appellée regle de fausse position, qui consiste à calculer, pour la résolution d’une question, des nombres faux pris à volonté, comme si c’étoit des nombres propres à la résoudre, & à déterminer ensuite, par les différences qui en résultent, les vrais nombres cherchés.

Les regles de fausse position, où l’on ne fait qu’une seule supposition, sont appellées regles de fausse position simple, & celles dans lesquelles on fait deux fausses suppositions, s’appellent regles de fausse position double ou composée.

Exemple d’une regle de fausse position simple.

Trouver un nombre dont la moitié, le tiers, & la quart, fassent 26.

Suivant l’esprit de la regle de fausse position, prenons au hasard un nombre quelconque, tel cependant que l’on puisse en avoir exactement la moitié, le tiers, & le quart : par exemple 12, dont la moitié est 6, le tiers 4, & le quart 3, lesquelles quantités additionnées ne font que 13 fort différent de 26 ; mais dites par une regle de trois : Si 13 sont provenus de 12, d’où 26 doivent-ils provenir ? En faisant la regle, vous trouverez 24, dont effectivement lamoitié 12, le tiers 8, & le quart 6, donnent 26 pour somme.

Ce problème peut évidemment se résoudre encore par l’Algebre, en faisant cette équation x2+x3+x4=26 (voyez Equation). D’où l’on tire 12x+8x+6x24=26 & 26x24=26, ou x=24. Mais alors il n’y a plus de fausse position.

Pour les regles de fausse position composée, il est beaucoup plus simple de résoudre par l’Algebre les problèmes qui s’y rapportent.

Exemple. Un particulier a pris un ouvrier pour trente jours, à condition de lui donner 30 sous chaque jour qu’il travailleroit, & de rabattre sur le gain de son travail autant de fois 10 sous, qu’il seroit de jours sans travailler. Au bout du mois l’ouvrier a reçu 25 liv. ou 500 sous. On demande combien il a travaillé de jours ?

Résolution. Appellons x le nombre des jours de travail, 30x exprimera le nombre des jours de repos. Ainsi, comme l’ouvrier est supposé gagner 30 sous par jour, 30 x sera le revenu des jours de son travail ; & 30x×10 ou 30010x sera la quantité de sous que doit perdre l’ouvrier pour les jours où il n’aura pas travaillé ; il faut donc la retrancher de la quantité de sous qu’il devroit recevoir pour ses jours de travail ; & cette soustraction doit lui laisser 25 liv. ou 500 sous, suivant une des conditions du problème : c’est donc à dire qu’il faut ôter 30010x de 30x pour avoir 500 sous ; on a donc cette équation 30x300+10x, ou 40x300=500 ; ainsi 40x=800 ; donc x=80040=20 : ce qui signifie que l’ouvrier a travaillé vingt jours, & qu’il n’a rien fait les dix autres. en effet vingt jours de travail à 30 sous par jour font 30 liv. desquelles ôtant 5 liv. pour les dix jours où il n’a point travaillé, il reste 25 liv. Les nombres 20 & 10 satisfont donc aux conditions proposées ; ainsi le problème est résolu. Voyez Position.

Il y a aussi, en Algebre, des racines fausses que l’on appelle autrement négatives ; ce sont celles qui sont affectées du signe −. Voyez Négatif, Racine, & Equation.

Faux

Faux, adj. pris subst. (Jurisprud.) ce terme pris comme adjectif, se dit de quelque chose qui est contraire à la vérité ; par exemple, un fait faux, une écriture fausse ; ou bien de ce qui est contraire à la loi, comme un faux poids, une fausse mesure.

Lorsque ce même terme est pris pour substantif, comme quand on dit un faux, on entend par-là le crime de faux, lequel pris dans sa signification la plus étendue, comprend toute supposition frauduleuse, qui est faite pour cacher ou altérer la vérité au préjudice d’autrui.

Le crime de faux se commet en trois manieres ; savoir, par paroles, par des écritures, & par des faits sans paroles ni écritures.

1°. Il se commet par paroles, par les parjures, qui sont de faux sermens en justice, & autres qui font sciemment de fausses déclarations, tels que les stellionataires, les témoins qui déposent contre la vérité, soit dans une enquête, information, testament, contrat, ou autre acte, & les calomniateurs qui exposent faux dans les requêtes qu’ils présentent aux juges, ou dans les lettres qu’ils obtiennent du prince.

L’exposition qui est faite sciemment de faits faux, ou la réticence de faits véritables, est ce qu’on appelle en style de chancellerie obreption & subreption ; cette sorte de fausseté est mise au nombre de celles qui se commettent par paroles, quoique les faits soient avancés dans des requêtes ou dans des lettres du prince, qui sont des écritures, parce que ces re- quêtes ou lettres, en elles-mêmes, ne sont pas fausses, mais seulement les paroles qui y sont écrites, c’est pourquoi l’on ne s’inscrit pas en faux contre une enquête, quoiqu’il s’y trouve quelque déposition qui contienne des faits contraires à la vérité, on s’inscrit seulement en faux contre la déposition, c’est-à-dire contre les faits qu’elle contient. Voyez Affirmation, Calomniateur, Faux Témoin, Déposition, Parjure, Serment, Stellionataire, Témoin

On doit aussi bien distinguer le faux qui se commet par paroles d’avec le faux énoncé ; le premier suppose qu’il y a mauvaise foi, & est un crime punissable ; au lieu qu’un simple faux énoncé, peut être commis par erreur & sans mauvaise foi.

2°. Le crime de faux se commet par le moyen de l’écriture, par ceux qui fabriquent de faux jugemens, contrats, testamens, obligations, promesses, quittances, & autres pieces, soit qu’on leur donne la forme d’actes authentiques, ou qu’elles soient seulement sous seing-privé, en contrefaisant les écritures & signatures des juges, greffiers, notaires, & autres personnes publiques, & celles des témoins & des parties.

Les personnes publiques ou privées qui suppriment les actes étant dans un dépôt public, tels que les jugemens, des contrats, testamens, &c. pour en ôter la connoissance aux parties intéressées, sont coupables du même crime de faux.

Ceux qui alterent une piece véritable, soit en y ajoûtant après coup quelques mots ou quelques clauses, ou en effaçant quelques mots ou des lignes entieres, ou en faisant quelqu’autre changement, soit dans le corps de la piece, soit dans sa date, commettent aussi un faux de même espece.

Enfin ceux qui, en passant des actes véritables, les antidatent au préjudice d’un tiers, commettent encore un faux par écrit.

3°. Le crime de faux se commet par fait ou action en plusieurs manieres, sans que la parole ni l’écriture soient employées à cet effet ; savoir, par ceux qui vendent ou achetent à faux poids ou à fausse mesure (voyez Poids & Mesures) ; ceux qui alterent & diminuent la valeur de l’or & de l’argent par le mélange d’autres métaux ; ceux qui fabriquent de la fausse monnoie, ou qui alterent la véritable (voyez Monnoyer) ; ceux qui contrefont les sceaux du prince, ou quelqu’autre scel public & authentique. Voyez Sceaux.

Ceux qui par divers contrats vendent une même chose à différentes personnes, étoient regardés comme faussaires, suivant la loi 22 ff. ad leg. cornel. mais parmi nous ce crime est puni comme stellionat, & non comme un faux proprement dit.

Les femmes & autres personnes qui supposent des enfans, & généralement tous ceux qui supposent une personne pour une autre ; ceux qui prennent le nom & les armes d’autrui, des titres, & autres marques d’honneur qui ne leur appartiennent point, commettent un faux. Tels furent chez les anciens un certain Equitinus qui s’annonçoit comme fils de Graccus, & cet autre qui chez les Parthes se faisoit passer pour Néron : tels furent aussi certains imposteurs fameux, dont il est fait mention dans notre histoire, l’un qui se faisoit passer pour Fréderic II. un autre qui se donnoit pour Baudoüin de Flandre empereur Grec ; le nommé la Ramée qui se disoit fils naturel de Charles IX. qui avoit été à Reims pour se faire sacrer roi, & qui fut pendu à Paris en 1596, &c.

La fabrication des fausses clés est aussi une espece de faux, & même un crime capital. Voyez Clé & Serrurier.

Quoique toutes ces différentes sortes de délits soient comprises sous le terme de faux, pris dans unsens étendu, néanmoins quand on parle de faux simplement, ou du crime de faux, on n’entend ordinairement que celui qui se commet en fabriquant des pieces fausses, ou en supprimant ou altérant des pieces véritables ; dans ces deux cas, le faux se poursuit par la voie de l’inscription de faux, soit principal ou incident (voyez Inscription de faux) ; pour ce qui est de la suppression des pieces véritables, la poursuite de ce crime se fait comme d’un vol ou larcin.

Il est plus aisé de contrefaire des écritures privées, que des écritures authentiques, parce que dans les premieres, il ne s’agit que d’imiter l’écriture d’un seul homme, & quelquefois sa signature seulement ; au lieu que pour les actes authentiques, il faut souvent contrefaire la signature de plusieurs personnes, comme celle des deux notaires, ou d’un notaire & deux témoins, & de la partie qui s’oblige : d’ailleurs il y a ordinairement des minutes de ces sortes d’actes, auxquelles on peut avoir recours.

On peut fabriquer une piece fausse, sans contrefaire l’écriture ni la signature de personne, en écrivant une promesse ou une quittance au-dessus d’un blanc signé qui auroit été surpris, ou qui étoit destiné à quelqu’autre usage.

Il y a des faussaires qui ont l’art d’enlever l’écriture sans endommager le papier, au moyen de quoi, ne laissant subsister d’un acte véritable que les signatures, ils écrivent au-dessus ce qu’ils jugent à-propos ; ce qui peut arriver pour des actes authentiques, comme pour des écrits sous seing-privé.

Le faux qui se commet en altérant des pieces qui sont véritables dans leur substance, se fait en avançant ou reculant frauduleusement la date des actes, ou en y ajoûtant après coup quelque chose, soit au bout des lignes, ou par interligne, ou par apostille & renvoi, ou dessus des paraphes & signatures, ou avec des paraphes contrefaits, ou en rayant après coup quelque chose, & surchargeant quelques mots, sans que ces changemens ayent été approuvés de ceux qui ont signé l’acte. Voyez Apostille, Renvoi, Paraphe, Signature, Interligne.

La preuve du faux se fait tant par titres que par témoins ; & si c’est une écriture ou signature qui est arguée de fausseté, on peut aussi avoir recours à la vérification par experts, & à la preuve par comparaison d’écritures.

Les indices qui servent à reconnoître la fausseté d’une écriture, sont lorsqu’il paroît quelque mot ajoûté au bout des lignes, ou quelque ligne ajoûtée entre les autres ; lorsque les ratures sont chargées de trop d’encre, de maniere que l’on ne peut lire ce que contenoient les mots rayés ; lorsque les additions sont d’encre & de caractere différens du reste de l’acte ; & autres circonstances semblables.

La loi Cornelia de falsis, qui fait le sujet d’un titre au digeste, fut publiée à l’occasion des testamens : c’est pourquoi Cicéron & Ulpien, en quelques endroits de leurs ouvrages, l’appellent aussi la loi testamentaire. La premiere partie de cette loi concernoit les testamens de ceux qui sont prisonniers chez les ennemis ; la seconde partie avoit pour objet de mettre ordre à toutes les faussetés qui pouvoient être commises par rapport aux testamens ; soit en les tenant cachés, ou en les supprimant ; soit en les altérant par des additions ou ratures, ou autrement.

Cette même loi s’applique aussi à toutes les autres sortes de faussetés qui peuvent être commises, soit en supprimant des pieces véritables ; soit en falsifiant des poids & mesures ; soit dans la confection des actes publics & privés dans la fonction de juge, dans celle de témoin ; soit par la falsification des métaux, & singulierement de la monnoie ; soit enfin par la supposition de noms, surnoms, & armes, & autres titres & marques usurpés indûement.

On regardoit aussi comme une contravention à cette loi, le crime de ceux qui sur un même fait rendent deux témoignages contraires, ou qui vendent la même chose à deux personnes différentes ; de ceux qui reçoivent de l’argent pour intenter un procès injuste à quelqu’un.

La peine du faux, suivant la loi Cornelia, étoit la déportation qui étoit une espece de bannissement, par lequel on assignoit à quelqu’un une île ou autre lieu pour sa demeure, avec défense d’en sortir à peine de la vie. On condamnoit même le faussaire à mort, si les circonstances du crime étoient si graves, qu’elles parussent mériter le dernier supplice.

Quelquefois on condamnoit le faussaire aux mines, comme on en usa envers un certain Archippus.

Ceux qui falsifioient les poids & les mesures étoient relégués dans une île.

Les esclaves convaincus de faux étoient condamnés à mort.

En France, suivant l’édit de François premier du mois de Mars 1531, tous ceux qui étoient convaincus d’avoir fabriqué de faux contrats, ou porté faux témoignage, devoient être punis de mort : mais Louis XIV. par son édit du mois de Mars 1680, registré au parlement le 24 Mai suivant, a établi une distinction entre ceux qui ont commis un faux dans l’exercice de quelque fonction publique, & ceux qui n’ont point de fonction semblable, ou qui ont commis le faux hors les fonctions de leur office ou emploi. Les premiers doivent être condamnés à mort, telle que les juges l’arbitreront, selon l’exigence des cas. A l’égard des autres, la peine est arbitraire ; ils peuvent néanmoins aussi être condamnés à mort, selon la qualité du crime. Ceux qui imitent, contrefont, ou supposent quelqu’un des sceaux de la grande ou petite chancellerie, doivent être punis de mort.

Pour la punition du crime de fausse monnoie, voy. Monnoie.

Faux incident, est l’inscription de faux qui est formée contre quelque piece, incidemment à une autre contestation où cette piece est opposée ; soit que la cause se traite à l’audience, ou que l’affaire soit appointée.

L’objet du faux incident est de détruire & faire déclarer fausse ou falsifiée une piece que la partie adverse a fait signifier, communiquée ou produite.

Cette inscription de faux est appellée faux incident, pour la distinguer du faux principal, qui est intenté directement contre quelqu’un avec qui l’on n’étoit point encore en procès, pour aucun objet qui eût rapport à la piece qui est arguée de faux.

La poursuite du faux incident peut être faite devant toutes sortes de juges, soit royaux, seigneuriaux, ou d’église, qui se trouvent saisis du fond de la contestation ; & l’inscription de faux doit être instruite avant de juger le fond.

L’inscription de faux peut être reçûe, quand même les pieces auroient déjà été vérifiés avec le demandeur en faux, & qu’il seroit intervenu un jugement sur le fondement de ces pieces, pourvû qu’il ne fût pas alors question du faux principal ou incident de ces mêmes pieces.

La requête en faux incident ne peut être reçûe, qu’elle ne soit signée du demandeur, ou de son fondé de procuration spéciale. Il faut aussi attacher à la requête la quittance de l’amende, que le demandeur doit consigner. Cette amende est de soixante livres dans les cours & autres siéges ressortissans nuement aux cours, & de 20 livres dans les autres siéges.

Quand la requête est admise, le demandeur doitformer son opposition de faux au greffe dans trois jours, & sommer le défendeur de déclarer s’il entend se servir de la piece arguée de faux.

Si le défendeur refuse de faire sa déclaration, le demandeur peut se pourvoir pour faire rejetter la piece du procès ; si au contraire le défendeur déclare qu’il entend se servir de la piece, elle doit être mise au greffe ; & s’il y en a minute, on peut en ordonner l’apport ; & trois jours après la remise des pieces, on dresse procès-verbal de l’état de ces pieces.

Le rejet de la piece arguée de faux, ne peut être ordonné que sur les conclusions du ministere public ; & lorsqu’elle est rejettée par le fait du défendeur, le demandeur peut prendre la voie du faux principal, sans néanmoins retarder le jugement de la contestation à laquelle le faux étoit incident.

Les moyens de faux doivent être mis au greffe trois jours après le procès-verbal.

Si les moyens sont trouvés pertinens & admissibles, le jugement qui intervient porte qu’il en sera informé tant par titres que par témoins, comme aussi par experts & par comparaison d’écritures & signatures, selon que le cas le requiert.

Au cas que le demandeur en faux succombe, il doit être condamné en une amende, applicable les deux tiers au roi ou au seigneur, l’autre tiers à la partie ; & cette amende, y compris les sommes consignées lors de l’inscription de faux, est de 300 livres dans les cours & aux requêtes de l’hôtel & du palais ; de 100 livres aux siéges qui ressortissent nuement aux cours, & aux autres de 60 livres. Les juges peuvent aussi augmenter l’amende, selon les cas.

Lorsque la piece est déclarée fausse, l’amende est rendue au demandeur.

La procédure qui doit être observée dans cette matiere, est expliquée plus au long dans l’ordonnance de 1737.

Faux

Faux, adj. & adv. en Musique, est opposé à juste. On chante faux, ce qui arrive souvent à l’opera, quand on n’entonne pas les intervalles dans leur justesse. Il en est de même du jeu des instrumens.

Il y a des gens qui ont naturellement l’oreille fausse, ou, si l’on veut, le gosier ; de sorte qu’ils ne sauroient jamais entonner juste aucun intervalle. Quelquefois aussi on chante faux, seulement faute d’habitude, & pour n’avoir pas l’oreille encore formée à l’harmonie. Pour les instrumens, quand les tons en sont faux, c’est que l’instrument est mal construit, les tuyaux mal proportionnés, ou que les cordes sont fausses, ou qu’elles ne sont pas d’accord ; que celui qui en joue touche faux, ou qu’il modifie mal le vent ou les levres.

Faux

Faux, (Manege.) terme généralement employé parmi nous, à l’effet d’exprimer tout défaut de justesse & toute action non-mesurée, soit du cavalier, soit du cheval. Voy. Justesse, Manege. Vos mouvemens sont faux ; ils ne sont pas d’accord avec ceux du cheval, & lui en suggerent qui sont totalement desordonnés. Ce cheval, quelque brillant qu’il paroisse aux yeux de l’ignorant, manie faux, sans précision ; il est hors de toute harmonie. Malheureusement pour les progrès de notre art, il n’en est que trop qui en imposent à de semblables yeux par la vivacité de leur action ; & ces yeux sont en trop grand nombre, pour ne pas laisser des doutes sur les réputations les mieux fondées en apparence. Ce cheval est parti faux, il est faux ; expressions plus particulierement usitées, lorsqu’il s’agit d’un cheval que l’on part au galop, ou qui galope. Il est dit faux, lorsque dans le manege sa jambe gauche entame à main droite, & sa jambe droite à main gauche ; ou lorsque, hors du manege & dans un lieu non-fixé & non-resserré, la jambe droite n’entame pas toûjours. Cette derniere maxime n’a eu force de loi parmi nous, qu’en conséquence de la confiance aveugle avec laquelle nous recevons comme principes, de fausses opinions, qui n’ont sans doute regné pendant des siecles entiers, que par l’espece singuliere de vœu qu’il semble que nous ayons fait de tout croire & de tout adopter sans réflexion, sans examen, & sans en appeller à notre raison. Voyez Galop, Manege.

Faux

Faux, en termes de Blason, se dit des armoiries qui ont couleur sur couleur, ou métal sur métal.

Faux

Faux, (à la Monnoie.) On se rend coupable de faux, en fait de monnoyages, en fabriquant des pieces fausses par un alliage imitant l’or, l’argent, ou le billon ; en altérant les especes, ou les répandant au public : ou tout monnoyeur fabriquant dans les hôtels, prend & vend des cisailles, grenailles, & quelqu’un les achetant quoique le sachant ; ou tout directeur de concert avec ses officiers, introduisant des especes de bas alloi : tous ces différens cas sont réputés même crime ; & ceux qui en sont convaincus, sont punis de mort.

Faux

Faux, (Pêche.) c’est un instrument composé de trois ou quatre ains ou hameçons, qui sont joints ensemble par les branches, & entre lesquels est un petit saumon d’étain, & de la forme à-peu-près d’un hareng. Quand le pêcheur se trouve dans un lieu où les morues abondent, & qu’il voit qu’elles se refusent à la boîte ou à l’appât dont les ains sont amorcés, il se sert alors de la faux. Les poissons trompés prennent pour un hareng le petit lingot d’étain argenté & brillant, s’empressent à le mordre ; le pêcheur agitant continuellement sa faux, attrape les morues par où le hasard les fait accrocher. L’abus de cette pêche est sensible ; car il est évident que pour un poisson qu’on prend de cette maniere, on en blesse un grand nombre. Or on sait que si-tôt qu’un poisson est blessé jusqu’au sang, tous les autres le suivent à la piste, & s’éloignent avec lui. On doit par ces considérations défendre la pêche à la fouanne & autres semblables, le long des côtes.

Il y a une espece de chausse ou verveux qu’on appelle faux ; elle est composée de cerceaux assemblés & formant une espece de demi-ellipse ; les bouts en sont contenus par une corde qui sert de traverse ; autour de ce cordon est attaché un sac de rets, ou une chausse de huit à dix piés de long, à la volonté des pêcheurs. Lorsque la faux est montée, elle a environ cinq piés de hauteur dans le milieu, sur huit, dix, douze piés de longueur. Il faut être deux pêcheurs : chacun prend un bout de la faux, & en présente l’ouverture à la marée montante ou descendante, au courant d’une riviere ; & le mouvement du poisson, lorsqu’il a touché le filet, les avertit de le relever.

Faux-Accord

Faux-Accord, voyez Dissonance.

Faux-Aveu

Faux-Aveu, est lorsqu’une partie pour avoir son renvoi, s’avoue sujet d’un autre que de son seigneur justicier, ou lorsque le vassal avoue un autre seigneur féodal que celui dont il releve. Voyez la coûtume de la Marche, art. 18, 196, & 198 ; Auxerre, art. 69.

Faux-Bois

Faux-Bois, (Jardinage.) branche d’arbre qui est crue dans un endroit où elle ne devoit pas naître selon les desirs du jardinier, & qui souvent devient plus grosse & plus longue que les autres branches de l’arbre, dont elle vole une partie de la nourriture.

Dans l’ordre naturel de la taille, les branches ne doivent venir que sur celles qui ont été raccourcies à la derniere taille ; elles doivent encore être fécondes & proportionnées dans leur jet : ainsi toutes les branches qui croissent hors de celles qui ont été taillées l’année précédente, toutes les branches qui étant venues, sont grosses où elles devroient être minces ; toutes les branches enfin qui ne donnent aucune marque de fécondité, sont des branches de faux-bois. 2°. L’ordre naturel des branches est que s’il y en a plus d’une, celle de l’extrémité soit plus grosse & plus longue que celle qui est immédiatement au-dessous, cette seconde plus que la troisieme, & ainsi de suite. Or toute branche qui ne suit pas cet ordre, est réputée branche de faux-bois. On conçoit donc qu’il faut détruire toutes les branches de faux-bois, à moins qu’on n’ait dessein de rajeunir l’arbre, & d’ôter toutes les vieilles branches pour ne conserver que la fausse ; ce qui est un cas fort rare. Voyez l’arcle Bois. .

Faux-Bourdon

Faux-Bourdon, est une musique simple dont les notes sont presque toutes égales, & dont l’harmonie est toûjours syllabique, c’est-à-dire note contre note. C’est notre pleinchant, accompagné de plusieurs parties. Voyez Contre-Point.

Faux-Bourg

Faux-Bourg, s. m. (Géog.) c’est un terrein attenant une ville, & dont les habitans ont les mêmes priviléges & la même jurisdiction que ceux de la ville.

Faux-Brillant

Faux-Brillant, (Art oratoire.) pensée subtile, trait d’esprit ou d’imagination, qui placé dans un ouvrage, dans un discours oratoire, étonne & surprend d’abord agréablement, mais qui par l’examen se trouve n’avoir ni justesse ni solidité.

On ne rencontre que trop de gens dans le monde aussi amoureux de ce clinquant, que le sont les enfans de l’oripeau dont on habille leurs poupées. Si ces gens-là en étoient crus, dit la Bruyere, ce seroit un défaut qu’un style châtié, net, & concis ; un tissu d’énigmes est une lecture qui les enleve ; les comparaisons tirées d’un fleuve dont le cours, quoique rapide, est égal & uniforme, ou d’un embrasement qui poussé par les vents, s’étend au loin dans une forêt où il consume les chênes & les pins, ne leur fournissent aucune idée de l’éloquence. Montrez-leur un feu grégeois, un éclair qui les ébloüisse, ils vous quittent du bon & du beau.

Gardons-nous bien de donner dans ce goût bisarre, sous prétexte que l’esprit d’exactitude & de raisonnement affoiblit les pensées, amortit le feu de l’imagination, & desseche le discours ; on ne parle, on n’écrit que pour être entendu, pour ne rien avancer que de vrai, de juste, de conséquent, & de convenable au sujet qu’on traite. .

Faux-Chassis

Faux-Chassis, s. m. terme d’Opéra ; ce sont trois montans de bois quarrés, de quatre pouces de diametre, & de vingt-huit piés de long, joints ensemble en-haut & en-bas par deux pieces de bois du même calibre, & de la longueur de trois piés & demi. A la hauteur de huit piés, la moitié du faux-chassis est formée en échelle ; & l’autre moitié reste vuide. Dans la partie inférieure en-dessous, & à ses deux extrémités, sont deux poulies de cuivre ; & au-dessus, deux anneaux de fer.

Le faux-chassis est placé sur une plate-forme, à huit piés au-dessous du plancher du théatre. Sur cette plate-forme est une rainure ou coulisse, sur laquelle coule le faux-chassis ; il passe par la rainure ou coulisse qui est faite au plancher du théatre, & l’excede de vingt-un piés de hauteur.

A hauteur du théatre, à chacun des portans du faux-chassis, sont, du côté du parterre, des crochets de fer, sur lesquels on pose le chassis de décoration, & on l’assûre par en-haut avec une petite corde qui tient au chassis, & qui est accrochée au faux-chassis.

Sur le côté opposé, on accroche les portans de lumiere (Voyez Portans) ; & la partie faite en échelle sert aux manœuvres pour aller assûrer la décoration, & pour moucher les chandelles. Voyez Changemens, Chassis, Coulisse.

Faux-Comble

Faux-Comble, en Architecture, c’est le petit comble qui est au-dessus du brisé d’un comble à la mansarde.

Faux-Côté d’un vaisseau

Faux-Côté d’un vaisseau, (Marine.) se dit du côté par lequel il cargue le plus. Voyez Côté.

Faux-Emploi

Faux-Emploi, (Jurisp.) Il y a faux-emploi quand dans la dépense d’un compte on a porté une somme pour des choses qui n’ont point été faites. L’ordonnance de 1667, tit. xxjx. art. 21. dit que si dans un compte il y a des erreurs, omissions de recette, ou faux-emploi, les parties pourront en former leur demande ou interjetter appel de la clôture du compte, & plaider leur prétendus griefs en l’audience.

Le faux-emploi est différent du double emploi. Voyez Double Emploi.

Faux-Enoncé

Faux-Enoncé, (Jurispr.) c’est lorsque dans un acte on insere quelque fait qui n’est pas exact, soit que cela se fasse par erreur, ou par mauvaise foi.

Faux-Etambot

Faux-Etambot, s. m. (Marine.) c’est une piece de bois appliquée sur l’étambot pour le renforcer. Voyez Etambot.

Faux-Feux

Faux-Feux, s. m. (Marine.) ce sont de certains signaux que l’on fait avec des amorces de poudre. Voyez Signal.

Faux-Fond

Faux-Fond, (Brasserie.) c’est une partie de la cuve matiere, ou plusieurs planches de chêne coupées suivant le cintre de la cuve, percées de trous coniques à trois pouces les uns des autres ; de sorte que le trou de dessous est beaucoup plus large que celui de dessus. Les planches de ce fond sont dressées à plat-joint, & ne tiennent point les unes aux autres ; parce que lorsqu’on a fini de brasser, on les retire. Voyez l’article Brasserie.

Faux-Frais

Faux-Frais, (Jurisprud.) sont des dépenses que les plaideurs font, sans espérance de les retirer, attendu qu’elles n’entrent point dans la taxe des dépens.

Faux-fuyant

Faux-fuyant, s. m. (Vénerie.) c’est ce qu’on appelle une fente à pié dans le bois.

Faux-Germe

Faux-Germe, s. m. (Physiol.) conception d’un fœtus informe, imparfaite, & entierement défectueuse.

L’histoire naturelle de l’homme commençant à sa premiere origine, doit avoir pour principe l’instant de sa conception. On peut croire que l’homme, ainsi que tous les animaux, naît dans un œuf, qui, par les sucs nourriciers, transmis de la matrice dans le cordon ombilical, donne au germe qu’il renferme un commencement de consistance au bout de quelques jours que cet œuf a séjourné dans la matrice. Quelque tems après, la figure de l’homme est un peu plus apparente. Enfin après quatre ou six semaines de conception & d’accroissement perpétué, la figure humaine est tout-à-fait déterminée : on y distingue une conformation générale, des membres figurés, & des marques sensibles du sexe dont il est.

Si cependant ce bel ouvrage de la nature plus ou moins avancé, reçoit des troubles & des commotions trop fortes dès ses premiers jours d’arrangement ; que par exemple la seve nourriciere manque ou soit détournée du vrai germe avant qu’il ait acquis un commencement de solidité, de vrai germe il devient faux-germe, ses premiers linéamens s’effacent & se détruisent par le long séjour qu’il fait encore dans la matrice avant que d’être expulsé : cette congélation séminale flotante dans beaucoup plus d’eau qu’elle n’a de volume, se divise d’abord, puis elle se confond si bien dans les parties aqueuses, qu’on ne retrouve plus que de l’eau un peu louche dans le centre du faux-germe.

C’est donc dans ce point, que ce petit œuf, régulier dans sa figure, transparent à-travers ses membranes, laissant appercevoir par sa diaphanéïté un petit corps louche dans le centre de ses eaux, change peu-à-peu, prend une figure informe, & mérite alors le nom de faux-germe.

La figure informe du faux-germe déterminée dès les premiers dérangemens du vrai germe, devient plus ou moins apparente & monstrueuse, selon le plus ou le moins de tems qu’il séjourne & qu’il vit, pour ainsi dire, dans la matrice ; les sucs nourriciers ne pouvant plus se transmettre au vrai germe, se fixent & s’arrêtent à ses membranes : leur transparence devient opaque ; ses pellicules prennent forme de chair par une seve sur-abondante ; & le trouble mis dans la distribution des liqueurs & des esprits, fait prendre à l’œuf une figure monstrueuse : il devient corps étranger pour la nature, & plus il reste dans la matrice, plus son irrégularité & son volume la tourmentent, & plus elle essuie d’accidens ou de violences pour s’en débarrasser.

La chûte du faux-germe, ou son expulsion la plus générale hors de la matrice, est depuis six semaines de conception jusqu’au terme de trois mois ou environ : je dis la plus générale, parce que des hasards heureux pour les gens de l’art, ont expulsé de la matrice des germes manqués si nouvellement, que la figure réguliere de l’œuf n’avoit pas eu le tems d’être changée, qu’on distinguoit encore à-travers la transparence de ses membranes, l’embrion suspendu en forme de toison dans le centre d’une mer d’eau proportionnément au petit volume de l’embrion. Feu M. Puzos, démonstrateur pour les accouchemens à Paris, en a fait voir de très-naturels dans les écoles de S. Côme à ses écoliers : & comme le tems détruit bien-tôt ces petits phénomenes, quelque précaution qu’on apporte pour les conserver, il en a fait d’artificiels si ressemblans à ceux que la nature sembloit avoir voulu lui donner en présent, qu’il paroîtroit assez difficile de douter, & de la naissance de l’homme dans un œuf, de son accroissement gradué dans ce même œuf, & de la perversion de l’œuf, & de son vrai germe par les causes déduites ci-dessus.

Ce n’est pas une regle générale dans la perversion des vrais germes, qu’on ne trouve dans ces masses informes que de l’eau : c’est à la vérité la fausse-couche la plus ordinaire, cependant il s’en fait dans lesquelles on trouve l’embrion commencé au centre du faux-germe ; il lui suffit d’avoir profité pendant une quinzaine de jours pour prendre consistence, & former un petit corps solide qui ne se détruit plus. On en voit du volume d’une mouche à miel, & ce sont les plus petits, de même que les plus gros qui se trouvent renfermés dans le faux-germe, n’excedent guere le volume du ver à soie renfermé dans sa coque avant que d’être en feve.

L’embrion au-dessus de cette derniere grosseur mérite alors le nom de fœtus : cinq ou six semaines d’accroissement lui donnent forme humaine ; il est distingué & reconnu pour tel dans toutes ses parties & dans toutes ses dépendances. On le trouve renfermé dans toutes ses membranes, flotant dans ses eaux, nourri par le cordon ombilical, & muni d’un placenta adhérent au fond de la matrice ; que si par quelque cause que ce soit, ce petit fœtus périt, ce qui l’entoure ne devient plus faux-germe, ni corps informe : il reste dans ses membranes & dans ses eaux jusqu’à ce que la matrice ait acquis des moyens suffisans pour l’expulser ; elle y parvient toûjours en plus ou moins de tems, & ces moyens sont toûjours ou douleurs considérables avec perte de sang legere, ou perte de sang très-violente & fort peu de douleurs.

L’expulsion du fœtus bien formé hors de la matrice, est un avortement bien certain, c’est un fruit bien commencé, lequel arrêté dans son accroissement se flétrit, seche pour ainsi dire sur pié, & ne demande qu’à sortir ; pour cet effet, il fournit par son séjour des importunités à la matrice, qui à la fin tour- nent en douleurs & en perte de sang, & exigent un travail fort ressemblant à celui d’un enfant vivant & fort avancé ; & comme il ne résulte de ce travail qu’un homme manqué dès sa premiere configuration, on doit donner à ce travail le nom d’avortement, puisqu’il ne produit qu’un fruit avorté sans perdre la ressemblance & la figure de ce qu’il devroit être.

Nous appellerions donc volontiers avortement tout fœtus expulsé hors de la matrice mort ou vivant, mais toûjours dans le cas de ne pouvoir vivre, quelque soin qu’on puisse en prendre dès qu’il est né : nous comprendrions par conséquent les termes des grossesses susceptibles d’avortement, depuis six semaines jusqu’à six mois révolus ; au septieme mois révolu de la grossesse, l’enfant venu au monde vivant, mais trop tôt, & pouvant s’élever par des soins & des hasards heureux, forme un accouchement prématuré : presque tous les enfans nés à sept mois périssent, peu d’entr’eux échappent au défaut de forces & de tems, au contraire de ceux qui naissent dans le huitieme mois, qui plus communément vivent, & sont plus en état de pouvoir profiter des alimens qui leur conviennent : enfin l’accouchement de neuf mois est celui d’une parfaite maturité ; c’est le terme que la nature a prescrit au séjour de l’enfant dans la matrice ; terme néanmoins souvent accourci par des causes naturelles, telles que la grossesse de deux ou trois enfans, l’hydropisie de la matrice, sa densité qui l’empêche de s’étendre autant que l’accroissement de l’enfant l’exige, ou la foiblesse de ses ressorts qui la font céder trop tôt au poids des corps contenus : on pourroit joindre aux causes naturelles des accouchemens prématurés, des maladies, des coups, des chûtes, & généralement tout accident capable d’accélérer la sortie d’un enfant avant son terme.

Qui voudroit traiter cette matiere à fond, trouveroit de quoi faire un volume assez intéressant, s’il étoit entrepris par une main que l’expérience & la théorie conduisissent ; mais comme il n’est ici question que de donner une idée générale du germe manqué dans la conception de l’homme, nous croyons en avoir assez dit, pour porter les curieux à prendre quelque teinture des connoissances réservées d’ordinaire aux gens de l’art. Voyez cependant les articles Avortement, Fausse-couche, Germe, Œuf, Génération, Fœtus, Mole, Accouchement, Enfantement, &c. .

Faux-jour

Faux-jour, s. m. en Architecture, est une fenêtre percée dans une cloison pour éclairer un passage de dégagement, une garde-robe ou un petit escalier, qui ne peut avoir du jour d’ailleurs. Les faux-jours sont sur-tout d’un grand secours dans la distribution pour communiquer de la lumiere dans les petites pieces pratiquées entre les grandes : on a hésité long-tems à en faire usage ; cependant l’on peut dire que c’est à ces faux-jours que l’on doit la plus grande partie des commodités qui font le mérite de la distribution françoise. La maniere dont on décore la plûpart de ces faux-jours du côté des appartemens avec des glaces, des gazes brochées, &c. est tout-à-fait ingénieuse, & mérite une attention particuliere. Voyez à Paris l’hôtel de Talmont, de Villars, de Villeroy, &c. bâtis sur les desseins de feu M. Lelion architecte du Roi.

Faux-Jour

Faux-Jour, (Peinture.) On dit qu’un tableau n’est pas dans son jour, ou qu’il est dans un faux-jour, lorsque du lieu où l’on le voit, il paroît dessus un luisant qui empêche de bien distinguer les objets. Les tableaux encaustiques n’ont point ce défaut. Voyez Encaustique. Dictionn. de Peint.

Faux-Limons

Faux-Limons, s. m. pl. (Charpent.) sont ceuxqui se mettent dans les baies des croisées ou des portes. Voyez Limon.

Faux-marqué ou Contre-marqué

Faux-marqué ou Contre-marqué, s. m. (Maréchall.) termes synonymes : le second est plus usité que le premier.

Le cheval contre-marqué est celui dans la table de la dent duquel on observe une cavité factice ou artificielle, & telle que l’animal paroît marquer : cette friponnerie n’est pas la seule dont les maquignons sont capables. Voyez Maquignon.

Ils commettent celle dont il s’agit, par le moyen d’un burin d’acier, semblable à celui que l’on employe pour travailler l’ivoire : ils creusent legerement les dents mitoyennes, & plus profondément celles des coins. Pour contrefaire ensuite le germe de feve, ils remplissent la cavité de poix résine, ou de poix noire, ou de soufre, ou bien ils y introduisent un grain de froment, après quoi ils enfoncent un fer chaud dans cette cavité, & réiterent l’insertion de la poix, du soufre ou du grain, jusqu’à ce qu’ils ayent parfaitement imité la nature : d’autres y vuident simplement de l’encre très-grasse, mais le piége est alors trop grossier.

L’impression du feu forme toûjours un petit cercle jaunâtre qui environne ces trous. Il est donc question de dérober & de soustraire ce cercle aux yeux des acheteurs. Aussi-tôt qu’il s’en présente, le maquignon glisse le plus adroitement qu’il lui est possible dans la bouche de l’animal une legere quantité de mie de pain très-seche, & pilée avec du sel ou quelqu’autre drogue prise & tirée des apophlegmatisans, & dont la propriété est d’exciter une écume abondante : cette écume couvre & cache le cercle, mais dès qu’on en nettoye la dent avec le doigt, il reparoît, & on le découvre bien-tôt ; d’ailleurs les traits du burin sont trop sensibles pour n’être pas aisément apperçus.

Le but ou l’objet de cette fraude ne peut être parfaitement dévoilé qu’autant que nous nous livrerons à quelques réflexions sur les marques & sur les signes auxquels on peut reconnoître l’âge du cheval.

La connoissance la plus particuliere & la plus sûre qu’on puisse en avoir, se tire de la dentition, c’est-à-dire du tems & de l’époque de la pousse des dents, & de la chûte de celles qui doivent tomber pour faire place à d’autres.

La situation des quarante dents dont l’animal est pourvû, est telle qu’il en est dans les parties latérales postérieures en-delà des barres, dans les parties latérales en-deçà des barres, & dans les parties antérieures de la bouche ; de-là leur division en trois classes.

La premiere est celle des dents qui, situées dans les parties latérales postérieures en-delà des barres, sont au nombre de vingt-quatre, six à chaque côté de chaque mâchoire : elles ne peuvent servir en aucune façon pour la connoissance & pour la distinction de l’âge, d’autant plus qu’elles ne sont point à la portée de nos regards. On les nomme mâchelieres ou molaires, mâchelieres du mot mâcher, molaires du mot moudre, parce que leur usage est de triturer, de broyer, de rompre les alimens ou le fourrage : opération d’autant plus nécessaire, que sans la mastication il ne peut y avoir de digestion parfaite.

La seconde classe comprend les dents qui, placées dans les parties latérales en deçà des barres, sont au nombre de quatre, une à chaque côté de chaque mâchoire. Les anciens les nommoient écaillons, nous les appellons crocs ou crochets ; ce sont en quelque façon les dents canines du cheval. Les jumens en sont communément privées, & n’ont par conséquent que trente-six dents : il en est néanmoins qui en ont quarante, mais leurs crochets sont toûjours très-petits, & elles sont dites brechaines. Beaucoup de personnes les regardent comme admirables pour le service, & comme très-impropres pour le haras ; d’autres au contraire les apprécient pour le haras, & les rejettent pour le service. On peut placer ces idées différentes & ces opinions opposées, dans le nombre des erreurs qui, jusqu’à présent, ont infecté la science du cheval.

La troisieme classe renferme enfin les dents qui sont situées antérieurement, & qui sont au nombre de douze, six à chaque mâchoire : leur usage est de tirer le fourrage & de brouter l’herbe, pour ensuite ce fourrage être porté sous les molaires qui, ainsi que je l’ai dit, le broyent & le triturent : aussi ces dents antérieures ont-elles bien moins de force que les autres, & sont-elles bien plus éloignées du centre de mouvement.

L’ordre, la disposition des dents dans l’animal, n’est pas moins merveilleuse que leur arrangement dans l’homme : elles sont placées de maniere que les deux mâchoires peuvent se joindre, mais non pas par-tout en même tems, afin que l’action de tirer & de brouter, & celle de rompre & de triturer, soient variées selon le besoin & la volonté. Lorsque les dents molaires se joignent, les dents antérieures de la mâchoire supérieure avancent en-dehors ; elles couvrent, elles outre-passent en partie celles de la mâchoire inférieure qui leur répondent ; & quand les extrémités ou les pointes des dents antérieures viennent à se joindre, les molaires demeurent écartées.

Les unes & les autres ont, de même que toutes les parties du corps de l’animal, leur germe dans la matrice, & celles qui succedent à d’autres ne sont pas nouvelles ; car elles étoient formées, quoiqu’elles ne parussent point. Séparez les mâchoires du fœtus du cheval, vous y trouverez les molaires, les crochets, & les antérieures encore molles, distinguées par un interstice osseux, & dans chacune un follicule muqueux & tenace, d’où la dent sortira. Séparez encore ce rang de dents, vous en trouverez sous les antérieures un second, composé de celles qui sont destinées à remplacer celles qui doivent tomber ; je dis sous celui des antérieures, car les crochets & les molaires ne changent point. Les dents sont donc molles dans leur origine ; elles ne paroissent que comme une vessie membraneuse encore tendre & garnie à l’extérieur d’une humeur muqueuse : cette vessie abonde en vaisseaux sanguins & nerveux ; elle se durcit dans la suite par le desséchement de la matrice plâtreuse qui y aborde sans cesse, c’est ce qui fait le corps de la dent. La substance muqueuse, que j’ai dit être à l’extérieur, devient encore plus compacte par sa propre nature, & forme ce que l’on appelle l’émail.

Les dents antérieures du cheval different de celles de l’homme, en ce que cette petite vessie, qui dans nous est close & fermée en-dessus, est au contraire ouverte dans l’animal, ce qui fait que la cavité de la dent qui ne paroît point dans l’homme, parce qu’elle est intérieure, paroît au-dehors dans le cheval. C’est cette même cavité qui s’efface avec l’âge, dans laquelle on apperçoit, tant que l’animal est jeune, une espece de tache noire que l’on nomme germe de feve, & que les maquignons veulent imiter en contre-marquant l’animal.

L’origine de ce germe de féve ne peut être ignorée : la cavité de la dent est remplie par l’extrémité des vaisseaux qui lui appartiennent ; or dès que l’air aura pénétré dans cette cavité, il desséchera la superficie de ces mêmes extrémités ; il la réduira, il la noircira, & delà cette sorte de tache connue sous le nom de germe de feve.

Prenons à présent un poulain dès sa naissance : il n’a point de dents. Quelques jours après qu’il est né, il en perce quatre sur le devant de la mâchoire,deux dessus & deux dessous ; peu de tems ensuite, il en pousse quatre autres situées à chaque côté des premieres qui lui sont venues, deux dessus & deux dessous ; enfin à trois ou quatre mois, il lui en pousse quatre autres situées à chaque côté des huit premieres, deux dessus & deux dessous ; de façon qu’alors on apperçoit douze dents de lait à la partie intérieure de la bouche du cheval.

On les distingue des dents du cheval fait, en ce que celles-ci sont larges, plates, & rayées sur-tout depuis leur sortie des alvéoles, c’est-à-dire depuis le cou de la dent jusqu’à la table, tandis que les autres sont petites, courtes, & blanches. M. de Soleysel, & presque tous les auteurs, leur ont supposé une marque plus sensible & plus distincte : ils ont prétendu qu’elles n’ont point de cavité : ce fait est absolument faux ; elles en ont une comme celles du cheval, & cette erreur seroit très-capable d’égarer ceux qui chercheront à apprendre la connoissance de l’âge d’après leur système, puisqu’il s’ensuivroit qu’en considerant la bouche d’un poulain, toutes les dents étant creuses, ils s’imagineroient que l’animal auroit cinq ans, tandis qu’il n’en auroit pas trois.

Ces douze dents de lait subsistent sans aucun changement, jusqu’à ce que le poulain ait atteint l’âge de deux ans & demi ou trois ans. Pendant cet espace de tems, on ne peut donc distinguer par la dentition le poulain d’un an, d’avec celui qui en aura deux.

On ne sauroit trop se récrier sur la négligence que l’on a apporté jusqu’à présent, même à l’égard des choses qui pouvoient nous conduire aux connoissances les plus triviales & les plus simples. Celles de dents ne demandoient que des yeux, des observations de fait, & non une étude pénible, abstraite & sérieuse. On s’est cependant contenté d’une inspection legere, d’un examen peu refléchi ; ensorte que l’on voit très-communément des écuyers qui s’honorent du titre de connoisseurs, ne se rapporter en aucune façon les uns & les autres sur l’âge de l’animal, & qu’il nous est totalement impossible de discerner avec certitude & avec précision, un poulain d’une année, dont la constitution sera sorte & bonne, d’avec un poulain de deux années, dont la constitution seroit foible & délicate.

Il est vrai qu’on a eu recours à cet effet aux poils & aux crins, mais & ces objets & ces guides sont peu sûrs. Le poulain d’un an, dit-on, a toûjours le poil comme de la bourre ; il est frisé comme celui d’un barbet. Ses crins, soit de l’encolure, soit de la queue, ressemblent à de la filasse, tandis que les crins & le poil du poulain de deux ans, ne different point de ceux du cheval : or comment s’appuyer & s’étayer sur cette remarque, qui ne détermine d’ailleurs rien de fixe & de juste, sur-tout si nous considérons que les crins d’un cheval de cinq, six, sept, huit années, plus ou moins, seront tels qu’on nous les dépeint dans le poulain d’un an, si l’animal travaille continuellement à l’ardeur du Soleil, comme les chevaux de riviere, & s’il est mal soigné, mal nourri, mal pansé, mal peigné ?

Il importeroit néanmoins beaucoup de connoître l’âge du poulain depuis sa naissance jusqu’à deux ans & demi, trois ans ; la raison du non-usage que l’on en fait dans cet intervalle de tems, ne sauroit autoriser notre ignorance sur ce point. Premierement, on peut vendre un poulain d’une année, qui aura bien profité, pour un poulain de deux ans. Secondement, qu’un maquignon de mauvaise foi arrache à un poulain de cette espece huit dents de lait, les dents de cheval, qui doivent leur succéder, se montreront bientôt, & on prendra ce poulain d’un un & demi, deux ans, pour un poulain de quatre ans. Si l’on avoit attention au contraire à la marque des dents de lait, celles du coin subsistant toûjours, nous sauveroit de l’erreur dans la quelle on veut nous induire, & du piége que notre impéritie occasionne & favorise. On objectera peut-être qu’il n’est pas possible d’y tomber, & d’acheter un poulain d’un an & demi ou deux ans, pour un poulain de quatre années, parce que dès-lors les crochets de dessous devroient avoir poussé ; mais il sera facile de répondre, en premier lieu, s’il s’agit d’une jument, qui ordinairement n’a pas de crochets, comment se garantir de la fraude ? En second lieu, il est des chevaux qui n’en ont point : il est vrai que le cas est rare. En troisieme lieu, les crochets poussent à trois ans & demi, quatre ans, & la dent de quatre ans peut les devancer. Enfin, ne voit-on pas des marchands de chevaux frapper adroitement la gencive à l’endroit où le crochet doit percer ; de maniere qu’à la suite des petits coups qu’ils ont donnés, il survient une dureté qu’ils présentent comme une preuve que le crochet est prêt à sortir. Il faudroit donc nécessairement, pour éviter d’être trompé, suivre les dents de lait comme nous suivons celles du cheval : elles sont creuses, elles ont le germe de féve ; & par les remarques que l’on feroit, on se mettroit à l’abri de toute surprise & de tout détour. J’avois prié quelques inspecteurs des haras de se livrer à des observations aussi faciles, je ne sai quel a été le résultat de leurs recherches ; on ne sauroit trop les inviter à en faire part au public.

Quoi qu’il en soit, si l’on fait attention au tems de la chûte de ces dents, on verra qu’à l’âge de deux ans & demi, trois ans, celles qui sont situées à la partie antérieure de la bouche, deux dessus & deux dessous, font place à quatre autres que l’on nomme les pinces ; ainsi à deux ans & demi, trois ans, le poulain a quatre dents de cheval & huit dents de lait.

A trois ans & demi, quatre ans, les quatre dents de lait placées à chaque côté des pinces, deux dessus & deux dessous, tombent, & font place à quatre autres qui se nomment les mitoyennes, parce qu’elles sont situées entre les pinces & les coins ; de façon qu’à trois ans & demi, quatre ans, le poulain a huit dents de cheval & quatre dents de lait.

Enfin à quatre ans & demi, cinq ans, les quatre dents de lait qui lui restoient, deux dessus & deux dessous, à chaque côté des mitoyennes, tombent encore, & font place à quatre autres que l’on appelle les coins ; ensorte qu’à quatre ans & demi, cinq ans, l’animal a tout mis, c’est-à-dire les pinces, les mitoyennes, & les coins ; & perdant dès-lors le nom de poulain, il prend celui de cheval. Du reste, je ne fixe point d’époque certaine & de tems absolument fixe ; je ne me fonde que sur un terme indécis d’une année ou d’une demi-année, parce que ce changement n’a pas lieu dans un espace déterminément limité. Il est des chevaux qui mettent les dents plûtôt, d’autres plûtard ; les premiers auront eu une nourriture dure, solide & ferme, telle que la paille, le foin, &c. les autres en auront une molle, telle que l’herbe : il est cependant assûré, en général, qu’à deux ans & demi l’animal met les pinces.

Les douze dents antérieures ne sont pas les seuls indices de son âge, les crochets nous l’annoncent aussi ; ils ne sont précédés d’aucune dent, & ne succedent par conséquent à aucune autre. Ceux de la mâchoire inférieure percent à trois ans & demi, quatre ans ; ceux de la mâchoire supérieure, à quatre ans, quatre ans & demi. Dès qu’ils percent, ils sont aigus, ils sont tranchans ; & à mesure qu’ils croissent, on apperçoit deux cannelures dans la partie qui est du côté du dedans de la bouche ; cannelure qui s’efface dans la suite, & qui ne subsiste pas toûjours. Il arrive quelquefois cependant que les cro-chets de la mâchoire supérieure précedent ceux de la mâchoire inférieure. Rien n’est au surplus moins certain que la forme & le tems de l’éruption de ces dents. Quoiqu’on prétende qu’une connoissance parfaite de la dentition à cet égard soit presque la seule qu’on doive chercher à acquérir, je peux certifier que j’ai vû nombre de chevaux qui n’étoient âgés que de cinq ans, & dont néanmoins les crochets étoient ronds & émoussés.

Nous avons conduit l’animal jusqu’à l’âge de quatre ans & demi, cinq ans, cherchons à étendre nos découvertes ; mais voyons auparavant si celles dont les auteurs nous ont fait part, ne portent point avec elles un caractere d’incertitude, source de la diversité de nos opinions.

Dès que les pinces & les mitoyennes sont déchaussées ou hors de leurs alvéoles, elles font leur crue en quinze jours ; il n’en est pas de même des coins, & c’est à cette différence à laquelle on s’est attaché. On a crû en effet que la dent de coin & les crochets devoient uniquement fixer nos regards depuis l’âge de quatre ans & demi, cinq ans, c’est-à-dire dès que le cheval a tout mis ; & comme les coins sont les dernieres dents qui rasent, on s’est contenté de s’arrêter à l’examen du plus ou moins de progrès que faisoit, s’il m’est permis de m’exprimer ainsi, le remplissage de la dent, pour décider si le cheval a cinq & demi, six ans ou sept ans ; car dès que la cavité cesse de paroître, on dit qu’il a rasé, ce qu’il fait environ à huit années. Il suffit d’exposer le système de M. de Soleysel sur ce point, système généralement reçû, pour être convaincu que rien n’est plus équivoque que ce qui résulte de ses principes.

Premierement, il avance que les coins de dessus percent avant ceux de dessous ; mais cette regle n’est pas invariable : car souvent les coins de la mâchoire inférieure devancent & précedent ceux de la mâchoire supérieure. D’ailleurs, comment s’en rapporter sérieusement aux observations suivantes ?

Dès que la dent de coin paroît, dit-il, elle borde seulement la gencive, le dedans & le dehors sont garnis de chair jusqu’à cinq ans ; ainsi la dent de coin dans cet état fait présumer que le cheval mange dans ces cinq ans, & qu’il ne les a pas encore à cinq ans faits, la chair que l’on apperçoit dans cette dent est entierement retirée : de cinq ans à cinq ans & demi, la dent demeure creuse : de cinq ans & demi à six ans, ce creux qui paroissoit occupe le milieu de la dent, qui dès-lors est égale au-dehors & au-dedans : à sept ans cette cavité diminue & se remplit : à huit ans elle est effacée, c’est-à-dire que le cheval a rasé. En un mot, continue-t-il, le coin dès sa naissance est de l’épaisseur d’un écu ; à cinq ans, cinq ans & demi, de l’épaisseur de deux écus ; à six ans, de l’épaisseur du petit doigt ; à sept ans, de l’épaisseur du second ; à huit ans, de l’épaisseur du troisieme.

Il est singulier que M. de Soleysel ait pû croire que la nature s’assujettissoit toûjours exactement à ces dimensions & à ces mesures ; sa remarque, juste par hasard sur la bouche d’un cheval, n’aura pas lieu, si l’on fait attention aux coins placés dans la bouche de cent autres. Ajoûtons que tels chevaux, en qui les coins bordent seulement la gencive, sont âgés de sept ans ; & d’ailleurs seroit-il bien possible de juger précisément & sainement du point de diminution de la cavité, pour distinguer parfaitement l’âge de six ou sept années ? J’ose me flater que la voie & la méthode que j’indiquerai, seront & plus sûres & plus faciles.

La même regle qui a été suivie dans la pousse des dents, subsiste dans leur changement & dans leur forme.

Les premieres dents qui ont paru sont tombées le premieres, & ont fait place aux pinces : le poulain a eu alors deux ans & demi, trois ans. Les secondes sont tombées les secondes, & ont fait place aux mitoyennes : l’animal a eu dès-lors trois ans & demi, quatre ans. La chûte des troisiemes enfin a fait place aux coins, & le poulain est parvenu à quatre ans & demi, cinq ans. Les pinces raseront donc les premieres, & leur cavité remplie ; l’animal aura six ans : les mitoyennes raseront ensuite, l’animal aura sept ans : enfin les coins étant rasés, le cheval en aura huit.

Pour connoître & distinguer son âge, lorsqu’il ne marque plus, on a eu recours à une observation non moins fautive que les autres. On a pensé que selon que les crochets sont plus ou moins arrondis, & que les cannelures sont effacées, il doit être déclaré plus ou moins vieux. Il faut partir d’un principe plus constant : ayez égard aux marques des dents antérieures de la mâchoire supérieure ; car quoique les inférieures ayent rasé, les supérieures marquent encore ; & s’attachant au tems où elles cesseront de marquer, & où leur cavité s’effacera, on pourra suivre sûrement l’âge de l’animal, après qu’il aura atteint celui de huit années. Les pinces de la mâchoire supérieure rasent en effet à huit ans & demi, neuf ans ; les mitoyennes, à neuf ans & demi, dix ans ; & les dents de coin, à dix ans & demi, onze ans, & quelquefois à douze.

Je ne prétends pas que cette loi ne souffre aucune exception, la nature varie toûjours dans ses opérations ; il est cependant des points dans lesquels sa marche est plus uniforme que dans d’autres. J’avois observé avant l’impression de mes élémens d’Hippiatrique, ce fait sur plus de deux cents chevaux, & je n’en avois trouvé que quatre dont les dents supérieures déposent contre sa certitude ; elle a été confirmée depuis par l’aveu de tous ceux qui ont cherché à s’en assûrer, & je ne pense pas que quelques preuves très-rares du contraire suffisent pour anéantir cette regle : car il seroit absolument impossible alors d’en reconnoître une seule qui fût fixe & invariable. On ne seroit pas plus autorisé en effet à la contester à la vûe de quelques cas qui peuvent la démentir, que l’on seroit fondé à soûtenir que les chevaux marquent toûjours, parce que l’on en trouve qui ne rasent point, & dont le germe de féve ne s’efface jamais.

Ceux-ci sont nommés en général chevaux beguts ; les jumens & les chevaux hongres sont plus sujets à l’être que les chevaux entiers ; les polonois, les cravates, les transsylvains, le sont presque tous.

J’en distingue trois especes : la premiere comprend ceux qui marquent toûjours, & à toutes les dents : la seconde est composée de ceux qui ne marquent qu’aux mitoyennes & aux coins : la troisieme enfin est formée par ceux dans lesquels le germe de féve subsiste toûjours, & je nomme ces derniers faux-beguts.

Nous avons déjà dit qu’un cheval a cinq ans faits, lorsqu’on apperçoit une cavité dans les pinces, les mitoyennes & les coins. Nous sommes encore convenus que les coins ne croissent que peu-à-peu & par succession de tems : or si nous appercevons que la dent de coin est égale au-dedans & au-dehors, & que la cavité que l’on y remarque soit assez diminuée pour que l’animal soit parvenu à sa sixieme année, la dent de pince doit avoir rasé ; & que si elle n’est pas entierement pleine, l’animal est begut. Ajoûtez à cet indice la preuve qui suit ; car dans ce cas la cavité des dents n’est pas telle qu’elle doit être, puisqu’elles sont toutes également creuses. Or vous savez que lorsque l’animal approche de cinq ans & demi, & qu’il a cinq ans faits, les pinces qui doivent raser les premieres, ont une moindre cavité que lesmitoyennes ; ainsi dès que cette cavité sera égale dans les pinces, dans les mitoyennes & dans les coins, & que celles ci ne seront pas plus creuses que les pinces, l’animal sera incontestablement begut.

Celui qui ne marque qu’aux mitoyennes & aux coins, c’est-à-dire dans lequel la dent de pince a rasé, quoiqu’il soit begut, sera facilement reconnu, si l’on compare, ainsi que je viens de l’expliquer, la cavité des mitoyennes & des coins ; mais l’embarras le plus grand est de discerner l’animal begut d’un cheval de sept ans faits, lorsque la dent de coin seulement ne doit jamais raser. C’est alors qu’il faut avoir recours aux crochets, & à tous les signes qui indiquent la vieillesse, d’autant plus qu’on ne peut espérer de tirer aucune connoissance des dents supérieures, parce que tout cheval begut l’est par ces dents comme par les dents inférieures.

Quant aux chevaux que l’ai nommés faux-beguts, c’est-à-dire quant à ceux dans lesquels le germe de féve ne s’efface jamais, on pourroit les diviser en deux classes, dont la premiere comprendroit l’animal dans lequel le germe de féve subsiste toûjours, & à toutes les dents ; & la seconde, celui dont le germe de féve effacé dans les pinces, ne seroit visible que dans les mitoyennes & les coins, ou que dans les coins seuls : mais comme ce germe de féve, dès qu’il n’y a plus de cavité dans la dent, n’est d’aucun présage, & que la cavité est la seule marque que nous consultions, il importe peu qu’il paroisse toûjours.

Les signes caractéristiques de la vieillesse de l’animal sont très-nombreux, si l’on adopte tous ceux qui ont été décrits par les auteurs, & auxquels ils se sont attachés pour reconnoître l’âge du cheval, les huit années étant expirées.

On peut en décider, 1°. selon eux, par les nœuds de la queue ; ils prétendent qu’à dix ou douze ans il descend un nœud de plus, & qu’à quatorze ans il en paroît un autre : 2°. par les salieres qui sont creuses, par les cils qui sont blancs, par le palais décharné, & dont les sillons ne sont plus sensibles ; par la levre supérieure, qui étant relevée, fait autant de plis que le cheval a d’années ; par l’os de la ganache, qui est extrèmement tranchant à quatre doigts au-dessus de la barbe ; par la peau de l’épaule & de la ganache, qui étant pincée, conserve le pli qui y a été fait, & ne se remet point à sa place ; par la longueur des dents, par leur décharnement, par la crasse jaunâtre qu’on y apperçoit ; enfin par les crochets usés, & par la blancheur du cheval, qui, de gris qu’il étoit, est entierement devenu blanc.

Tous ces prétendus témoignages sont très-équivoques ; on doit rejetter comme une absurdité des plus grossieres, celui que l’on voudroit tirer des nœuds de la queue, & celui qui résulte des salieres creuses, & de l’animal qui a cillé : car il est des chevaux très-vieux dont les salieres sont très-pleines, & de jeunes chevaux dont les cils sont très-blancs. Il faut encore abandonner toutes les conséquences que l’on déduit du décharnement du palais, des plis comptés de la levre supérieure, du tranchant de l’os de la ganache, de la peau de l’épaule, de la longueur des dents, puisque les chevaux beguts les ont très courtes, & de la crasse jaunâtre que l’on y apperçoit. Les signes vraiment décisifs sont la situation des dents ; si elles sont comme avancées sur le devant de la bouche, & qu’elles ne portent pour ainsi dire plus à-plomb les unes sur les autres, croyez que l’animal est très-vieux. D’ailleurs, quoique la forme des crochets varie quelquefois, voyez si ceux de dessous sont usés, s’ils sont arrondis, émoussés ; si ceux de dessus ont perdu toute leur cannelure, s’ils sont aussi ronds en-dedans qu’en-dehors : de-là vous pouvez conjecturer plus sûrement que l’animal n’est pas jeune.

La raison pour laquelle la cavité de la dent ne s’efface jamais dans le cheval begut, se présente naturellement à l’esprit, lorsqu’on se rappelle d’où naît le germe de féve. Il n’est formé que par la superficie des vaisseaux qui, frappés par l’air, ont été desséchés, durcis & noircis ; or si l’air les a d’abord trop resserrés, ou que la matiere qui sert de nourriture à la dent, ait été par sa propre nature plus susceptible de desséchement, le corps de la dent sera plûtôt compact ; & les sucs destinés à sa végétation ne pouvant pénétrer avec la même activité, dès-lors la cavité subsistera. Une preuve de cette vérité nous est fournie par l’expérience, qui nous montre & qui nous a appris que la dent du cheval begut est plus dure que celle de celui qui ne l’est pas.

Le germe de féve subsiste toûjours dans le faux-begut, quoique la cavité s’efface & se remplisse, parce que la partie extérieure de la dent aura végeté plûtôt que sa partie intérieure ; c’est-à-dire que l’humeur tenace qui entouroit la vessie membraneuse dont nous avons parlé, aura acquis plûtôt un degré de solidité, que cette vessie renfermée dans la cavité : dès-lors les petits vaisseaux noircis & durcis par l’air, ayant été resserrés & comprimés par les parois résultantes de l’humeur muqueuse destinée dès son origine à la formation de l’émail, ils n’auront pû être poussés au-dehors, & le germe de féve paroîtra toûjours, quoique la dent soit remplie.

C’est à la foiblesse des fibres de la jument, qui sont sans doute, comme celles de toutes les femelles des animaux, comparées à celles des mâles, c’est-à-dire infiniment lâches, que nous attribuerons le nombre considérable des jumens begues. Les fibres du cœur étant par conséquent plus molles en elles, elles ne pousseront point avec la même force le fluide nécessaire à la végétation de la dent. La même cause peut être appliquée au cheval hongre, qui, dès qu’il a cessé d’être entier, perd beaucoup de son feu & de sa vigueur ; ce qui prouve évidemment que dans lui la circulation est extrèmement ralentie.

L’éruption des dents occasionne des douleurs & des maladies, principalement celles des crochets. Ils sont plus durs, plus tranchans & plus aigus que les autres, qui sont larges & émoussées. D’ailleurs n’étant précédés d’aucunes dents, comme les antérieures, leur protrusion ne peut être que très-sensible, puisqu’ils doivent nécessairement, en se faisant jour, rompre, irriter & déchirer les fibres des gencives : de-là ce flux de ventre, ces diarrhées considérables, cette espece de nuage qui semble obscurcir la cornée, attendu les spasmes qu’excite dans tout le corps la douleur violente. Les premieres voies en sont offensées, les digestions ne sauroient donc être bonnes ; & l’irritation suscitant des ébranlemens dans tout le système nerveux, l’obscurcissement des yeux ne présente rien qui doive surprendre.

Il est bon de faciliter cette éruption, en relâchant la gencive : il faut pour cet effet froter souvent cette partie avec du miel commun ; & si en usant de cette précaution on sent la pointe du crochet, on ne risque rien de presser la gencive, de maniere qu’elle soit percée sur le champ. On oint de nouveau avec du miel ; & la douleur passée, tous les maux qu’elle avoit fait naître disparoissent.

Si l’on remonte à la cause ordinaire de la carie, on conclura que les dents du cheval peuvent se carier ; cependant ce cas est extrèmement rare, attendu l’extrème compacticité qui en garantit la substance intérieure des impressions de l’air. Dès que la corruption est telle que l’animal a une peine extrème à manger, qu’il se tourmente, & que son inquiétude annonce la vivacité de la douleur qu’il ressent, il faut nécessairement le délivrer de la partie qui l’affecte ; c’est la voie la plus sûre, & l’on ne risque point dès-lors les inconvéniens qui peuvent arriver, comme des fistules, la carie de l’un ou de l’autre des os de la mâchoire. Voyez Surdent. Il en est de même des surdents, dents de loup. Voyez ibid.

Quant aux pointes & aux âpretés des dents molaires, pointes & âpretés qui viennent à celles de presque tous les vieux chevaux, & que quelques auteurs nomment très-mal à-propos surdents, on doit, non les abattre avec la gouge, ainsi que plusieurs maréchaux le pratiquent, mais faire mâcher une lime à l’animal : cette lime détruit les inégalités qui piquent la langue & les joues, de maniere à donner lieu à des ulceres, & qui de plus empêchent l’animal de manger & de broyer parfaitement les alimens. Il n’en tire que le suc ; des pelotons de foin mâché qui retombent à terre ou dans la mangeoire, se glissent même entre les joues & les dents : c’est ce que nous appellons faire grenier, faire magasin.

Enfin il est des dents qui vacillent dans leurs alvéoles ; en ce cas on recourra à des topiques astringens, pour les raffermir en resserrant la gencive, comme à la poudre d’alun, de bistorte, d’écorce de grenade, de cochléaria, de myrthe, de quinte-feuille, de sauge, de sumac, &c.

Je ne sai si ces lumieres seront suffisantes pour guider ceux qui seront assez sinceres pour convenir de bonne-foi qu’ils errent dans les ténebres ; mais les détails dans lesquels je suis entré relativement à la connoissance de l’âge, inspireront peut-être une juste défiance aux personnes qui croyent pouvoir puiser dans les écrits dont ils sont en possession, toutes les instructions dont ils ont besoin. Ils éclaireront d’ailleurs celles qui séduites par une aveugle crédulité, imaginent que l’on a fait tous les pas qui conduisent à la perfection de notre art, puisque notre ignorance sur un point aussi facile à approfondir, pourra leur faire présumer qu’à l’égard de ceux qui exigeroient toute la contention de l’esprit, elle est encore plus grande.

Faux-Marqué

Faux-Marqué, (Venerie.) il se dit d’une tête de cerf quand elle n’a que six cors d’un côté, & qu’elle en a sept de l’autre : on dit alors, le cerf porte quatorze faux-marqués, car le plus emporte le moins.

Faux-Plancher

Faux-Plancher, s. m. en Architecture, c’est au-dessous d’un plancher, un rang de solives ou de chevrons lambrisses de plâtre ou de menuiserie, sur lequel on ne marche point, & qui se fait pour diminuer l’exhaussement d’une piece d’appartement. Voy. Entre-Sol. Ces faux-planchers se pratiquent aussi dans un galetas, pour en cacher le faux-comble. Ce mot se dit encore d’un aire de lambourdes & de planches sur le couronnement d’une voûte, dont les reins ne sont pas remplis.

Faux-Poids

Faux-Poids, voyez Poids & Mesures.

Faux-Pont

Faux-Pont, (Marine.) c’est une espece de pont que l’on fait à fond-de-cale, pour la conservation & la commodité de la cargaison. On place le faux-pont entre le fond-de-cale & le premier pont. On lui donne peu de hauteur. Il sert à coucher des soldats & des matelots. Quelquefois on fait étendre les faux-ponts d’un bout à l’autre du vaisseau ; quelquefois jusqu’à la moitié seulement.

Faux-Poitrail

Faux-Poitrail, (Manége.) Voyez Poitrail.

Faux-Principal

Faux-Principal, (Jurispr.) est la poursuite qui s’intente directement contre quelqu’un, pour faire déclarer fausse une piece qu’il a en sa possession, ou dont il pourroit se servir.

Le faux-principal differe du faux-incident, en ce que celui-ci est proposé incidemment à une contestation où la piece étoit opposée au demandeur en faux ; au lieu que le faux-principal est une poursuite formée pour raison du faux, sans qu’il y eût précédemment aucune contestation sur ce qui peut avoir rapport à la piece arguée de faux.

Les plaintes, dénonciations, & accusations de faux-principal, se font en la même forme que celle des autres crimes, sans consignation d’amende, inscription en faux, sommation, ni autres procédures, en quoi le faux-principal differe encore du faux-incident.

L’accusation de faux peut être admise encore que les pieces prétendues fausses eussent été vérifiées, même avec le plaignant, à d’autres fins que celles d’une poursuite de faux-principal ou incident, & qu’il fût intervenu un jugement sur le fondement de ces pieces, comme si elles étoient véritables.

Sur la requête ou plainte de la partie publique ou civile, on permet d’informer tant par titres que par témoins, comme aussi par experts & par comparaison d’écriture ou signature, selon l’exigence du cas. Les experts sont toûjours entendus séparément par forme de déposition, & non par forme de rapport ou vérification. Si les experts ne s’accordent pas, ou qu’il y ait du doute, il dépend de la prudence du juge de nommer de nouveaux experts, pour être aussi entendus en information.

Les pieces arguées de faux doivent être remises au greffe, & procès-verbal d’icelles dressé comme dans le faux incident.

Voyez l’ordonnance de 1737, tit. j. où l’on trouve expliqué fort au long la procédure qui doit être tenue dans cette matiere.

Faux-Quartier

Faux-Quartier, (Manege.) Voyez Quartier.

Faux-Racage

Faux-Racage, (Marine.) c’est un second racage qu’on met sur le premier, afin qu’il soûtienne la vergue en cas que le premier soit brisé par quelque coup de canon.

Faux-Ras

Faux-Ras est, parmi les Tireurs-d’Or, une plaque de fer percée d’un seul trou, doublée d’un morceau de bois également percé, pour laisser passer l’or de la filiere.

Faux-Rembuchement

Faux-Rembuchement, s. m. (Vénerie.) il se dit du mouvement d’une bête qui entre dans un fort, y fait dix ou douze pas, & revient tout court sur elle pour se rembucher dans un autre lieu.

Faux-Rinjot

Faux-Rinjot, (Marine.) Voyez Safran.

Faux-Saunage

Faux-Saunage, s. m. Commerce de faux-sel : ce terme n’est guere usité qu’en France, où non-seulement il est défendu de faire entrer des sels étrangers dans le royaume, mais où il n’est permis qu’au seul adjudicataire des gabelles, ou à ses commis, regratiers, &c. d’en débiter dans toute l’étendue de sa ferme.

Le faux-saunage, qui ne s’exerce ordinairement que sur les frontieres des provinces privilégiées, mais dont on a vû quelquefois des exemples dans le cœur du royaume, est défendu sous les peines très-rigoureuses. Les nobles qui s’en mêlent, sont déchus de noblesse, privés de leurs charges, & leurs maisons rasées, si elles ont servi de retraite aux faux-sauniers. Les roturiers qui se sont attroupés avec armes, sont envoyés aux galeres pour neuf ans ; & en cas de recidive, pendus. S’ils font ce trafic sans port-d’armes, ils encourent l’amende de 300 livres, & la confiscation de leurs harnois, chevaux, charrettes, bateaux, &c. pour la premiere fois ; & pour la seconde, celle des galeres pendant neuf ans. S’ils ne sont que ce qu’on appelle, en termes de faux-saunage, de simples porte-cols, ils payent d’abord 200 l. d’amende ; & s’ils recidivent, on les condamne aux galeres pour six ans.

Les femmes & filles même sont sujettes aux peines du faux-saunage, portées par l’article 17. de l’ordonnance de 1680 ; savoir 200 livres pour la premiere fois, 300 liv. pour la seconde, & au bannissement perpétuel hors du royaume pour la troisieme.

Le commerce des sels étrangers n’est guere moins sévérement puni ; quiconque en fait entrer en Francesans permission par écrit, encourt la peine des galeres. Dict. de Comm. de Trév. & Chamb.

Faux-Saunier

Faux-Saunier. celui qui fait le trafic du faux-sel, qui exerce le faux-saunage. Voyez Faux-saunage.

Faux-Sel

Faux-Sel, s. m. (Commerce.) c’est le sel des pays étrangers qui est entré en France sans permission, ou celui qui se trouvant dans l’étendue de la ferme des gabelles, n’a pas été pris au grenier à sel de l’adjudicataire, ou aux regrats. Voyez Regrat &. Dict. de Comm.

Faux-Soldat

Faux-Soldat, ou plûtôt passe-volant, (Art mil.) soldat qu’on fait passer en revûe quoiqu’il ne soit point réellement engagé. Voyez Fagot, Passe-Volant. « Ceux qui exposent, dit le chevalier de Ville, les passe-volans & les demi-pages aux montres, s’excusent, disant que ce sont gens effectifs ; & qu’encore qu’ils ne leur donnent pas l’argent du roi, ils ne laissent pas d’être dans la place ; & qu’au besoin, ils feroient aussi-bien à la défense, comme les soldats qui reçoivent la montre tous les mois ». Cette raison n’est pas fort pertinente, parce que les passe-volans ne sont pas obligés à demeurer dans la place ni servir, &c. De la charge des gouverneurs, par le chevalier de Ville.

Faux-Témoin

Faux-Témoin, s. m. est celui qui dépose ou atteste quelque chose contre la vérité. Voy Témoin.