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Paratexte:Prospectus (volume I)

De Encyclopédie

ENCYCLOPÉDIE,

OU

DICTIONNAIRE RAISONNÉ

DES SCIENCES,

DES ARTS ET DES MÉTIERS,

RECUEILLI

DES MEILLEURS AUTEURS

ET PARTICULIEREMENT

DES DICTIONNAIRES ANGLOIS

DE CHAMBERS, D’HARRIS, DE DYCHE, &c.

PAR UNE SOCIÉTÉ DE GENS DE LETTRES.

Mis en ordre & publié par M. Diderot ; & quant à la Partie mathématique, par M. d'Alembert, de l’Académie Royale des Sciences de Paris & de l’Académie Royale de Berlin.

Tantùm series juncturaque pollet,

Tantùm de medio sumptis accedit honoris ! Horat.

DIX VOLUMES IN-FOLIO,

DONT DEUX DE PLANCHES EN TAILLE-DOUCE,

PROPOSÉS PAR SOUSCRIPTION.

A PARIS, Chez {     BRIASSON, rue Saint Jacques, à la Science.
DAVID l’aîné, rue Saint Jacques, à la Plume d’or.
LE BRETON, Imprimeur ordinaire du Roy, rue de la Harpe.
DURAND, rue Saint Jacques, à Saint Landry, & au Griffon.

M. DCC. LI. AVEC APPROBATION ET PRIVILEGE DU ROY.

ENCYCLOPÉDIE,

OU

DICTIONNAIRE RAISONNÉ

DES SCIENCES, DES ARTS ET DES MÉTIERS.

L’OUVRAGE que nous annonçons, n’est plus un Ouvrage à faire. Le Manuscrit & les Desseins en sont complets. Nous pouvons assurer qu’il n’aura pas moins de huit Volumes, & de six cens Planches, & que les Volumes se succéderont sans interruption.

Après avoir informé le Public de l’état présent de l’Encyclopédie, & de la diligence que nous apporterons à la publier ; il est de notre devoir de le satisfaire sur la nature de cet Ouvrage, & sur les moyens que nous avons pris pour l’exécution. C’est ce que nous allons exposer avec le moins d’ostentation qu’il nous sera possible.

On ne peut disconvenir que depuis le renouvellement des Lettres parmi nous, on ne doive en partie aux Dictionnaires les lumieres générales qui se sont répandues dans la société, & ce germe de Science qui dispose insensiblement les esprits à des connoissances plus profondes. Combien donc n’importoit-il pas d’avoir en ce genre un Livre qu’on pût consulter sur toutes les matieres, & qui servît autant à guider ceux qui se sentiroient le courage de travailler à l’instruction des autres, qu’à éclairer ceux qui ne s’instruisent que pour eux-mêmes.

C’est un avantage que nous nous sommes proposé ; mais ce n’est pas le seul. En reduisant sous la forme de Dictionnaire tout ce qui concerne les Sciences & les Arts, il s’agissoit encore de faire sentir les secours mutuels qu’ils se prêtent ; d’user de ces secours pour en rendre les principes plus sûrs & leurs conséquences plus claires ; d’indiquer les liaisons éloignées ou prochaines des êtres qui composent la Nature, & qui ont occupé les hommes ; de montrer par l’entrelacement des racines & par celui des branches, l’impossibilité de bien connoître quelques parties de ce tout, sans remonter ou descendre à beaucoup d’autres ; de former un tableau général des efforts de l’esprit humain dans tous les genres & dans tous les siecles ; de présenter ces objets avec clarté ; de donner à chacun d’eux l’étendue convenable ; & de vérifier, s’il étoit possible, notre Épigraphe par notre succès :

Tantum series juncturaque pollet, Tantum de medio sumptis accedit honoris !

Horat. Art. poet.

Jusqu’ici personne n’avoit conçu un Ouvrage aussi grand ; ou du moins personne ne l’avoit exécuté. Leibnitz, de tous les Sçavans le plus capable d’en sentir les difficultés, desiroit qu’on les surmontât. Cependant on avoit des Encyclopédies ; & Leibnitz ne l’ignoroit pas, lorsqu’il en demandoit une.

La plûpart de ces Ouvrages parurent avant le siecle dernier, & ne furent pas tout-à-fait méprisés. On trouva que s’ils n’annonçoient pas beaucoup de génie, ils marquoient au moins du travail & des connoissances. Mais que seroit-ce pour nous que ces Encyclopédies ? Quel progrès n’a-t-on pas fait depuis dans les Sciences & dans les Arts ? Combien de vérités découvertes aujourd’hui, qu’on n’entrevoyoit pas alors ? La vraie Philosophie étoit au berceau ; la Géométrie de l’Infini n’étoit pas encore ; la Physique expérimentale se montroit à peine ; il n’y avoit point de Dialectique ; les loix de la saine Critique étoient entiérement ignorées. Descartes, Boyle, Huygens, Newton, Leibnitz, Bernoulli, Lock, Bayle, Pascal, Corneille, Racine, Bourdaloue, Bossuet, &c. ou n’existoient pas, ou n’avoient pas écrit. L’esprit de recherche & d’émulation n’animoit pas les Sçavans : un autre esprit moins fécond peut-être, mais plus rare, celui de justesse & de méthode, ne s’étoit point soumis les différentes parties de la Littérature ; & les Académies, dont les travaux ont porté si loin les Sciences & les Arts, n’étoient pas instituées.

Si les découvertes des grands Hommes & des Compagnies sçavantes, dont nous venons de parler, offrirent dans la suite de puissans secours pour former un Dictionnaire encyclopédique ; il faut avouer aussi que l’augmentation prodigieuse des matieres rendit à d’autres égards un tel Ouvrage beaucoup plus difficile. Mais ce n’est point à nous à juger si les successeurs des premiers Encyclopédistes ont été hardis ou présomptueux ; & nous les laisserions tous jouir de leur réputation, sans en excepter Ephraim Chambers, le plus connu d’entre eux, si nous n’avions des raisons particulieres de peser le mérite de celui-ci.

L’Encyclopédie de Chambers dont on a publié à Londres un si grand nombre d’Editions rapides ; cette Encyclopédie qu’on vient de traduire tout récemment en Italien, & qui de notre aveu mérite en Angleterre & chez l’Etranger les honneurs qu’on lui rend, n’eût peut-être jamais été faite ; si avant qu’elle parut en Anglois, nous n’avions eu dans notre Langue des ouvrages où Chambers a puisé sans mesure & sans choix la plus grande partie des choses dont il a composé son Dictionnaire. Qu’en auroient donc pensé nos François sur une Traduction pure & simple ? Il eût excité l’indignation des Sçavans & le cri du Public, à qui on n’eût présenté sous un titre fastueux & nouveau, que des richesses qu’il possédoit depuis long-tems.

Nous ne refusons point à cet Auteur la justice qui lui est dûe. Il a bien senti le mérite de l’ordre encyclopédique, ou de la chaîne par laquelle on peut descendre sans interruption des premiers principes d’une Science ou d’un Art jusqu’à ses conséquences les plus éloignées, & remonter de ses conséquences les plus éloignées jusqu’à ses premiers principes ; passer imperceptiblement de cette Science ou de cet Art à un autre ; &, s’il est permis de s’exprimer ainsi, faire sans s’égarer le tour du Monde Littéraire. Nous convenons avec lui que le plan & le dessein de son Dictionnaire sont excellens ; & que si l’éxecution en étoit portée à un certain degré de perfection, il contribueroit plus lui seul aux progrès de la vraie Science que la moitié des Livres connus. Mais nous ne pouvons nous empêcher de voir combien il est demeuré loin de ce degré de perfection. En effet, conçoit-on que tout ce qui concerne les Sciences & les Arts puisse être renfermé en deux Volumes in-folio ? La Nomenclature d’une matiere aussi étendue en fourniroit un elle seule, si elle étoit complette. Combien donc ne doit-il pas y avoir dans son Ouvrage d’articles omis ou tronqués ?

Ce ne sont point ici des conjectures. La Traduction entiere du Chambers nous a passé sous les yeux, & nous avons trouvé une multitude prodigieuse de choses à desirer dans les Sciences ; dans les Arts libéraux, un mot où il falloit des pages ; & tout à suppléer dans les Arts méchaniques. Chambers a lu des Livres, mais il n’a gueres vû d’Artistes ; cependant il y a beaucoup de choses qu’on n’apprend que dans les Ateliers. D’ailleurs il n’en est pas ici des omissions comme dans un autre ouvrage. L’Encyclopédie, à la rigueur, n’en permet aucune. Un article omis dans un Dictionnaire commun, le rend seulement imparfait. Dans une Encyclopédie, il rompt l’enchaînement, & nuit à la forme & au fond ; & il a fallu tout l’art d’Ephraïm Chambers pour pallier ce défaut. Il n’est donc pas à présumer qu’un ouvrage aussi imparfait pour tout Lecteur, & si peu neuf pour le Lecteur François, eût trouvé beaucoup d’admirateurs parmi nous.

Mais sans nous étendre davantage sur les imperfections de l’Encyclopédie Angloise, nous annonçons que l’Ouvrage de Chambers n’est point la base sur laquelle nous avons élevé ; que nous avons refait un grand nombre de ses articles, & que nous n’avons employé presqu’aucun des autres sans addition, correction, ou retranchement ; qu’il rentre simplement dans la classe des Auteurs que nous avons particuliérement consultés, & que la disposition générale est la seule chose qui soit commune entre notre Ouvrage & le sien.

Nous avons senti avec l’Auteur Anglois, que le premier pas que nous avions à faire vers l’exécution raisonnée & bien entendue d’une Encyclopédie, c’étoit de former un Arbre Généalogique de toutes les Sciences & de tous les Arts, qui marquât l’origine de chaque Branche de nos connoissances, les liaisons qu’elles ont entr’elles & avec la Tige commune, & qui nous servît à rappeller les différens articles à leurs chefs. Ce n’étoit pas une chose facile. Il s’agissoit de renfermer en une page le canevas d’un Ouvrage qui ne se peut exécuter qu’en plusieurs Volumes in-folio, & qui doit contenir un jour toutes les connoissances des hommes.

Cet Arbre de la connoissance humaine pouvoit être formé de plusieurs manieres, soit en rapportant aux diverses facultés de notre Ame nos différentes connoissances, soit en les rapportant aux êtres qu’elles ont pour objet. Mais l’embarras étoit d’autant plus grand, qu’il y avoit plus d’arbitraire. Et combien ne devoit-il pas y en avoir ? La Nature ne nous offre que des choses particulieres, infinies en nombre & sans aucune division fixe & déterminée. Tout s’y succede par des nuances insensibles. Et sur cette mer d’objets qui nous environne, s’il en paroît quelques-uns, comme des pointes de rochers, qui semblent percer la surface & dominer les autres, ils ne doivent cet avantage qu’à des systêmes particuliers, qu’à des conventions vagues, & qu’à certains événemens étrangers à l’Arrangement Physique des êtres, & aux vraies institutions de la Philosophie. Si l’on ne pouvoit se flatter d’assujettir l’Histoire seule de la nature à une distribution qui embrassât tout & qui convînt à tout le monde, ce que MM. de Buffon & d’Aubenton n’ont pas avancé sans fondement ; combien n’étions-nous pas autorisés dans un sujet beaucoup plus étendu, à nous en tenir, comme eux, à quelque méthode satisfaisante pour les bons esprits qui sentent ce que la nature des choses comporte ou ne comporte pas. On trouvera à la fin de ce Projet cet Arbre de la connoissance humaine, avec l’enchaînement des idées qui nous ont dirigés dans cette vaste opération. Si nous en sommes sortis avec succès, nous en aurons principalement obligation au Chancelier Bacon, qui jettoit le plan d’un Dictionnaire universel des Sciences & des Arts, en un tems où il n’y avoit, pour ainsi dire, ni Sciences ni Arts. Ce génie extraordinaire, dans l’impossibilité de faire l’histoire de ce qu’on sçavoit, faisoit celle de ce qu’il falloit apprendre.

C’est de nos facultés que nous avons déduit nos connoissances ; l’Histoire nous est venue de la Mémoire ; la Philosophie, de la Raison ; & la Poësie, de l’Imagination ; distribution féconde à laquelle la Théologie même se prête : car dans cette Science, les faits sont de l’Histoire & se rapportent à la Mémoire, sans même en excepter les Prophéties qui ne sont qu’une espece d’histoire où le récit a précédé l’évenement : les Mysteres, les Dogmes & les Préceptes sont de Philosophie éternelle & de Raison divine ; & les Paraboles, sorte de Poësie allégorique, sont d’Imagination inspirée. Aussi-tôt nous avons vû nos connoissances découler les unes des autres ; l’Histoire s’est distribuée en ecclésiastique, civile, naturelle, littéraire, &c. La Philosophie, en science de Dieu, de l’Homme, de la Nature, &c. La Poësie, en narrative, dramatique, allégorique, &c. De-là, Théologie, Histoire naturelle, Physique, Métaphysique, Mathématiques, &c. Météorologie, Hydrologie, &c. Méchanique, Astronomie, Optique, &c. en un mot, une multitude innombrable de rameaux & de branches dont la science des axiomes, ou des propositions évidentes par elles-mêmes, doit être regardée, dans l’ordre synthétique, comme le Tronc commun.

A l'aspect d'une matiere aussi étendue, il n’est personne qui ne fasse avec nous la réflexion suivante. L’expérience journaliere n’apprend que trop combien il est difficile à un Auteur de traiter profondément de la Science ou de l’Art dont il a fait toute sa vie une étude particuliere ; il ne faut donc pas être surpris qu’un homme ait échoué dans le projet de traiter de toutes les Sciences & de tous les Arts. Ce qui doit étonner, c’est qu’un homme ait été assez hardi & assez borné pour le tenter seul. Celui qui s’annonce pour sçavoir tout, montre seulement qu’il ignore les limites de l’esprit humain.

Nous avons inféré de-là que pour soutenir un poids aussi grand que celui que nous avions à porter, il étoit nécessaire de le partager ; & sur le champ nous avons jetté les yeux sur un nombre suffisant de Sçavans & d’Artistes ; d’Artistes habiles & connus par leurs talens ; de Sçavans exercés dans les genres particuliers qu’on avoit à confier à leur travail. Nous avons distribué à chacun la partie qui lui convenoit ; les Mathématiques au Mathématicien ; les Fortifications à l’Ingénieur ; la Chimie au Chimiste ; l’Histoire ancienne & moderne à un homme versé dans ces deux parties ; la Grammaire à un Auteur connu par l’esprit philosophique qui regne dans ses Ouvrages ; la Musique, la Marine, l’Architecture, la Peinture, la Médecine, l’Histoire naturelle, la Chirurgie, le Jardinage, les Arts libéraux, les principaux d’entre les Arts méchaniques, à des hommes qui ont donné des preuves d’habileté dans ces différens genres : ainsi chacun n’ayant été occupé que de ce qu’il entendoit, a été en état de juger sainement de ce qu’en ont écrit les Anciens & les Modernes, & d’ajouter aux secours qu’il en a tirés, des connoissances puisées dans son propre fonds : personne ne s’est avancé sur le terrein d’autrui, ni ne s’est mêlé de ce qu’il n’a peut-être jamais appris ; & nous avons eu plus de méthode, de certitude, d’étendue, & de détails qu’il ne peut y en avoir dans la plûpart des Lexicographes. Il est vrai que ce plan a réduit le mérite d’Editeur à peu de chose ; mais il a beaucoup ajouté à la perfection de l’Ouvrage ; & nous penserons toujours nous être acquis assez de gloire, si le Public est satisfait.

La seule partie de notre travail, qui suppose quelqu’intelligence, c’est de remplir les vuides qui séparent deux Sciences ou deux Arts, & de renouer la chaîne dans les occasions où nos Collegues se sont reposés les uns sur les autres de certains articles qui paroissant appartenir également à plusieurs d’entre eux, n’ont été faits par aucun. Mais afin que la personne chargée d’une partie, ne soit point comptable des fautes qui pourroient se glisser dans des morceaux surajoutés, nous aurons l’attention de distinguer ces morceaux par une étoile. Nous tiendrons exactement la parole que nous avons donnée ; le travail d’autrui sera sacré pour nous ; & nous ne manquerons pas de consulter l’Auteur, s’il arrive dans le cours de l’édition que son ouvrage nous paroisse demander quelque changement considérable.

Les différentes mains que nous avons employées ont apposé à chaque article, comme le sceau de leur style particulier, du style propre à la matiere & à l’objet d’une partie. Un procédé de Chimie ne sera point du même ton que la description des Bains & des Théatres anciens ; ni la manœuvre d’un Serrurier, exposée comme les recherches d’un Théologien sur un point de dogme ou de discipline. Chaque chose a son coloris, & ce seroit confondre les genres que de les réduire à une certaine uniformité. La pureté du style, la clarté, & la précision sont les seules qualités qui puissent être communes à tous les articles, & nous espérons qu’on les y remarquera. S’en permettre davantage, ce seroit s’exposer à la monotonie & au dégoût qui sont presqu’inséparables des Ouvrages étendus, & que l’extrême variété des matieres doit écarter de celui-ci.

Nous en avons dit assez pour informer le Public de l’état présent d’une entreprise à laquelle il a paru s’intéresser ; des avantages généraux qui en résulteront, si elle est bien exécutée ; du bon ou du mauvais succès de ceux qui l’ont tentée avant nous ; de l’étendue de son objet ; de l’ordre auquel nous nous sommes assujettis ; de la distribution qu’on a faite de chaque partie, & de nos fonctions d’Éditeurs : nous allons maintenant passer aux principaux détails de l’exécution.

Toute la matière de l’Encyclopédie peut se réduire à trois chefs ; les Sciences, les Arts libéraux, & les Arts méchaniques. Nous commencerons par ce qui concerne les Sciences, & les Arts libéraux, & nous finirons par les Arts méchaniques.

On a beaucoup écrit sur les Sciences. Les traités sur les Arts libéraux se sont multipliés sans nombre ; la République des Lettres en est inondée. Mais combien peu donnent les vrais principes ? Combien d’autres les étouffent dans une affluence de paroles, ou les perdent dans des ténebres affectées ? Combien dont l’autorité en impose, & chez qui une erreur placée à côté d’une vérité, ou décrédite celle-ci, ou s’accrédite elle-même à la faveur de ce voisinage ? On eût mieux fait sans doute d’écrire moins & d’écrire mieux.

Entre tous les Écrivains, on a donné la préférence à ceux qui sont généralement reconnus pour les meilleurs. C’est de là que les principes ont été tirés. A leur exposition claire & précise, on a joint des exemples ou des autorités constamment reçues. La coutume vulgaire est de renvoyer aux sources, ou de citer d’une maniere vague, souvent infidelle, & presque toujours confuse, ensorte que dans les différentes parties dont un article est composé, on ne sçait exactement quel Auteur on doit consulter sur tel ou tel point, ou s’il faut les consulter tous, ce qui rend la vérification longue & pénible. On s’est attaché, autant qu’il a été possible, à éviter cet inconvénient, en citant dans le corps même des articles, les Auteurs sur le témoignage desquels on s’est appuyé ; rapportant leur propre texte, quand il est nécessaire ; comparant partout les opinions ; balançant les raisons ; proposant des moyens de douter ou de sortir de doute ; décidant même quelquefois ; détruisant autant qu’il est en nous les erreurs & les préjugés ; & tâchant surtout de ne les pas multiplier & de ne les point perpétuer, en protégeant sans examen des sentimens rejettés, ou en proscrivant sans raison des opinions reçues. Nous n’avons pas craint de nous étendre, quand l’intérêt de la vérité & l’importance de la matiere le demandoient, sacrifiant l’agrément toutes les fois qu’il n’a pu s’accorder avec l’instruction.

L’empire des Sciences & des Arts est un monde éloigné du Vulgaire, où l’on fait tous les jours des découvertes, mais dont on a bien des relations fabuleuses. Il étoit important d’assurer les vraies, de prévénir sur les fausses, de fixer des points d’où l’on partît, & de faciliter ainsi la recherche de ce qui reste à trouver. On ne cite des faits ; on ne compare des expériences ; on n’imagine des méthodes, que pour exciter le génie à s’ouvrir des routes ignorées, & à s’avancer à des découvertes nouvelles, en regardant comme le premier pas celui où les grands hommes ont terminé leur course. C’est aussi le but que nous nous sommes proposé, en alliant aux principes des Sciences & des Arts libéraux, l’histoire de leur origine & de leurs progrès successifs ; & si nous l’avons atteint, de bons esprits ne s’occuperont plus à chercher ce qu’on sçavoit avant eux : il sera facile dans les productions à venir sur les Sciences & sur les Arts libéraux, de démêler ce que les inventeurs ont tiré de leur fonds, d’avec ce qu’ils ont emprunté de leurs prédécesseurs : on apprétiera les travaux ; & ces hommes avides de réputation & dépourvus de génie, qui publient hardiment de vieux systèmes comme des idées nouvelles, seront bientôt démasqués. Mais, pour parvenir à ces avantages, il a fallu donner à chaque matiere une étendue convenable, insister sur l’essentiel, négliger les minuties, & éviter un défaut assez commun, celui de s’appesantir sur ce qui ne demande qu’un mot, de prouver ce qu’on ne conteste point, & de commenter ce qui est clair. Nous n’avons ni épargné ni prodigué les éclaircissemens. On jugera qu’ils étoient nécessaires partout où nous en avons mis, & qu’ils auroient été superflus où l’on n’en trouvera pas. Nous nous sommes encore bien gardés d’accumuler les preuves où nous avons cru qu’un seul raisonnement solide suffisoit, ne les multipliant que dans les occasions où leur force dépendoit de leur nombre & de leur concert.

Ce sont-là toutes les précautions que nous avions à prendre. Voilà les richesses sur lesquelles nous pouvions compter ; mais il nous en est survenu d’autres que notre entreprise doit, pour ainsi-dire, à sa bonne fortune. Ce sont des Manuscrits qui nous ont été communiqués par des Amateurs, ou fournis par des Sçavans entre lesquels nous nommerons ici M. Formey, Secrétaire perpétuel de l’Académie Royale des Sciences & des Belles-Lettres de Prusse. Cet habile Académicien avoit médité un Dictionnaire, tel à peu près que le nôtre, & il nous a généreusement sacrifié la partie considérable qu’il en avoit exécuté, & dont nous ne manquerons pas de lui faire honneur. Ce sont encore des Recherches, des Observations que chaque Artiste ou Sçavant, chargé d’une partie de notre Dictionnaire, renfermoit dans son cabinet, & qu’il a bien voulu publier par cette voie. De ce nombre seront presque tous les articles de Grammaire générale & particuliere. Nous croyons pouvoir assurer qu’aucun Ouvrage connu ne sera ni aussi riche ni aussi instructif que le nôtre, sur les regles & les usages de la Langue Françoise, & même sur la nature, l’origine & le philosophique des Langues en général. Nous ferons donc part au Public, tant sur les Sciences que sur les Arts libéraux, de plusieurs fonds littéraires dont il n’auroit peut-être jamais eu connoissance.

Mais ce qui ne contribuera gueres moins à la perfection de ces deux branches importantes, ce sont les secours obligeans que nous avons reçus de tous côtés ; protection de la part des Grands ; accueil & communication de la part de plusieurs Sçavans ; Bibliotheques publiques, Cabinets particuliers, Recueils, Portefeuilles, &c. tout nous a été ouvert & par ceux qui cultivent les Lettres, & par ceux qui les aiment. Un peu d’adresse & beaucoup de dépense ont procuré ce qu’on n’a pu obtenir de la pure bienveillance ; & les recompenses ont presque toujours calmé ou les inquiétudes réelles ou les allarmes simulées de ceux que nous avions à consulter.

Nous sommes principalement sensibles aux obligations que nous avons à M. l’Abbé Sallier, Garde de la Bibliotheque du Roi : aussi n’attendrons-nous pas pour l’en remercier, que nous rendions, soit à nos Collegues, soit aux personnes qui ont pris intérêt à notre Ouvrage, le tribut de louanges & de reconnoissance qui leur est dû. M. l’Abbé Sallier nous a permis, avec cette politesse qui lui est naturelle & qu’animoit encore le plaisir de favoriser une grande entreprise, de choisir dans le riche fonds dont il est dépositaire, tout ce qui pouvoit répandre de la lumiere ou des agrémens sur notre Encyclopédie. On justifie, nous pourrions même dire qu’on honore le choix du Prince, quand on sçait se prêter ainsi à ses vûes. Les Sciences & les Beaux-Arts ne peuvent trop concourir à illustrer par leurs productions le regne d’un Souverain qui les favorise : pour nous, spectateurs de leurs progrès & leurs Historiens, nous nous occuperons seulement à les transmettre à la postérité. Qu’elle dise à l’ouverture de notre Dictionnaire, tel étoit alors l’état des Sciences & des Beaux Arts. Qu’elle ajoute ses découvertes à celles que nous aurons enregistrées, & que l’Histoire de l’Esprit humain & de ses productions aille d’âge en âge jusqu’aux siecles les plus reculés. Que l’Encyclopédie devienne un Sanctuaire où les connoissances des hommes soient à l’abri des Tems & des Révolutions. Ne serons-nous pas trop flatés d’en avoir posé les fondemens ? Quel avantage n’auroit-ce pas été pour nos peres & pour nous, si les travaux des Peuples anciens, des Égyptiens, des Chaldéens, des Grecs, des Romains, &c. avoient été transmis dans un Ouvrage encyclopédique, qui eût exposé en même tems les vrais principes de leurs Langues ! Faisons donc pour les siecles à venir ce que nous regrettons que les siecles passés n’ayent pas fait pour le nôtre. Nous osons dire que si les Anciens eussent exécuté une Encyclopédie, comme ils ont exécuté tant de grandes choses, & que ce Manuscrit se fût échappé seul de la fameuse Bibliotheque d’Alexandrie, il eût été capable de nous consoler de la perte des autres.

Voilà ce que nous avions à exposer au Public sur les Sciences & les Beaux Arts. La partie des Arts méchaniques ne demandoit ni moins de détails ni moins de soins. Jamais peut-être il ne s’est trouvé tant de difficultés rassemblées, & si peu de secours pour les vaincre. On a trop écrit sur les Sciences : on n’a pas assez bien écrit sur la plupart des Arts libéraux : on n’a presque rien écrit sur les Arts méchaniques ; car qu’est-ce que le peu qu’on en rencontre dans les Auteurs, en comparaison de l’étendue & de la fécondité du sujet ? Entre ceux qui en ont traité, l’un n’étoit pas assez instruit de ce qu’il avoit à dire, & a moins rempli son objet que montré la nécessité d’un meilleur ouvrage : un autre n’a qu’effleuré la matiere, en la traitant plutôt en Grammairien & en homme de Lettres, qu’en Artiste : un troisiéme est à la vérité plus riche & plus ouvrier ; mais il est en même tems si court, que les opérations des Artistes & la description de leurs machines, cette matiere capable de fournir seule des Ouvrages considérables, n’occupe que la très-petite partie du sien. Chambers n’a presque rien ajouté à ce qu’il a traduit de nos Auteurs. Tout nous déterminoit donc à recourir aux Ouvriers.

On s’est adressé aux plus habiles de Paris & du Royaume. On s’est donné la peine d’aller dans leurs Ateliers, de les interroger, d’écrire sous leur dictée, de déveloper leurs pensées, d’en tirer les termes propres à leurs professions, d’en dresser des tables, de les définir, de converser avec ceux dont on avoit obtenu des mémoires, & (précaution presqu’indispensable) de rectifier dans de longs & fréquens entretiens avec les uns, ce que d’autres avoient imparfaitement, obscurément, & quelquefois infidellement expliqué. Il est des Artistes qui sont en même tems gens de Lettres, & nous en pourrions citer ici ; mais le nombre en seroit fort petit : la plûpart de ceux qui exercent les Arts méchaniques, ne les ont embrassés que par nécessité, & n’operent que par instinct. A peine entre mille en trouve-t-on une [saut de colonne] douzaine en état de s’exprimer avec quelque clarté sur les instrumens qu’ils emploient & sur les ouvrages qu’ils fabriquent. Nous avons vû des Ouvriers qui travailloient depuis quarante années, sans rien connoître à leurs machines. Il nous a fallu exercer avec eux la fonction dont se glorifioit Socrate, la fonction pénible & délicate de faire accoucher les esprits, obstetrix animorum.

Mais il est des métiers si singuliers & des manœuvres si déliées, qu’à moins de travailler soi-même, de mouvoir une machine de ses propres mains, & de voir l’ouvrage se former sous ses propres yeux, il est difficile d’en parler avec précision. Il a donc fallu plusieurs fois se procurer les machines, les construire, mettre la main à l’œuvre, se rendre, pour ainsi dire, apprentif, & faire soi-même de mauvais ouvrages pour apprendre aux autres comment on en fait de bons.

C’est ainsi que nous nous sommes convaincus de l’ignorance dans laquelle on est sur la plûpart des objets de la vie, & de la nécessité de sortir de cette ignorance. C’est ainsi que nous nous sommes mis en état de démontrer que l’homme de Lettres qui sçait le plus sa Langue, ne connoît pas la vingtiéme partie des mots ; que, quoique chaque Art ait la sienne, cette Langue est encore bien imparfaite ; que c’est par l’extrême habitude de converser les uns avec les autres, que les Ouvriers s’entendent, & beaucoup plus par le retour des conjonctures que par l’usage des termes. Dans un Atelier, c’est le moment qui parle, & non l’Artiste. Voici la méthode qu’on a suivie pour chaque Art. On a traité, 1°. de la matiere, des lieux où elle se trouve, de la maniere dont on la prépare, de ses bonnes & mauvaises qualités, de ses différentes especes, des opérations par lesquelles on la fait passer, soit avant que de l’employer, soit en la mettant en œuvre.

2°. Des principaux ouvrages qu’on en fait, & de la maniere de les faire.

3°. On a donné le nom, la description, & la figure des outils & des machines, par pieces détachées & par pieces assemblées, la coupe des moules & d’autres instrumens, dont il est à propos de connoître l’intérieur, leurs profils, &c.

4°. On a expliqué & représenté la main d’œuvre & les principales opérations dans une ou plusieurs Planches, où l’on voit tantôt les mains seules de l’Artiste, tantôt l’Artiste entier en action, & travaillant à l’ouvrage le plus important de son Art.

5°. On a recueilli & défini le plus exactement qu’il a été possible les termes propres de l’Art.

Mais le peu d’habitude qu’on a & d’écrire, & de lire des écrits sur les Arts, rend les choses difficiles à expliquer d’une maniere intelligible. De-là naît le besoin de Figures. On pourroit démontrer par mille exemples qu’un Dictionnaire pur & simple de Langue, quelque bien qu’il soit fait, ne peut se passer de Figures, sans tomber dans des définitions obscures ou vagues ; combien donc à plus forte raison ce secours ne nous étoit-il pas nécessaire ? Un coup d’œil sur l’objet ou sur sa représentation en dit plus qu’une page de discours.

On a envoyé des Dessinateurs dans les Ateliers. On a pris l’esquisse des machines & des outils. On n’a rien omis de ce qui pouvoit les montrer distinctement aux yeux. Dans le cas où une machine mérite des détails par l’importance de son usage & par la multitude de ses parties, on a passé du simple au composé. On a commencé par assembler dans une premiere figure autant d’élémens qu’on en pouvoit appercevoir sans confusion. Dans une seconde figure, on voit les mêmes élémens avec quelques autres. C’est ainsi qu’on a formé successivement la machine la plus compliquée sans aucun embarras ni pour l’esprit ni pour les yeux. Il faut quelquefois remonter de la connoissance de l’ouvrage à celle de la machine, & d’autres fois descendre de la connoissance de la machine à celle de l’ouvrage. On trouvera à l’article Art, des réflexions philosophiques sur les avantages de ces méthodes, & sur les occasions où il est à propos de préferer l’une à l’autre.

Il y a des notions qui sont communes à presque tous les hommes, & qu’ils ont dans l’esprit avec plus de clarté qu’elles n’en peuvent recevoir du discours. Il y a aussi des objets si familiers qu’il seroit ridicule d’en faire des figures. Les Arts en offrent d’autres si composés qu’on les représenteroit inutilement : dans les deux premiers cas, nous avons supposé que le Lecteur n’étoit pas entiérement dénué de bon sens & d’expérience ; & dans le dernier, nous renvoyons à l’objet même. Il est en tout un juste milieu, & nous avons tâché de ne le pas manquer ici. Un seul Art dont on voudroit tout dire & tout représenter, fourniroit des volumes de discours & de planches. On ne finiroit jamais si l’on se proposoit de rendre en figures tous les états par lesquels passe un morceau de fer avant que d’être transformé en aiguilles. Que le discours suive le procédé de l’Artiste dans le dernier détail ; à la bonne heure. Quant aux Figures, nous les avons restreintes aux mouvemens importans de l’ouvrier, & aux seuls momens de l’opération qu’il est très-facile de peindre & très-difficile d’expliquer. Nous nous en sommes tenus aux circonstances essentielles, à celles dont la représentation, quand elle est bien faite, entraîne nécessairement la connoissance de celles qu’on ne voit pas. Nous n’avons pas voulu ressembler à un homme qui feroit planter des guides à chaque pas dans une route, de crainte que les voyageurs ne s’en écartassent : il suffit qu’il y en ait partout où ils seroient exposés à s’égarer.

Au reste, c’est la main d’œuvre qui fait l’Artiste, & ce n’est point dans les Livres qu’on peut apprendre à manœuvrer. L’Artiste rencontrera seulement dans notre Ouvrage des vûes qu’il n’eût peut-être jamais eues, & des observations qu’il n’eût faites qu’après plusieurs années de travail. Nous offrirons au Lecteur studieux ce qu’il eût appris d’un Artiste en le voyant opérer pour satisfaire sa curiosité ; & à l’Artiste, ce qu’il seroit à souhaiter qu’il apprît du Philosophe pour s’avancer à la perfection.

Nous avons distribué dans les Sciences & dans les Arts libéraux, les Figures & les Planches, selon le même esprit & avec la même œconomie que dans les Arts méchaniques ; cependant nous n’avons pu réduire le nombre des unes & des autres, à moins de six cens. Les deux Volumes qu’elles formeront ne seront pas la partie la moins intéressante de l’Ouvrage, par l’attention que nous aurons de placer au verso d’une Planche, l’explication de celle qui sera vis-à-vis, avec des renvois aux endroits du Dictionnaire auxquels chaque Figure sera relative. Un Lecteur ouvre un volume de Planches ; il apperçoit une machine qui pique sa curiosité : c’est, si l’on veut, un Moulin à poudre, à papier, à soie, à sucre, &c. il lira vis-à-vis, fig. 50, 51 ou 60, &c. Moulin à poudre, Moulin à sucre, Moulin à papier, Moulin à soie, &c. il trouvera ensuite une explication succincte de ces machines avec les renvois aux articles, Poudre, Papier, Sucre, Soie, &c.

La Gravure répondra à la perfection des Desseins, & nous espérons que les Planches de notre Encyclopédie surpasseront celles du Dictionnaire Anglois autant en beauté qu’elles les surpassent en nombre. Chambers a trente planches. L’ancien projet en promettoit cent vingt ; & nous en donnerons six cens au moins. Il n’est pas étonnant que la carriere se soit étendue sous nos pas. Elle est immense ; & nous ne nous flatons pas de l’avoir parcourue.

Malgré les secours & les travaux dont nous venons de rendre compte, nous déclarons sans peine, au nom de nos Collegues & au nôtre, qu’on nous trouvera toujours disposés à convenir de notre insuffisance, & à profiter des lumieres qui nous seront communiquées. Nous les recevrons avec reconnoissance, & nous nous y conformerons avec docilité ; tant nous sommes persuadés que la perfection derniere d’une Encyclopédie est l’ouvrage des siecles. Il a fallu des siecles pour commencer ; il en faudra pour finir ; mais a la postérité, et a l’Estre qui ne meurt point.

Nous aurons cependant la satisfaction intérieure de n’avoir rien épargné pour réussir : une des preuves que nous en apporterons, c’est qu’il y a des parties dans les Sciences & dans les Arts qu’on a refaites jusqu’à trois fois. Nous ne pouvons nous dispenser de dire à l’honneur des Libraires associés, qu’ils n’ont jamais refusé de se prêter à ce qui pouvoit contribuer à les perfectionner toutes. Il faut espérer que le concours d’un aussi grand nombre de circonstances, telles que les lumieres de ceux qui ont travaillé à l’Ouvrage, les secours des personnes qui s’y sont intéressées, & l’émulation des Editeurs & des Libraires, produira quelque bon effet.

De tout ce qui précede, il s’ensuit que dans l’Ouvrage que nous annonçons, on a traité des Sciences & des Arts, de maniere qu’on n’en suppose aucune connoissance préliminaire ; qu’on y expose ce qu’il importe de sçavoir sur chaque matiere ; que les articles s’expliquent les uns par les autres ; & que par conséquent la difficulté de la nomenclature n’embarrasse nulle part. D’où nous inférerons que cet Ouvrage pourroit tenir lieu de Bibliotheque dans tous les genres à un homme du monde ; & dans tous les genres, excepté le sien, à un Sçavant de profession ; qu’il suppléera aux Livres élémentaires ; qu’il dévelopera les vrais principes des Choses ; qu’il en marquera les rapports ; qu’il contribuera à la certitude & au progrès des connoissances humaines, & qu’en multipliant le nombre des vrais Sçavans, des Artistes distingués, & des Amateurs éclairés, il répandra dans la société de nouveaux avantages.