Planches:FAYANCERIE (volume IV)
FAYANCERIE.
Contenant douze Planches.
SOus le nom de fayancerie l'on entend l'art de fabriquer des ouvrages faits en terre cuite, couverte d'émail, tels que des plats, assiettes, pots, écuelles, saladiers, jattes, fontaines, &c. & toutes sortes de poteries fines: ce mot vient de l'italien faenza, en latin faventia, & en françois fayance, nom propre d'une ville d'Italie, d'où elle tire son nom, située entre Forli & Incola, sur la riviere d'Ancone, en Romagne, où fut faite la premiere fayance.
La premiere que l'on fit en France fut dans la ville de Nevers, par un italien, qui après avoir conduit & accompagné un duc de Nivernois, apperçut en se promenant la même espece de terre dont on faisoit la fayance en Italie; après l'avoir examinée & trouvée bonne, il en fit préparer & construire un four, dans lequel fut faite notre premiere fayance. On en fait un grand commerce en France & aux environs; celles de Nevers, de Rouen, de Saint-Cloud sont très-belles; celles de Hollande sont au-dessus, non-seulement pour la finesse de la terre, mais encore par celle de la couverte; celles de Delft sont infiniment plus belles que ces dernieres, elles approchent beaucoup de celles de la Chine, qu'on nomme plus ordinairement porcelaines; les plus belles que l'on voye en France sont celles dont on vient d'établir de nouvelles manufactures à Rouen, à Saint-Cloud près Paris, & à Poissy, dont la beauté approche beau-coup de celle de la porcelaine. On voit dans quelques cabinets de curiosités de très-beaux vases de fayance d'une grande rareté & d'un grand prix, peints par Raphael, Jules-Romain, & autres peintres célebres.
La fayancerie se divise en deux sortes; la premiere est la connoissance de la terre qui lui est propre, & la maniere de la préparer; la seconde est l'art d'en fabriquer toutes sortes d'ouvrages au tour & au moule, & la maniere de les enfourner & de les cuire.
De la terre propre à la fayancerie.
La terre propre à la fayancerie est une espece de terre grasse, compacte & pesante, qu'on trouve dans presque tous les lieux de la terre, dont la couleur est d'un gros verd ou bleu tirant sur le jaune, quelquefois rouge; sa qualité est d'être très-fine, de s'amollir, & même de se dissoudre dans l'eau, de faire corps & s'endurcir au four au point de faire feu, lorsqu'elle est frappée par l'acier le plus dur; celle qui tient le milieu entre la glaise & l'argille est la meilleure, étant composée des deux especes, plus ou moins, à proportion qu'elle s'approche de l'une ou de l'autre. C'est aussi pour cette raison que le mélange peut être très-bon: au défaut de l'argille, il y faut mêler du sable fin dont la quantité doit varier, selon que la glaise est plus ou moins grasse, & l'argille en étant lui-même composé, ce qui est très-essentiel pour empêcher la fayance de se fendre.
Il y a une autre espece de terre de couleur brune, beaucoup moins grasse que la précédente, faite moitié de glaise & moitié d'argille ou d'un tiers de sable fin, dont les ouvrages qui en sont faits résistent parfaitement au feu.
Ces différens mélanges demandent beaucoup de précaution; il faut considérer attentivement la nature de la glaise, & y mêler le sable ou l'argille à proportion qu'elle est plus ou moins grasse, observant de ne pas rendre le mélange trop liquide pendant la dissolution, le sable étant plus pesant se déposeroit plus promptement, & se séparant de la terre ne feroit plus corps avec elle.
La terre choisie est apportée des lieux d'où on la tire, on la met tremper avec de l'eau dans des bassins A, voyez la vignette de la premiere Pl. ou en A. fig. 93. faits exprès en terre, assez ordinairement près d'un puits b, même vignette, pour éviter le transport de l'eau; ces bassins peuvent être d'environ cinq à six piés de profondeur, d'une grandeur proportionnée à la quantité d'ouvrages qu'on a à faire, & dont le fond est souvent pavé en brique, tuile, carreau, ou pierre; la terre humectée dans ce bassin pendant plusieurs jours, on l'y délaye avec des pelles & bêches, fig. 78. & 79. bâtons, fig. 90. & autres choses semblables, ensuite un ouvrier en éleve l'eau avec le secours d'un sceau fiché au bout d'un bâton, fig. 85. versant à mesure dans un tamis de crin ou de soie, fig. 82. & 83. dont la finesse dépend de celle de la fayance, tenu & remué à mesure par un autre ouvrier. L'eau chargée de terre traverse le tamis, laisse après elle le plus grossier de la terre, & va se répandre par des rigoles dans des bassins très-grands & étendus d'environ trois à quatre piés de profondeur, soit creusés en terre c c, voyez la même vignette, ou posés dessus, & d d, &c. bordés d'ais ou planches B B, &c. fig. 93. retenus & arrêtés à des pieux C C, & fichés en terre, & dont le fond est pavé en briques, tuiles, carreaux, ou pierres; on la transporte encore par seaux, fig. 84. dans des bacquets, fig. 85. ou poinçons, fig. 86. remplis d'eau. On fait le mélange des especes en quantité raisonnable, on l'y délaye ensuite avec des rames, fig. 81. puis on verse le tout dans le tamis, & le plus fin se répand dans les bassins. Il est beaucoup mieux de passer la terre séparément dans les vaisseaux, faire ensuite le mélange, & jetter le tout ensemble dans les bassins. L'eau ainsi chargée de terre ayant séjourné quelques jours se décharge, & tandis que la terre se dépose au fond des bassins, l'eau qui reste au-dessus devient claire, s'évapore ou se décharge dans les terres, ou mieux encore par des canaux D D même figure, pratiqués sur les bords des bassins au dessus de l'endroit où se doit faire le dépôt; on ouvre ces canaux par le moyen d'une petite vanne E, l'eau s'écoule & la terre reste & se seche alors plus promptement. Devenue molle à-peu-près comme la boue, on l'enleve avec la palette, fig. 87. & le bâton, fig. 88. & on la met dans des terrines à plat, fig. 89. & autres vaisseaux défectueux & de rebut, après y avoir répandu un peu de sable au fond pour l'empêcher de s'y attacher, on les arrange à mesure autour des bassins, & lorsqu'il y en a une certaine quantité, on les laisse ainsi sécher à l'air les beaux jours, ou dans l'attelier sur des planches, posés dans des cases ou rayons faits exprès, voyez la vignette de la II. Pl. & en hiver autour du four ou d'un poële, & cela pour en faire évaporer promptement l'humidité. Ainsi sechée on la transporre ou on l'étend sur une surface plane & bien mince en b, seconde vignette, pour la fouler aux piés à différentes reprises, jusqu'à ce qu'elle soit bien liante; on la met ensuite en masse plate d'environ un pié cube qu'on met en pile en c c, pour s'en servir au besoin, ou deux ou trois mois après, s'il est possible, ce qui la rend encore infiniment meilleure.
De la maniere de fabriquer les ouvrages avant que de les mettre au four.
Les ouvrages se divisent en deux especes, les uns tournassés & les autres moulés. Les premiers étant ronds se font sur le tour; les autres ovales, demi-ovales, barelongs, guillochés, échancrés, triangulaires, à pans, & de toutes sortes de formes, ainsi que les figures, vases, & autres ornemens à l'usage des poëles, & autres choses semblables, ne pouvant être mis sur le tour, se font dans des moules en plâtre faits exprès, & dans la forme convenable aux ouvrages.
La premiere se fait ainsi: la terre préparée, l'ouvrier la dispose en mottes de grosseur proportionnée aux ouvrages qu'il veut faire, qu'il manie & remanie plusieurs fois pour leur donner la consistence propre à prendre la forme convenable ; il les arrange ensuite autour du tour pour les travailler l'un après l'autre ; ceci fait, il monte sur le tour, fig. 94. s'assied sur le banc ou siege A après y avoir placé une espece de coussin. Assis un peu vers la droite du tour, il appuie son pié droit sur la planche B pour se soutenir, & de l'autre pousse la roue C du tour à grands coups & à différentes reprises, jusqu'à ce qu'elle ait un mouvement rapide, qu'il continue toujours d'entretenir pendant la façon de l'ouvrage; alors il prend une des mottes qu'il a préparées, la jette sur la tête D du tour pour l'y attacher, y ajoutant & supprimant un peu de terre qu'il tire de celle E, posée sur l'établi du tour, si la motte se trouve trop petite ou trop grosse; ensuite il trempe ses mains dans l'eau placée en F sur l'établi, les applique sur la motte, & la serrant peu-à-peu, l'alonge & la fait monter en forme de quille A, fig. 164. ensuite le pouce appuyé en B, même figure, sur le bout, il la fait descendre, l'élargit peu-à-peu, fig. 105. en arrondissant, selon la forme du vase A, l'égalisant & unissant avec l'une des estocs, fig. 95. & 96. pour le dedans, & celle de fer, fig. 90. pour le dehors, & la main en-dehors & en-dedans, tant en montant qu'en descendant, déterminant ses dimensions par une ou deux jauges B B, de mesure convenable, placées à demeure sur le chandelier posé sur la table du tour. La piece tournée il la coupe avec un fil-de fer ou de laiton, fig. 103. à-peu-près semblable à ceux dont on se sert pour couper le beurre, l'enleve avec ses deux mains, & le pose sur une planche ou voliche d'environ huit à neuf piés de longueur, placée près de lui; il prend ensuite une autre motte qu'il jette sur la tête du tour pour en faire un pareil vase, qu'il pose ensuite sur la planche, & recommence jusqu'à ce qu'elle soit remplie, ensuite il la transporte sur les rayons, pour donner le tems aux ouvrages qui sont dessus de s'essuyer & de se sécher pour pouvoir être tournassés & redressés. Si l'ouvrier a de très-petits vases à tourner, il jette sur la tête du tour une motte d'une grosseur indifférente, la fait monter en aiguille, fait le vase avec le pouce ou le doigt, souvent sans estoc, lorsqu'il n'y peut entrer, & de la même maniere que nous venons de le voir pour les autres, & le coupe ensuite avec l'aiguille, fig. 102. pointe de fer emmanchée qu'il tient ferme dans la main droite pendant que le vase tourne, le prend ensuite de l'autre main, le pose sur la planche & recommence, jusqu'à ce qu'étant remplie il la transporte comme les autres sur les rayons.
Il faut observer de ne point trop laisser sécher les ouvrages, ce que l'on peut éviter en les couvrant de linges mouillés lorsqu'il y en a un assez grand nombre, & qu'ils commencent à devenir un peu fermes; on met à part ceux qui doivent être tournassés, & on en transporte une partie près du tour; ensuite l'ouvrier remonte sur le tour pour faire la tournassine, & jette à cet effet sur la tête A, fig. 107. une motte B, pousse la roue avec le pié comme il a fait pour ébaucher les vases, & avec ses deux mains, il donne à la motte à-peu-près la forme de l'intérieur des vases. Ceci fait, il la laisse un peu sécher & la reprend ensuite pour l'arrondir, l'égaliser, & l'ajuster en A fig. 108. d'une grandeur propre à les tenir fermes, ce qu'on appelle alors la tournassine, ensuite il les renverse & les applique dessus en A, figure 109. l'un après l'autre pour les tournasser, ayant soin de les ajuster le plus horisontalement qu'il est possible, & poussant de nouveau la roue du tour, il dresse d'abord le cul B du vase avec l'un des tranchans A A des tournassins, fig. 110. & 111. creuse le fond, fait le bord, supprime les bosses, & dresse depuis le centre jusqu'aux bords A, & de cette maniere les arrondit & les finit. Il les garnit ensuite d'oreilles, oreillons, anses, manches, boutons, & de toutes les pieces qui leur conviennent. Ainsi fait, il remet la planche qui les porte sur les rayons pour les faire sécher entierement, & passe ensuite à d'autres, jusqu'à ce qu'ayant assez de cru (c'est ainsi qu'on appelle les ouvrages préparés à être mis au feu) pour emplir le four, on se dispose à enfourner.
Les ouvrages moulés se font en cette maniere. On prend d'abord des mottes préparées, on les applatit sur une table, fig. 123. par le secours d'un rouleau ou roulette, fig. 127. ou d'une billette, fig. 128. leur donnant une épaisseur bien égale, unie & convenable aux ouvrages. On enduit ensuite les moules, fig. 119, 120, 121, 122. de cette terre applatie, & avec une éponge & de l'eau, on l'étend par-tout également sur le moule, observant de l'enfoncer avec le pouce ou le doigt dans tous les creux, & lui faire prendre exactement la forme du moule. Ceci fait, on remplit tous les creux pour en rendre la surface unie, on l'y laisse ensuite séjourner pendant quelque tems, la terre se séchant se resserre, ce qu'on appelle prendre retrait, & sort d'elle-même du moule; on garnit alors les pieces d'oreilles, anses, manches, &c. & on les place ensuite sur des planches dans les rayons pour achever de s'essuyer & de se sécher pour être mis parmi le cru.
De la maniere de placer le cru dans le four.
Pour parvenir à faire cuire le cru, il est deux manieres de l'enfourner, l'une avec gazette, & l'autre en échappade ou chapelle. La premiere se fait en cette maniere: on a soin d'avoir des gazettes, fig. 134. & 135. especes de cylindres creux biscuités (on appelle ainsi toute sorte de vase cuit au four qui n'a point été vernissé), d'environ neuf à dix lignes d'épaisseur, & depuis dix-huit jusqu'à deux piés de hauteur, d'un diametre à-peu-près égal à la distance d'un trou à un autre trou, dont la voute inférieure A A du four, fig. 149. est percée, ayant en trois endroits, à différente hauteur, des trous triangulaires A A, &c. fig. 134. & 135. dont un des angles fait le sommet, garnis chacun de pernettes, fig. 143. dont trois par trois, A A, fig. 136. & 137. soutiennent sur leurs angles le cru enfermé dans les gazettes, ou des tuiles rondes ou ovales, fig. 132. & 133. portant quantité de petits vases en B B, &c. fig. 138. & 139. La seconde maniere d'enfourner appellée échappade ou chapelle, se fait par le moyen de plusieurs rangs de tuiles, fig. 147. posées près les unes des autres, & soutenues chacune par trois ou quatre piliers, fig. 146. dans l'intervalle des quatre en A A, fig. 148. On place le cru, voyez l'intérieur du four, fig. 149. un commencement de fournée avec gazette en B, & en échappade en C, on peut voir au mot Fayance la maniere de faire le cal-ciné & de le préparer pour en faire la couverte, celle de cuire avec les observations pour parvenir à une bonne cuisson, & enfin l'art de conduire les ouvrages de fayance jusqu'à leur entiere perfection.
Des ouvrages selon leurs especes & leur propriètè.
Les ouvrages de fayance consistent en toutes sortes de pots, caffetieres, marabouts, théyeres, seaux, bassins, potagers, soupieres, plats, assiettes, cuvettes, corbeilles, pots-pourris, fontaines de toutes sortes d'especes, dont la plûpart prennent leurs noms de leur forme ou des choses qu'ils contiennent, parmi lesquels les uns sont blancs, rouges, jaunes, bruns ou gris; les autres de deux couleurs, c'est-à-dire bruns en-dehors & blancs en-dedans: ces derniers sont destinés à approcher du feu, les uns & les autres décorés d'ornemens en reliefs, ou peints de diverses couleurs, représentant des paysages fabuleux ou historiques, des fleurs & des fruits de toutes especes.
PLANCHE I.

Le haut de la premiere planche, ou sa vignette, représente une manufacture de fayance, & l'attélier où l'on prépare la terre qui lui est propre; a est le fossé où l'on met tremper la terre, b est un puits, cc sont les bassins en terre, dd, d'autres hors terre où se fait le dépôt dans l'eau, dans un desquels est un ouvrier en o, occupé à mettre la terre dans les vaisseaux biscuités, & à les arranger autour des bassins pour la faire sécher. Près de-là sont des ouvriers occupés, l'un f, à verser de l'eau & de la terre dans le tamis, & l'autre g, à remuer le tamis pour la passer. Aux environs sont des vaisseaux, barils, poinçons, &c. propres à délayer & porter la terre, des beches, rateaux & autres choses semblables propres à la remuer dans les bassins. Dans le fond h est un attélier où l'on fabrique la fayance; sur le derriere i, est un attélier où sont les fours, fournettes, &c. & sur le de-vant l, la demeure du maître de la manufacture.
Fig. 1. Pot à l'eau simple très-connu par son usage.
2. Pot à l'eau orné de son couvercle A.
3. Broc.
4. Une caffetiere brune propre à faire chauffer toutes sortes de liqueurs.
5. Un marabout brun destiné aux mêmes usages.
6. Un coquemart brun employé aussi aux mêmes usages.
7. Une théyere à l'usage des cabarets (nom que l'on donne à un plateau garni d'un certain nombre de tasses à caffé), faite ordinairement pour contenir le caffé.
8. Un biberon pour la commodité des malades, fait pour contenir les breuvages qu'on veut leur faire prendre.
9. Un pot à oille destiné aux mêmes usages que la précédente.
10. Un pot à tabac garni de son couvercle A.
11. & 12. Des pots à confitures.
13. Un pot à rouge.
14. & 15. Des pots à pommades.
PLANCHE II.

Le haut de la seconde Planche, ou sa vignette, représente un attelier de fayancerie où plusieurs ouvriers sont occupés; l'un en b à remuer & pétrir la terre, un autre en d à mouler, d'autres en e à tourner, tournasser, &c. Au milieu en a est un poële fait pour chauffer l'attelier & faire sécher la terre. Vers la gauche en c sont des piles de terre pétries; plus loin en f sont des cases remplies de terre, de biscuits & autres choses semblables qui sechent, l'autre côté est garni de plusieurs tours & leurs dépendances; on voit dans le fond en g la bouche d'un four.
Fig. 16. Un jegneux.
17. Un grand pot servant à divers usages.
18. Un pot de garde-robe, dit pot-de-chambre, de forme ronde.
19. Un pot de garde-robe de forme ovale.
20. Un seau sans anse.
21. Un seau à deux anses.
22. Un seau à deux anses en forme de vase.
23. Une écritoire à l'usage des bureaux, espece de pot dans lequel on met un cornet & une éponge.
24. Un pot dit à jasmin, fait pour contenir des arbustes.
25. Une tasse à caffé avec anse en A garnie de sa soucoupe B.
26. Une tasse à caffé sans anse A, garnie de sa soucoupe B.
27. Un sucrier garni de son couvercle A à l'usage des cabarets, fait pour contenir du sucre en petits morceaux.
28. Un autre sucrier fait pour contenir du sucre en poudre.
29. Un moutardier à l'usage des tables, garni de son couvercle à charniere A & de sa cueillere B.
30. Une saliere ou poivriere à l'usage des tables, faite pour contenir l'un & l'autre.
31. Un huilier à l'usage des tables, composé d'une porte-huilier A, & deux petites caraffes BB, dont l'une contient l'huile & l'autre le vinaigre.
32. Une sauciere à l'usage des tables.
33. Un potager avec anse, garni de son couvercle A.
34. Un poëlon garni de sa queue A.
35. Un plat dit bassin-à-barbe, à l'usage des perruquiers & de tous ceux qui rasent, échancré en A.
PLANCHE III.

36. Une assiette simple & blanche.
37. Une assiete à cordon.
38. Une assiete guillochée.
39. Un plat rond festonné.
40. Un plat rond guilloché.
41. Un plat quarré guilloché.
42. Un plat quarré simple.
43. Un plat ovale guilloché.
44. Un plat ovale simple.
45. Une jatte guillochée.
46. Une jatte simple.
47. Un saladier festonné.
48. Un saladier, tel qu'on s'en sert dans les cabarets.
49. Une écuelle garnie de ses oreilles A A.
50. Une soupiere garnie de ses deux anses A A.
51. Un pâté fait pour cuire des pâtés, garni de ses deux anses A A, & de son couvercle B B.
52. Une soupiere fine garnie de ses deux anses A A, de son couvercle B & de sa soucoupe C.
53. Une soupiere en forme de chou, dont le dessus A sert de couvercle, garni de sa soucoupe B.
54. Une soupiere représentant une poule, un coq, ou un animal dont le dessus A sert de couvercle, garni de sa soucoupe B.
55. Un plat de hors-d'œuvre à l'usage des tables, garni intérieurement de racines ou autres choses semblables artificielles, parmi lesquelles on en mêle de naturelles
56. Une fontaine garnie de son couvercle A, & de son robinet B.
57. Une cuvette appellée cuvette à la romaine, faite pour être placée sous les fontaines.
58. Une fontaine disposée à être placée dans un angle, composée de son couvercle A, robinet B, & cuvette C.
59. Une cuvette à pot-à-l'eau, faite pour les chambres à coucher.
60. Une cuvette de bidet à l'usage des garde-robes.
61. 62. 63. 64. 65. 66. 67 & 68. Des vases de différentes formes, destinés à contenir des fruits ou des fleurs, & servir à l'ornement des cheminées. Leurs noms viennent souvent de leur forme, quelquefois de ce qu'ils contiennent.
PLANCHE IV.

69 & 70. Des théyeres diversement ornées & très-riches, plus propres à l'ornement des cheminées qu'à l'usage.
71 & 72. Des vases en forme de coupe aussi très-riches.
73. Une cuvette de fontaine en forme de coquille.
74. Une burette très-riche & sans anse.
75. Une burette aussi très-riche, avec une anse & couvercle.
76. Une fontaine très-riche.
77. La cuvette.
PLANCHE V.

Outils.
78. Une bêche assez connue faite pour remuer & délayer la terre dans les fossés: A est le fer acéré, & B le manche.
79. Une demi-bêche employée aux mêmes usages que la précédente; A en est le fer acéré, & B le manche.
80. Une rame, instrument de bois d'environ 3 piés de de long, fait pour remuer la terre dans les baquets, ou poinçons, à-peu-près semblable aux rames dont les mariniers se servent sur les rivieres.
81. Un in strument appellé barillon; c'est en effet un petit baril A, arrêté à l'extrémite d'un bâton A qui lui sert de manche, fait pour transporter l'eau chargée de terre|des bassins dans le tamis.
82. Le tamis à passer l'eau chargée de terre, garni de ses deux anses A A, par où on le tient pour le remuer.
83. Un tamis à main, un peu plus petit que le précédent, destiné au même usage.
84. Un seau fait pour transporter l'eau chargée de terre dans les baquets ou poinçons.
85. Un baquet dans lequel on remue la terre.
86. Un poinçon employé au même usage.
87. Une palette faite pour enlever la terre des fossés ou bassins; A en est le manche.
88. Une latte pour servir avec la palette à enlever la terre des fossés.
89. Un estoc biscuité rempli de terre molle, telle qu'on la retire des fossés pour la faire sécher.
90. Un bâton ou levier fait pour servir à délayer la terre dans les fossés.
91 & 92. Des rateaux à remuer l’eau chargée de terre dans les bassins lorsqu’elle est passée; A A en sont les rateaux, & B B les manches.
93. La fosse & les bassins où l’on prépare la terre; A est la fosse où l’on délaye la terre, bordée d’un chassis de bois F F; G est une planche posée sur un chassis de bois, à environ 2 piés & demi d’élévation, sur laquelle on appuie & on remue le tamis qui sert à passer l’eau chargée de la terre. II est le bassin qui la reçoit lorsqu’elle est passée, bordée d’ais ou planches B B, arrêtée à demeure par des pieux fichés en terre. C C, D D sont les canaux par où l’eau s’échappe après le dépôt, lorsque l’on enleve les petites vannes E E.
PLANCHE VI.

94. Le tour; A est le siege du tour, B la planche servant de marche-pié, C la roue du tour, D la tête, E des mottes de terre, F un vaisseau, contenant de l’eau, C l’arbre de la roue, H le vase, I le chandelier de jauge, K l’établi, L le marche-pié sur lequel on dépose les mottes préparées.
95. Un estoc, instrument biscuité en forme de croissant, d’environ 6 lignes d’épaisseur, percé d’un trou au milieu, avec lequel on arrondit les vases sur le tour.
96. Un estoc de bois destiné aux mêmes usages.
97. Un estoc de fer aussi employé aux mêmes usages.
98. La roue du tour; A est la tête de bois, B l’arbre de fer, C la roue de bois, & D le pivot.
99. Un tour qui dans plusieurs endroits sert aux potiers de terre, & dans d’autres aux fayanciers; A est la roue, B un vase fait, C le siege monté sur deux traverses D D, appuyées sur un support E, fiché & arrêté en terre, F en est l’établi.
100. La roue du tour; A en est la tête garnie d’une motte, B C l’arbre en forme de canon, D D la roue, & E E &c. les tirans.
101. Le pivot en A, arrêté en terre en B.
102. Une aiguille, espece depointe de fer A emmanchée en B.
103. Le fil à couper; A est le fil & B B les branches.
104. Une tête de tour surmontée d’une motte de terre montée en aiguille; A est la base de la motte & B le sommet.
105. Une tête de tour, surmontée d’un vase à demi-fait, A est le vase.
106. Un chandelier de jauge; A en est la tige, B B les branches, & C le pié.
PLANCHE VII.

107. Une tête de tour surmontée d’une motte de terre préparée pour faire la tournassine; A est la tête, B la motte de terre.
108. Une tête de tour surmontée d’une tournassine faite, A est la tournassine.
109. Une tête de tour surmontée de tournassine & d’un vase préparé à être tourné en-dehors; A est le vase & B le cul du vase.
110. Un tournassin, espece d’outil de fer aminci & recourbé par chaque bout A A, fait pour tourner les vases.
111. Un petit tournassin aussi aminci & recourbé par chaque bout A A.
112. La tête d’une tournette, sur laquelle on pose les vases pour les mettre en couleur, & les peindre.
113. Le pié de la tournette précédente; A en est le pivot, & B le pié à trois branches.
114. Une tournette montée sur un pié quarré.
115 & 116. Des pinceaux servant à colorer & peindre les vases sur la tournette; A A en sont les antes, & B B les pinceaux.
117. Une brosse à secouer la couverte sur les vases.
118. Plusieurs vases tels qu’on les pose sur la tournette pour les colorer.
119. 120. 121 & 122. Des moules en plâtre d’assietes ou de plats ronds & ovales, festonnés & guillochés.
123. La table sur laquelle on garnit les moules; A A sont plusieurs tablettes de terre disposées à mettre en moule, B est un vase rempli d’eau, C une éponge servant à mouiller les tablettes lorsqu’on les étend sur les moules, & D un petit rouleau.
124. Une batte faite pour battre la terre, A est la batte & B la manivelle. Elle est citée dans l’ouvrage, fig. I.
125. Un couteau, espece de lame amincie en A, garnie par chaque bout B B de manches.
126. Une plane, morceau de bois meplat pour unir la terre à moule.
127. Un rouleau de bois fait pour applatir la terre à moule.
PLANCHE VIII.

128. Une billette faite pour applatir la terre à moule, & la rendre d’une égale épaisseur; c’est une espece de rouleau de bois, fig. 129, en forme de canon, dans lequel entre une broche aussi de bois A B, fig. 131, & au bout de laquelle en B, s’enfile un autre canon, fig. 130, gros & court, que l’on arrête à demeure avec une cheville. On s’en sert en le levant des deux mains par les deux bouts A A, fig. 128, en le promenant sur la terre que l’on veut applatir, tandis que ce rouleau du milieu tourne de lui-même.
132 & 133. Des plateaux ou tuiles l’une ronde & l’autre ovale faites, étant appuyées sur les pernettes dans les gazettes pour porter les petits vases.
134 & 135. Des gazettes faites pour supporter les vases que l’on veut faire cuire, l’une ronde & l’autre ovale, la premiere pour contenir des vases ovales percés de trous triangulaires A A, &c. en trois endroits.
136 & 137. La coupe des deux gazettes remplies de plâtre B B, &c. appuyées sur des pernettes A A, dont l’une ronde porte des plats ronds, & l’autre ovale porte des plats ovales.
138 & 139. La coupe de deux gazettes, l’une ronde & l’autre ovale, toutes deux remplies de plateaux B B, garnies de petits vases appuyés sur les pernettes A A.
140. Le moule à gazette. C’est une table A, sur laquelle est arrêtée une peau fine & bien étendue; sur cette peau est un chassis de bois B B, dans l’intérieur duquel on met la terre propre à mouler les gazettes; on l’y applatit en l’étendant avec le rouleau fin, fig. 127. jusqu’à ce qu’il touche sur le chassis ainsi fait. On pose dessus le tambour rond, fig. 141. ou ovale fin, 142. on y attache l’un des bouts de la terre, & on la roule ainsi sur le tambour, jusqu’à ce que les deux bouts viennent se toucher, que l’on arrête alors ensemble; on laisse ensuite sécher un peu, & on ôte le tambour pour faire sécher plus promptement.
143. Une pernette, espece de prisme triangulaire que l’on fait à la main ou au moule.
144. Le perçoir à perneter, fait pour percer les trous sur les gazettes, composé d’un fer A triangulaire & pointu, emmanché en B.
145. La planche à perneter, d’une longueur à la hauteur des gazettes, percée de plusieurs trous triangulaires à égale distance les uns des autres, faite aussi pour percer les trous à égale distance sur les gazettes, afin que les vases qui sont appuyés sur les pernettes dans les mêmes gazettes puissent être posés droits.
146. Un des piliers d’échappade.
147. Une des tuiles ou plateau d’échappade.
148. Une disposition en échappade, telle qu’on l’arrange dans le four A A, tous les intervalles que l’on garnit de cru.
PLANCHE IX.

149. L’intérieur du four composé d’une voûte inférieu-re A A percée de trous, au-dessous de laquelle on place le calciné & le feu lorsque le four est déja un peu échauffé par celui que l’on a fait quelque tems à l’entrée en D sur la voûte. A A, sont deux manieres d’enfourner, l’une en B avec gazette, l’autre en C en échappade, que l’on éleve l’une & l’autre jusqu’à la hauteur de la seconde voûte E E aussi percée de trous. Ce four, dont la fig. 150. représente le plan du dessous de la voûte inférieure, & la fig. 151. celui au-dessus est isolé & environné de quatre murs F F, &c. dont la distance en largeur est de 8 à 9 piés intérieurement, & la profondeur de 9 à 10. La hauteur de la petite voûte est d’environ 4 à 5 piés, & celle de la seconde de 10 à 12. La bouche d’en-bas G, porte environ deux piés & demi & 3 piés de largeur sur environ 18 à 20° de hauteur, on y arrive en descendant plusieurs marches H H, &c. celle d’en-haut I, porte environ 18° de largeur sur presque la hauteur du four, & cela pour la facilité de pouvoir l’emplir; on y arrive par un petit échaffaud de madriers portant sur le sol K, & qui couvre la fosse. Près de ce four on voit une partie de l’attelier dans lequel il est ordinairement.
PLANCHE X.

152. L’élévation. 153. la coupe. 154. le plan du dessous, & 155 le plan du dessus de la fournette, espece de four de reverbere, où on fait le calciné pour la couverte. Elle est composée d’une voûte supérieure A, d’environ 15° d’élévation, 5 à 6 piés de largeur sur environ trois piés & demi de profondeur, dont le fond est le plus souvent enfoncé & creusé vers le milieu, séparé par un petit mur de brique B, d’environ 8 à 9° de hauteur, derriere lequel est une grille C, sur laquelle on met le bois par la bouche D, dont la braise & la cendre tombent dans le fond E, que l’on retire par la bouche F; la flamme s’élevant, parcourt toute la voûte A, en faisant fondre le calciné, que l’on remue avec les rables, rateaux, &c. soit par la bouche G, & la fumée s’éleve par le tuyau de cheminée H, en forme de cône ovale, le foyer I sert à mettre le bois pour l’usage de la fournette.
156. Un rable fait pour remuer le calciné dans la fournette, composé d’une platine courbe A, percée de plusieurs trous à l’extrémité d’une tige de fer B, à douille en C, dans laquelle est arrêté un manche de bois D.
157. Un rateau fait aussi pour remuer le calciné, coudé & meplat en A, à l’extrémité d’une tige B, à douille en C, garnie d’un manche de bois D.
158. Un autre rateau coudé en A, à l’extrémité d’une tige B, à douille en C, & garnie d’un manche de bois D.
159. Une pelle, A en est la pelle, B la tige, C la douille garnie d’un manche de bois D.
PLANCHE XI.

La vignette de la Planche XI. represente un moulin à cheval fait pour écraser le blanc composé d’un arbre A, mu par les leviers B B tirés par des chevaux. Sur cet arbre A est monté un grand rouet C C en charpente d’assemblage, arrêté solidement de tasseaux D D, & soutenu de tirans E E, dont les alluchons faisant tourner les lanternes F F, &c. font mouvoir autant de meules qui écrasent le blanc dans les fonds des auges G G. Lorsque le blanc est encore gros, & que le moulin est rude, on peut arrêter une, deux ou trois lanternes en supprimant deux ou trois des fuseaux A A, fig. 160. dont chacune des lanternes est composée. Cette figure représente une des lanternes du moulin garnie de fuseaux A A, plateaux B B, arbre C, & meule échancrée D.
161. Un des fuseaux mobiles de la précédente lanterne.
162. L’élévation, 163. Le plan d’un moulin à bras, semblable aux précédens, composé comme eux d’une meule échancrée A, à pivot en B, dans le fond d’une auge C, garnie d’un arbre D, à manivelle en E, avec bourdonniere F, arrêtée sur une piece de bois G, arrêtée au plancher de l’attelier.
164. L’arbre du moulin précédent; A en est le pivot, B l’embase & sa clavette sur laquelle pose la meule, C la manivelle, & D le pivot à bourdonniere.
165. La bourdonniere à patte.
166. La crapaudine du pivot.
PLANCHE XII.

167 & 168. Des marteaux propres à différens usages; A en est la tête acérée, B la pomme aussi acérée, & C le manche.
169 & 170. représentent des masses propres à casser & écraser le blanc pour la couverte, A A en sont les têtes, & B le manche.
171 & 172. L’une une mailloche, & l’autre un maillet; A en est la tête, & B le manche.
173. 174 & 175. Des creusets propres à fondre les ingrédiens pour les couleurs, dont le dernier est couvert d’une tuile.
176 & 177. L’une une serpette & l’autre une serpe, toutes deux faites pour couper & hacher le bois ou autres choses semblables à l’usage du four, composée chacune d’un fer acéré par le tranchant A, garni d’un manche B.
178. Un crible en osier fait pour cribler les ingrédiens pour les couleurs.
179. Un petit crible à main, destiné au même usage que le précédent.
180. Un tamis fait pour passer ou tamiser la couverte ou les ingrédiens pour les couleurs, garni de deux poignées A A.
181. Un petit tamis plus fin destiné au même usage que le précédent.
182. Un mortier en A, garni de son pilon B, fait pour piler les ingrédiens pour les couleurs ou la couverte.
183. Un marbre A, garni de sa molette B, fait pour broyer les ingrédiens pour les couleurs.
184 & 185. Des houilles ou houes, l’une droite & l’autre coudée, faites pour remuer la couverte dans les baquets compose d’un fer A, a douille en B garni d’un bâton C, qui lui sert de manche.