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Planches:FORGES OU ART DU FER (volume IV)

De Encyclopédie

FORGES OU ART DU FER.

Contenant cinquante-deux Planches, dont deux doubles.

ON a divisé les Planches relatives à cet art, en cinq sections; la premiere contient les Planches relatives à l'exploitation des mines & aux différentes préparations dont elles sont susceptibles; la seconde contient des Planches qui ont rapport aux fourneaux à fer, où on fond les gueuses; la troisieme contient celles qui ont rapport aux fontes marchandes, sous le titre de fourneau en marchandise; la quatrieme section contient les Planches relatives à la forge proprement dite, où on convertit le fer de gueuse en barres; la cinquieme section renferme toutes les Planches relatives aux deux sortes de fenderie.

PREMIERE SECTION.

De l'exploitation des mines & de leurs préparations.

PLANCHE Iere.

Bibliothèque Mazarine, exemplaire 2° 3442, numérisé par l’ENCCRE. Licence CC BY-NC-ND 3.0 France — pas d’utilisation commerciale, pas de modification. Le texte de ce site est sous une autre licence, CC BY-SA 3.0.

Tirage de la mine en roche à fond, & près la superficie de la terre.

La premiere vignette représente une campagne dans laquelle on a percé plusieurs puits pour tirer la mine à fond, soit mine en roche ou mine en grains.

Fig. 1. Mineroi, ou ouvrier mineur, qui tourne la manivelle du treuil m n, à la corde duquel est suspendu un panier à anse, semblable à celui que l'ouvrier, fig. 2. verse sur le tas de mine qui est auprès de lui, c d e f les quatre jambettes, ou fermes qui soutiennent le treuil, plus loin l'on voit l'ouverture d'un autre puits, a b les supports du treuil.

2. Ouvrier, ou aide qui reçoit le panier chargé de mine lorsqu'il est arrivé au niveau des planches d f (fig. 1 qui recouvrent une partie du puits), & le renverse sur le tas de mine déja tirée de la miniere, pour être ensuite transportée au fourneau où elle doit être fondue. Auprès de la fig. 2. on voit l'ouverture A d'un autre puits, dans lequel on a formé un cuvelage de charpente, pour empêcher les terres qui sont au dessus de la miniere d'ébouler, & de combler le puits; au dessus on a établi une machine mue par un cheval pour tirer la mine; D treuil vertical, sur lequel les cordes s'enroulent; le pivot inférieur de l'arbre, ou axe de ce treuil repose sur une crapaudine scellée au milieu d'une pierre placée au centre du manege, & le pivot supérieur est saisi par un collet appliqué à une des faces d'un des entraits de la charpente du comble qui couvre le manege. F F levier, à l'extrémité F duquel est attaché le palonier au quel le cheval est attaché; on peut employer plusieurs chevaux en multipliant le nombre des bras. B C deux grandes poulies sur lesquelles passent les cordes qui s'enroulent & se déroulent alternativement sur le treuil D, pour tirer du fond de la mine les paniers chargés de mine que l'on y attache, c'est le seau B qui monte. H Toiture, ou couverture du manege. G Prolongement de la couverture sur le puits pour mettre les poulies & les cordages à couvert. On ne fait guere la dépense de construire ce bâtiment & la machine qu'il contient, que pour une miniere abondante, & dont l'exploitation, quelque considérable qu'elle soit, peut se faire pendant long tems par la même ouverture; telles sont les mines en roche, dont le banc a beaucoup d'épaisseur, dans laquelle on pratique des galeries en tout sens, reservant le nombre de piliers nécessaires, ainsi qu'on le voit dans la vignette du bas de la Planche.

La seconde vignette représente une campagne & une montagne, dans lesquelles on tire une mine en roche, soit à fond ou près la superficie de la terre.

3 & 4. Exploitation de la mine en roche près la superfi-cie de la terre en travaillant à ciel découvert, à la différence de l'autre côté de la vignette, fig. 5 & 6. où l'exploitation est souterreine.

3. Ouvrier qui avec un pic subdivise un quartier de roche qui a été séparé de la masse.

4. Ouvrier qui perce un trou dans la masse pour y faire une mine, qui étant chargée de poudre à canon, détache de la masse, des parties de roche, que les ouvriers débitent ensuite pour en faciliter le transport; cet ouvrier se sert, pour percer le trou, d'une barre de fer ronde, dont l'extrémité inférieure est acérée & taillée en pointes de diamant par dessillons triangulaires qui se croisent à angles droits, comme aux martelines des sculpteurs, en levant & laissant retomber alternativement cet outil dans le trou que l'on commence avec un pic ou autre outil convenable; l'ouvrier observe de tourner alternativement cet outil dans ses mains, afin que les pointes de l'extrémité inférieure frappent dans différens endroits; il a soin aussi de verser de l'eau dans le trou, non-seulement pour la conservation de l'outil, mais aussi pour faciliter l'extraction & l'écoulement des parties de la roche qu'il a broyées. Lorsque le trou est percé à la profondeur requise, on charge la mine en y introduisant la quantité de poudre nécessaire dans une cartouche de papier; on place ensuite la verge de fer qui est auprès de la settre c, dans le trou de la mine, observant que la partie inférieure de la verge de fer pénetre dans la cartouche; on remplit ensuite le trou jusqu'à son ouverture avec de la terre que l'on foule fortement, ou avec un coulis de plâtre, si on en a. Ensuite on retire la verge ou aiguille de fer, au-lieu de laquelle on met de la poudre qui sert d'amorce, & la mine est achevée; il ne reste plus qu'à y mettre le feu au moyen d'une meche lente qui donne aux ouvriers le tems de s'éloigner. f premiere foncée, e premiere berme ou relais, d seconde foncée, c seconde berme ou relais, b troisieme foncée, banc ou lit de la mine, a le fond de la mine.

On voit au-dessus l'ouverture d'un percement o dans le côteau d'une montagne, par lequel les eaux d'une mine souterreine peuvent s'écouler.

L'autre partie de la même vignette représente l'exploitation de la mine en roche souterreine, le côteau est suppose fracturé pour laisser voir l'intérieur de la montagne.

5. Mineur qui détache de la masse un quartier de roche en frappant avec une masse pesante sur la tête des coins qu'il a placés dans une tranchée qu'il a faite auparavant avec un pic; on met ordinairement entre le coin & les côtés de la fente, des cales de bois de chêne pour contenir le coin, & l'empêcher de rebondir sous le coup. c bloc ou quartier de roche séparé de la masse, d panier dans lequel on met la mine pour la sortir hors de la miniere, b pelle de bois pour charger les paniers ou les brouettes.

6. Ouvrier qui transporte la mine au moyen d'une brouette sous le puits du minaret, par lequel on en doit faire l'extraction, g h k différentes galeries, les unes étançonnées, les autres se soutenant d'elles-mêmes, dont on a tiré la mine, e f foncée ou puits recouvert de quelques planches répondant au puits du minaret qui sert d'entrée à la miniere, & par lequel on fait l'extraction de la mine au moyen de la machine, (fig. 2. premiere vignette) que l'on voic représentée en petit au haut de la montagne.

PLANCHE II.

Bibliothèque Mazarine, exemplaire 2° 3442, numérisé par l’ENCCRE. Licence CC BY-NC-ND 3.0 France — pas d’utilisation commerciale, pas de modification. Le texte de ce site est sous une autre licence, CC BY-SA 3.0.

Tirage & transport de la mine en grains & de la mine fluviatile.

La premiere vignette représente l'exploitation de la mine en grains près la superficie de la terre.

Fig. 1. Mineur ou pionnier qui pioche la mine & en sépare les pierres inutiles.

2. Chargeur qui jette la mine sur le terrein, & en forme des tas, comme c d e f.

3. Autre chargeur qui emplit le tombereau.

4. Le conducteur de la voiture.

A. Mesure ou feuillette servant à mesurer la mine après qu'elle est lavée & transportée près le fourneau, B B cercles de fer. C C poignées.

La seconde vignette représente la traite de la mine fluviatile ou des lacs.

L'eau est supposée coupée verticalement pour laisser voir le travail qui se fait au fond.

Fig. 1. Pêcheur de mine qui pousse avec un rabot A la mine dans la truble ou bourse B C, que le second ouvrier lui présente.

2. Pêcheur qui tient le manche de la truble, avec laquelle il racle le fond du lac; cette truble est composée d'un arc de fer, au sommet duquel est une douille qui reçoit un manche de bois de 8 ou 10 piés de longueur; sur l'arc de fer est attaché le filet qui forme la truble ou bourse faite de gros fil, & maillée comme les filets des pêcheurs.

PLANCHE III.

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Calcination de la mine dans les fourneaux de Fordenberg.

La vignette représente deux fours de calcination sous un même hangard, l'un fig. 1. est vuide, ainsi que l'on peut voir par la porte A; l'autre four, fig. 2. est chargé, & la porte B fermée, comme il sera dit ci-après.

Ces fourneaux dont le plan est un quarré, ont extérieurement 20 piés de chaque côté, & intérieurement 16 piés de chaque côté, les murs ayant 2 piés d'épaisseur & 14 piés de hauteur; au milieu d'une des faces est une ouverture ou porte ceintrée de 6 piés de hauteur & 4 de largeur: c'est par cette ouverture que l'on retire la mine lorsqu'elle est grillée; mais pour charger le fourneau, on ferme cette porte au moyen de 6 barreaux de fer posés horisontalement dans la baie, & soutenue à des distances égales par des crochets de même métal: c'est contre les barreaux que l'on applique intérieurement des plaques de pierre capables de résister à l'action du feu. On voit en B, fig. 2. la disposition de cette fermeture, & à côté de chacun des fourneaux, les escaliers par lesquels on monte sur le terre-plein, de niveau à la partie supérieure des fourneaux, par lequel on fait le service.

Bas de la Planche.

3. Elévation extérieure de l'un des fourneaux; B la porte; 1, 2, 3, 4, 5, 6 les barreaux qui soutiennent les pierres qui forment la clôture du fourneau.

4. Coupe verticale du fourneau chargé, pour faire voir les différentes couches qui composent la charge; A premiere couche qui est de charbon, & a deux piés & demi d'épaisseur, B premier lit de mine de 4 piés d'épaisseur, C seconde couche de charbon d'un pié & demi d'épaisseur, D second lit de mine qui a deux piés & demi d'épaisseur, E troisieme couche de charbon épaisse seulement d'un pié, F troisieme & dernier lit de mine épais de 2 piés. Le charbon est environ quinze jours à se consumer pour cuire la mine que l'on emploie à mesure que l'on en a besoin pour alimenter le fourneau.

5. Plan d'un des deux fourneaux, A la porte, b c le mur de devant, c d le mur opposé adossé au terre-plein.

PLANCHE IV.

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Calcination de la mine de fer, comme elle se pratique dans le Dauphiné, le Roussillon, la Navarre & le comté de Foix.

La vignette représente une colline sur le bord d'une forêt, à laquelle on a adossé un fourneau de chaque espece.

Fig. 1. Fourneau cylindrique extérieurement & intérieurement conique, construit en maçonnerie. Il y a vers le bas une ouverture ou porte par laquelle on met le feu. On charge le fourneau par lits, composés alternativement de bois & de mine; les lits inférieurs composés des plus gros morceaux de mine. L'ouverture supérieure du four a 9 piés de diametre réduit à 4 piés près du fond, & environ 10 piés de profondeur, non compris le mur d'appui qui environne l'ouverture supérieure.

2. Au bas de la Planche, coupe verticale du fourneau par la porte & l'embrasure qui y répond; A l'embrasure, B la porte, C linteau de la porte, C D E D parois intérieurs du cône renversé, D D mur d'appui.

3. Plan du même four vû à vue d'oiseau, B côté de la porte, D D mur d'appui.

4. Dans la vignette, sourneaux du pays de Foix; ils different des précédens en ce que leur base est un quarré dont chaque côté a intérieurement 9 piés, les parois ont 7 piés d'élévation, il y a de même une porte au fond d'une embrasure par laquelle on met le feu au bois pour calciner la mine; le bois & la mine sont disposés par lits alternativement, le premier lit est composé de charbon & de bois sur lequel on fait un lit de la plus grosse mine; ce lit est recouvert par un double lit de charbon & de bois, sur lequel on en met un de mine concassée en plus petits morceaux; ce dernier lit dont la surface supérieure est conveve, a beaucoup plus d'épaisseur que le premier, ainsi qu'on peut le voir dans la figure suivante.

5. Coupe verticale de ce fourneau par la porte & l'embrasure qui y répond, A l'embrasure, B la porte, C le linteau de la porte, C D E D les murs du fourneau, F premiere couche combustible, composée d'un lit de charbon, au-dessus duquel est un lit de bois, G lit de mine composé des plus gros morceaux, H seconde couche combustible, composée d'un lit de charbon & de bois comme la précédente, I lit de mine composé des moindres morceaux, & dont la surface supérieure est convexe.

6. Plan au rez-de-chaussée du fourneau, A l'embrasure, B la porte.

PLANCHE V.

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Lavage de la mine terreuse.

La vignette représente une campagne sur le bord d'un étang ou canal, dont l'eau est assez élevée pour passer sur le terrein si elle n'étoit retenue par une chaussée ou digue, dans laquelle on pratique les empellemens nécessaires.

Fig. 1. Ouvrier qui lave la mine dans un panier X, dont le fond convexe pose sur les planches qui sont au fond du lavoir; l'eau est continuellement renouvellée dans le lavoir, venant par un petit canal souterrein qui répond à l'empellement d, & elle s'écoule par un autre petit canal souterrein que l'on peut fermer au besoin, par une petite pelle, pour laisser couler l'eau par la goulette X e dans un autre lavoir inférieur P, selon le besoin.

Au-dessus du lavoir de la fig. 1. on voit une perche flexible O, soutenue par deux autres perches en forme de chevalet, à laquelle quelques-uns suspendent le panier ou crible dans lequel ils lavent la mine.

2. Ouvrier qui avec une pelle jette la mine du tas l dans le avoir m; ce lavoir, qui ainsi que tous les autres, est foncé & entouré de planches, reçoit l'eau par la rigolle souterraine f e qui répond à l'empellement c, l'eau s'écoule par une autre rigolle f ou goulette e, dans le lavoir inférieur n, d'où elle sort par l'entaille o faite à la costiere opposée.

3. Ouvrier qui avec un riaule ou rabot agite & laboure la mine dans le lavoir, pour l'exposer au courant, & la faire passer alternativement d'un côté du lavoir à l'autre; auprès de la figure est un autre lavoir plus long dans le sens o o, qui est la direction du courant, que dans le sens opposé, qui est la largeur que la perspective fait paroître plus grande que la longueur. Ce lavoir reçoit l'eau par la rigolle h g qui passe sous le tas de mine k; a & b deux grands empellemens qui conduisent l'eau à quelques-unes des usines, ou servent seulement de décharge.

4. Ouvrier qui retrousse ou releve la mine lavée, après que toute l'eau du lavoir est écoulée, au moyen de l'empellement de fond placé à un des angles du lavoir; cet ouvrier forme un tas de mines que l'on transporte ensuite au fourneau pour être fondue & convertie en gueuses ou fer crud, ayant préalablement été mesurée dans la feuillette A B B C C, Planche deuxieme, premiere vignette.

Bas de la Planche.

Fig. 1. Plan du lavoir qui a 6 piés en quarré; il est composé de quatre madriers ou costieres qui en forment le tour D D D D, lesquels sont assemblés à queue ou encoches, le fond B est formé par plusieurs planches, & est à quatorze pouces de profondeur, A costiere du côté d'amont, E goulette par laquelle l'eau arrive dans le lavoir, F planche qui recouvre la goulette, CC les costieres latérales, E E décharge de superficie du côté d'aval, lorsque le lavoir est plein d eau, c'est par-là que les terres délayées sont emportées pendant l'opération.

2. Crible de cuivre percé de trous, que l'on suspend à la corde de la perche o, fig. 1. dans la vignette, pour laver la mine, M le crible, N son anse.

3. Panier d'osier dont se sert la figure 1. de la vignette; ce panier a vingt-quatre pouces de diametre d'une anse à l'autre, & seulement vingt pouces dans la largeur X, la profondeur est de huit pouces.

4. Pelle de l'ouvrier, figure 4. de la vignette; elle est de deux pieces, A B la pelle, B C le manche; la pelle a de A en B douze pouces de long, & en A dix pouces de large; le manche B C de la pelle a quatre piés & demi de long, & un pouce & demi de diametre.

5. Profil de la même pelle, pour faire voir comment les deux parties sont réunies par une ligature de fil-de-fer, d'osier, ou de corde, A B la pelle, B C le manche.

6. Le riaule, rolle ou rabot dont se sert l'ouvrier, fig. 3. pour labourer la mine au fond du lavoir, la partie G H K est de fer; la partie G H a sept pouces de long & autant de large, la douille K a quatre pouces de long, pour recevoir le manche de bois K L de huit piés de long sur quinze lignes de gros.

7. Le rolle ou rabot vû du côté concave & séparé du manche, G le tranchant.

PLANCHE VI.

Bibliothèque Mazarine, exemplaire 2° 3442, numérisé par l’ENCCRE. Licence CC BY-NC-ND 3.0 France — pas d’utilisation commerciale, pas de modification. Le texte de ce site est sous une autre licence, CC BY-SA 3.0.

Lavoir de M. Robert.

La description de ce lavoir est extraite en partie du livre de l'auteur, intitulé, Méthode pour laver & fondre avec économie les mines de fer, lequel a obtenu le prix proposé par l'académie de Befaçon, en l'année 1756.

Fig. 1. ou la vignette. A empellement qui fournit l'eau au lavoir, a b canal de huit pouces en quarré, par lequel l'eau est conduite, B C d e premier lavoir de quatre piés en quarré, d e f g second lavoir de même grandeur que le précédent; le fond des deux lavoirs est élevé d'environ quinze pouces au-dessus du terrein, & est composé de plaques de fer clouées aux madriers, qui forment le tour du lavoir; ces p aques de fer sont percées de trous longs, de dimension à ne point laisser échapper la mine, c ouverture à la partie inférieure de la planche B C du côté d'amont, par laquelle l'eau entre dans le premier lavoir, d e planche de séparation des deux lavoirs; cette planche est échancrée pour laisser passer l'eau du premier lavoir dans le second, f g planche de clôture du second lavoir du côté d'aval; cette planche est aussi échancrée, & c'est par cette entaille que l'eau superflue qui ne s'écoule pas par les trous des enfonçures des lavoirs, sort & tombe dans l'enceinte de planches qui les environnent, d'où elle sort chargée de glaise & autresimpuretés du minerai, par l'ouverture o, & s'écoule dans la riviere.

Deux hommes, chacun armé d'un rable de fer, percé de huit trous, remuent la mine dans chaque lavoir, en la changeant continuellement de place pour l'exposer au courant, & par ce moyen détacher les terres qui l'enveloppent; ils continuent ce travail jusqu'à ce qu'il ne reste plus que le grain, que l'on retire ensuite des lavoirs pour l'amonceler, comme on voit en E, qui est le tas de mine lavée; on continue ainsi en prenant de la mine du tas D, non lavée, que l'on met dans les lavoirs pour recommencer la même opération.

Bas de la Planche.

2. Plan des deux lavoirs, du réservoir, du canal qui y conduit l'eau, & de l'encaissement dans lequel ils sont placés, a canal qui amene l'eau dans le réservoir, b embouchure du canal dans le réservoir E b; B C réservoir; B C d e premier lavoir dans lequel l'eau entre par l'ouverture c; G fonçure du lavoir; d e f g second lavoir à la suite du premier, l'eau y entre par l'échancrure de la planche d e, H fonçure du second lavoir sur laquelle on voit différens morceaux de mine, f g planche échancrée, par l'entaille de laquelle l'eau superflue qui ne s'écoule pas par les trous de la fonçure des lavoirs s'épanche dans l'encaissement qui les environne, & sort par les ouvertures O pour s'écouler à la riviere.

3. Coupe longitudinale des lavoirs, réservoirs, & encaissemens, a b canal qui conduit l'eau dans le réservoir, b B h réservoir, B planche échancrée en-dessous pour laisser passer l'eau du réservoir dans le premier lavoir, B G d premier lavoir dont l'eau s'écoule partie par les trous de l'enfonçure G, partie par-dessus la planche d entaillée en-dessus, d H f second lavoir, H enfonçure par les trous de laquelle l'eau s'écoule, f planche écrancrée en-dessus pour laisser échapper l'eau superflue (les graveurs ont mal-à-propos ombré en coupe les parties supérieures des planches d & f), O sortie de l'encaissement par où l'eau s'écoule à la riviere.

4. Coupe transversale par le milieu du second lavoir, d e cloison ou planche de séparation des deux lavoirs; cette planche est échancrée en-dessus, & l'eau du premier lavoir tombe en cascade dans le second lavoir par cette échancrure, H fonçure du second lavoir, E fonçure de l'encaissement qui renferme les lavoirs, F soutiens de la clôture de l'encaissement, D place où se mettent les ouvriers.

PLANCHE VII.

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Cette Planche & la suivante, représentent le patouillet & l'égrappoir, avec tous les développemens nécessaires.

Fig. 1. La vignette représente le patouillet en perspective, l'arbre N N de dix-huit pouces de diametre a douze piés de long, y compris la partie qui sert de moyeu à la roue à aubes, O O les tourillons, P P les empoisses, cette roue non compris les aubes a dix piés & demi de diametre, & est formée par un double tour de courbes liaisonnées & ac-collées, de quatre pouces & demi de large sur quatre pouces d'épaisseur, dans lesquelles s'implantent les coyeaux qui soutiennent les aubes, au nombre de vingt; ces aubes ont quinze pouces de large sur dix de rayon, & sont plongées dans un coursier, auquel on donne l'eau au moyen d'un empellement placé à la tête du coursier; H H la huche composée de fortes douves emboîtées par leurs extrémités dans la feuillure des chassis F G, F G, qui avec les fonçures L forment les cotés de la huche, qui est intérieurement semi-cylindrique & de six piés en quarré; au milieu du côté d'amont aboutit un canal A, répondant à un empellement particulier, par lequel l'eau vient dans la huche, & du côté d'aval est une pelle à long manche C, que l'on ôte lorsque l'on veut laisser écouler l'eau & la mine lavée dans le lavoir S, en passant par le canal M & la gouttiere Q; ce lavoir a une pelle de fond T, que l'on leve dans ses coulisses pour mettre le lavoir à sec & en retirer la mine lavée, pendant que d'autre mine que l'on a introduite dans la huche y éprouve la même préparation.

L'arbre est garni de trois barreaux R R R de fer coudés en double équerre sur l'angle, & tournés de façon à présenter une de leurs arêtes à la mine que l'on a jettée dans la huche, ce qui la divise, la délaye dans l'eau perpétuellement renouvellée qui vient par le canal A du côté d'amont; l'eau chargée de la terre de la mine est évacuée à mesure par une ouverture à un des côtés de la huche, & s'écoule dans le coursier.

Les barreaux sont disposés en tiers-point, & sont arrêtés par des coins dans le corps de l'arbre, ensorte que la partie entre les deux coudes puisse s'approcher jusqu'à un demi-pouce près de la surface intérieure de la huche.

2. Ouvrier qui charge l'égrappoir en jettant la mine par la trémie posée sur le courant qui aboutit au haut de l'égrappoir A, placé au-dessus d'un lavoir, dans lequel la mine tombe à-travers la grille de cette machine, tandis que les pierres & autres corps de plus gros volume que la mine, sont entraînés par le courant au-bas de l'égrappoir.

3. Ouvrier qui avec un rable ou rabot rassemble la mine qui est tombée dans le lavoir, l'eau s'écoule par une décharge de superficie, comme il a été ci-devant expliqué.

Bas de la Planche.

Fig. 4. Plan général du patouillet, a queue de la pelle que l'on leve pour fournir dans le coursier l'eau à la roue, A A canal répondant à un petit empellement particulier qui fournit l'eau à la huche, B C la roue, N N l'arbre, O O les tourillons, P P les empoisses, R R R les barreaux, F E F E chassis de la huche, L L fonçure de la huche, D gouttiere pour rejetter dans le coursier l'eau superflue, Q decharge de la huche dans le lavoir S.

PLANCHE VIII.

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Cette Planche est la suite de la précédente.

Fig. 5. Profil & coupe du patouillet par un plan parallele à la longueur du coursier; a pelle du coursier qui fournit l'eau à la roue, N l'arbre de la roue, R R R les barreaux, A canal par lequel l'eau entre dans la huche, F G différentes pieces du chassis de la huche, H H les douves de la huche, L fonçure du côté du coursier, D ligne ponctuée du niveau de l'eau dans la huche, E ouverture ou décharge de superficie dans le coursier pour rejetter les eaux chargées de terre, C pelle de décharge pour vuider la mine lavée par le canal Q dans le lavoir S.

6. Représentation perspective & sur la grande échelle de l'égrappoir, N canal qui apporte l'eau sur l'égrappoir, O tremie dans laquelle on jette la mine qui est aussi-tôt emportée par le courant le long de la grille, A H A la grille composée de barreaux représentés plus en grand dans la Planche suivante, on a fracturé une des membrures ou jumelles pour laisser voir la grille, B B les jumelles ou membrures de six piés de long sur huit & quatre pouces de gros, espacées de huit pouces, C C extrémité des entre-toises qui affermissent les jumelles, D D les mortaises dans lesquelles passent les tenons des entre-toises, E E mortaises dans les tenons pour recevoir les clés E F, I lavoir au-dessus duquel l'égrappoir est posé en talud, L côtiere du côté du lavoir sur lequel est appuyée l'extrémité inférieure de l'égrappoir.

7. Elévation de l'égrappoir vu par une de ses extrémités, B B les membrures ou jumelles, D D l'entretoise, C C tenons de l'entretoise, E E emplacement des mortaises des tenons pour recevoir les clés, F F les clés.

8. Coupe transversale de l'égrappoir dans le milieu de sa longueur, B B les jumelles ou membrures, G G raînures dans lesquelles on introduit les barreaux qui forment la grille de l'égrappoir.

9. La trémie.

PLANCHE IX.

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Représentation perspective & développement d'un bocard.

La vignette, le bocard en perspective; il est construit dans la chaussée d'un étang, dont il n'est séparé que par l'espace nécessaire pour l'empellement.

Le bocard est composé d'une roue à aubes, d'un arbre horisontal, garni de cames & d'un nombre de pilons convenable, dont la chute réitérée pulvérise les minerais qui ont besoin de cette préparation. A l'empellement de la roue que l'on leve pour donner l'eau dans le coursier, C la roue à aubes de 8 piés de diametre, y compris les aubes qui ont 15 pouces de large & 10 de hauteur, & sont au nombre de seize; le corps de la roue est formé par deux rangs de courbes adossées, dans lesquels sont affermis les coyeaux qui soutiennent les aubes; l'arbre E F a environ 12 piés de long sur 20 pouces de diametre, & est garni de 15 cames disposées en hélice à trois filets, pour lever trois fois à chaque révolution chacun des pilons; G un des tourillons.

La cage du bocard est composée de deux fortes jumelles I H, de 7 à 8 piés de longueur sur 18 & 12 pouces d'équarrissage; elles sont élevées à plomb sur une forte semelle d'environ 9 piés de long sur 18 à 20 pouces en quarré: cette semelle repose & est assemblée à encoche sur deux longrines d'un pié d'équarrissage, qui sont placées au-dessous & à plomb des jumelles qui sont affermies daus la situation verticale par quatre jambes de force embrevées haut & bas, savoir les deux latérales, N dans les larges faces des jumelles, & sur la semelle, les deux autres M le sont aux petites faces des jumelles & à l'extrémité des longrines du côté d'aval.

Entre les larges faces des jumelles qui sont entretenues par le haut par les moises clavetées K L, sont placés cinq pilons qui, avec le jeu nécessaire, occupent un espace de 27 pouces, les pilons ayant chacun 5 pouces d'équarrissage.

Les pilons sont garnis chacun d'un mentonnet à une hauteur convenable, pour que les cames de l'arbre puissent les rencontrer, & à leur extrémité inférieure d'une plaque de fer dont on trouve la figure dans le bas de la Planche.

Au-devant des pilons du côté d'amont, est un espace O, où on jette le minerai que l'on veut pulvériser, & plus haut l'empellement B qui fournit l'eau au bocard: on a fracturé la joyere ou paroi antérieure a b c pour laisser voir l'intérieur de l'espace O, & le minerai que le courant emporte sous les pilons; le minerai suffisamment trituré, est emporté par le courant à-travers une grille à barreaux horisontaux dans le lavoir P, où il se dépose, & d'où ensuite on le retire, après avoir laissé écouler l'eau du lavoir, pour ensuite le transporter au fourneau.

Bas de la Planche.

Fig. 1. Plan général du bocard. A Empellement de la roue à aubes, C D la roue, E F l'arbre, G g les tourillons, B l'empellement du bocard, H I les jumelles, K k L l les moises clavetées, N n les jambes sur la semelle, M m les jambes sur les longrines; 1, 2, 3, 4, 5 les pilons; 6, 7, 8, 9, 10 les cames, S canal par lequel le minerai suffisamment pulvérisé passe, après avoir traversé la grille pour entrer dans le lavoir P, T versoir de superficie pour écouler les eaux du lavoir.

2. Elévation du bocard du côté d'aval ou de la grille, H I les jumelles, K k une des deux moises, N n les jambes sur la semelle, Q q la semelle, M m les jambes sur les longrines, R r l'extrémité des longrines, Y y entretoise ou guide d'en-bas des pilons, Y u la grille, X taque, ou plaque de fer placée entre les deux jumelles, & encastrée de son épaisseur dans la semelle; c'est sur cette taque que les pilons écrasent le minerai; 1, 2, 3, 4, 5 les pilons.

3. Developpement en grand de quelques parties du pilon, & de l'arbre tournant, N le centre de l'arbre tournant, B une came, C mentonnet, D la clavette qui est elle-même clavettée, E frette au bas du pilon, F plan du dessous de la ferrure du pilon, de laquelle on voit le profil en 1, 2, E e queue de la ferrure du pilon.

4. Quelques-uns des barreaux de la grille V u du bocard & de la grille A H A de l'égrappoir représenté dans la Planche précédente, a b un de ces barreaux coupé en deux, ils sont quarrés par les deux bouts, & le milieu est triangulaire; le côté qui se présente à la vue dans la figure, est celui qui est tourné du côté d'aval dans le bocard, & en-dessous dans l'égrappoir, afin que les corps qui doivent être criblés par cette grille, ne s'y arrêtent point, trouvant le passage plus ouvert du côté de la sortie, que de celui de l'entrée.

PLANCHE X.

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Plan général du bocard composé.

La description est extraite d'un mémoire qui nous a été communiqué par M. Grignon, maître de forge à Bayard sur Marne.

La connoissance supposée des meilleurs minerais, il est néceslaire de les rendre dans l'état le plus avantageux pour être soumis à l'action du feu, soit en les brisant seulement pour les diviser, afin que présentant plus de surface, ils soient plus intimement & plus promptement pénétrés par le feu, soit en séparant de leurs masses des corps étrangers qui absorberoient inutilement une partie de la chaleur, ce qui frustreroit d'une partie du produit, ou qui altérant leur essence, communiqueroient une mauvaise qualité à la fonte.

Il y a en général deux especes de mines de fer, l'une est en masses compactes, l'autre en grains plus ou moins gros; chacune de ces especes exige des préparations particulieres.

Les mines en masses sont ou pures ou sulphureuses, ou terreuses: les mines pures, c'est-à-dire qui ne contiennent rien au-delà de la substance métallique, n'ont besoin pour être admises au fourneau, que d'être brisées au sortir de la miniere, en morceaux dont les plus gros n'excedent pas un pouce cubique; il est nécessaire de griller, concasser & laver les mines sulphureuses & quartzeuses; les mines seulement terreuses qui sont enveloppées, ou qui renferment dans leurs cavités des parties terreuses, n'ont besoin que des deux dernieres opérations.

Les mines de la seconde espece sont en grains globuleux, détachés, ou aglutinés par un peu de spath ou des terres bolaires, les filons ou les amas de ces mines sont environnés ou traversés par des lits de sable, de glaise, de pétrifications, ou de castine, dont la séparation ne peut se faire que par un lavage approprié.

Un même fourneau consomme souvent de toutes ces especes de minerai; il est donc essentiel de trouver une machine qui puisse s'appliquer à leur différent caractere, c'est l'avantage de celle que l'on va décrire.

Le bocard composé est une machine composée d'un bocard simple, d'un patouillet, d'un lavoir & d'un égrappoir, à-travers lesquels passe le minerai; le bocard, semblable à celui décrit ci-devant, est composé de deux jumelles N N perpendiculaires, assemblées & arcboutées sur une semelle; elles sont distantes l'une de l'autre de 26 pouces pour recevoir cinq pilons 1, 2, 3, 4, 5, de cinq pouces quarrés chacun, auxquels sont assemblés à angles droits des mantonnets de fonte ou de bois, qui répondent à trois rangs de cames de fer M M, espacées à tiers-point sur la circonférence de l'arbre horisontal G, qui est mu par l'ction de l'eau sur la roue verticales H, en sorte qu'il y ait toujours un pilon levé entre un qui s'éleve & un qui retombe; ces pilons sont garnis à la partie inférieure d'une frete & d'une plaque de fer percée de cinq trous, pour recevoir cinq fiches forgées sur l'étampure des trous; au lieu de cette plaque, souvent on met un pilon de fonte, du calibre de la piece de bois, sur quatre pouces de hauteur: ce pilon de fonte est pénétré d'une queue de fer forgé qui en occupe le centre; cette queue s'enfonce perpendiculairement dans la piece de bois.

Les pilons retombent sur une plaque épaisse de fer fondu, qui occupe tout l'espace entre les jumelles, & est encastrée de son épaisseur dans la sole ou semelle dans laquelle les jumelles sont assemblées; les jumelles sont garnies intérieurement à leur partie inférieure de plaques de fonte de 12 pouces de hauteur, pour éviter leur prompte ruine qui naîtroit du frottement continuel des pilons qui les avoisinent: les jumelles sont reliées ensemble par quatre traverses P P, qui pénetrent les jumelles en-haut & en-bas, & sont reteuues par des clés & des coins; ces traverses sont de fer.

Un courant d'eau d'environ trente pouces de volume, qui entre par l'empellement C, pousse sous les pilons le minerai que l'on précipite dans l'auge F; cette auge dont le plan est un trapeze, est formée par deux joyeres de bois aboutissantes aux jumelles, & se resserrent du côté d'amont ou de l'empellement C; le minerai trituré, paîtri & délayé par la chute réitérée des pilons, est forcé par le courant de l'eau à passer à travers de la grille qui est appliquée aux jumelles du bocard du côté d'aval, pour arriver par les goulettes a ou y dans une des deux huches du patouillet.

La grille ne doit point être formée de barreaux assemblés & soudés sur un cadre; il est plus commode de la former de barreaux qui n'ont aucune liaison entre eux, parce qu'ayant différentes especes de minerais à traiter, il faut espacer différemment les barreaux, pour les grosses mines il faut six à sept lignes de distance, & seulement trois ou quatre pour les mines, ce qui obligeroit à avoir nombre de grilles différentes; d'ailleurs un barreau qui éprouve un accident, met la grille hors de service.

Pour éviter ces inconveniens il faut creuser à la partie inférieure de chaque jumelle, du côté d'aval, une feuillure d'un pouce de profondeur, deux pouces & demi de large, & quinze pouces de hauteur, depuis le niveau de la plaque de fonte sur laquelle retombent les pilons jusqu'au niveau des traverses inférieures. Il faut ensuite brocher fortement un guide d'un pouce d'épaisseur sur vingt lignes de largeur pour former une coulisse à chacune des jumelles; pour former la grille il faut des barreaux triangulaires de vingt-huit pouces de longueur dont les bouts refoulés & forgés quarrément sur sept à huit lignes de grosseur, portant à plat, une des faces de la partie triangulaire, se présente du côté d'amont, & l'arrête opposée du côté d'aval; ou-bien on employera des barreaux quarrés, dont les bouts refoulés quarrément, & posant horisontalement, le milieu du barreau présente deux de ses arrêtes horisontalement; en cet état on les introduira dans les coulisses en les séparrant par de petites cales de bois proportionnées à la distance que l'on veut laisser entre chaque barreau: le dernier barreau est assujetti à chaquebout par une petite clé chassée à force; lorsqu'il f ut changer de grille, un quart d'heure suffit pour la rétablir. Le patouillet X X ou Y Y, est une cuve demi cylindrique de cinq piés de long, & cinq piés de diametre, formée de douves fortes faites avec des quartelages de bois de quatre à cinq pouces en quarré, bien dressés & joints, affermis sur une charpente dont chaque bout forme un demi-cercle; les deux bouts de la huche sont fermés par des enfonçures faites de madriers d'environ trois pouces d'épaisseur. Dans chaque huche il y a trois ouvertures, l'une x ou y; au milieu de la partie supérieure est l'orifice de la goulette qui apporte l'eau chargée de la mine sortant de la grille; la seconde ouverture 6 ou 7 est dans l'enfonçure près l'angle du côté d'amont, elle sert à évacuer l'eau bourbeuse, chargée des impuretés du minerai; elle est à quelques pouces au-dessous du niveau de la précédente; plus les mines sont quartzeuses ou sablonneuses, plus il faut descendre cette ouverture; la troisieme & derniere est placée au fond & au centre de chaque huche; elles servent à conduire le minerai suffisamment lavé dans le lavoir inférieur Z, en passant sur l'égrappoir que l'on adapte, s'il est nécessaire, au-dessus de ce lavoir & au-dessous des goulettes g ou h; 8 ou 9 sont les queues des pelles qui ferment l'ouverture inférieure de la huche, 10, 11 barreaux qui contiennent les queues des pelles.

L'arbre c d du patouillet est mu par la roue a b, dans le même coursier que celle du bocard; & comme il faut beaucoup de force à cette roue, on tire un aqueduc sous le coursier de la roue du bocard, lequel aboutit sur le plongeon de la seconde roue, en sorte que l'eau de la premiere roue vient encore sur la seconde.

L'arbre vis-à-vis le vuide de chaque huche est garni de barreaux dont les bouts pénetrent & se croisent dans le même sens que les rays de la roue; ces barreaux de dix-huit lignes de grosseur sont repliés à angles droits, ensorte que la partie qui est parallele à l'arbre est éloignée de son centre de vingt-neuf pouces & demi hors d'œuvre, pour que dans le mouvement de rotation, ils descendent jusqu'à un demi-pouce près du fond de la huche; les angles des coudes de ces barreaux doivent être presque vifs pour entrer dans les angles circulaires de la huche; mais comme les rayons des quatre barreaux ne sont pas tous dans un même plan, on coude les angles en maniere de crosse, pour qu'ils puissent passer près des enfonçures, & empêcher que le minerai n'y sejourne.

Chacun des quatre espaces que les barreaux laissent entre eux est garni de trois cuilleres; ces cuilleres sont des especes de spatules, dont la branche ou barreau de dix huit lignes de grosseur, est emmanché dans l'arbre, l'autre bout est applati à six pouces en long & en large, & est refendu en trois parties, ce qui forme une espece de main tridactile qui avance auprès de la huche autant que les barreaux, le bout de ces cuilleres est tors pour que la mine coule dessus en biaisant, & est courbe pour que la mine qu'il rapporte en montant ne soit point jettée hors de la huche, il est fendu enfin pour multiplier la collision.

Il est essentiel que les barreaux, les cuilleres, & par-conséquent les huches, aient les dimensions données; lorsque les huches sont plus profondes, les barreaux & cuilleres étant nécessairement plus longs, ont moins de force, parce que le centre de l'action est trop éloigné du point d'appui, l'opération est plus lente & moins exacte.

Lorsque l'arbre hérissé de douze cueilleres & de quatre barreaux est mis en mouvement, il naît un tumulte intestin dans la huche qui agite tout le minerai à fur & à mesure qu'il y est précipité, les cuilleres soulevent la masse de minerai toujours prêt à se précipiter, les barreaux en passant exactement dans tout le contour de la huche, empêchent par leur mouvement que le minerai ne se cantonne dans les angles; le frottement qui naît de ce mouvement général détache les corps étrangers, délaye les terres glaiseuses ou argilleuses qui sont chassées, unies à l'eau par la goulette de décharge 6 ou 7, qui évacue autant d'eau qu'il en entre; les sables fins sont aussi soulevés & entraînés avec l'eau bourbeuse.

Le patouillet à cuilleres sans barreaux ne suffit pas, parce que les cuilleres ne peuvent aller dans les angles de la huche, & qu'elles ne forment qu'une tranchée dans la masse de minérai qui se précipite; les barreaux ne présentent pas assez de surface, mais ils passent dans toute l'étendue de la huche; l'utilité distincte des barreaux & des cuilleres a déterminé l'auteur à les joindre.

Lorsque l'on s'apperçoit que l'eau de la huche s'éclair-cit, on débouche l'ouverture du fond de la huche, en tirant une espece de bonde ou de pelle faite d'un bout de bois quarré, échancré circulairement pour affleurer la surface intérieure de la huche, & emmanché d'un bâton 8 ou 9, qui sert à la replacer ou la retirer.

Pendant que le minerai suffisamment lavé se précipite dans le lavoir Z, un ouvrier placé obliquement au courant tire le minerai avec un rabot de fer dans un des angles du lavoir en le soulevant; pendant cette opération, l'eau que fournit la goulette de la grille du boccard continue de couler jusqu'à ce que l'ouvrier ait amoncelé toute la mine dans un coin du lavoir; cette eau qui tient en dissolution les parties étrangeres s'écoule par une échancrure k ou l, faite à la partie supérieure du lavoir du côté d'aval; & lorsque tout le minerai est amassé, la bonde 8 ou 9 replacée, l'ouvrier débouche le petit empellement de fond m pour mettre le lavoir à sec; s'il reste quelque peu de sable, le bocqueur l'enleve avec un pelle de bois, ou le fait écouler par le petit empellement m, alors un autre bocqueur fait travailler le bocard, tandis que le premier enleve du bassin le minerai lavé & déposé dans une place ménagée à côté de la machine, pour ensuite être porté au fourneau.

Lorsque l'on veut doubler le travail d'un bocard pour de plus amples provisions, on établit deux huches X X, Y Y, placées bout-à-bout sur la même ligne, l'arbre est garni vis-à-vis de chacune de barreaux & de cuilleres, pour-lors le jeu des pilons du bocard n'est jamais interrompu, parce que lorsqu'une des deux huches est suffisamment chargée de minerai, on détourne l'eau bourbeuse & chargée de minerai qui sort de la grille par le sous-glacis Q, dans l'autre huche en tournant une espece de porte T fixée à charniere au sommet z de l'angle de séparation des deux goulettes T x, V y; cette porte va battre alternativement contre l'une ou l'autre des joyeres du sous-glacis, dans la position que la figure représente pour conduire l'eau & le minerai dans la huche Y Y & dans la position indiquée par la ligne ponctuée V, pour conduire l'une & l'autre dans la huche X X.

Pour que la huche dont la communication avec le bocard est interceptée ne manque point d'eau pour patouiller, il faut ménager des goulettes particulieres D R x, E S y, fermées par les petits empellemens D & E que l'on leve au besoin pour avoir de l'eau pure dans la huche, & continuer l'opération.

On pourroit aussi augmenter le travail en augmentant le nombre des pilons du bocard, ou en en construisant un second & quatre patouillets, alors on placeroit les roues à aubes au milieu des arbres, & les bocards & les huches de chaque côté.

Explication particuliere des lettres de la Planche X.

A A, bief ou canal qui fournit l'eau à la machine.

B, empellement de la roue du bocard; cet empellement doit être double pour pouvoir fournir à la roue du patouillet par le sous-aqueduc, lorsqu'on juge à propos de ne point faire marcher la roue du bocard.

C, empellement qui fournit l'eau au bocard.

D, petit empellement qui fournit l'eau à la huche XX.

E, petit empellement qui fournit l'eau à la huche Y Y.

G, arbre de la roue du bocard.

H, roue du bocard garnie de vingt aubes.

L, plumseuils & empoisses de l'arbre de la roue du bocard.

M, Cames de fer qui élevent les pilons.

N, Pilons.

1, 2, 3, 4, 5, pilons.

P P, clé des traverses.

Q, sous-glacis qui reçoit le minerai trituré, & entrainé par l'eau à-travers la grille, & le conduit dans l'une ou l'autre des deux huches par les grilles x & y, suivant que la porte mobile T est tournée.

R, goulette qui fournit de l'eau claire à la huche X X.

S, goulette qui fournit de l'eau chaude à la huche Y Y.

T, porte ou planche mobile qui détermine l'eau char-gée de minerai d'entrer dans l'une ou l'autre des deux huches.

V, ligne sur laquelle il faut amener la porte T pour que le minerai passe dans la huche Y Y.

x, goulette de la huche X X.

XX, une des deux huches.

y, goulette de la huche Y Y.

Y Y, la seconde huche.

6 & 7, goulettes qui dégorgent l'eau bourbeuse chargée des impuretés du minerai.

a b, roue du patouillet.

c d, arbre du patouillet garni de barreaux & de cuilleres.

e e, empoisses des tourillons de l'arbre.

f f, plumseuils de l'arbre du patouillet.

g h, goulette de décharge de fond des huches dans le lavoir Z.

k l, décharge de superficie du lavoir.

m, décharge de fond du lavoir.

Z, lavoir.

SECONDE SECTION.

Fourneau à fer.

PLANCHE Iere.

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CEtte Planche contient le plan général d'un fourneau, des bâtimens qui en dépendent, & différentes coupes particulieres du molle du fourneau.

Fig. 1. Plan au rez-de-chaussée du fourneau de la halle au charbon, du coursier, des soufflets, & de la roue qui les met en mouvement. Le fourneau C B B C, est un massif quarré, dont chaque côté a au rez-de-chaussée vingt-cinq piés, on y a pratiqué deux embrasures, l'une du côté du devant ou du moulage, l'autre du côté des soufflets ou de la tuyere, séparées l'une de l'autre par le pilier de cœur G C G M, dont la masse, ainsi que celle du reste du fourneau, est parsemée entre chaque assise de canaux expiratoires, pour laisser exhaler les vapeurs humides de la maçonerie, III fondation des contre-parois du côté de la rustine K & du contre-vent, R plan de l'ouvrage, E le creuset ou la timpe, c c les costieres, F la dame, C auprès de F la coulée, R R r, R R r, les soufflets dont les buzes reposent sur une taque de fer, N N les basses-condes qui reçoivent alternativement l'action des cames de l'arbre Y Y de la roue O P, placée dans le coursier A T, & dont a b est l'empellement, d e, d e les bascules des contre-poids qui relevent les soufflets, i, i, les contre-poids, f f la chaise de chûte que l'on voit en perspective dans les vignettes des Pl. VII. & IX. g g chaise intérieure qui porte les tourillons des bascules, h h chevalet qui porte le tourillon de l'arbre Y y de la roue des soufflets, X passage dans un des contreforts qui soutiennent le pilier de cœur, W, V, portes pour entrer ou sortir dans le moulage, S troisieme porte en face du moulage, z z contreforts extérieurs que l'on voit Pl. IX. K K pont sur le coursier pour conduire de la halle L à la bune du fourneau, L le centre de la halle.

2. Plan de la double grille de charpente, propre à servir de fondation au mole d'un fourneau, lorsqu'on ne trouve pas un terrein solide; l'une & l'autre de ces grilles est composée de longrines & de traversines assemblées à encoche, c'est-à-dire à mi-bois, & espacées tant plein que vuide; les traversines de la grille inférieure ont douze pouces de gros, & environ cinq toises de long; elles sont encochées, entaillées en-dessus pour recevoir les longrines qui sont entaillées en-dessous, lesquelles ont de même environ cinq toises de longueur, la direction des longrines est parallele au coursier, & celle des traversines y est perpendiculaire; on remplit les mailles de la premiere grille avec des cailloux ou des morceaux de laictier.

La seconde grille est composée comme la premiere, avec cette différence que les longrines a b, a b, &c. sont entaillées en-dessus pour recevoir les traversines c d, c d, &c. qui sont entaillées en-dessous; cette grille a environ deux piés de moins que la premiere, pour que celle-ci lui serve d'empattement, comme elle en sert à la maçonerie; les encroix de la seconde grille doivent couvrir les caisses de la premiere; on remplit de même les mailles ou caisse de cette seconde grille, sur laquelle on établit le mole du fourneau; quelque-fois on recouvre la seconde grille par des madriers de trois à quatre pouces d'épaisseur.

3. Coupe horisontale du fourneau à sept piés au-dessus du rez-de-chaussée, ou de celle représentée par la fig. 1. c'est-à-dire que cette seconde coupe fig. 3. est par l'endroit du fourneau qu'on appelle le foyer superieur, IIIKL contre-parois & parois réduites intérieurement à une forme octogone qui circonscrit l'ellipse à laquelle on a donné le nom de foyer supérieur, II parallelement au côté B B parois & contre-parois du côté de la rustine, II du côté du chifre (fig. 3.) parois & contre-parois du côté du contre-vent, K parois & contre-parois sur la timpe, L parois & contre-parois sur la tuyere, M C pilier de cœur qui sépare la rustine de la tuyere; l'épaisseur du massif est traversé en différens sens par des canaux expiratoires disposés autrement que ceux de la fig. 1. & ces deux dispositions se répetent alternativement à chaque assise dans toute la hauteur du fourneau, afin de laisser une libre sortie aux vapeurs humides dont l'expansibilité causeroit la ruine du fourneau.

4. Plan de la bune ou du haut du mole du fourneau, à quatorze piés au-dessus du précédent, ou à vingt-un piés au-dessus du rez-de-chaussée (fig. 1.) AAA les batailles qui entourent la bune, ainsi que l'on voit en perspective, Pl. VII. & IX. P entrée du dessus du fourneau du côté de la halle à charbon, G G plaques de fonte qui entourent le gueulard E, par lequel on verse le charbon & la mine dans le fourneau; dans quelques fourneaux on fait le gueulard elliptique; le grand axe de l'ellipse dans la direction P E A aura trente pouces, & le petit axe seulement vingt-cinq: alors la jonction des plaques G G qui seront moulées avec une échancrure semi-elliptique, se fera dans la direction du petit axe. La plaque ou taque du côté de l'entrée de la bune a une échancrure H pour que le chargeur puisse s'approcher du gueulard, le bas de l'embrasure qui répond à cette entaille est occupé par une marche qui facilite au chargeur le moyen de s'élever pour verser dans le fourneau les choses qui doivent y entrer, comme on voit, Pl. VII.

PLANCHE II.

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Fig. 1. Élévation du mole du fourneau du côté des timpes, A A les batailles qui entourent la bune; dans le milieu de cette partie des batailles est une fenêtre o, par laquelle les ouvriers qui sont sur la bune peuvent regarder sur le moulage dont le comble est percé en cet endroit; B B B B B B les marastres qui soutiennent la maçonnerie, C D la timpe de fer, m le taqueret, I la coulée à côté de la dame, a a a a a orifice des canaux expiratoires, dont on voit le plan dans la Planche précédente, Z, Z Z, coupe des contreforts sur le moulage, x contrefort sur les soufflets, X passage dans ce contrefort pour aller à l'arbre Y qui les fait mouvoir, Y l'arbre de la roue P; il est rond ou exagone pour recevoir six cames, dont trois, rangées en tiers-points, répondent à chaque soufflet, R soufflet du côté de la roue, R R soufflet antérieur ou du côté du pilier du cœur, W & V portes dans le moulage, e e extrémités extérieures des bascules qui relevent les soufflets, i i contrepoids de soufflets, f chaise de rechute, sur lasquelle les bascules viennent reposer: on doit garnir le haut de cette chaise de quelque fascinage ou d'un ressort, pour que les bascules reposent doucement, L L la halle au charbon, Ll, Ll, comble de la halle: on a indiqué par des lignes ponctuées la situation de la roue, celle du coursier, placés entre le fourneau & la halle.

2. Élévation du mole du fourneau du côté de la tuyere, le comble, les contreforts sur les soufflets: les soufflets ont été supprimés pour laisser voir la tuyere, A A une des faces des batailles, B B B B B les marastres sur la tuyere, D la pierre qui supporte les buzes des soufflets, & la taque de fer sur laquelle la tuyere est posée, a a a a a a orifices des canaux expiratoires qui servent à évaporer l'humidité du massif du mole, x x. x coupe des contreforts sur les soufflets, x contrefort du pilier de cœur, Y y arbre exagone de la roue, O P, R cames du soufflet du côté de la roue, R R cames du soufflet du côté du pilier de cœur, K K pont pour communiquer de la halle L à la bune du fourneau. on a projetté par des lignes ponctuées l'escalier antérieur qui sert aux ouvriers pour monter ou descendre du moulage à la halle, Z Z contrefort sur le moulage, V une des deux portes sur le moulage, S autre porte en face de la timpe, Z contre-fort extérieur faisant partie du contrefort Z Z.

3. Coupe verticale du fourneau par la tuyere & le contre-vent, c'est-à-dire parallelement à la timpe représentée fig. 1. dont il faut concevoir que la partie antérieure est abattue jusqu'à l'axe du fourneau, C c C c coupe de la double grille, fig. 2. Pl. I. qui sert de fondation au mole du fourneau, C B C B massif sous le rez-de-chaussée B B de sept piés de hauteur, dans lequel on a pratiqué une galerie voutée Q Q de cinq piés de haut sur trois de large, pour laisser évaporer l'humidité qui pourroit se trouver sous le creuset, e fond du creuset de douze pouces d'épaisseur depuis le dessus de la voute jusqu'à l'aire B B ou rez-de-chaussée: le fond du creuset est, ou de sable battu à la demoiselle ou au maillet, ou de partie de sable & de pierre à feu, ou de grès, ou de quelque autre pierre réfractaire; on observera de mettre sur la voute une couche de sable calcaire, tel que celui que les inondations rassemblent, composé en partie de fragmens de conquilles; cette précaution est nécessaire pour empêcher la formation de ces loups monstrueux formés par la vitrification de la masse totale de la base du creuset pénétrée de régule & de fonte de fer, dont l'extraction si pénible entraîne souvent la destruction d'une partie considérable du fourneau, ce sable calcaire ne formant pas d'union & faisant corps à part, conserve la voute & facilite le déblayement de l'ouvrage, L le creuset, d costiere de la tuyere, D D élargissement de la costiere pour recevoir les buzes des soufflets, M la tuyere, c costiere du contre vent, c c la continuation de la costiere du contre-vent jusqu'au foyer inférieur K, qui est la naissance des étalages K I, K I, qui forment le cône renversé KIPI racordé en IPI à la base du cône supérieur; le diametre IPI qui est le petit diametre de l'ellipse ou le petit côté du parallelogramme, si le fourneau est quarré, a cinquante-quatre pouces, & est éloigné du fond de l'ouvrage d'environ sept piés, tiers de la hauteur totale du fourneau: depuis le fond du creuset L jusqu'au niveau de la bune en G G il y a vingt-un piés, & depuis G G jusqu'en E, ouverture du fourneau à laquelle on a donné le nom de gueulard, il y a trois piés; cette masse est recouverte de plaques de fonte, ainsi qu'il a été dit ci-dessus; IG, IG les parois; ils sont renfermés par les contre-parois i g, i g qui le sont eux-mêmes par les contre-murs S, S; T, T les murs extérieurs, qui ainsi que les contre-murs & le massif, qui remplit l'espace qu'ils laissent entre eux, sont traversés en différens sens par les canaux expiratoires dont on a parlé, dont a a a a a a sont les ouvertures, b b b b les six marastres qui soutiennent l'arriere voussure sur la thuiere, A A les batailles, on voit dans le mur postérieur des batailles la porte qui conduit a la halle à charbon.

4. Coupe verticale du fourneau par la rustine & la timpe, c'est-à-dire parallelement à la thuyere représentée, fig. 2. dont il faut concevoir que la partie antérieure est abattue jusqu'à l'axe du fourneau, C c C c coupe de la double grille qui sert de fondation au fourneau, C B B C massif sous le rez-de-chaussée B B, dans lequel on a pratiqué une voute Q pour évaporer les humidités du dessous de l'ouvrage, e fond de l'ouvrage ou du creuset, c le creuset, D costiere de la rustine qui est du côté du fourneau opposé à la dame ou à la coulée; ce côté regarde la halle à charbon, F la dame, 1 la timpe de pierre, 2 la timpe de fer, m le taqueret, KI, KI les étalages, IPI grand diametre du foyer supérieur; il est de soixante pouces, I G, I G les parois, i g, i g les contre-parois, M I contre parois de l'ouvrage du côté de la rustine, S S contre-murs, T T murs extérieurs traversés, ainsi que le massif, par les canaux expiratoires a a a a a, b b b & les six marastres sur l'arriere voussure du côté de la timpe; ces marastres qui sont des gueuses ou pieces de fonte triangulaires doivent être espacées l'une de l'autre d'environ 18 pouces; les intervalles qui les séparent sont remplis de briques, ou autre maçonnerie bien appareillée, E le gueulard, o fenêtre pour regarder de dessus le fourneau dans le moulage.

PLANCHE III.

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Trompes du Dauphiné tenant lieu de soufflets, pour administrer au fourneau le courant d'air nécessaire.

Fig. 1. Trois trompes accolées, auxquelles un même réservoir fournit l'eau nécessaire, A le réservoir supporté par une charpente convenable auprès de l'escarpement, sur lequel coule le ruisseau T V X, qui s'embranche dans le réservoir, B petit empellement pour regler la quantité d'eau qui entre dans le réservoir, X partie du canal qui contient l'eau affluante, & conduit l'eau superflue à un empellement de décharge, C D, E F, G H, les trois trompes d'environ vingt-sept piés de long sur seize pouces environ de grosseur, creusées dans toute leur longueur, ainsi qu'il sera dit ci-après, & que les figures des développemens le font voir. Chaque trompe est racordée & jointe par sa partie supérieure au fond du réservoir A qui leur fournit l'eau, & elles s'implantent chacune dans une cuve renversée D D, F F, H H, qui ont six piés de diametre & autant d'hauteur, dans lesquelles elles entrent de dix-huit pouces, après avoir traversé le fond; chaque cuve est encore percée de deux ouvertures, l'une dans le fond & l'autre dans la circonférence; celles du fond reçoivent les portesvents x y z, par lesquels l'air contenu dans les cuves est conduit dans le tuyau p q r s t u qui aboutit à la thuyere du fourneau; les autres ouvertures qui sont au-bas de chaque cuve servent à évacuer l'eau qu'elles contiennent, à mesure que la trompe qui en reçoit du réservoir A en fournit de nouvelle; à chacune de ces ouvertures inférieures est adapté une petite caisse dans laquelle on a pratiqué un petit empellement N, pour pouvoir regler & égaler la quantité d'eau qui sort de la cuve en O, à celle qui y est continuellement fournie par la trompe.

Les trompes & le réservoir qui leur fournit l'eau sont soutenus dans la situation verticale & à la hauteur convenable par deux chevalets I R, k K S s L, du premier desquels on ne voit qu'une partie; les montans du second ont été rompus, pour laisser voir d'autres parties plus importantes, M une des deux entretoises qui lient ensemble les deux chevalets & soutiennent les moises auxquelles les trompes sont suspendues, Q q, Q q les deux moises de la trompe du côté de l'empellement B de fourniture, P p, P p les deux moises qui soutiennent les deux autres trompes du côté du tuyau ou porte-vent que l'on a fracturé, sa longueur étant indétecminée aussi-bien que sa direction & ses infle-xions, toutes choses dépendantes de la situation respective du fourneau & des trompes; le porte-vent d'environ dix pouces de diametre, est terminé du côté du fourneau par une buze de fer t u, dont l'extrémité u se presente à la thuyere du fourneau ou de la forge, de la même maniere que les buzes des soufflets; il y a près de la buze une ouverture s, que l'on ouvre ou que l'on ferme à volonté, pour empêcher le vent de parvenir au fourneau, auquel cas on abaisse une soupape de cuir qui réfléchit le vent par l'ouverture s; dans l'autre cas cette soupape étant relevée, on abaisse le clapet qui sert à fermer cette ouverture.

Le corps de chaque trompe est composé de deux pieces de sapin ou de bois de chêne bien dressées & excavées comme les fig. 2. 4. & 5. le font voir; les deux pieces sont reliées ensemble par autant de cercles de fer qu'il est nécessaire pour les assujettir; les joints sont calfatés, ensorte que l'air n'y puisse trouver aucun passage.

2. Coupe par l'axe d'une trompe, de sa cuve, & du réservoir qui lui fournit l'eau: la trompe coupée verticalement est la même que celle notée par les lettres E F dans la fig. 1.

A le réservoir qui fournit l'eau aux trois trompes, B empellement du côté du canal déférent, dans lequel l'eau est toujours un peu plus élevée que dans le réservoir, C E l'entonoir conique de la trompe; il a à son ouverture C treize pouces de diametre, & seulement quatre pouces à son sommet E, que l'on nomme l'étranguillon, & trois piés trois pouces de longueur au-dessus de l'étranguillon; le diametre de la cavité cylindrique e f g h est par-tout de neuf pouces, on a fracturé la trompe en f g pour rapprocher la cuve du réservoir, la place n'ayant pas permis de lui donner toute sa longueur.

A cinq pouces au-dessous de l'étranguillon E, sont percés obliquement & à même hauteur six trous dans la circonférence, comme D e, d e, de deux pouces de diametre, dont l'ouverture intérieure dans le corps de la trompe est éloigné de huit pouces du plan de l'étranguillon; quatre pouces plus bas, tant extérieurement qu'intérieurement, sont percés quatre autres trous dans la circonférence; on donne à tous ces trous le nom de soupiraux; & en effet, c'est par ces trous que l'air s'introduit dans la trompe à mesure que l'eau qui sort de l'étranguillon E s'épanouissant ou s'éparpillant, se mêle à l'air, & le force à descendre avec elle dans la cuve i k l L; l'eau étant arrivée dans la cuve tombe sur une plaque de fer H, d'où elle rejaillit dans la cuve; ce qui permet à l'air qu'elle avoit entraîné avec elle de se dégager & de gagner le haut de la cuve où il se condense, & d'où de nouvel air continuellement amené par la trompe, le force de sortir en passant par le porte-vent p dans le tuyau m n qui le conduit au fourneau.

La plaque de fer H placée au centre & environ au milieu de la hauteur de la cuve sous l'orifice de la trompe, est soutenue par une espece de croix de bois, qui est elle-même soutenue par quatre montans, comme on peut voir dans la figure 3. L'eau après s'être dispersée sur la plaque de fer, tombe sur la base de la cuve où elle s'assemble; le fond de la cuve est ou un corroi de glaise, ou une roche, s'il s'en trouve, ou enfin au défaut un plancher formé par plusieurs madriers mis à côté les uns des autres; dans tous ces cas il faut également pratiquer une ouverture L dans la circonférence inférieure de la cuve pour évacuer l'eau à mesure qu'elle arrive; mais il faut que cette ouverture ne puisse laisser sortir l'air, ce qu'on obtiendra si le haut de cette ouverture est toujours submergé.

Pour cela aux deux côtés de l'ouverture L de la cuve on ajuste deux planches de deux piés de haut, formant ensemble & avec le parement de la cuve comme une espece de caisse à laquelle le sol sur lequel la cuve est établie, sert de fond, comme on voit à la cuve D D, fig. 1. aux faces intérieures de ces Planches, on fixe avec des clous deux tringles de bois pour servir de coulisse P, à une petite pelle N, que l'on peut lever ou baisser à discrétion, pour que l'eau retenue en partie par cette pelle soit entretenue dans la cuve à un niveau K, supérieur à l'ouverture L, par laquelle l'eau sort en O, en aussi grande quantité qu'il en entre par la trompe.

On connoit à-peu-près quelle est la hauteur de l'eau dans la cuve par la hauteur de celle qui est en M, entre la pelle N & le côté L i de la cuve, quoique l'eau soit toujours plus haute dans cet espace M que dans la cuve, d'une quantité proportionelle à l'effort du ressort de l air condensé qui y est renfermé.

3. Représentation perspective de la croix a b, c d soutenue par quatre montans de deux piés & demi ou trois piés de haut, sur laquelle la plaque de fer H est posée; cette croix occupe le milieu de la cuve.

4. Coupe sur une échelle double du haut de la trompe, par un plan qui passe par deux des six trous supérieurs FF qui avoisinent l'étranguillon, C ouverture de la trompe, C E l'entonnoir, E l'étranguillon, D orifice interne & inférieur des deux trous ou soupiraux postérieurs du nombre des six du rang supérieur FF.

5. Coupe sur une échelle double du haut de la trompe, par deux des quatre trous ou soupiraux du rang inférieur, C l'ouverture de la trompe, C E l'entonoir, E l'étranguillon, f D, f D deux des quatre trous du rang inférieur, D orifice inférieur interne d'un des quatre trous.

PLANCHE IV.

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Trompes du pays de Foix.

Ces trompes, dont le jeu & le service est à-peu-près le même que de celles du Dauphiné décrites précédemment, en different en ce qu'elles sont quarrées, & que l'air leur est fourni par deux tuyaux quarrés, & ouverts au-dessus de la surface de l'eau du réservoir.

Fig. 1. Élévation perspective de deux trompes de la caisse à vent & du foyer auquel le vent est poussé, A réservoir quarré qui fournit l'eau aux deux trompes D E, F G; B empellement sur le canal de communication du ruisseau T V au réservoir A, pour jauger l'eau que l'on donne aux trompes; la caisse H tenant lieu de cuve a environ six piés de largeur, seize de longueur, & trois piés de hauteur dans la partie H, l'autre moitié L K ayant environ sept piés. De part & d'autre de la caisse est un petit empellement B (entre les quatre piliers qui soutiennent le réservoir A), pour pouvoir regler le niveau de l'eau contenue dans la caisse, & en laisser sortir autant qu'il en entre par les deux trompes.

L'eau tombe de même sur deux taques ou plaques de fer, placées vis-à-vis & au-dessous des trompes, afin que l'air puisle se séparer & gagner le haut K de la caisse que l'on a faite très-spacieuse, afin qu'un plus grand volume d'air devint moins chargé d'humidité, en laissant précipiter les gouttelettes dont il peut être chargé, M prolongement de la caisse, à l'extrémité duquel est ajustée la buze qui passe dans le foyer N: ce foyer est assez semblable à une forge ordinaire.

2. Élévation perspective d'une des trompes, & coupe perspective de l'autre, A A le réservoir; il est vuide & coupé à rase des trompes, B empellement sur le canal de communication au réservoir, pour fixer la quantité d'eau qu'il convient laisser entrer dans les trompes; 1, 2, orifices des entonnoirs par lesquels l'air entre dans la trompe; ces ouvertures sont toujours au-dessus de la surface de l'eau, 5 b espace entre les deux entonoirs par lequel l'eau s'introduit dans le corps de la trompe; l'endroit b peut être regardé comme l'étranguillon dans les trompes de la Planche précédente, c c fracture des trompes pour rapprocher dans le dessein les deux extrémités, d partie inférieure de la trompe, laquelle entre de douze pouces environ dans la caisse H H; d est aussi une taque ou plaque de fonte po-sée sur une pierre, sur laquelle tombe l'eau qui vient du réservoir A A.

La seconde trompe dont on a supprimé la face antérieure, pour laisser voir la construction intérieure & la disposition des languettes qui divisent vers le haut la trompe en trois parties; 3, 4, sommet ou ouverture des entonnoirs qui fournissent l'air à la trompe; 3 a, 4 a les entonoirs par lesquels l'eau ne sauroit jamais entrer, 6 a espace par lequel l'eau du réservoir s'introduit dans la trompe, a l'étranguillon où l'eau commence à s'éparpiller & à saisir l'air qu'elle pousse en-embas dans la caisse H H; B extrémité inférieure de la trompe, C taque de fer sur laquelle l'eau tombe, & où l'air qui gagne le haut de la caisse se sépare de l'eau, D pierre sur laquelle la taque de fer est posée; auprès de ces taques sont les ouvertures évacuatoires par lesquelles l'eau superflue s'écoule: on voit une de ces ouvertures en B, fig. 1.

PLANCHE V.

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Représentation d'un des deux soufflets du fourneau.

Fig. 1. Plan général du fond M, ou de la caisse inférieure du soufflet. A B la tête, A R, B R les côtés de la caisse, R S la têtiere dans laquelle la buse du soufflet est fixée, comme on voit dans la derniere figure de la Planche, m m soupapes ou venteaux par lesquels l'air extérieur entre dans le soufflet lors de l'inspiration; le tour de chaque soupape est garni de peau de mouton en laine, aussi bien que la partie du fond de la caisse où elles s'appliquent. O O courroie ou bande de peau attachée en o o en-travers des soupapes, pour, lorsqu'elles levent, les empêcher de se renverser; au lieu d'une courroie on peut substituer une corde, ce qui fait le même effet. N cloison ou planche posée en-travers de la caisse, pour empêcher, lors de l'inspiration, que quelques étincelles qui pourroient entrer par la buse du soufflet m, ne serépandent dans sa capacité; la partie de cette cloison qui regarde la têtiere, & aussi la partie du fond & des côtés de la caisse, compris entre N & R, sont revêtus de feuilles de tole ou de fer-blanc pour les garantir du feu. P P cannelure demi-cylindrique, qui reçoit la cheville qui assemble les deux parties du soufflet. L'épaisseur de la têtiere est traversée verticalement par deux mortaises, dans lesquelles entrent les pitons qui reçoivent la cheville dont on vient de parler; les pitons sont clavettés en-dessous de la caisse par une clé passante qui traverse les mortaises pratiquées à la partie inférieure des pitons, comme on le peut voir dans les Planches qui ont rapport à la fabrique des ancres. La têtiere S est garnie de deux frettes de fer pour l'empêcher de fendre. a b c d e f mentonnets qui assujettissent les liteaux sur le bord de la caisse. 1 2 3 4 5 6 R queues des mentonnets, ou porte-ressorts, que l'on a supprimés pour laisser voir les tenons quarrés auxquels ils s'assemblent.

2. Élévation perspective du volant ou de la caisse supérieure du soufflet; cette caisse formée de madriers ordinairement de sapin, de trois à quatre pouces d'épaisseur, assemblés à raînures & languettes rapportées, la tête D B, O S l'est avec les côtés à queues d'hironde, & est ceintrée en arc de cercle & non d'ellipse, auquel le trou P qui reçoit la cheville ouvriere, sert de centre; le prolongement des côtés ou pannes des soufflets sont fortifiés en cet endroit par des frettes de fer pour empêcher cette partie de fendre; & c'est à-travers le trou pratiqué à chacune des frettes que passe la cheville ouvriere. Le volant qui a en D B ou O S environ 3 plés de profondeur, & seulement 9 pouces du côté de la têtiere P P, embrasse par ses quatre côtés les quatre rebords de la caisse inférieure; le côté du volant vers la têtiere, côté qu'on ne voit point dans la figure, est reçu dans l'entaille qui est entre le rebord R, fig. 1, & l'emplacement P P de la cheville ouvriere. N N boîtes, ou crampons fixés solidement à la partie supérieure du volant pour recevoir & assujettir la basse-conde X M; la partie M de la basse conde qui est élargie & un peu courbée en cet endroit, reçoit l'effort des cames de l'arbre de la roue des soufflets; l'autre extrémité X, est serrée dans sa boîte N par des coins de bois pour affermir la basse conde X M, à une longueur & hauteur convenable à la situation de l'arbre de la roue, comme on peut voir dans les Planches précé dentes. La tête de chaque soufflet est encore garnie de deux bandes de fer D B, O S, dont la partie supérieure D, ou O, est terminée en anneau pour recevoir les crochets des bascules, & la partie inférieure en crampon pour suspendre le volant par la partie inférieure de la tête dans laquelle les crochets des crampons sont encastrés.

3. Vue perspective de la caisse inférieure garnie de toutes ses pieces; on en distingue les rebords Y y, Y y, sur lesquels les liteaux sont appliqués: ces rebords qui ont neuf pouces de haut en y y du côté de la têtiere S, ont seulement six pouces du côté de la tête A B; le fond de la caisse a quatre pouces d'épaisseur cinq piés neuf pouces de large à la tête A B, & un pié dix pouces de large au bord r de l'entaille y y de la têtiere S, dont l'extrémité réduite à quinze pouces en quarré, est percée d'une ouverture ronde f, pour recevoir la buse du soufflet, dont la longueur depuis la tête jusqu'au rebord r de l'entaille du côté de la têtiere est de seize piés, & la longueur totale, y compris la tetiere r S de vingt piés quatre pouces, on voit en m les soupapes qui laissent entrer l'air dans le soufflet; & en N la cloison garnie de fer-blanc, dont il a été parlé ci-dessus.

Sur les rebords de la caisse, lesquels ont six pouces de large, & sous les mentonnets, on fait entrer les tringles de bois qui entourent la figure; ces tringles sont ce qu'on appelle les liteaux dont l'effet est de clôre le soufflet, en s'appliquant exactement aux parois intérieurs des quatre côtés du volant: a b c liteaux du côté de la tête A B du soufflet. Ces liteaux sont divisés en trois parties: h C, h C liteaux des longs côtés du soufflet en une seule piece ou en plusieurs, si on le veut; d e liteaux du côté de la têtiere: ces liteaux sont en deux parties. Comme la construction des liteaux n'est pas sensible dans cette figure, on trouvera tous les développemens nécessaires pour en avoir une parfaite intelligence dans la Planche qui suit.

4. Représentation perspective du soufflet entierement achevé, des chevalets qui le supportent, &c. P P cheville ouvriere placée dans l'entaille de la têtiere E; cette cheville passe dans les trous des frettes des prolongemens des côtés du volant, & dans les trous des brides qui assujettissent la cheville à la caisse inférieure. N N crampons, ou boîtes pour recevoir la basse conde; O O les anneaux par lesquels le volant est suspendu: O B ceintre de la tête du volant en arc de cercle, auquel le point P, ou extrémité de la cheville ouvriere sert de centre; F la buse qui répond à la thuiere: I G chevalets auxquels la caisse inférieure est attachée; les chevalets sont entretenus ensemble par des liens m n, m n, & sont posés sur des semelles, ou blocs k K: L bloc de pierre sur lequel pose la têtiere du soufflet; ce bloc de pierre est adossé à la costiere de la thuiere, comme on peut voir dans les Planches précédentes.

PLANCHE VI.

Bibliothèque Mazarine, exemplaire 2° 3442, numérisé par l’ENCCRE. Licence CC BY-NC-ND 3.0 France — pas d’utilisation commerciale, pas de modification. Le texte de ce site est sous une autre licence, CC BY-SA 3.0.

Developpemens des liteaux d'un soufflet, dessinés sur une échelle quadruple.

Fig. 5. Représentation perspective & de côté des deux pieces qui composent un mentonnet porte-ressort. 1 queue ou racine du mentonnet, u mortaise sous le tenon quarré pour recevoir le ressort, 2 mentonnet séparé de sa racme.

5. Mentonnet porte ressort en perspective du côté qui recouvre les liteaux, Z menton du mentonnet sous lequel les liteaux sont placés; racine du mentonnet du côté qui s'applique aux faces intérieures des rebords Y y, fig. 3 dans la Planche précédente, la racine du mentonnet est attachée au rebord par cinq clous; on voit en 1 les trous destinés à les recevoir, xx le ressort passé dans la mortaise de la queue, vû du côté où ses extrémités s'appliquant au liteau l, le compriment pour le pousser en dehors, & lui faire déborder les rebords autant que la distance du volant le permet.

7. Le même mentonnet & porte-ressort vû du côté opposé. x x le ressort vû du côté de sa convexité. Ces ressorts agissent sur les liteaux en se fermant; ainsi avant que les liteaux soient mis en place, ils sont beaucoup plus courbes que la figure ne les représente.

8. Un des deux grands liteaux qui s'appliquent sur les rebords des longs côtés de la caisse, vû par dessus: on a fracturé ce liteau dont la longueur est de seize piés, la largeur de cinq poucés, & l'épaisseur de deux pouces, pour que les extrémités h c, qui sont entaillées à mi-bois fussent contenues dans la planche. Ces entailles reçoivent des parties semblables reservées aux extrémités des liteaux transversaux, comme il sera dit ci-après.

9. Le même liteau, ou tringle de bois, vû par-dessous.

10. A les deux liteaux du côté de la têtiere du soufflet vûs par-dessus, 9 A 10 ressort dont l'effet est d'ouvrir ou écarter les deux pieces du liteau; ce ressort qui est d'acier, & dont les deux extrémités sont roulées en forme d'anneau, est fixé par deux clous dans les entailles pratiquées au bord du liteau.

10. B les mêmes liteaux vûs par-dessous du côté des entailles 11, 13, qui s'appliquent aux entailles C des liteaux des longs côtés, 12 languette de la piece 13, laquelle coule dans la raînure de l'autre piece 11, pour guider leurs mouvemens.

11. A & a les deux pieces du même liteau séparées & vûes en perspective par le dessus & du côté extérieur du soufflet, c'est-à-dire que l'épaisseur que l'on voit dans la figure, est celle qui s'applique à la surface intérieure du volant du côté de la têtiere; A piece à raînure, a piece à languette.

11. B & b les deux mêmes pieces vûes par dessous & du côté opposé à la figure précédente: B piece à raînure, b piece à languette; les raînures sont creusées à mi-bois, & les languettes ont la même épaisseur.

12. Les trois liteaux du côté de la tête du soufflet vûs par-dessus. 3, 5 & 6, 4 les deux pieces à languettes, 5, 6 la piece du milieu à doubles raînures. Au-dessus des chiffres 5 & 6, on voit les deux ressorts de dilatation, dont la construction & l'usage est le même que celui du ressort A fig. 10.

13. A B C les trois pieces du liteau de la tête du soufflet vûes en perspective par le dessus & du côté qui s'applique à la surface intérieure de la tête du volant; A & C les deux pieces à languettes, a & c les languettes: ces deux pieces sont entaillées à mi bois, & en-dessous à leurs extrémités, pour être reçues dans les entailles h des liteaux des longs côtés, fig. 8, B piece du milieu à double raînure, a double raînure pour recevoir la languette a qui est au-dessous, C raînure pour recevoir la languette c qui est vis-à-vis.

14. Les trois mêmes pieces vûes par-dessous, A & C les entailles pour raccorder avec les liteaux des longs côtés, a c les deux languettes placées dans les raînures de la piece du milieu.

15. Les trois mêmes pieces en perspective vûes par-dessous, & du côté intérieur où les ressorts de dilatation sont attachés, A & C les entailles des extrémités, a & c les languettes, B piece du milieu, a & c les raînures qui reçoivent les languettes des autres pieces.

Tous les liteaux étant rassemblés, forment un chassis de forme trapézoïdale dont l'épaisseur est de deux pouces. La largeur de chaque côté de cinq pouces & les dimensions extérieures les mêmes que celles du trapeze A B R, fig. 1. Pl. V. que forment les rebords de la caisse inférieure du soufflet sur lesquels les liteaux sont arrêtés par les mentonnets sous lesquels ils peuvent glisser, étant continuellement poussés au vuide par les ressorts qui les font appliquer aux surfaces intérieures du volant; toutes les parties mobiles doivent être enduites d'huile pour que les mouvemens en soient plus doux, ce qui contribue à la conservation des pieces.

PLANCHE VII.

Bibliothèque Mazarine, exemplaire 2° 3442, numérisé par l’ENCCRE. Licence CC BY-NC-ND 3.0 France — pas d’utilisation commerciale, pas de modification. Le texte de ce site est sous une autre licence, CC BY-SA 3.0.

La vignette de cette Planche représente l'opération de charger, c'est-à-dire de donner au fourneau l'aliment du feu, & les matieres qui doivent y être traitées.

Le fourneau que la vignette représente est vû par l'angle entre la rustine & la thuiere. On a fracturé la halle au charbon, & démoli une partie du terre-plein, sur lequel elle est fondée, pour laisser voir une partie du coursier, & la roue à aubes qui donne le mouvement aux soufflets.

Lorsque l'on met le fourneau en feu, la maniere de le charger, la qualité, la quantité & l'ordre des charges, est différent de celui que l'on observe lorsque le fourneau est en train.

Pour mettre le fourneau en feu, on commence par l'emplir de charbon, que les chargeurs, fig. 1 & 2, portent dans les corbeilles, mannes ou vans, représentés, fig. 1. du bas de la Planche; on bouche alors la thuiere avec du mortier, herbue ou argille, & par l'ouverture de la coulée, entre le frayeux & la dame, on introduit une pelletée de charbons embrasés: le feu qui n'est point alors animé par les soufflets, se communique insensiblement à toute la masse de charbon renfermée dans le fourneau, & perce jusqu'au haut de la bune: plus la maçonnerie du fourneau est seche, plus le feu fait de progrès; & au contraire plus elle est humide, & les charbons menus, l'air tranquille, plus il est de tems à percer la colonne entiere: lorsque le charbon de la bune commence à être embrasé, plusieurs maîtres de forge qui n'aiment point à voir consumer le charbon sans un produit actuel, font charger en mine aussi-tôt que le fourneau est avalé d'une charge, c'est-à-dire lorsque le charbon est descendu de 36 pouces, ainsi qu'on l'expliquera à l'arucle de la dixieme Planche; mais l'auteur du mémoire déja cité dans l'explication de la derniere Planche de la section précédente, rejette cet usage, parce que l'on ne doit mettre un fourneau en mine que lorsqu'il est en état de la bien digerer, & que dans ce moment le fond de l'ouvrage, le creuset n'est point assez chaud pour recevoir la fonte en fusion, ce qui cause des embarras lorsqu'on se précipite trop: l'auteur laisse écouler trente-six heures depuis le tems que le feu a gagné le haut du fourneau jusqu'à la premiere charge en mine; pendant ce tems il faut faire fréquemment des grilles pour échauffer la partie inférieure de l'ouvrage, & pour détacher & enlever les matieres vitrifiées qui découlent sur les timpes où le feu est le plus actif à cause de la premiere impression de l'air extérieur qui fait effort pour entrer & monter dans le fourneau, lorsqu'après un nombre suffisant de grilles répétées, on voit blanchir & étinceler le creuset à la rustine & sur le fond; on fait charger en mine lorsque le fourneau est descendu d'une charge, c'est-à-dire de trente-six pouces: cet espace est rempli par cinq rasses ou vans de charbon sur lesquels les chargeurs mettent deux conges de mine. Douze ou quinze heures après que le fourneau est chargé en mine, on apperçoit dans le bas du fourneau des étincelles brillantes qui sont des globules de fonte imparfaite; ces globules éclatent en brûlant à l'air libre; c'est alors qu'il convient de faire la derniere grille, suivant l'usage général, pour nettoyer exactement l'ouvrage & en couvrir le fond de plusieurs couches de frasins qu'il faut laisser embraser successivement avant de les recouvrir de nouvelles couches, lesquelles forment toutes ensemble une épaisseur de trois à quatre pouces sur toute la surface du fond du creuset.

Les frasins étant destinés à recevoir la premiere fonte, il est nécessaire qu'ils soient bien séchés & embrasés pour lui conserver sa chaleur & sa fluidité. Les ringards qui forment la grille etant ôtés, on met le bouchage pour fermer la coulée; l'ouverture du devant des timpes au-dessus de la dame, se bouche avec de la braise tirée du fourneau, & des frasins mouillés, ce qui suffit pour empêcher la dissipation du vent; on tire alors la pelle pour donner l'eau à la roue, & laisser agir les soufflets.

Il est nécessaire que les mufles ou buses des soufflets soient éloignés de l'orifice intérieur de la thuyere au-moins de dix pouces dans les premiers huit jours, & qu'ils soient posés de maniere que leur vent se croise au centre du foyer. Les ouvrages en sable veulent être très-ménagés au commencement, c'est pourquoi il faut modérer le jeu des soufflets & les éloigner pour en augmenter par gradation le mouvement & l'action, lorsque l'on jugera que l'ouvrage est affermi & plombé, c'est-à-dire que sa surface est vitrifiée: les ouvrages en grès ou en pierre calcaire peuvent être plus brusqués.

Les soufflets ne sauroient être en trop bon ordre, bien scellés & huilés, munis de ressorts flexibles; ils doivent être posés horisontalement & parallélement à l'aire du creuset; il faut aussi que les balanciers e e de la vignette & même lettre dans les plans & profils, Planche I & II. soient chargés de maniere par un poids i i, que le volant soit entierement élevé lorsque la came de l'arbre vient rencontrer la basse-conde; il faut aussi que l'élévation de la caisse ne se fasse pas avec précipitation par un contrepoids trop pesant, qui retarderoit la pression suivante; enfin il faut que l'extrémité extérieure des balan-ciers ne tombe pas sur un corps sans réaction, parce que la secousse qui naîtroit du choc briseroit bientôt les volans, crémailleres, crochets, &c. c'est pourquoi il faut mettre sur le chapeau c d de la chaise de rechute f f une fascine ou ressort de bois qui en adoucisse le choc & le rende insensible.

Il est nécessaire que la pression des cames taillées en épicicloïdes soit égale & totale; totale afin que les soufflets expirent tout l'air contenu dans leur capacité; égale afin qu'un soufflet n'expire pas trop tôt, & que le vent ne soit point coupé, c'est-à-dire qu'il n'y ait point d'intervalle entre les deux expirations, ce qui seroit un défaut dans les fourneaux, parce que le courant d'air interrompu cause un refroidissement, & qu'une partie de l'expiration suivante est employée à rétablir la chaleur 2°. que la defflagration de la thuiere est plus à craindre dans ce moment: trois soufflets pareroient à cet accident; difficile à éviter avec certains soufflets; mais il faudroit un porte-vent commun aux trois soufflets, comme aux trompes décrites ci-devant, dont le souffle est continuel.

Depuis la premiere charge de minerai on augmente sur chacun de 25 liv. de mine, ou d'un demi conge, en sorte que la charge est de cinq conges, ou 125 liv de mine lorsque l'on tire la pelle pour mettre les soufflets en mouvement; on tient le fourneau à ce nombre pendant quatre charges; on augmente ensuite d'un conge par huit charges, jusqu'à ce qu'il en ait pris huit; alors on n'augmente plus que l'on ne s'apperçoive que le fourneau peut en soutenir davantage, ce que l'on connoît aisément par la couleur de la flamme, la consistence des laictiers & la qualité de la fonte.

Il faut en genéral tenir en fonte grise un fourneau au commencement d'un fondage, ne lui donner de mine qu'à proportion que la chaleur augmente. Au bout de douze à quinze jours un fourneau bien construit & bien conduit est en état de porter toute la proportion de mine relative à la charge de charbon qu'il peut contenir, proportion qui peut cependant varier à cause des différens états & qualités du charbon.

Une charge est composée des matériaux qui doivent opérer & subir les effets de la digestion; car on peut comparer un fourneau à un estomac, les charbons qui contiennent le principe actif en est la base, son volume est fixé à 5 rasses ou vans, pesant ensemble environ 130 liv. le poids & le volume des autres matieres qui composent la charge, est contenu dans la table suivante.

Nombre. Especes. Poids Poids de Poids total particulier. chaque charge. d'une coulée. 5 Rasses de charbon.. 46 liv... 230 liv... 2070 liv. 10 Conges de minerai.. 50 ...... 500.... 4500

1 Conge de castine... 50........ 50....... 450 ½ Conge d'herbue .... 20........ 20 ...... 180 800 7200

La castine est toute substance calcaire non saturée d'a-cides que l'on ajoute pour absorber les parties sulphureuses du minerai & servir de correctif, lorsque par un premier degré de feu elle est calcinée. Cette chaux, unie à l'acide, forme, à l'aide de la chaleur excessive qu'- elle rencontre plus bas, à mesure que les charges se consomment, un foye de soufre qui accélere la fusion des parties métalliques, & en s'unissant aux cendres vitrifiées des charbons, forme une substance vitreuse qui perfectionne la fusion, couvre le metal en bain, & par-là le préserve de la trop grande ardeur du feu; c'est cette couche de matiere vitrifiée en fusion, que l'on nomme laictier, à-travers de laquelle le métal se filtre à sur & mesure qu'il distille, le laictier s'assimile les parties hétérogenes, & laisse passer les gouttes de métal dans le bain qu'il recouvre.

Si la castine contenoit un acide outre qu'elle ne pourroit remplir l'office d'absorbant, elle pervertiroit plutôt le métal que de le corriger: on emploie avec succès la marne, la craie, les testacées fossiles, le gravier de riviere; ce dernier est le plus commode de tous par la facilité de s'en procurer & par son état de comminution; car il ne faut pas se servir de castine dont les morceaux soient en gros volume, parce que les gros morceaux de castine contiennent dans leur intérieur de l'humidité qui étant rarefiée par la chaleur, fait une explosion qui dérange l'ordre des charges qui ne peut être trop paisible.

L'argille ou herbue est une terre onctueuse mêlée à la terre animale & végétale très-atténuée. Elle est charriée par les eaux. On l'emploie pour conserver & défendre les parois de la trop grande ardeur du feu: elle est fusible & se répand sur toute la surface des parois en forme d'un vernis noirâtre, ce qui empêche le minerai de s'y attacher; elle fournit aussi une portion de phlogistique.

Voici l'ordre qu'il faut observer dans l'administration des charges; lorsque la bécasse ou jauge X X, au bas de la X. Planche de cette section, entre de toute sa longueur, qui est de 36 pouces, dans le fourneau, on jette trois rasses de charbon, ensuite un demi-conge de castine, & par-dessus deux rasses de charbon, dont la derniere contient les plus menus, ceux qui ont passé dans les dents de la herse; on charge en dernier avec les plus menus pour remplir les vuides que les autres charbons laissent entr'eux, on les arrange de maniere qu'ils forment une surface unie & inclinée du côté des timpes d'environ 30 degrés, ou, ce qui revient au même, que cette surface des charbons soit à fleur des taques du côté de la rustine, qui est le côté du gueulard où est placé l'ouvrier, fig. 1. & à 7 pouces & demi environ du côté opposé, qui est le côté des timpes. Cette inclinaison de la surface des charbons est nécessaire, parce que la mine que l'on verse du côté de la rustine, faisant un poids considérable, surbaissera bientôt cette partie, & mettra le charbon de niveau; une pente trop rapide fait culbuter les charges, toute la mine se porte dans l'endroit le plus incliné.

Lorsque la charge est dressée, c'est-à-dire lorsque le feu en consommant les charges précédentes, a permis à la mine d'abaisser au niveau les charbons, on verse alors le reste de la castine dans le centre de la charge; cette méthode de la mettre en deux tems la mêle plus exactement: on brise ensuite l'herbue amoncelée de part & d'autre du gueulard pour y sécher, & on la fait couler dans le fourneau du côté de la thuiere & du côté du contre-vent où le feu est plus vif; on verse ensuite les dix conges de minerai du côté de la rustine, c'est ce que fait l'ouvrier, fig. 1: pour n'être point trompé dans le nombre des conges, il faut obliger les chargeurs d'avoir dans une tuile courbe ou autre chose équivalente, dix petites pierres afin qu'ils en déplacent une pour chaque conge qu'ils versent dans le fourneau. Il faut que la mine soit humectée de façon à ne pas mouiller la main, maisassez pour se soutenir en masse, ce qui l'empêche de cribler à-travers les charbons.

Pour que chaque charge se fasse avec toute l'attention nécessaire, il faut aussi obliger les chargeurs à les sonner, pour avertir le fondeur ou le garde-fourneau; pour cela à côté de la bune, à un des murs qu'on appelle batailles, est suspendue en liberté une plaque de fer fondu & un marteau, avec lequel le chargeur carrillonne sur la plaque, qui tient lieu de cloche; après le carrillon, le chargeur frappe autant de coups séparés qu'il convient, pour faire connoître quelle charge de la tournée, qui est composée de quatre charges, il va mettre dans le fourneau; un coup pour la premiere charge, deux, trois & quatre coups pour les suivantes.

Toutes les charges doivent êtres faites & se succéder dans le même ordre: ceux qui font les charges plus confidérables tombent dans plusieurs inconveniens: 1°. il se fait une plus grande consommation du charbon: 2°. le mélange de beaucoup de matieres est plus difficile à faire: 3°. ils sont obligés de laisser descendre le fourneau très-bas, ce qui occasionne une diminution considérable de la chaleur: 4°. le minerai, la castine sont précipités dans le grand foyer presqu'aussi-tôt qu'ils sont introduits dans le fourneau, par conséquent ils y arrivent cruds: 5°. le haut des parois se brûle bien plus promptement, au-lieu que faisant les charges moins considérables, on est sûr de bien mélanger les matieres, de les faire parvenir au grand foyer très-embrasées, de leur donner un feu préliminaire, qui leur vaut en partie le grillage, de contenir la chaleur, parce que le fourneau étant presque toujours plein, elle trouve plus d'obstacle à se dissiper, & qu'elle est mise toute à profit par la concentration.

Fig. 1. Chargeur qui verse un conge de minerai dans le fourneau; A A A les batailles ou murs qui entourent le haut du fourneau; G G la bune recouverte de plaques de fer, aux quatre coins de la bune sont quatre piliers qui soutiennent la cheminée: on a fracturé le pilier antérieur pour laisser voir le gueulard E, de même que la partie antérieure des batailles & du toit qui eussent caché la bune & le chargeur; H S S couverture de l'hangard sur les soufflets; k k couverture des lucarnes par lesquelles passent les balanciers e e, qui au moyen des contre-poids i i, servent à relever les soufflets, après que les cames de l'arbre de la roue à aubes O P, les ont abaissés; Q empoise & tourillon extérieur de l'arbre de la roue; T, endroit sous lequel passe le coursier du côté d'aval; a b semelle de la chaise de rechute f f c d, &c. sur laquelle les balanciers retombent; h h liens qui tiennent la chaise en état; K K pont pour communiquer de la halle au charbon au-dessus du fourneau sur lequel on arrive pour charger par le côté dit de rust. ne.

2. Chargeur portant une rasse de charbon.

Bas de la Planche.

Fig. 1. A A Rasse ou van pour porter le charbon; A A poignées; B plan du même van dont la forme est elliptique.

2. Conge ou panier pour la custine; A A poignées, A profil du panier; B plan du panier.

3. Conge ou panier à mine servant aussi pour l'herbue; A A les poignées; A profil du panier; B plan du panier: tous ces ouvrages sont d'osier & faits par les vanniers.

PLANCHE VIII.

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La vignette représente l'intérieur de la halle, sur le moulage & le fourneau du côté des timpes. Plusieurs ouvriers les uns occupés à faire le moule de la gueuse, & les autres à en conduire une en-dehors en la faisant couler sur des rouleaux.

Après que deux chargeurs ont fait chacun une tournée, composée de quatre charges, ils en font une neuvieme en commun, pendant laquelle on prépare le moule de la gueuse il n'est à-présent question que de cela, les fontes moulées & figurées seront la matiere de la section suivante. Pendant que les chargeurs font la derniere charge, le garde-fourneau, fig. 2, prépare le moule en bêchant le sable suffisamment humecté, ensuite le fondeur, fig. 1, sillonne le sable avec la charrue, qui est un rable de bois triangulaire; il affermit le sable formant les côtés du moule avec une pelle ronde, ensuite le fondeur marque le moule sur un des côtés, avec deux outils que l'on voit au bas de la Planche, pour y imprimer les chiffres, dont on parlera plus bas, qui font connoître le nombre des coulées d'un fondage, & servent à régler le compte du fermier des droits sur le fer.

Le moule I L qui est tracé dans le sable, doit être tracé en ligne droite pour que les gueuses puissent s'entasser facilement; les deux plans qui le forment, & entre lesquels le fer prend la forme d'un prisme triangulaire, doivent faire ensemble un angle d'environ 75 degrés, dont le sommet soit émoussé, afin qu'elle ait une forme convenable pour l'affinerie, dont on parlera dans la section de la forge.

La qualité du sable pour faire le moule de la gueuse, n'est point une chose indifférente; les sables quartzeux n'y sont point propres, ils aigrissent le fer dans le travail de l'affinerie; les sables chargés de trop de parties terreuses s'ameublissent mal, la terre se durcit en se collant à la fonte, & augmente le poids sur lequel le fermier perçoit le droit domanial; les menus graviers de riviere passés à la claie sont ce qu'il y a de mieux, ils donnent un laitier doux à l'affinerie qui épure le fer.

La préparation du sable du moule consiste à l'humecter également pour qu'il se soutienne dans la forme qu'on lui donne; les ouvriers doivent être attentifs à ce qu'il ne séjourne point d'eau dans quelque partie du moule, car il en résulteroit une explosion qui feroit éclater la fonte, mettroit leur vie en danger, & occasionneroit la perte d'une infinité de grenailles, & un déchet considérable, à cause de la quantité de matieres étrangeres qui sont confondues en masses informes avec la fonte, masses qu'on ne peut brûler à l'affinerie qu'à grands frais. I L le moule de la gueuse, I la coulée bouchée par de l'herbue, F la dame par-dessus laquelle coule le laitier, D la timpe de fer qu'on ne devroit pas voir, étant cachée ainsi que l'ouverture au-dessus de la dame, par des frazins qui ferment cette partie, ainsi qu'il a été dit ci-devant, C C extrémité extérieure des costieres, M le taqueret, B B & les maratres qui soutiennent l'arriere voussure du fourneau au-dessus des timpes ou du moulage on verra dans la Planche suivante les orifices des canaux expiratoires par lesquels les vapeurs humides du mole du fourneau s'exhalent, & qu'on auroit dû représenter dans cette Planche. Z contre-fort qui soutlent le mole du fourneau en arboutant contre le pilier de cœur qui separe la face du fourneau où sont les timpes de celle où est la thuyere, Z Z autre contrefort buttant contre le mole du fourneau à l'angle de la face des timpes & du contre-vent, R soufflet du côté de la rustine; il est élevé, R autre soufflet du côté du pilier de cœur; il est abaissé: les contre-poids qui leur répondent, que l'on voit dans la Planche précédente & dans la derniere de cette section, sont dans la situation contraire; on voit près des murs du fourneau les différens ringards & outils dont les ouvriers font usage; on en parlera dans la suite.

4. Ouvrier qui avec un levier ou le barre croche, embarre dans les trous d'un rouleau pour le faire tourner, & aider un autre ouvrier à mettre dehors la gueuse L l, provenant de la coulée précédente.

5. Ouvrier aidant au précédent à sortir la gueuse.

Bas de la Planche.

Fig. 1. Charrue servant au fondeur, fig. 1. de la vignette, pour tracer le sillon dans lequel on coule la gueuse; l'angle S émoussé est de soixante & qumze degrés.

2. Bêche servant à ameublir & planir le sable des deux côtés du moule que l'ouvrier (fig. 2.) commence en jettant alternativement de côté & d'autre une pellerée de sable.

3. Baguette de fer ronde dont l'extrémité inférieure est à deux arêtes saillantes, servant au fondeur à imprimer dans un des côtés du moule les chiffres & parties de chiffres formés par des lignes droites.

4. Autre baguette de fer ronde, dont l'extrémité inférieure à deux arêtes saillantes, est ployée en demi-cercle, pour imprimer dans le sable les caracteres qui représentent les cent & les cinquante; celle-ci est tournée du côté qui doit s'appliquer au sable pour former la place d'un cent.

5. Le même outil tourné du côté où il doit s'appliquer au sable pour y imprimer un cinquante.

6. Levier dont les ouvriers (fig. 3. & 4. de la vignette) se servent pour embarrer les rouleaux sur lesquels ils conduisent les gueuses, & aussi pour leur donner quartier, comme on le voit dans la Pl. X. ce qui se fait en embrassant l'angle de la gueuse avec le crochet a b; l'autre bout c entre dans les trous des rouleaux.

7. Les différens caracteres des fondeurs, tels qu'ils paroissent en relief sur les gueuses, après que le fer a pris la figure des empreintes faites dans le sable; au-dessous de chaque caractere est sa valeur en chiffres ordinaires: l'exemple finit par le nombre 287, que l'on voit répété sur la gueuse L l dans la vignette, laquelle est par conséquent la deux cent quatre-vingt-septieme du fondage; celle pour laquelle les fig. 1. & 2. préparent le moule, doit être numérotée 288.

8. Le moule de la gueuse en plan, dans lequel on voit en creux le même nombre 287.

PLANCHE IX.

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La vignette représente l'opération de couler la gueuse, c'est-à-dire de faire sortir du fourneau le fer fondu qui y est contenu, & obtenir par ce moyen le produit pour lequel on a fait tous les apprêts contenus dans les Planches précédentes & leur explication.

Le sous-fondeur forme avec du sable neuf l'entrée du moule près de la coulée, ce qui comprend l'extrémité extérieure de la pierre qu'on nomme coulée, placée entre la dame & le frayeux; il affermit ce sable avec la pelle & le pié, ce qui forme un canal de quatre à cinq pouces de large qui se termine au moule, puis il perce le bouchage d'argille ou herbue de la coulée avec un ringard nommé lache-fer; c'est ce que fait l'ouvrier, fig. 1. de la vignette; la fonte coule à côté de la dame F sur une pente douce, & va remplir le moule pour former une gueuse de dix-huit à vingt piés de long, suivant l'emplacement & la quantié du produit du fourneau; lorsque la fonte sort du fourneau pour entrer dans le moule I L, elle est suivie du laitier qui, si on le laissoit couler dans le moule, couvriroit la gueuse & s'y attacheroit; pour l'empêcher de se répandre on jette en-travers du moule un bout de barre de fer G, sous lequel la fonte passe; cette barre arrête le laitier: & un second ouvrier (fig. 2.) répand sur la gueuse une ou deux pellerées de frazins secs qu'il élance d'un bout à l'autre, afin que la surface du fer, encore fluide, ne soit point exposée à l'air, ce qui empêche la fonte de pétiller.

Lorsque toute la fonte est sortie du fourneau, on détache des côtés de la timpe C D & de la dame F, les laitiers endurcis qui peuvent y être attachés; on remet de nouveau bouchage, après avoir ôté, autant qu'on le peut, tout le laitier de halage; il est aussi nécessaire de rapporter de nouveau charbon vis-à-vis la timpe pour remplir le vuide, de les couvrir de frazins mouillés que l'on recouvre de terre afin de concentrer la chaleur; on rend alors l'eau à la roue des soufflets, dont le jeu a été interrompu pendant tout le tems qu'a duré la coulée; toutes ces opérations demandent des attentions particulieres; il faut qu'elles se fassent avec diligence pour que le fourneau soit moins de tems sans le secours des soufflets.

Les premieres mottes de bouchage de la coulée que l'on détache peuvent être employées pour servir d'herbue dans les charges suivantes, ou pour la chaufferie. Lorsqu'un fourneau est bien en train il est inutile d'enlever entierement le bouchage, il faut seulement y faire un trou près du fond pour écouler la fonte; de cette attention résultent quatre avantages principaux, le premier, d'accélérer l'opération; le second, d'employer moins d'herbue; le troisieme, qu'en employant moins de bouchage on fournit moins d'humidité à la base du fourneau, dont il est important de conserver la chaleur; le quatrieme enfin, est lorsque l'ouvrage est élargi, & qu'il contient beaucoup de laitier outre la fonte qui doit former la gueuse; on empêche ce laitier abondant de sortir du fourneau où il entretient la chaleur du bain & conserve l'ouvrage; ces précautions doivent être supprimées lorsque l'on s'apperçoit de quelque dérangement dans le fourneau auquel il seroit difficile de remédier sans cette ouverture; mais dans tous les cas il est essentiel de ne point trop avancer le bouchage dans l'ouvrage, & de couler en-dedans une couche de frazins secs, de même que devant la dame.

Après la coulée on retire la pelle pour donner l'eau à la roue des soufflets, ou on débouche la thuyere qui avoit été condamnée pendant la coulée, à cause que le feu qui passeroit par les timpes incommoderoit les ouvriers, qui ne sont déjà que trop exposés à une grande chaleur; on répare la thuyere avec la spatule; il est essentiel de modérer un peu le jeu des soufflets jusqu'à la deuxieme charge, sur-tout dans les fourneaux dont le creuset est fort rétréci, & dans ceux dont la thuyere est basse, parce que le fourneau étant alors presque sans laitiers, le vent porte une partie de l'action du feu sur l'ouvrage, ce qui le dégrade; mais lorsque les étalages commencent à s'évaser depuis la thuyere, & qu'elle est élevée au-dessus du bain, cette précaution devient moins nécessaire.

Entre la deuxieme & la troisieme charge le laitier commençant à remplir le creuset, on releve; relever c'est détacher & enlever de devant la dame & de dessous la timpe les portions de laitiers qui peuvent s'y trouver attachées, aussi-bien que les matieres dont on s'est servi pour boucher; c'est aussi le tems de travailler avec les crocs & le ringard dans l'intérieur du fourneau pour faciliter la descente des charges & mettre le laitier en mouvement; alors il commence à couler sur la dame, ce qui continue jusqu'à ce que l'on coule de nouveau une gueuse.

On voit dans la même vignette différens ringards dressés contre le mur du fourneau, un pic, & la brouette qui sert à transporter au-dehors les laitiers qui s'écoulent sur la dame; on voit aussi les orifices des canaux expiratoires A A A A I K, par lesquels l'humidité du mole s'évapore; on voit aussi sur des rouleaux une gueuse L l prête à sortir de l'attelier; Z & Z Z sont les contreforts qui buttent contre la face des timpes du mole du fourneau; le premier à l'angle du pilier de cœur, & de la face de la thuyere; le second à l'angle de la face des timpes & du contre vent.

Bas de la Planche.

Fig. 1. Gros ringard de quinze piés de long, pour travailler dans le fourneau & soulever la gueuse.

2. Petit ringard de douze piés de long, servant à percer le bouchage.

3. Grand crochet à travailler dans le fourneau, à tirer le laitier de hallage, &

4. Petit crochet pour le même usage.

Tous ces outils sont arrondis dans la partie où on les tient pour en faire usage; la partie du milieu de leur longueur est à huit pans, & celle qui entre dans le fourneau est quarrée.

5. Spatule pour porter l'herbue dans la coulée pour former un nouveau bouchage.

6. Dame de fer fondu en perspective, & dessinée sur une échelle double; elle a douze pouces de large & neuf pouces de haut; le dessus est arrondi pour faciliter aux ringards l'entrée du creuset.

7. Autre dame des mêmes dimensions que la précédente, à cette différence près que le plan incliné sur lequel coule le laitier n'est pas de la même piece que la dame, mais est formé par deux pieces de fonte d'environ deux piés & demi à trois piés de lon-gueur, moulés triangulairement, le long desquelles le laitier coule; on a donné à ces barres le nom de gentilshommes.

8. La gueuse tirée du moule de la Planche précédente, elle est vue par-dessous; on y yoit en relief le nombre 287, qui étoit imprimé en creux dans le moule, lequel nombre fait connoître que cette gueuse est le résultat de la deux cent quatre-vingt-septieme coulée depuis que le fourneau a été mis en feu.

PLANCHE X.

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La vignette représente le fourneau vû extérieurement par l'angle du pilier de cœur, entre la face de la thuyere & celle des timpes; on a démoli le mur des batailles au-dessus de la thuyere, pour laisser voir l'opération de sonder avec la bécasse.

Fig. 1. Ouvrier qui sonde avec la bécasse, pour connoître si les charges sont avalées de l'espace nécessaire pour y introduire une nouvelle charge, lequel espace est de 36 pouces au-dessous des taques qui entourent le gueulard: pour cela l'ouvrier ayant introduit la partie coudée de la bécasse, il la promene dans toute l'étendue du gueulard; si la bécasse n'atteint pas le charbon de la charge précédente lorsque son manche affleure le gueulard, il est tems de charger, on a supprimé un des quatre piliers qui partant des angles de la bune soutiennent la cheminée F, que l'on nomme en quelques endroits couronne, & cela pour laisser voir l'ouvrier sondeur.

Près de cet ouvrier on voit le pont O qui communique de dessus le fourneau à la halle à charbon P p, & près le passage la plaque de fer suspendue, sur laquelle on sonne les charges; dans le lointain on voit plusieurs bêtes de somme q q qui apportent le charbon à la halle.

A, ouverture ou fenêtre dans le mur des batailles du côté des timpes pour regarder dans le moulage, & que les ouvriers du haut du fourneau puissent dans l'occasion communiquer avec ceux du bas.

OP, la roue à aubes qui donne le mouvement aux soufflets; elle tourne de P en O: k k lucarnes par lesquelles passent les bascules des soufflets, e e les bascules, i i les contrepoids; le soufflet du côté du pilier de cœur est abaissé, ce que l'on connoit par sa bascule qui est élevée; & le second soufflet près l'angle de la face de la thuyere & de la face de rustine est élevé, puisque sa bascule repose sur sa chaise de rechute: m piece de bois posée sur deux des liens qui assemblent la chaise des bascules qui est en-dedans avec la chaise de rechute; cette piece de bois est couverte de fascines pour amortir le coup de la chute du contrepoids, ou on y substitue un ressort de meme matiere, h h deux des quatre liens, c d chapeau de la chaise de rechute, f f les montans, a le patin près duquel on voit une partie de l'escalier qui conduit du bas du fourneau au haut de l'escarpement sur lequel la halle à charbon est construite, z z contreforts extérieurs pour fortifier ceux qui arboutent contre la face de rustine, S passage entre les deux contreforts vis-à-vis le mou lage, W une des deux portes aux extrémités du moulage.

2. Ouvrier qui avec un levier ou ringard pousse une gueuse pour aider à l'ouvrier (fig. 3.) à les empiler.

3. Ouvrier armé du levier ou crochet (fig. 6. Pl. VIII.) qui fait effort pour donner quartier à la gueuse.

4. Le commis du fermier de la marque des fers présent à la pesée de chaque gueuse dont il enregistre les numéros & le poids pour percevoir le droit domanial.

5. Ouvrier qui pese une gueuse avec une romaine, L la gueuse, X romaine suspendue à une chevre, r r r les trois montans de la chevre.

Bas de la Planche.

Fig. 1. Bécasse en forme de fléau; la partie X qui entre dans le fourneau est assemblée avec le manche par deux pitons ensilés l'un dans l'autre.

2. Autre maniere de bécasse ou jauge préférable à la précédente; la partie X est terminée par une douille qui reçoit le manche, ensorte qu'elle est inflexible.

3. Griffe ou grille servant à soulever la gueuse pour la peser; elle est composée de trois crochets à piton, enlacés dans un troisieme piton D, terminé par un crochet qui s'adapte au crochet de la romaine; deux crochets a & b sont tournés du meme sens, & le troisieme Z, qui est l'intermédiaire du sens opposé pour saisir deux des arêtes de la gueuse.

4. Romaine dont se sert l'ouvrier, fig. 5. de la vignette pour peser; elle n'a rien de particulier.

5. Autre maniere de grille pour peser les gueuses, Z le fond de la grille que l'on passe sous la gueuse, a & b les derniers maillons des chaînes qui s'accrochent au crochet de la romaine, comme on le voit dans la vignette.

TROISIEME SECTION.

Des fourneaux en marchandise.

PLANCHE Iere.

Bibliothèque Mazarine, exemplaire 2° 3442, numérisé par l’ENCCRE. Licence CC BY-NC-ND 3.0 France — pas d’utilisation commerciale, pas de modification. Le texte de ce site est sous une autre licence, CC BY-SA 3.0.

Plan général d'un fourneau en marchandise & des atteliers qui en dépendent pour le moulage à découvert dans le sable, le moulage en sable dans des chassis, le marchoir, le moulage en terre & la rôtisserie. A A la halle au charbon placée sur un terrein élevé. B porte de la halle du côté de la face de rustine: on communique de la halle au-dessus du fourneau par un pont dont on voit l'élévation dans la Planche suivante. Il y a un escalier pour descendre de dessus ce pont au rez-de-chaussée du fourneau: cet escalier prend son origine près de l'empellement du coursier, & se termine près de l'angle Y de la rustine & du contrevent. M N le coursier qui fournit l'eau à la roue à augets. M l'empellement qui fournit l'eau au coursier; l'eau de l'étang arrive à l'empellement par-dessous une voûte indiquée par des lignes ponctuées. K la roue à augets recevant l'eau par-dessus; a b arbre de la roue à augets. C lanterne qui communique le mouvement à la roue G de l'arbre des soufflets: c d cet arbre; o o & p p cames placées en tiers point qui compriment alternativement les soufflets. o o cames du soufflet du côté de la rustine; p o cames du soufflet du côté du pilier du cœur, le premier est abaissé & le second élevé; n n basse-condes sur lesquelles les cames s'appliquent; r r les soufflets.

Le mole du fourneau S T V X, est un quarré d'environ 25 piés sur chaque face. S T la face des timpes, ou le devant du fourneau, vis-à-vis lequel se fait le moulage à découvert. T V la face dite du contrevent. V X la rustine. X S le côté de la thuiere. S k le pilier de cœur entre l'embrasure de la thuiere & celle des timpes. e f g h i k canaux expiratoires par lesquels s'exhale l'humidité du mole; ils ont à-peu-près la même disposition que ceux décrits dans la section précédente, & ils servent au même usage. III fondation des parois & contre-parois du côté du contrevent & de la rustine, les mêmes parois & contreparois pour les deux autres faces étant portées par les marastres qui traversent les embrasures. R massif de l'ouvrage qui est de sable battu. E le creuset. F la dame. Y le frayeux, entre lequel & la dame est l'ouverture que l'on nomme coulée. Y L le moule de la gueuse; m communication du moule de la gueuse au moule d'un contre-cœur; près de la communication est une boule d'argille servant à fermer la coulée lorsque le moule du contre-cœur est rempli. D porte du moulage entre les deux pavillons qui renferment le moulage en terre & le moulage en sable dans des chassis. Y Y autre porte des atteliers entre la rôtisserie qui est adossée à la face du contrevent du fourneau, & le pavillon où se fait le moulage en terre. Z Z autre porte entre le pavillon où se fait le moulage en sable dans des chassis, & l'équipage dit à double harnois, qui meut les soufflets. P porte du pavillon où se fait le moulage en terre. s s s s s s s t établis ou bancs des mouleurs en terre; t banc sur lequel on a moulé un balustre, lequel est appliqué à son calibre. l l près la porte D & l o l dans la rôtisserie, pieces de bois soutenues horisontalement à une hauteur covenable, contre lesquelles on met sécher les moules ou parties des moules. p p grande rôtisserie. q q petite rôtisserie.

Près la porte P du moulage en terre sont les marchoirs où on détrempe l'argille. u & y u marchoir couvert, y marchoir dont on a supprimé la couverture pour laisser voir sa construction. x escalier pour descendre à la fausse riviere M M, N N à laquelle les empellemens de décharge fournissent l'eau. H pont sur cette fausse riviere.

L'autre pavillon où se fait le moulage en sable contient quatre bannes ou tables des mouleurs z z z z, chacunes placées vis-à-vis une des fenêtres du pavillon. O la porte du pavillon par laquelle on va au magasin à sable Q; cette porte fait symétrie a la porte P, par laquelle les mouleurs en terre passent aux marchoirs, qui ont environ deux piés de profondeur, le fond couvert de planches, sur lesquelles les ouvriers, jambes nues, courroient la terre avec leurs piés; c'est de cette opération que ces bassins dont les bords sont soutenus par des piquets, ont pris le nom de marchoirs.

PLANCHE II.

Bibliothèque Mazarine, exemplaire 2° 3442, numérisé par l’ENCCRE. Licence CC BY-NC-ND 3.0 France — pas d’utilisation commerciale, pas de modification. Le texte de ce site est sous une autre licence, CC BY-SA 3.0.

Fig. 1. Coupe longitudinale du fourneau de la rustine à la timpe, & élévation extérieure du pavillon qui contient le moulage en terre.

2. Coupe transversale du fourneau prise de la thuiere au contrevent, & élévation du pavillon qui renferme le moulage en terre & du double harnois des soufflets.

Fig. 1. A Partie de la halle à charbon. B la porte pour communiquer de la halle au-dessus du fourneau, en passant sur le pont sous lequel passe le coursier. N le coursier & l'empellement qui lui fournit l'eau. K la roue à augets, a b son arbre. C la lanterne G la roue ou l'hérisson de l'arbre des soufflets, c un des tourillons de l'arbre des soufflets que l'on a fracturé pour laisser voir l'intérieur du fourneau. Q Q voûte sous le fourneau de six piés environ d'élévation & quatre de large, pour dessécher le dessous du creuset; e le fond du creuset; E le creuset. F la dame formée par une plaque de fer dont le dessous est rempli du même sable battu qui forme le creuset. R partie du creuset du côté de la rustine. II le grand axe de l'ellipse qui forme le foyer supérieur, dont on trouvera les dimensions dans la suite. I g, I g parois adossés aux contre-parois. L le gueulard au centre de la bune. T T les murs extérieurs. S S les contre-murs. V V le massif entre les murs & les contre-murs; le vuide qui reste entre les contre-parois & les contre-murs est rempli par une maçonnerie de moilons ou crasses de forge. Y porte de l'attelier entre le pavillon où se fait le moulage en terre & la rôtisserie, qui est caché par le mole du fourneau. y élévation extérieure d'un des marchoirs. H pont sous lequel passe l'eau superflue que les empellemens de décharge versent dans la fausse riviere.

2. Coupe transversale du fourneau de la thuiere au contrevent. M N le coursier qui porte l'eau à la roue à augets K; l'eau s'écoule ensuite par-dessous un pont dans le sous-bief qui communique à la fausse riviere. C la lanterne. b un des tourillons de l'arbre commun à la lanterne & à la roue à augets. G G hérisson ou roue de l'arbre des soufflets, laquelle avec la lanterne compose ce qu'on nomme double harnois. d un des tourillons de l'arbre qui est exagone. R R soufflet du côté du pilier du cœur. r têtiere de ce soufflet dans laquelle la buse est fixée. R le second soufflet du côté de la rustine, le premier est élevé, le second abaissé; la bascule i du premier pose sur la chaise de rechute k k, & la bascule i i du second est élevée.

Le mole du fourneau est coupé par le milieu de la thuiere & parallélement à la face de rustine, & par le petit axe de l'ellipse qui forme le foyer supérieur. Q voûte sous le creuset. e fond du creuset. E le creuset. I I foyer supérieur ou petit axe de l'ellipse. I g I g parois adossés aux contre-parois. S contre-murs, l'espace entre les contre-murs & les contre-parois est rempli par de la maçonnerie ou des crasses, comme il a été dit ci-dessus. T murs extérieurs. V massif entre les murs & les contre-murs; cette partie du mole est traversée par des canaux expiratoires, comme dans le fourneau de la section précédente. L le gueulard au milieu de la bune. m n les batailles. A A rez-de-chaussée de la halle à charbon, que l'on a supprimée afin que les deux coupes fussent renfermées dans la même Planche. X Y Z élévation extérieure du pavillon qui renferme le moulage en terre. P porte du moulage pour aller aux marchoirs.

Des proportions relatives des parties intérieures du fourneau, & des moyens de les observer.

Il est très-avantageux d'avoir des fourneaux très-élevés, parce que les pentes sont plus insensibles, les matieres sont mieux digérées, & on peut donner plus de capacité aux différens foyers, dût-on multiplier les soufflets en volume ou en nombre, pour administrer un volume d'air convenable, circonstances dont il résulte une plus grande chaleur. L'auteur déja cité ci-devant, & du mémoire duquel cet article-ci est extrait en partie, augure favorablement d'un fourneau de 24 à 25 piés de hauteur, celui que les deux planches précédentes représentent a 24 piés de haut depuis le fond du creuset jusqu'à l'ouverture du gueulard, dont le grand diametre I, fig. 1. Pl. II. est de deux piés neuf pouces de la rustine à la timpe, & seulement deux piés six pouces de la thuiere au contrevent, comme on le voit en L, fig. 2.

Avant de construire l'intérieur du fourneau, il faut examiner l'état des contremurs S S dans les deux figures qui avec les murs extérieurs T T renferment le massif du fourneau qui est parsemé de canaux pour laisser évaporer l'humidité. Ces contre-murs portent du côté de la rustine & de celui du contrevent sur la base du fourneau & du côté de la thuiere & des timpes sur les deuxiemes & troisiemes gueuses ou maratres qui soutiennent les arrieres voussures des embrasures de ces deux parties. L'espace compris entre les contre-murs est de deux piés & demi ou environ en quarré; le point d'intersection des deux diagonales est le centre du fourneau, & doit répondre verticalement au centre du gueulard.

Pour tracer l'ellipse du gueulard on fera un parallélogramme rectangle de 33 pouces de long sur 30 pouces de large, & ayant tiré les deux diagonales, leur point d'intersection sera le centre de l'ellipse; on tirera par le centre deux lignes paralleles aux côtés, & on aura les deux axes de l'ellipse égaux aux côtés du parallélogramme. Pour trouver le foyer on prendra la moitié du grand axe, c'est-à-dire 16 pouces & demi; & de chacune des extrémités du petit axe, comme centre, on décrira de part & d'autre des arcs de cercle qui s'entrecouperont sur le grand axe, & on aura les foyers de l'ellipse, que l'on tracera à la maniere des jardiniers, en fixant aux foyers par deux clous une ficelle dont la longueur soit égale au grand axe; on fera couler une pointe ou un crayon dans l'angle que formeront les deux parties de la ficelle suffisamment tendue par le crayon, & la courbe tracée sera l'ellipse cherchée.

D'après cette épure, on construira un calibre ou chassis de bois ou de fer, soit intérieur soit extérieur à l'ellipse, sur le bord duquel on tracera le point de section des deux diagonales du parallélogramme circonscrit & les extrémités des axes, & on fera sur le champ du calibre des crénelures perpendiculaires, capables de recevoir une ficelle; on fixera sur le plan du calibre huit clous sur les lignes que l'on aura relevées de l'épure, lesquelles répondent aux crénelures.

Les choses en cet état, on placera le calibre sur la bune ou petite masse, dans le milieu de laquelle doit être pratiqué le gueulard, soit en le posant sur deux barreaux de fer, si le calibre est intérieur à l'ellipse, ou simplement surla bune, s'il est extérieur; & dans ce dernier cas on y joindra une traverse passant par le centre, sur laquelle on aura relevé le point central.

Ayant descendu un cordeau par le centre du calibre, on fera convenir le plomb qui y est suspendu, avec le point d'intersection des deux diagonales du quarré que les contre murs forment; on tournera le calibre sans changer la position de son centre, jusqu'à ce que le grand axe soit perpendiculaire à la face de rustine & des timpes; par conséquent le petit axe sera perpendiculaire à la face de la thuiere & du contrevent: la position du petit axe est bien ordonnée lorsqu'il est dans le plan vertical qui passeroit par le milieu de l'entre-deux des deux soufflets.

Les contre-parois construits & élevés perpendiculairement à la hauteur de 7 piés au-dessus du niveau où doit être le fond du creuset, ou à D piés au-dessus de l'extrados de la voûte qui est sous l'ouvrage, d'une forme elliptique ou poligone; pour éviter le remplissage des angles, les dimensions du vuide étant les mêmes approchant que les dimensions du foyer supérieur II dans les deux figures, on pratiquera une retraite d'un pié tout-autour pour asseoir les parois I g, qui seront construites de briques refractaires.

Les contre-parois du côté de la rustine & du contre-vent sont fondées sur le massif qui porte le fourneau, & pour les côtés de la thuiere & des timpes sur les premieres maratres qui soutiennent les arrieres-voussures des embrasures du devant du fourneau, & de celle qui est au-dessus de la thuiere.

Toute espece de brique n'est pas également propre à soutenir un feu aussi violent & aussi continué que celui d'un fourneau: celles qui sont d'un service plus assuré sont composées d'une terre glaise blanche, mêlée d'un sable blanc, talqueux & un peu ferrugineux; cette terre rougit légerement au feu. On a vu les parois de cette brique soutenir vingt ans le feu d'un fourneau. Cette brique est employée avec un grand succès pour les reverberes de fenderie. On trouve un banc considérable de cette terre dans une forêt appellée Verd-bois qui sépare aux envirans de Saint-Dizier la Champagne de la Lorraine.

Il faut que la pâte des briques soit bien corroyée pour en lier exactement les parties, & que les briques soient séchées à l'ombre, & employées sans être cuites: en voici la raison.

La terre qui compose une brique reçoit par la cuisson un certain degré de vitrification qui donne de la roideur à ses molécules à proportion de la violence & de la durée du feu; la chaleur qu elle éprouve en chasse entierement l'air & l'eau, en sorte qu'une brique cuite est une substance spongieuse & altérée qui saisit avidement l'humidité; lorsqu'on l'emploie dans la maçonnerie, elle attire l'eau du mortier qui la baigne, & s'y colle, ce qui rend les maçonneries en briques excellentes: cette bonne qualité de la brique dans les murs exposés à l'air est un défaut dans les fourneaux, parce que le feu pénétrant les masses de maçonnerie, sur-tout celles qu'il touche immédiatement, raréfie visiblement & immensement l'air & l'eau qu'elles contiennent, ce qui les expose à se briser; il n'en est pas de même lorsque l'on emploie pour les grands foyers des briques sans être cuites, elles soutiennent pour lors impunément les effets du feu, parce que leurs molécules n'ayant point été durcies ni collées les unes aux autres par un feu antérieur, l'effet de celui où elles sont exposées rarefie sans obstacle l'air & l'humidité qui y sont contenus, & les fait évaporer, ce qui les perfectionne: les mortiers qui les entourent sont dans le même cas, ils se cuisent l'un & l'autre au point de faire corps, les molecules charbonneuses de la flamme devenant des cendres extrèmement subtiles, se collent à leur surface, & y sont vitrifiées, & dans cet état les couvrent d'un vernis impénétrable à l'humidité, qui ne peut y rentrer pendant l'interruption du feu, ou l'intervalle d'un fondage à un autre. Dans les forges qui ne sont point à portée d'avoir des terres de la premiere qualité propres à former des briques à feu; on pourroit y suppléer en formant une pâte composée de trois parties de glaise bien pure, une partie & demie de sable aride ou de grès pilé, ou autre équivalent, une demi-partie de ciment & autant d'hameselac de bache criblé.

Les briques destinées à construire les parois doivent avoir douze pouces de longueur, six pouces de largeur à la queue, cinq pouces sur le parement, & deux pouces d'épaisseur toutes seches.

Il est à propos de construire aussi les contre-parois en briques sechées; si on les fait en pierre calcaire, il peut arriver que quelques pierres recevront de l'humidité par quelque accident, & ruineroient par leur poussée les parois intérieures; pour cette construction toute espece de brique est bonne; on peut y employer des briques d'un pié de long, six pouces de large, & trois pouces d'épaisseur; l'argille ou herbue que l'on emploie au fourneau, seroit très-bonne en la mêlant avec du sable.

Il est essentiel dans la construction des parois d'employer un mortier composé autant qu'il est possible de la même terre que celle des briques; que le mortier soit assez liquide pour souffler dans tous les joints afin de n'y laisser aucun vuide; il ne faut point non plus employer de briques voilées, pour éviter les irrégularités: on redressera facilement les briques de rebut en les frottant sur une plaque de fonte un peu raboteuse; lorsque l'on aura besoin de portion de briques, il faudra les scier & non les rompre; il faudra aussi ragréer tous les joints avec la pointe de la truelle & sans faire d'enduit; boucher exactement tous les trous des supports ou des échaffauds.

Pour construire les parois on fera un calibre pour le grand foyer ou foyer supérieur; ce calibre de forme elliptique dont le grand axe aura sept piés & le petit cinq piés, sera tracé comme celui du gueulard, décrit ci-devant, & sera construit de maniere à le pouvoir démonter pour le sortir du fourneau après que les parois seront construites, on placera ce calibre en sorte qu'il soit soutenu à la hauteur du foyer supérieur I I, dans les deux figures de la Planche II, & de maniere que son centre réponde verticalement au centre du calibre du gueulard, & que ses axes & ses diametres correspondent dans les mêmes plans verticaux aux axes & aux diametres du calibre du gueulard, ce dont on s'assurera en laissant tomber trois à-plomb des extrémités du grand axe & du centre du gueulard; en cet état ayant tendu huit cordeaux des extrémités des axes & des extrémités des diametres du calibre du gueulard aux extrémités des axes & diametres correspondans du calibre du foyer supérieur, on dirigera la constiuction des parois sur ces lignes, se servant dans la distance d'un cordeau à l'autre, de cercles convenables pour donner à toute la surface intérieure du cône ellipticoïdal des parois la régularité qu'elle doit avoir.

Après l'entiere construction des parois, on démontera le calibre du foyer supérieur, & on le sortira du fourneau: on laissera en place celui du gueulard des extrémités du grand axe, duquel on descendra deux à-plomb sur l'aire du creuset, qui sera faite de sable battu, ou autre matiere convenable, comme il a été dit dans la section précédente. L'aire aura un pié d'épaisseur au-dessus de l'extrados de la voûte qui est au-dessous, & sera par conséquent à 7 piés au-dessous du foyer supérieur, par les points que les à-plomb indiqueront; on tracera une ligne qui sera le milieu de la longueur du creuset; un troisieme à-plomb descendu du centre du gueulard fera connoître où l'axe prolongé du cône des parois coupe la ligne précédemment tracée; par ce point on tirera sur l'aire une ligne qui soit perpendiculaire à la premiere, & cette ligne qui correspondra verticalement au petit axe de l'ellipse du gueulard, supposée prolongée du côté des soufflets, devra passer dans le milieu de l'espace qui les sépare si les soufflets ont été bien placés.

Parallélement à la ligne correspondante au grand axe, dont la position a été déterminée par trois à-plomb, & à sept pouces & demi de distance de chaque côté, on tracera deux autres lignes pour placer les costieres de la thuiere & du contrevent, & à huit pouces de l'axe prolongé du cône, on placera du côté de la rustine une troisieme costiere, les angles de la rustine au contre-vent & à la thuiere seront arrondis par un rayon de six pouces. On observera, soit que l'on se serve de sable, de briques, de pierre-à-feu ou même calcaires pour construire le creuset, de maçonner perpendiculairement sur les lignes tracées parallélement aux projections du grand & du petit axe de l'ellipse du gueulard, à la hauteur de dix huit pouces sur la longueur de vingt-six pouces depuis la rustine jusqu'à la base de l'étalage des timpes, & de quinze pouces de hauteur seulement depuis les vingt-six pouces jusqu'à l'extrémité du creuset du côté de la dame, en sorte que le creuset ait quinze pouces de large & cinq piés de long depuis la rustine jusqu'à la dame: si on se sert uniquement de sable, on formera avec des planches un chassis prismatique de dix-huit pouces de hauteur, quinze pouces de large extérieurement & cinq piés de long, autour duquel on battra le sable un peu humecté avec le maillet ou la demoiselle: lorsque le sable est trop sec il ne se lie pas, lorsqu'il est trop humide il glisse, & se leve à côté de l'endroit où on le comprime. L'expérience seule peut éclairer sur le degré d'humidité qu'il convient qu'il ait pour faire un bon ouvrage; mais avec quelques matieres que l'on construise, il est nécessaire de remplir exactement tout le vuide entre les contre-parois & le creuset.

Le creuset étant achevé, on posera du côté des soufflets une plaque de fonte de forme trapézoïdale, dont le petit côté qui regardera l'intérieur du creuset aura six pouces; cette plaque sera encastrée de toute son épaisseur dans la costiere, & posée de niveau à la hauteur de dix-huit pouces au-dessus du fond du creuset, le milieu de cette plaque sera dans l'alignement de la ligne de séparation des soufflets, ou à là-plomb du petit axe de l'ellipse du foyer supérieur ou du gueulard: sur cette plaque on posera la thuiere, dont le museau doit avoir une ouverture de trois pouces de hauteur sur quatre pouces de large, faite d'une feuille de fer battu, & ployée en demi-cône; mais si on se sert de pierres, on taillera cette même figure dans sa surface inférieure.

Après avoir posé la thuiere, on posera la timpe de pierre, qui portera par une de ses extrémités sur la costiere du contrevent, & par l'autre sur celle de la thuiere; sa surface intérieure sera éloignée de la rustine de vingt-six pouces, & elle sera élevée de quinze pouces au-dessus du fond du creuset. Si on se sert de sable pour former cette partie, on posera sur les costieres ou longs côtés du creuset, une plaque de fonte ou une planche de 20 pouces de large dont les bouts porteront sur les costieres, & y seront enfoncés de leur épaisseur: sur cette planche ou plaque de fer on formera la timpe en sable, ayant préalablement posé la timpe de fer de quatre pouces en quarré, dont les extrémités seront soutenues par deux pages, qui sont ordinairement deux poids de 50: sur la timpe de fer on pose le taqueret, qui est une plaque de fonte dont le haut porte contre une des faces de la premiere marastre; c'est contre le taqueret & sur la planche que l'on corroye le sable pour former la timpe: la planche étant brulée, il reste toujours quinze pouces de hauteur jusqu'au fond du creuset.

La thuiere & les timpes étant posées, on formera les étalages E I, E I, dans toutes les figures, de maniere qu'ils aillent joindre la racine des parois en I I: on les montera en ligne droite; mais si on les fait en sable, on observera de les bomber d'environ deux pouces, parce que le sable se retirant par l'action du feu, ils reviendront à la ligne droite.

La forme du vuide que forment les étalages est un cône ellipticoïdal irrégulier, tronqué & renversé, dont la base II est l'ellipse du foyer supérieur, la même qui sert de base aux parois; l'autre base de ce cône est le contour de la partie du creuset renfermée entre les costieres de la thuiere & du contrevent, & la rustine & la timpe: la forme de cette base est un parallélogramme dont les angles sont arrondis; la longueur est de vingt-six pouces & la largeur de quinze. On peut aussi prolonger verticalement les contours du creuset pour donner moins de pente aux étalages, comme on le voit dans les fig. 3 & 4 de la section précédente. L'ouvrage étant construit, on le déblaye, on répare avec soin les défauts qui peuvent s'y trouver, puis on pose la dame.

Au-lieu d'une vieille enclume de rebut dont on se sert ordinairement, & dont le poids considérable est cause qu'elles sont le plus souvent mal posées, vu aussi qu'elles sont sujettes à s'échauffer au point de fondre & laisser échapper la fonte hors du fourneau, & que dans cet ac-cident leur remplacement est très-pénible par la difficulté de les manier près d'un feu si actif; il faut se servir d'une plaque de fonte épaisse d'environ trois pouces, de trente pouces de longueur sur quinze de largeur, & la poser sur un massif de sable, en sorte qu'elle soit inclinée sous un angle de soixante degrés, & que son extrémité supérieure soit éloignée de dix à quatorze pouces de l'à-plomb de la timpe de fer, & trois pouces & demi au-dessous de son niveau, ou, ce qui revient au même, six pouces & demi au-dessous du niveau de la thuiere ou du vent. L'extrémité inférieure est retenue par un piquet de fer enfoncé au-dessous de la surface de la dame, & recouvert de terre battue pour qu'il ne forme aucun obstacle à la manœuvre. La dame doit être inclinée pour la facilité de l'écoulement du laitier; elle doit être plus basse que la timpe, pour que le laitier ne fasse point d'obstruction sous la timpe, ce qui le feroit remonter à la thuiere. Elle doit être éloignée de la timpe pour faciliter le travail, & pour puiser la fonte au besoin.

Dans le premier cas, la dame trop inclinée attire trop le laitier, en dissipe une trop grande quantité, ce qui intéresse la qualité & la quantité du produit du fourneau; au contraire lorsqu'elle est trop peu inclinée, elle rend le laitier paresseux, ce qui augmente le travail. Dans le second cas, la dame trop surbaissée occasionne une grande dissipation de la chaleur, & une trop prompte & totale effusion du laitier. Lorsqu'elle est trop élevée, elle rend le travail du fourneau pénible. Dans le troisieme cas enfin, la dame trop éloignée de la timpe, donne lieu à la fonte de se pâmer ou figer dans cette partie de son bain; lorsqu'elle est trop proche elle rend l'accès du fourneau difficile, tant pour travailler dans le creuset, que pour y puiser la fonte; d'ailleurs la dame trop avancée dans l'ouvrage est sujette à fondre.

Pour empêcher le laitier de porter le feu dans le magasin de frasins qui est entre la dame & le pilier de cœur, on enfonce de champ & perpendiculairement une plaque de fonte à côté de la dame; cette plaque, que l'on nomme garde-feu, doit surpasser la dame de cinq à six pouces.

Entre la dame & l'extrémité de la costiere opposée, il doit y avoir un vuide de quatre pouces de largeur commaniquant à l'intérieur du creuset; ce vuide que l'on nomme coulée, sert pour l'effussion de la fonte hors du fourneau. La coulée est élargie extérieurement d'un pouce par un biseau que l'on fait à la costiere, que l'on revêtit par le frayeux. Le frayeux est une plaque de fonte de douze à quinze pouces de largeur, vingt-sept à trente pouces de hauteur, enfoncée de huit à dix pouces dans le massif de l'aire du creuset prolongé dessous la dame. Le frayeux s'éleve perpendiculairement, & sa direction suit celle du biseau dont il fait le prolongement; ce qui forme avec le côté de la dame une embrasure, qui contient & dirige la fonte lorsqu'elle sort du fourneau; il sert aussi de point d'appui aux ringards. Pour le travail dans l'intérieur, entre la dame & le frayeux, on pose la coulée, qui est une pierre qui remplit exactement cet espace; elle doit être posée à fleur de l'aire du creuset, avec une pente d'environ un pouce au-dehors. Les pierres calcaires sont propres à cet ouvrage; les apyres sont meilleures; mais les pierres qui décrépitent n'y sont pas propres.

PLANCHE III.

Bibliothèque Mazarine, exemplaire 2° 3442, numérisé par l’ENCCRE. Licence CC BY-NC-ND 3.0 France — pas d’utilisation commerciale, pas de modification. Le texte de ce site est sous une autre licence, CC BY-SA 3.0.

La vignette représente l'intérieur du pavillon dont on voit le plan en s s s s P s s t s Pl. I où se fait le moulage en terre, on voit l'élévation de la face; & du côté de ce même pavillon, dans la Planche II, & dans le fond du tableau, la rôtisserie adossée au mur extérieur du côté du contrevent. T est une partie du devant du fourneau, où on voit les orifices de quelques uns des canaux expiratoires qui en parcourent le mole. Y est une des portes de la halle sur le moulage; elle est signalée de la même lettre dans le plan. On voit de part & d'autre près les fenêtres de l'attelier huit établis, quatre de chaque côté.

Fig. 1. Ouvrier occupé à appliquer de la terre sur le noyau, modele ou chape, que le petit ouvrier, fig. 2, fait tourner au moyen de la manivelle qu'il saisit avec ses mains: la terre superflue reste sur le calibre, d'où le mouleur la prend pour la jetter aux endroits où il en manque. Lorsque le noyau, modele ou chape est achevé, on le porte à la rôtisserie. Quand les pieces ne sont pas d'un grand diametre, un seul ouvrier suffit: d'une main il fait tourner la manivelle, & de la main droite il applique la terre, qui est une sorte de glaise ou d'argille aux endroits où il en faut, jusqu à ce que le noyau, modele ou chape remplisse exactement le calibre; la manivelle tourne du sens convenable pour que la partie supérieure de l'ouvrage se présente au calibre en descendant par-devant l ouvrier: l'établi est garni de deux planches, l'une horisontale pour recevoir la terre corroyée dans le marchoir, & l'autre verticale, servant de dossier, pour empêcher que la terre en touchant les murs, ne contracte quelque impureté. Près de la figure 1 on voit la brouette dans laquelle on voiture la terre depuis les marchoirs jusqu'à l'attelier du moulage A la brouette. B les mancherons. C la terre corroyée prête à être employée, dans laquelle on voit la pelle qui sert à l'enlever, soit du marchoir dans la brouette, ou de la brouette sur l'établi.

2. Quatre établis. Sur le premier on voit l'arbre garni de son trousseau, & sur le dernier l'arbre & son trousseau chargé d'un noyau, d'un modele ou d'une chape, lesquelles trois pieces sont renfermées l'une dans l'autre; la chape renferme le modele, & le modele contient le noyau. Dans le fond de l'attelier on voit deux rôtisseries. La rôtisserie est une auge de briques, au fond de laquelle on a mis des charbons allumés pour sécher les moules que l'on y expose: les deux bouts des arbres qui traversent les moules, portent sur les bords de la rôtisserie qui sont couverts de planches. Une des deux rôtisseries est vuide, & le mur antérieur est abattu pour laisser voir l'intérieur. Au-dessus de chaque rôtisserie sont des planches e f, disposées a claire voie: ces planches reçoivent différentes pieces de moules que l'on y met sécher, elles sont suspendues aux solives a b, qui portent par leurs extrémités a dans le mur du contrevent du fourneau, & par l'autre extrémité dans le mur de clôture de l'attelier qui lui est parallele. Chaque solive est aussi sout nue dans le milieu par un poteau c; & les trois poteaux sont reliés les uns aux autres par des entretoises l l à hauteur convenable pour y appuyer une des extrémités des arbres sur lesquelles on a formé des noyaux, comme on voit en d.

Bas de la Planche.

Fig. 1. Arbre de fer pour former les noyaux des pieces creuses. A extrémité quarrée de l'arbre, laquelle reçoit la manivelle a, qui est serrée contre sa portée par une clavette. B D tourillons ou parties cylindriques de l'arbre, lesquelles roulent dans les entailles pratiquées dans les traverses de l'établi. C partie quarrée de l'arbre, sur laquelle on enfile le trousseau, fig. 2, qui est de bois.

2. Trousseau de bois de forme pyramidale tronquée: il est de bois & percé d'outre-en-outre d'un trou quarré; extérieurement il est à huit, dix ou douze pans. F le côté de l'entrée de l'arbre de fer, ou le petit bout: E le côté de la sortie, ou le gros bout, auquel on attache le bout de la torche, comme il sera dit ci après.

3. Un des établis représenté en grand & en perspective. A a la manivelle. B D les tourillons logés dans les entailles des traverses X P, V O, qui servent de collets. F E le trousseau. O P l'établi à terre, L N le dossier appliqué au mur de l'attelier. M la terre à mouler. R S T le calibre d'un noyau. V X la barre de devant de l'établi, dans laquelle les traverses s'assemblent. G G les piés de derriere, qui soutiennent la solive attachée au mur par des crampons. La face supérieure de la solive, dont la longueur est égale à l'espace que contiennent les quatre établis, est entaillée en queue d'hironde pour recevoir les tenons en queue d'hironde, pratiqués aux extrémités des traverses X P, V O, de quatre piés de longueur. La partie antérieure des traverses est soutenue par les piés H H, dont les tenons s'assemblent dans les mortaises de la face inférieure des traverses, & non dans le devant V X de l'établi. Le devant de l'établi est assemblé à tenons & mortaises avec les traverses qui sont distantes l'une de l'autre de 3 piés 4 pouces, ou 4 piés, y compris l'épaisseur des bois, qui sont tous de 4 pouces d'équarrissage: le dessus des traverses & du devant de l'établi est élevé de 3 piés au-dessus du sol de l'attelier.

PLANCHE IV.

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Travail pour mouler en terre une marmite à gros ventre.

Le mouleur pourvu de terre préparée & corroyée dans le marchoir, & de qualité convenable, c'est à dire ni trop grasse ni trop chargée de sable; car les terres trop grasses ou glaises pures se fendent en séchant, & celles qui sont trop sablonneuses, outre qu'elles sont moins ductiles, n'ont point assez de consistence pour conserver la forme qu'on leur donne; & étant pourvu aussi de natte de paille tissue, comme celle des paillassons, ou seulement de corde ou cadenettes de paille, il commence le moule par le noyau, le continue par le modele, & le finit par la chape, ainsi que la suite des figures le fera entendre.

Fig. 1. L'arbre garni de son trousseau. A l'extrémité quarrée de l'arbre qui reçoit la manivelle: on y voit la mortaise destinée à recevoir la clavette qui assujettit la manivelle. B D les tourillons. F E le trousseau.

2. L'arbre garni de nattes ou torches de pailles A B; on commence par attacher le bout de la torche au gros bout du trousseau en E, fig. 1, & faisant tourner l'arbre, on revêtit le trousseau d'une quantité suffisante de tours de la corde de paille ou natte, pour qu'elle approche à un pouce & demi environ du calibre R T, découpé de la forme du profil de l'intérieur de la marmite depuis a jusqu'en b. on fait en c une entaille pour y mouler l'arasement qui sert à raccorder les différentes pieces du moule.

3. Le noyau achevé. C le ventre ou panse. D le drageoir. E l'évasement. R T le calibre du noyau; la terre qui compose le noyau est mise à différentes couches, & chaque fois on laisse sécher, ou on porte à la rôtisserie, on se sert de différens calibres, ou on éloigne successivement le premier en se servant des différens trous qui sont percés à la face supérieure des traverses de l'établi: c'est dans ces trous que l'on met des chevilles de fer pour contenir le calibre & l'empêcher de s'éloigner de l'arbre: après que la derniere couche qui doit former le noyau est seche, on blanchit avec de la craie délayée dans de l'eau; on emploie cette couleur avec un pinceau, ou peignon de filasse, pour empêcher que les couches de terre qui doivent former le modele ou la chape ne s'attachent au noyau ou au modele. Au-lieu de craie délayée dans de l'eau, on peut employer pour la meme fin & de la même maniere de la cendre passée au tamis de soie. On donne aux cendres ainsi tamisées, ou à la craie, ou au mélange de toutes les deux avec quelques autres matieres convenables, selon le pays, le nom de potée. On fait sécher.

4, Modele dans son calibre. F le ventre. G le drageoir. E l'arasement du noyau qui déborde le modele, pour que la chape y trouve l'appui necessaire. R T le calibre du modele plus grand que celui du noyau, de la quantité dont on veut que l'épaisseur de l'ou-vrage soit, comme on peut voir dans la 10 figure. La terre qui forme le modele est une terre plus maigre que celle du noyau, avec lequel elle n'a point d'adhérence, à cause de la potée dont il a été enduit: après que le modele est achevé, & qu'il remplit exactement son calibre, on fait sécher, ensuite on le couvre d'une coucbe de potée pour empêcher l'adhérence de la chape qui doit le recouvrir, & on porte à la rôtisserie.

5. La chape H I qui renferme le modele contenant le noyau. R T le calibre de la chape: la chape recouvre l'arasement encore visible dans la fig. précédente, ce qui sert à la centrer & à la mettre droite, lorsque l'on remonte les pieces du moule. Après que l'on a supprimé le modele, la chape achevée par plusieurs couches de terre, on porte à la rôtisserie où on fait sécher.

6. Modeles des anses de la marmite. Le modele est composé de deux cylindres de bois a b, c d; le premier est terminé par un tenon b qui est reçu dans une mortaise pratiquée à l'extrémité c de l'autre cylindre, en sorte qu'ils puissent se joindre en onglet sous l'angle convenable, comme on le voit en e f g.

7. Les moules des anses. Pour les faire on entoure les deux bâtons ou cylindres e f g de la figure précédente, avec la même terre qui sert à faire les chapes; & ayant laissé sécher, on retire les modeles: pour cela on commence par faire sortir les bâtons a & c qui portent le tenon, les deux autres b & d sortent ensuite aisément; & les moules des anses se trouvant vuides, il ne reste plus qu'à les fixer sur le corps de la marmite.

Pour cela le mouleur muni d'une ficelle prend la mesure de la circonférence de la chape de la marmite, il ploie cette ficelle en deux également, puis ayant fixé une des extrémités sur la chape, & y avoir fait une marque, il étend cette ficelle en double aussi loin qu'elle puisse s'étendre, & là il fait une autre marque; l'ouvrier répete cette opération pour trouver l'emplacement du bas de l'anse; puis le moule étant mis sur une table, il perce la chape jusqu'à la rencontre du modele qui y est renfermé: il retaille en onglet & sous l'angle convenable les deux parties du moule de l'anse, & le présente dans les ouvertures de la chape, où il l'affermit dans la situation requise avec de la terre à mouler. On fait la même opération pour l'autre anse, qui doit être diametralement opposée. Le haut de l'anse doit s'implanter dans la partie inférieure du drageoir, & la partie inférieure après la gorge à la naissance de la pance.

8. Modeles des piés. A B modele du pié, que par analogie on pourroit nommer jambe; sa figure est pyramidale & cannelée: on forme le moule de cette partie du pié, en entourant le modele de la même terre qui sert à faire les chapes: l'autre partie du pié, que l'on nomme patin, se fait en imprimant le modele E du patin dans un gâteau de terre D, percé au milieu: on joint & on lutte ce moule au moule C, formé par l'autre modele A B, & on a le moule complet d'un pié. On en fait trois semblables à celui désigné par la lettre F.

Les moules des piés faits, il reste à les placer sur le moule de la marmitte: pour cela le mouleur divise en trois parties égales sa circonférence qui a été tracée sur la chape lors de la formation dans le calibre, observant de commencer sa division par un des deux points de cette circonférence qui répondent au milieu de l'intervalle des deux anses; il perce la chape jusqu'à la rencontre du modele, & y ayant présenté les moules des piés, il les y fixe par de la terre, ensuite on fait sécher.

Après que la chape, garnie des anses & des piés, est entierement séchée, on démonte le moule: pour cela on chasse avec un maillet le trousseau hors du noyau en frappant sur le petit bout F. le trousseau amene avec lui le bout de la torche de natte attachée au gros bout E fig. 1. Le reste de la natte suit en se dépelotant intérieurement, ensuite on acheve de couper entierement la chape en deux parties, suivant les lignes que l'on y avoit tracées avant qu'elle fût seche, lesquelles ne doivent passer ni par les anses, ni par les piés. La chape séparée en deux demi-chapes, se détache aisément du modele à cause de la potée dont il a été enduit, & le laisse voir à découvert. On brise le modele pour découvrir le noyau que l'on répare s'il est nécessaire; on bouche ensuite avec la même terre le sommet du noyau qui est resté ouvert à l'endroit où le trousseau par son petit bout F le traversoit; on répare avec soin cette partie qui doit former le fond intérieur de la marmite: on la couvre de potée, & on la fait sécher sur les planches de la rôtisterie, le côté de l'arasement du noyau qui reste ouvert en cette partie étant tourné en en-bas.

Il reste aussi une ouverture circulaire à la chape correspondante à celle du noyau: pour fermer cette ouverture, dont les bords ont du être tranchés nettement, lorsque la chape étoit encore sur le tour ou établi, on moule une calotte de grandeur & épaisseur convenable, à laquelle on adapte les coulées ou évents qui sont des tuyaux coniques assez semblables au moule des piés: la calotte séchée, ainsi que les coulées, on remonte entierement le moule; pour cela ayant posé le noyau sur une table du côté de son arasement, on présente successivement les deux pieces de la chape, que les feuillures qui se sont moulées sur l'arasement du noyau, font replacer & centrer facilement: une des deux pieces de la chape porte une anse & un pié, l'autre piece porte l'autre anse & les deux autres piés; on les remet ainsi facilement en la place qu'elles occupoient avant d'avoir été séparées du noyau, au moyen de différens repaires faits aux pieces de la chape & à l'arasement, en sorte qu'une des deux moitiés de la chape ne peut pas être mise en place de l'autre, soit en tout ou en partie: il ne reste plus qu'à adapter la calotte qui porte les jets, & lutter tous les joints avec de la terre pour que le moule soit achevé.

D'autres mouleurs ne font point de calotte séparée, mais à chaque demi-chape ils ajoutent ce qui manque pour remplir le vuide que le trousseau y a fait rester, ils unissent & polissent ces parties le plus exactement qu'ils peuvent, & les percent ensuite pour y adapter les jets. Ces parties répondent au fond extérieur de la marmite.

On se sert aussi de petites balles ou grenailles de fer fondu que l'on place en différens endroits entre la chape & le noyau pour limiter & rendre égale la distance qui est entre la chape & le noyau, ces petites balles font corps avec le métal qui est fondu; mais on peut se passer d'en faire usage lorsque la feuillure de la chappe est bien faite, & l'arasement du noyau bien conservé, si ce n'est peut-être pour soutenir la calotte à laquelle les jets & évents sont attachés.

9. Vue perspective du moule de la marmite entierement achevé. A B C les 3 piés qui doivent rester ouverts, mais seulement d'un très-petit trou capable de donner issue à l'air lorsque le métal qui vient remplir le moule le force à sortir. D E les coulées ou évents. H I ligne de séparation des deux moitiés de la chape; cette ligne ne doit point paroître lorsque les joints sont luttés; les jets doivent être plus élevés que les patins des piés afin que le métal soit forcé d'y monter.

10. Coupe générale du moule par la ligne H I de la figure précédente. E le trousseau sur son arbre de fer. B A A B la torche ou natte qui entoure le trousseau. D C C D le noyau. D D le drageoir. C C la pance. G F F G le modele ou le vuide qui doit être rempli par le métal. I H H I la chape. I I l'arasement que la chape emboîte sur le plat & sur le champ.

C'est de la même maniere que l'on moule les vases pour les jardins, & différens autres ouvrages non chargés d'ornemens, qui en rendroient la dépouille difficile ; car pour ces sortes d'ouvrages, comme lions, sphinx & autres figures, on les moule à cire perdue, comme les statues de bronze.

PLANCHE V.

Bibliothèque Mazarine, exemplaire 2° 3442, numérisé par l’ENCCRE. Licence CC BY-NC-ND 3.0 France — pas d’utilisation commerciale, pas de modification. Le texte de ce site est sous une autre licence, CC BY-SA 3.0.

Moulage en sable.

La vignette représente l'intérieur de la halle au-de-vant du fourneau, & une partie de l'intérieur du pavillon où se fait le moulage en sable. On voit comment la charpente qui porte les combles de la halle & des pavillons, est appuyée sur des encorbellemens formés aux angles S & T du mole du fourneau & sur le mur de clôture aux angles de retour de la halle & des pavillons: p q les deux rôtisseries: Y Y porte de l'attelier du côté d'amont ou de l'étang qui fournit l'eau à la roue: Z Z porte du côté d'aval; on a abattu les murs de clôture de ce côté pour laisser voir l'intérieur; on a aussi signalé de mêmes lettres tous les objets du plan général qui sont visibles dans la vignette; cette attention est un devoir pour toutes les Planches qui sont relatives les unes aux autres.

Fg. 1. Mouleur qui tasse le sable autour du modele du corps d'une marmite, contenu dans le chassis de corps b. Le chassis est porté sur un ais ou planche à mouler a, dont le dessous est fortifié par deux barres, comme on le verra dans les Planches suivantes. La planche à mouler est posée sur la table z du mouleur, dont la longueur est d'environ 12 piés, la largeur de 4, & la hauteur au-dessus du rez-de-chaussée d'un pié & demi: ces tables sont entourées de trois côtés, de rebords d'environ un pié de haut, comme on le voit dans le plan général en z z z z, Pl. I. pour empêcher le sable de tomber hors de dessus la table.

Le sable convenable pour mouler doit être fin & gras pour que la surface des ouvrages que l'on y fondra soit unie, & pour que le moule puisse se soutenir; il faut aussi qu'il soit humecté légerement; on connoît qu'il a les qualités requises en le comprimant fortement dans la main; s'il conserve la figure que la compression lui a donnée, il est suffisamment humecté & mélangé d'argille. Sa finesse se connoît à l'œil.

2. Autre mouleur qui avec la regle c d râcle le superflu du sable suffisamment comprimé avec la batte plate pour l'affleurer au niveau du chassis b qui renferme le modele du corps de la marmite; le chassis est posé sur la planche à mouler a qui est posée sur la table, sur laquelle on voit en m un tas de sable.

3. Fondeur qui charge les moules entierement achevés avec des poids de 50, ou autres morceaux de fonte, pour empêcher que lorsque l'on coule le métal les deux moitiés du moule ne se séparent: a a chantiers sur lesquels les chassis ou moules sont posés: b c d les chassis ou moules dont on voit les jets & les évents indiqués par des trous dans le sable: ces moules sont destinés pour des tuyaux de conduite. Tous ces ouvriers ont les manches retroussées jusqu'au coude, & un tablier de grosse toile devant eux.

4. Ouvrier qui moule un contre-cœur de cheminée; il est occupé à battre le sable tout-autour du modele qui est de bois, & dont on ne voit que l'envers dans la figure, le côté sculpté du modele étant tourné vers le sable qui forme l'aire au-devant du fourneau; on forme aussi dans ce sable le moule de la gueuse Y L qui fournit le métal pour former le contre-cœur en passant par la petite coulée m, qui communique du moule de la gueuse au moule du contre-cœur.

Le contre-cœur est en tout semblable au modele qui a servi à former son moule; il a à droite les mêmes objets que le modele a à droite: il en est de même à gauche où les figures ou autres ornemens dont le modele est chargé en cette partie reparoissent.

Il est essentiel que le modele soit bien posé de niveau, car sans cette attention les plaques, contre-cœurs, ou autres ouvrages que l'on moule de cette maniere seroient plus épais en un endroit que dans l'autre. On ferme avec une boule d'argille la petite coulée m, après que le métal contenu dans le moule de la gueuse est répandu en quantité suffisante dans le moule du contre-cœur, & on la saupoudre de frazin qu'on y lance horisontalement avec une pelle.

5. Ouvrier occupé à enterrer les moules de terre décrits ci-devant, dans le sable du devant du fourneau; il ne laisse passer au-dessus du sol de l'attelier que les coulées & les évents, on emplit ces moules à la poche ou cuillere, comme on le verrra dans la Pl. IX. mais si les moules sont capables d'absorber une grande quantité de matieres, on forme une petite coulée qui communique du moule de la gueuse au jet, par lequel la fonte doit entrer dans le moule enterré.

6. Chevalet pour décrouter les marmites ou autres ouvrages creux; il est composé d'une solive A B, arrondie en A, & de deux piés C D: c'est sur la partie arrondie que l'on coëffe les marmites que l'on décroute avec les rapes de fer fondu que l'on voit dans la Pl. VIII.

Bas de la Planche.

contenant les modeles des différens ouvrages à l'usage des forges que l'on moule à découvert, comme les plaques dans le sable qui est à côté de la gueuse.

Fig. 1. Modele de collier pour entourer un arbre de marteau lorsqu'on ne passe point de bras à-travers; il est à cinq cames ou levées; son intérieur est décagone, auquel cas l'arbre du marteau doit avoir la même forme dans la partie sur laquelle on enfile le collier. On en fait aussi à quatre levées, dont l'intérieur est octogone, cela dépend de la vîtesse & de la quantité d'eau dont on peut disposer pour faire tourner la roue du marteau, de la grandeur de la roue, & même du poids du marteau.

2. Modele du chevalet pour porter l'empoisse du tourillon de dedans de l'arbre du marteau, la face A B C D du chevalet laquelle est inclinée à sa base est l'opposée de celle qui se présente à l'arbre; la rainure qui est entre la languette entiere A B & les portions a b, c d de la languette parallele, est destinée à recevoir la base de l'empoisse; les extrémités A & B de la languette antérieure servent de point d'appui dour les ringards avec lesquels on souleve l'empoisse & l'arbre de la roue du marteau pour le faire avancer du côté de l'enclume ou pour l'en éloigner, la base du chevalet pose sur un fond solide au niveau du sol de la forge. Voyez la section suivante.

3. Au-dessus du chevalet, modele d'empoisse ou empoisse du tourillon en-dedans, de l'arbre du marteau, H G base de l'empoisse qui entre dans la rainure du chevalet, I colet de l'empoisse dans lequel roule le tourillon de l'arbre du marteau, F E oreilles de l'empoisse, sous lesquelles on passe les ringards pour la soulever. A côté on voit l'empoisse ou son modele tourné de l'autre côté, ou du côté qui s'applique au bout de l'arbre du marteau, F E les oreilles, L K l'estomac qui soutient le devers de l'empoisse; cette partie entre dans l'intervalle b c des deux parties de la languette postérieure du chevalet, & elle ne doit point remplir entierement cette partie, ce qui empêcheroit le mouvement en long dans la rainure ou coulisse du chevalet; on présente le modele au sable par le côté que représente cette derniere figure & celui du chevalet sens-dessus-dessous.

4. Modele de tourillon à quatre aîles pour l'arbre du marteau; on le moule du haut-en-bas dans le sable à côté de la gueuse.

5. Modele de tourillon à deux aîles pour les arbres des soufflets lorsqu'on n'y met point de tourillons de fer forgé.

6. Modele d'enclume de forge que l'on moule dans le sable du même sens dont il est tourné dans le dessein, l'anse ou poignée tournée en-haut; il est formé de plusieurs planches assemblées comme une caisse pour qu'il soit plus léger; la longueur totale est de trois piés quatre pouces, la base LIK de l'enclume, laquelle entre d'un pié dans le stock, a dix-huit pouces en quarré, ce qui est la grosseur de l'enclume dans la longueur I C, L H, de deux piés depuis la ligne C H des deux côtés opposés; elle va en rétrécissant dans la hauteut de seize pouces, & se réduit en E & en F à la largeur de quatre pouces, ensorte que la table E F de l'enclume a dix-huit pouces de long sur quatre pouces de large. Après avoir fouillé dans le sable de devant du fourneau un espace convenable dont on aura dressé le fond, on y place de niveau le modele, autour duquel on bat du sable pour former les côtés, on arrase le dessus, on retire ensuite la table E F, faite d'un bois plus dur que le reste du modele, pour qu'il soit plus lisse, & que le sable qui se moule contre cette partie soit bien uni, d'où dépend la perfection de la table de l'enclume; on retire ensuite le modele par la poignée A B, fixée par les deux montans C D à la plus longue face de l'enclume, car la table est un peu oblique à sa longueur, ce qui favorise la sortie du modele; on donne pour la même raison un peu dedépouille au corps de l'enclume.

Pour rendre les tables des enclumes plus parfaites & éviter les peines que l'on prend pour les redresser & les polir, on pourroit former en terre le moule de cette partie. Les terres de qualités requises seroient moulées sur un morceau de glace de miroir de la grandeur de l'aire, en y appliquant successivement différentes couches de terre fine avec le pinceau, & ensuite plusieurs autres couches de terre plus commune; les bords du morceau de glace seront ébiselés pour n'avoir point de vives arêtes. Il n'y a guere lieu de douter que ces planches de terre placées dans le moule vis-à-vis de la partie E F, & séchées & chauffées convenablement avant d'y couler la fonte, n'aient toutes les propriétés convenables pour procurer des enclumes dont les aires soient planes & unies.

7. Modele d'un marteau & moule du noyau de l'œil. Le marteau dont la tête kil a douze pouces en quarré, conserve la même grosseur depuis i & l jusqu'en g & h, ensuite de même que l'enclume il s'étrécit dans la longueur de huit pouces jusqu'en e f où il n'a plus que quatre pouces de largeur sur seize pouces de long; il est percé d'une mortaise de dix-huit pouces de long sur six pouces de large, destinée à recevoir le manche & les coins qui servent à l'assujettir dans l'œil; la panne ou table du marteau doit être fabriquée comme celle de l'enclume, les marteaux étant moulés de la même maniere, a b la poignée pour retirer le modele du marteau de dedans le sable, c d les montans qui attachent la poignée au modele. Après que le modele est retiré du moule, on place dans ce dernier le chassis m n, dont les dimensions intérieures sont les mêmes que celles de l'œil, on le place de maniere dans le moule, que sa partie inférieure entoure le sable qui est entré dans l'œil du modele, & étant bien posé de niveau & parallelement aux faces du moule, on l'emplira de sable battu avec la batte pour qu'il prenne de la consistencee; on décrochera ensuite les quatre crochets antérieurs 1, 2, 3, 4, & les quatre postérieurs qui sont semblables. On enlevera facilement les quatre pieces de chassis, & il restera une masse de sable qui formant comme une île au milieu du métal fondu, lorsqu'on coulera le marteau y réservera l'œil nécessaire pour pouvoir l'emmancher.

PLANCHE VI.

Bibliothèque Mazarine, exemplaire 2° 3442, numérisé par l’ENCCRE. Licence CC BY-NC-ND 3.0 France — pas d’utilisation commerciale, pas de modification. Le texte de ce site est sous une autre licence, CC BY-SA 3.0.

Cette planche & les deux suivantes dont les numéros des figures se suivent, contiennent les outils & les opérations particulieres au moulage en sable dans des chassis.

Fig. 1. Batte quarrée; elle est de bois & est assez semblable au battoir dont les blanchisseuses se servent, au-dessous est son plan; cette batte sert à comprimer le sable lorsqu'il est amoncelé dans les chassis à la hauteur de leurs bords.

2. Batte ronde faite comme un pilon; cet outil sert à fouler le sable dans les chassis entre le modele & les planches qui les composent; on voit aussi son plan au-dessous.

3. Batte à parer; elle est mince & plus étroite, & plus alongée que la batte quarrée; on s'en sert pour planer différentes parties du moule.

4. Batte à anse, de même espece que la précédente; elle sert à battre le sable autour du modele des anses: le plan de l'une & de l'autre qui peuvent facilement se suppléer l'une l'autre, est au-dessous de chacune.

5. Passe-par-tout; sorte de batte platte moins épaisse, & dont le manche est plus long qu'à la batte quarrée dont le passe-par-tout est une espece; cet outil sert à fouler le sable entre les côtés du chassis où la batte ronde ne pourroit point entrer; celui que la figure représente est dessiné sur une échelle double.

6. Couteau à parer; ce couteau n'a rien de particulier; il sert entre autres usages à couper le sable qui est au-dessus du jet, & à y former comme une trémie qui en élargit l'ouverture.

7. Gouge & outil qui est convexe d'un côté & concave de l'autre, comme un demi-cône creux, sert à vuider le sable qui remplit les trous des chassis où les gougeons qui servent à en racorder les différentes pieces doivent être reçus: cet outil est mal représenté, il paroît être un poinçon triangulaire au-lieu d'une gouge circulairement concave.

8. Marteau; il n'a rien de particulier; on se sert du bout de son manche aussi-bien que de la tête ou de la panne, selon l'occasion.

9. Planche à mouler vûe par le dessous, ou du côté qu'elle s'applique à la table à mouler; elle est fortifiée par deux barres arrêtées avec des clous; ces planches, ainsi que celles qui composent les chassis, sont ordinairement de sapin.

10. Plan du chassis de corps dans lequel on moule le corps de la marmite, A B les poignées par lesquelles on porte le chassis pour le retourner, C D les coulisses pour recevoir les coulans de la fausse piece de dessous.

Les figures qui suivent depuis 11. jusqu'à 15. sont les différentes pieces du chassis représentées en perspective & placées les unes au-dessus des autres dans l'ordre où elles se succedent.

11. La planche à mouler vûe par le dessus.

12. La fausse piece de dessous dont les quatre parties sont assemblées à queue d'hironde, a b c les gougeons, qui avec les coulans e f, g h servent à racorder cette piece avec le chassis de corps, d crochet pour attacher à l'anneau E de la fausse piece de dessus; c'est à la fausse piece de dessous que l'on moule le noyau qui forme le vuide de la marmite.

13. Chassis de corps vû par le côté de la coulisse D D; toutes les planches qui composent le chassis sont assemblées à queue d'hironde, les angles sont fortifiés par huit équerres de fer, quatre en-haut & quatre en-bas: de plus, chaque face est garnie de deux barres de bois fixées aux planches du chassis par des clous, c'est vers les deux angles opposés GG de la partie inférieure que l'on dirige les deux parties du modele où doivent être placées les anses, a b c les trous qui reçoivent les gougeons de la fausse piece de dessus.

14. Le même chassis de corps vû du côté de la poignée A; C D les coulisses, a b c les trous pour recevoir les gougeons de la fausse piece de dessus.

15. Fausse piece de dessus dans laquelle on moule le jet & les évents; elle est tournée du sens convenable pour s'adapter à la figure 13. sa partie inférieure est garnie de trois ou quatre gougeons qui doivent entrer dans des trous pratiqués au bord de dessus du chassis de corps, fig. 13.

PLANCHE VII.

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Cette planche & la suivante contiennent la suite des opérations pour mouler en sable une marmite ayant piés & anses.

Fig. 16. Modele de corps de marmite; il est de cuivre jaune ou laiton, il doit être exactement de l'épaisseur que l'on veut que soient les marmites de fonte, bien arrondi & poli autour; 1, 2, 3, les trois trous où on adapte les modeles des piés, 4, 5 le drageoir qui reçoit les anses.

17. Modele des anses dessinées sur une échelle double, a b c modele du haut de l'anse, la partie arrondie b c passe à-travers d'un trou rond pratiqué dans le drageoir du modele, l'autre partie qui est quarrée reste dans l'intérieur du modele; le dessous de la partie arrondie est percé en c d'une mortaise pour recevoir le tenon quarré d de l'autre partie de l'anse, d e f dessous de l'anse, d e partie arrondie qui, introduite dans un trou par le dedans du modele, va le réunir à l'autre partie a b c pour former l'anse complette A B C, dont les parties quarrées A D C sont en-dedans du modele du corps de la marmite & les parties arrondies en-dehors.

18. Modele d'un pié de marmite aussi sur une échelle double, a b le pié & son patin vû par le devant, a le tenon quarré qui entre dans un des trous 1, 2, 3, du modele du corps, fig. 16. c d le même pié vû par la partie opposée, c le tenon quarré, d le patin, e f, g le pié & son patin séparés l'un de l'autre; le pié e f, que par analogie on auroit dû nommer jambe, pour laisser au patin le nom de pié, h coupe transversale d'un pié, pour faire voir qu'il est composé de trois gaudrons séparés par quatre cannelures & d'une face plane h, qui est tournée du côté du centre du fond de la marmite.

19. Premiere opération pour mouler le corps de la marmite; on a supprimé la planche antérieure des chassis pour laisser voir le modele B dans son intérieur; le mouleur étant donc pourvû de sable de qualité convenable, ainsi qu'il a été dit ci-devant, & d'un sac de crin contenant du frasil ou charbon pulvérisé & tamisé, ou bien de la poussiere ou cendre qui s'attache aux murs & sur les charpentes des halles des fourneaux à fer. Le mouleur pose le modele B de la marmite dans l'intérieur du chassis, son ouverture posée sur la planche à mouler sur laquelle le chassis est posé; les trous du modele où doivent être les anses tournées vers deux angles opposés de l'intérieur du chassis, il saupoudre le tout de frasil, puis il remplit le chassis de sable, & cela en différentes fois, pour pouvoir plus faci-lement le fouler ou le comprimer également en se servant de la batte ronde dans les angles du chassis & du passe-par-tout dans les endroits, comme vers le milieu des côtes du chassis où la batte ronde ne peut pas entrer, il continue ainsi couche par couche à tasser le sable A jusqu'à ce qu'il ait entierement rempli le chassis jusqu'à la hauteur des bords, alors il applanit le sable avec la batte plate & l'arase au chassis avec une regle; 1, 2, 3, les trous quarrés du modele pour recevoir les tenons quarrés des modeles des piés, 4 deux des quatre trous destinés à recevoir les anses.

20. Suite du travail précédent. Après que le chassis est rempli de sable on moule les piés & on place le jet, pour cela on foule dans le sable pour découvrir les trous du modele où les piés doivent s'adapter, on place les modeles des piés qui sont ou de cuivre ou de fer fondu, on fait entrer les tenons quarrés dans les trous du modele, on bat du sable tout-autour, ayant préalablement saupoudré les modeles des piés avec du frazin pour en faciliter l'extraction. Sur les piés on place les patins dont la surface doit affleurer celle du chassis, on place ensuite le modele X du jet fait en forme de coin; son épaisseur dans la partie ceintrée qui s'applique à la convexité du fond de la marmite est d'environ deux lignes, & son épaisseur par le haut d'environ un pouce, sa saillie au-dessus du chassis est d'environ deux pouces, H le modele du corps de la marmite, 1, 3, deux des piés que l'on doit imaginer cachés par le sable, G G le chassis, A A la planche à mouler.

21. La même que la figure précédente, mais représentée en plan, A B les poignées du chassis, T V Y les patins des trois piés; ils devroient être égaux & mieux formés, X emplacement du jet.

22. Le même chassis chargé de la fausse piece de dessus. Après que le moule est dans l'état de la figure précédente, & ayant replacé le modele du jet, on joint la fausse piece que l'on fait racorder par des gougeons qui entrent dans les trous correspondans, faits au-dessus du chassis; & ayant saupoudré de frazin pour empêcher que le sable dont on va remplir la fausse piece ne s'attache au sable du chassis, on emplit cette piece de sable que l'on tasse avec la batte ronde & la batte plate jusqu'à ce qu'il affleure le dessus du chassis; on dresse le sable à la regle & avec le couteau à parer, on forme comme un entonnoir au-dessus du jet, que l'on découvre par ce moyen; en cet état le moule du dehors de la marmite est achevé, à cela près que les anses n'y sont point encore placées, D D coulisse pour la fausse piece de dessous, E crampon pour les crochets des coulans de la fausse piece de dessous; il y a un semblable crampon & une semblable coulisse à la face opposée.

23. Le moule de la figure précédente retourné sens-dessus-dessous, on découvre l'intérieur M de la marmite: pour y adapter les modeles des anses & les mouler, on creuse le sable du moule en b & en d, jusqu'à ce que les trous du modele qui est encore vuide soient à découvert extérieurement; on introduit par le dedans de la marmite les deux pieces qui composent le modele d'une anse, ayant attention de faire rencontrer le tenon & la mortoise de leurs parties extérieures; on ensable bien ces parties que l'on a auparavant saupoudrées de frazins, on tasse le sable avec une batte, on le redresse à la regle; c une des anses placée dans ses trous, a un des trous du modele pour recevoir la piece de dessus de l'autre anse, C, D, les coulisses, E un des deux crampons de la fausse piece de dessus qui est maintenant dessous, A une des deux poignées du chassis.

24. La fausse piece de dessous tournée dessus. Cette fausse piece s'adapte au moule précédent, au moyen des coulans E F qui remplissent exactement les coulisses C D. Les crochets e d des coulans dont on ne voit qu'un seul dans la figure, s'accrochent dans les crampons E de la fausse piece de dessus.

Avant de remplir l'intérieur de la marmite, on retire les modeles des anses, la partie ceintrée; la premiere pour dégager le tenon d, fig. 17, de la mortaise de la partie droite c, qui sort alors aisément: la forme des deux pieces qui composent le modele d'une anse fait assez connoître dans quelle direction il convient de les tirer hors du modele pour ne point troubler l'ordre du sable dans lequel elles ont été moulées: les quatre pieces qui composent le modele des anses étant retirées, on bouche les ouvertures avec des tampons de laine pour empêcher que le sable dont on va former le noyau ne s'introduise dans le vuide où les anses doivent se former. En cet état & ayant saupoudré l'intérieur de la marmite avec du frasin, on l'emplit de sable, que l'on tasse à différentes reprises avec la batte ronde, on met du sable neuf dans le fond de la marmite comme plus capable de résister à la chute du métal fondu qui, lorsque l'on coule, entre dans le moule par cette partie. On continue de remplir toute la fausse piece dont le sable fait corps avec celui qui remplit la marmite, alors le moule est achevé.

PLANCHE VIII.

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25. Le moule entierement achevé, les trois pieces réunies qui le composent, forment un massif dans lequel il n'y a de vuide que la place des anses dont l'entrée a été fermée par des tampons de laine. E crampon de la fausse piece de dessous; le sable qui la remplit & qui fait corps avec le noyau, ayant été arasé à la regle, doit être chargé de huit petits tas de sable d'un pouce environ d'épaisseur pour recevoir une nouvelle planche à mouler, avec laquelle & sur laquelle le mouleur retourne son moule, aidé, s'il est nécessaire dans cette manœuvre, par ses compagnons.

Il reste maintenant à retirer les différens modeles qui sont comme noyés dans le sable qui les environne de tous côtés, & cela sans déranger le sable afin de faire place à la fonte qui doit remplir le vuide qui restera après que les différentes parties du moule seront rassemblées; les trois figures suivantes qui représentent séparément les deux fausses pieces & le chassis du corps de la marmite sont relatives à cette opération.

26. La fausse piece de dessus séparée du reste du moule. & entonnoir au-dessus du jet pour y verser le métal; on forme cet entonnoir avec le couteau à parer. E un des crampons pour les crochets de la fausse piece de dessous. La fausse piece de dessus se sépare aisément à cause de la couche de frasin dont le chassis du corps de la marmite a été couvert avant de former la fausse piece de dessus. Cette piece enlevée, on découvre les patins des piés de la marmite.

Vis-à-vis de chaque pié on perce avec une sonde des trous qui traversent l'épaisseur de la fausse piece de dessus. Ces trous servent d'évents & laissent sortir l'air renfermé dans les moules des piés, à mesure que le métal qui y monte le force à sortir.

27. Chassis ou moule du corps de la marmite. X la place du jet. T V Y les trois patins que l'on enleve aisément, leur côté le plus large étant celui qui se présente. C, D coulisses pour recevoir les coulans de la fausse piece de dessous: on voit aussi dans le dessous du chassis les trois trous destinés à recevoir les gougeons qui servent à raccorder la fausse piece de dessus la poignée qui devroit être à la face antérieure, manque dans cette figure: c'est par ces poignées que l'on enleve le chassis du corps pour le séparer de la fausse piece de dessous sur laquelle le noyau reste: le chassis du corps se sépare facilement de la fausse piece de dessous à cause de la couche de frasin dont il a été saupoudré avant la formation de cette seconde fausse piece.

28. La fausse piece de dessous séparée de toutes les autres parties du moule. Y le noyau qui remplit exactement le modele, il est de sable, & fait corps avec le sable qui remplit la fausse piece. m m les coulans auxquels les crochets manquent. A A planche à mouler séparée du dessous de la fausse piece par les huits petits tas de sable dont on a parlé.

Le modele du corps de la marmite est encore resté engagé dans son chassis, fig. 27; pour l'en faire sortir on tourne le chassis comme il est dans la fig. 23; & ayant avec le tire-laine, qui est un petit crochet de fil de fer ou de laiton, retiré les tampons qui bouchent les trous des anses, on ébranle doucement le modele en frappant intérieurement & de côté avec la batte ronde, ou le manche du marteau; par ce moyen on le fait sortir: ayant ensuite retourné le chassis, comme il est dans la figure 27, & frappant légerement sur le petit bout des piés par les ouvertures T V Y, on les fait sortir par le dedans du moule; leur forme pyramidale facilite leur extraction, puisqu'il sort plus gros par le côté où ils joignent la marmite, que par le côté où ils se réunissent aux patins, il ne reste plus qu'à remonter les trois pieces qui composent le moule après avoir réparé les défectuosités & rebattu le noyau vis-à-vis des anses où il porte l'empreinte des tampons de laine avec la batte à anses, & replané l'intérieur du moule du corps avec la cueillere; pour cela deux ouvriers prennent le chassis de corps par les poignées, & le descendent verticalement le long des coulans, qui sont reçus dans les coulisses du chassis; en cet état il reste un vuide entre le noyau & la chape; ce vuide est égal à l'épaisseur du modele. Par-dessus le chassis de corps on replace la fausse piece de dessus; on acroche les crampons aux crochets des coulans, le moule est alors en état de recevoir le métal fondu qui doit former une marmite en tout semblable au modele.

Il résulte de tout ce qui vient d'être dit, que le modele d'une marmite à trois piés avec patins, est composée de douze pieces, savoir du corps de la marmite, de quatre pieces qui formen tles anses, des trois piés, de leurs patins & du modele du jet.

29. Coupe transversale du moule complet par un plan qui passe par l'axe de la marmite. A A la planche à mouler. I K la fausse piece de dessus. Z Y le sable continu de la fausse piece de dessous & du noyau. Y le noyau. 3, 4 ligne de séparation du chassis & de la fausse piece de dessous. L M le chassis de corps. S S la chape qui forme le dehors de la marmite, la partie vuide reservée en blanc entre le noyau & la chape est l'espace qui doit être rempli par la fonte. T V les deux piés antérieurs projettés sur le plan secteur. X le jet. On n'a pas représenté en & la coupe de l'entonnoir qui répond au jet; entonnoir qu'il est facile de suppléer. 1, 2 ligne de séparation de la fausse piece de dessous & du chassis. G H cette fausse piece.

30. Coupe diagonale du chassis de corps & de la fausse piece de dessus par un plan qui passe par les anses. A A planche à mouler selon les dimensions de sa diagonale. I K fausse piece de dessus. X le jet. Y pié antérieur au plan secteur. V T piés postérieurs au même plan secteur, qu'il faut concevoir cachés par le sable. 1, 2 ligne de séparation du chassis de corps & de la fausse piece de dessus. L M le chassis de corps suivant les dimensions de sa diagonale. S S la chape. N partie du noyau. b d excavation pour placer les modeles des anses. a c ces modeles.

31. La marmite entierement achevée telle qu'elle sort du moule, à cela près que l'on a rompu le jet & les évents des piés. a c les anses. T V Y les piés.

32. Le secoueux, instrument de bois servant à rompre les chapes des moules, après que le métal y a été coulé.

33. Modele en bois des grosses rapes de fonte 8, 9, dont on se sert pour décroûter les pieces après qu'elles sont sorties du sable; ces rapes, après qu'elles sont hors de service, se refondent, ainsi que les jets & les évents, soit à l'affinerie pour faire du fer en barre, soit au fourneau pour être employées en fontes moulées.

34. Cueilliere dont la convexité sert au mouleur pour planir l'intérieur des chapes des moules, après que les modeles en ont été retirés.

35. A le tire-laine; c'est un petit crochet de laiton dont on se sert pour retirer les tampons de laine qui bouchent les trous des moules des anses, même figure. B le houssoir qui sert à épouster le dedans des chapes.

PLANCHE IX.

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Coulage à la poche.

La vignette représente l'intérieur de la halle du devant du fourneau; on a fracturé le comble & la charpente qui le porte pour laisser voir l'intérieur: on découvre dans le lointain les rôtisseries p q, les hauts séchoirs e f, suspendus à des solives que les poteaux l soutiennent: on voit aussi différens chassis prêts à recevoir la fonte. S T devant du fourneau, au fond de l'embrasure duquel on voit la dame F. S pilier de cœur. S X face de la thuiere; on découvre une partie du ceintre & de l'embrasure au-dessus des soufflets. D D forts chassis de charpente assemblés à encoches, que quelques-uns croient pouvoir tenir lieu des contreforts décrits dans la section précédente; ce en quoi ils se trompent, ces chassis ne pouvant opposer qu'une foible résistance à la force d'expansibilité des vapeurs humides contenues dans le môle du fourneau, vapeurs auxquelles les canaux expiratoires, décrits ci-dessus, donnent issue. On voit sur le devant du fourneau les orifices de quelques-uns de ces canaux, & comment les charpentes & les chassis sont portées par des encorbelemens.

Le coulage des pieces moulées à découvert dans le sable du devant du fourneau, comme contre-cœurs, marmousets & autres pieces dont les modeles occupent le bas de la Pl. V. expliquée ci devant, n'a aucune difficulté; ayant percé le fourneau & lâché la fonte qu'il contenoit dans le moule de la gueuse, il n'y a plus qu'à déboucher les coulées particulieres qui communiquent du moule de la gueuse aux différens moules des pieces que l'on veut fondre à découvert, & fermer ces coulees lorsque les moules ont reçu la quantité suffisante de forte. On jette alors quelques pellerées de frasin sur la surface extérieure des pieces ainsi moulées, pour les défendre du contact immédiat de l'air, & empêcher que les fontes contenues dans les moules ne petillent.

Mais pour emplir les moules faits en terre, ou ceux faits en sable, il y a trois manieres que je vais expliquer.

Si les moules sont d'une capacité médiocre, c'est-à-dire si une seule cuillerée de fonte peut les remplir, un seul ouvrier avec un aide qui est ordinairement un petit garçon, suffit pour les emplir.

Fig. 1. Ouvrier qui avec la cueillere, nommée poche, puise la fonte dans l'ouvrage par le dessus de la dame; pendant cette opération les soufflets sont arrêtés, & la thuiere bouchée; la flamme qu'ils lanceroient hors de l'ouvrage, ajouteroit trop à la grande chaleur où les ouvriers sont exposés; l'ouvrier donc prend la poche enduite de lest ou herbue, il la fait couler dans l'ouvrage par le dessus de la dame: son bras du côté du feu est garni d'une manche de toile fort ample; cette manche qui, dans la figure, devroit paroître envelopper aussi sa main, le garantit de la grande ardeur du feu. Il porte ainsi cette cueillerée vers les moules.

3. Ouvrier qui verse sa cueillerée ou pochée contenant environ cinquante liv. de fonte dans le moule formé dans un chassis; l'ouverture par laquelle il verse, a pris de cette opération le nom de jet; l'autre ouverture que l'on voit au même moule sert d'évent. a a chantiers. b c chassis ou moules posés sur les chantiers; ces moules sont en deux parties.

4. Aide de l'ouvrier précédent. Cet ouvrier retient avec un bâton les crasses ou le laitier qui surnage dans la poche afin qu'il n'y ait que la fonte qui entre dans le moule.

5. 6. Lorsque les pieces sont plus considérables, qu'il faudroit, par exemple deux, ou trois, ou quatre cueillerées de fonte pour les remplir, le fondeur, fig. 5, verse sa cueillerée dans le moule par le jet Z, & un ou deux autres fondeurs, fig. 6 & fig. 1, vont & viennent alternativement puiser de la fonte dans l'ouvrage ou creuset du fourneau, & versent leurs pochées dans la cueillere ou poche du premier fondeur, fig. 5, ce qu'ils continuent jusqu'à ce que le moule soit rempli, ce qu'on connoît par le reflux du métal dans les évents qui sont à droite & à gauche du jet Z.

Petit ouvrier qui écume le laitier avec un bâton.

Quelquefois les pieces sont si considérables que le service de les couler à la poche deviendroit trop long & trop pénible, vû qu'il faut que le métal coule dans le moule sans interruption, tels sont les gros tuyaux pour la conduite des eaux; en ce cas on enterre le moule dans le sable qui est au-devant du fourneau, comme on le voit en Y, les jets & les évents hors du sable; on perce alors la coulée du fourneau avec un ringard, & la fonte coule d'un seul jet dans le moule. Lorsqu'il est plein, on détourne le reste vers un autre moule, si on connoît que le fourneau contienne assez de matiere pour l'emplir; ou vers un moule de gueuse pour en faire du fer.

8. Ouvrier occupé à briser la chape d'un tuyau avec le secoueux décrit ci-devant.

Bas de la Planche.

Fig. 1. Poche ou cueiller du fondeur vue en plan. A B le manche qui est de bois, il est reçu en B par la douille de la poche BC d'environ sept ou huit pouces de diametre. Cette poche est enduite d'argille ou de lest pour l'empêcher de se brûler.

2. La même poche vue de profil. a b le manche. b c la douille. c d la poche dont la profondeur est d'environ quatre pouces.

3. Pelle à mouler; on se sert de cette pelle pour mettre en-travers du canal ou de la rigole Y dans la vignette, pour retenir les laitiers ou crasses qui surnagent au-dessus de la fonte qui s'écoule du fourneau: on leve médiocrement cette pelle pour laisser passer par-dessous le métal fondu: lorsque les moules sont pleins, on bouche le fourneau, & on enfonce la pelle dans le sable: pour arrêter l'écoulement du métal, on met de la terre ou du sable derriere la pelle pour la soutenir & mieux étancher, le lingot qui reste, & est formé entre la pelle & l'ouverture de la coulée, se porte à l'affinerie pour en faire du fer. La pelle qui est de fer battu a douze pouces de diametre, sa douille environ neuf pouces, la longueur de son manche est de deux piés & demi.

4. Autre pelle ou beche pour remuer le sable de devant l'ouvrage afin d'y enterrer les moules: sa longueur est de dix pouces, & sa largeur de sept pouces; elle est emmanchée comme la précédente.

5. Grande pelle aussi de fer pour enlever les laitiers & déblayer le creuset; elle a quinze pouces de long sur douze pouces de large. Son manche y compris la douille qui a quinze pouces de long est de quatre piés & demi de longueur.

Toutes ces cinq figures font dessinées sur l'échelle de quatre piés; les quatre suivantes sont relatives à l'échelle de neuf piés qui est au-dessus.

6. Crochet de trois piés de long pour déboucher la thuiere.

7. Ringard de huit piés de long, nommé lâche-fer, il sert pour percer le bouchage de la coulée, c'est de cet usage qu'il a pris son nom.

8. Ringard à relever. Il en faut deux. Ils ont chacun sept piés de long.

9. Grand ringard pour soulever la gueuse ou les moules des grandes pieces. Il en en faut aussi deux, ayant chacun douze piés de longueur. Tous les ringards divisés en deux parties, non compris la pointe qui est quarrée, ont la partie qui est contiguë à la pointe de forme octogone, l'autre partïe est arrondie.

PLANCHE X.

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Cette Planche & les deux suivantes sont relatives à l'art de mouler les différentes sortes de tuyaux pour la conduite des eaux.

Fig. 1. Coupe d'un des anciens tuyaux à emboîture. a c le vuide du corps du tuyau. c b boîte pour recevoir le bout d'un autre tuyau. d e bourlet qui s'applique à la boîte d'un autre tuyau.

2. Le même tuyau représenté en perspective. A B le tuyau. C B la boîte qui reçoit le petit bout d'un autre tuyau. D E bourlet.

3. Deux tuyaux de l'espece précédente, assemblés comme il faut qu'ils le soient pour former une conduite. A B un des deux tuyaux. B la boîte qui roçoit le petit bout de l'autre tuyau D E, B B. D E bourlet du second tuyau qui s'applique contre le bord de la boîte du premier pour retenir le mastic & la filasse dont elle est garnie intérieurement. B B boîte pour recevoir un troisieme tuyau, ainsi de suite.

4. Les deux pieces qui composent le modele d'un tuyau de l'espece précédente. A B dans les deux figu-res les extrémités du noyau. a c le corps du tuyau. a a le petit bout qui doit être reçu dans la boîte. c c la boîte. B B extrémité du noyau dont le diametre doit être d'une ligne ou deux plus grand que le diametre de la partie a a. d e le bourlet. f g les gougeons qui servent à raccorder les deux parties du modele lorsque l'on fait le moule.

5. Les deux parties du même modele rassemblées. A B les extrémités du modele du noyau. D E le bourlet. C la boîte.

Le noyau de toutes les sortes de tuyaux se fait en terre, que l'on applique à plusieurs couches sur la torche dont le trousseau est recouvert; voyez ci-devant moulage en terre. Le calibre pour le noyau des tuyaux, fig. 2 & 3, doit être profilé, comme la ligne qui termine l'intérieur du tuyau, fig. 1. Il doit aussi être plus long que le tuyau de la quantité indiquée par les lettres A & B dans les figures 4 & 5.

La terre que l'on emploie doit être pêtrie avec de la fiente de cheval, ou de la bourre, pour lui donner de la consistance; chaque couche est séchée sur la rôtisserie avant d'en appliquer une autre; le nombre des couches est tout-au-plus de six pour les gros tuyaux; quatre couches suffisent pour les moyens, & deux pour les petits. Lorsque la derniere couche est seche, on fait recuire les bouts des noyaux en leur donnant à la rôtisserie un feu plus vif; on remplit les fentes ou crevasses; on enduit le noyau d'une couche de charbon ou poussier détrempé, pour faciliter la séparation de la fonte & de la terre: cette couche de frasil doit être appliquée lorsque le noyau est encore chaud, & il ne doit être enfermé dans le moule que lorsqu'elle est parfaitement seche.

Le moule qui est de sable se forme dans deux chassis, qui se raccordent par des gougeons & crochets; les chassis sont de grandeur convenable lorsqu'il peut rester trois ou quatre pouces de sable tout-autour du modele.

Pour faire le moule, on prend un des chassis, celui qui n'a point de gougeons, & l'ayant appliqué sur une planche à mouler, le côté du chassis qui a des trous pour recevoir les gougeons tourné du côté de la planche, on prendra la moitié du modele, fig. 4, celle qui n'a point de gougeons, on l'appliquera sur la planche à mouler dans le chassis, le côté applati du demi-modele tourné sur la planche à mouler; en cet état, & ayant avant saupoudré le tout avec du frasil, on emplira le chassis de sable que l'on tassera à différentes couches, autour & sur le demi-modele, on arasera le sable au niveau du chassis en se servant de la regle: cela fait, on retournera le chassis sur la planche à mouler, on y adaptera l'autre chassis en faisant entrer les gougeons qu'il porte dans les trous du premier destiné à les recevoir.

La seconde moitié du modele étant appliquée sur la premiere, ses gougeons f & g, fig. 4, dans les trous correspondans de la premiere moitié du modele, & ayant saupoudré de frasil, on emplira de sable ce second chassis, comme on a fait le premier: le sable duement battu & arasé avec la regle, on percera avec le couteau quatre ou cinq trous coniques pour servir de jets & d'évents, deux de ces trous seront, l'un sur le bourlet, l'autre sur la boîte, les autres sur le corps du tuyau que les trous doivent découvrir dans une étendue d'environ six lignes de diametre, la chape du moule est alors achevée.

Ensuite on séparera les deux chassis pour ôter le modele, au lieu duquel on substituera le noyau, dont les extrémités porteront dans le sable dans l'emplacement que les parties A & B du modele, fig. 6, y ont formé; on remettra ensuite le second chassis, celui dans lequel on a formé les jets & les évents; le moule est alors en état de recevoir la fonte, qui en coulant autour du noyau qui est isolé dans les chassis, formera un tuyau semblable à celui que la figure 2 représente.

6. Autres anciens tuyaux formant une conduite dite à manchons, à cause des viroles qui couvrent les joints des tuyaux. A virole ou manchon. B, D, F tuyaux. C, E manchons. Les tuyaux qui sont cylindriques étoient réunis par une virole, du mastic & de la filasse; ces sortes de tuyaux ont aussi été abandonnés, vû la difficulté de les remplacer dans le milieu d'une conduite, & que le mastic perdant son onctuosité, ne permettoit pas aux manchons de glisser pour remettre un autre tuyau; d'ailleurs ces sortes de conduites ne pouvoient pas supporter une grande charge d'eau; on a donc inventé les tuyaux à brides, que l'on assemble avec des vis & du cuir entre deux. Il y en a de cinq sortes, à deux, trois, quatre, six & huit oreilles.

7. Tuyau à deux brides ou oreilles de deux pouces de diametre intérieurement. A coupe du tuyau. B élévation ou profil du tuyau de trois piés & demi de long. L'épaisseur du métal qui est d'environ six lignes, est un peu augmentée à l'approche des brides. a entre les deux figures, ouverture du tuyau, ou élévation géométrale de la bride. 1 & 2 les deux trous pour recevoir les vis qui servent à les assembler.

8. Tuyau à trois brides ou oreilles de même longueur que le précédent; son diametre intérieur est de trois pouces. A coupe du tuyau. B élévation extérieure du tuyau. a entre les deux figures, ouverture du tuyau. 1, 2, 3 les trois trous pour recevoir les vis.

9. Tuyau à quatre brides ou oreilles de huit pouces de diametre intérieurement. A coupe du tuyau. B élévation extérieure du tuyau dont la longueur est la même que celle des précédens. a entre les deux figures, ouverture du tuyau, ou élévation géométrale des brides. 1, 2, 3, 4 les trous pour recevoir les vis qui servent à les assembler; l'épaisseur du métal est d'environ sept lignes.

10. Deux tuyaux semblables à ceux de la figure précédente, représentés en perspective, & assemblés avec des vis. A ouverture du tuyau. 1, 2, 3, 4 les trous des brides pour y joindre un autre tuyau. B le corps du tuyau. 1, 2, 4 au milieu de la figure, trois des quatre vis qui assemblent les deux tuyaux, & servent à comprimer les cuirs qui sont entre les deux platines des brides. C le second tuyau. 1, 2, 4 trois des quatre trous pour assembler un autre tuyau, comme au milieu de la figure.

11. Tuyau à brides exagones, de douze pouces de diametre intérieurement, & trois piés de long, l'épaisseur des brides comprise. A coupe du tuyau par deux oreilles opposées. B élévation extérieure du même tuyau, l'épaisseur du métal est d'environ douze lignes, & celle des brides est de quinze. Entre les deux figures est l'élévation géométrale d'une bride. 1, 2, 3, 4, 5, 6 les six trous pour recevoir autant de vis pour assembler ces sortes de tuyaux les uns aux autres.

12. Tuyau à brides octogones de dix-huit pouces de diametre intérieurement; la longueur est de trois piés, l'épaisseur des brides comprises. A coupe du tuyau; l'épaisseur du métal est de dix-huit lignes, celle des brides de dix-huit à vingt lignes. B élévation du même tuyau, & entre les deux figures l'élévation d'une des brides. 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 les huit trous pour recevoir autant de vis pour, en comprimant les cuirs, assembler ces tuyaux les uns aux autres.

PLANCHE XI.

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Suite de la précédente.

Coupe d'un des nouveaux tuyaux proposés pour faire des conduites. A B le vuide du tuyau de huit pouces de diametre sur quatre piés de long. Ce tuyau qui est un de ceux qui portent un bras D, & une branche C dans le sens vertical, servent & doivent être placés dans les endroits où les étranglemens d'air se font; ils servent de ventouse, & tiennent lieu du long tuyau vertical que l'on adapte sur une conduite pour servir de ventouse à l'air qui peut y être renfermé, ou que l'eau entraîne avec elle. Pour cela on adapte dans la fourchette D un levier horisontal qui peut s'y mouvoir à charniere; ce levier, dont l'autre extrémité est chargée d'un poids, comprime une soupape qui ferme l'ouverture C; lorsque l'air est condensé par une charge d'eau suffisante, il souleve la soupape & sort au dehors, ce qui laisse à l'eau son libre cours dans la conduite; les autres tuyaux de même espece n'ont point de bras D, ni de branche C.

Ces tuyaux different de ceux décrits ci-devant, figure 10, lesquels sont du même calibre, en ce que leurs brides à six trous espacés également ne sont point exagones, comme celles des figures 11, mais sont arrondies, comme on le voit dans la figure suivante, & de plus que les bords de l'ouverture sont garnis d'un bourlet de cinq à six lignes de saillie; en sorte que les brides de deux tuyaux de cette espece mis bout-à bout, & serrées par les vis autant qu'ils le peuvent être, ne se touchent point. On remplit de plomb fondu l'intervalle entre les plans des deux brides, au-lieu d'y employer du cuir; pour cela on entoure les deux brides contiguës avec une bande de toile ou autre chose équivalente, que l'on soutient extérieurement avec de la terre; on verse le plomb par le haut. L'expérience n'a pas fait connoître que cette façon d'étancher les tuyaux dût avoir la préférence, le plomb n'ayant pas, comme le cuir, la propriété de se renfler à l'humidité, & par ce moyen de s'appliquer immédiatement aux surfaces planes des brides entre lesquelles il est comprimé.

14. Le même tuyau en perspective. A l'ouverture du tuyau entouré d'une bride sur laquelle il y a un bourlet. B l'autre bride. C la branche à laquelle s'applique la soupape ou ventouse. D le bras dans lequel le levier dont on a parlé est assemblé à charniere par un boulon; ce levier s'étend au-delà de B où il est chargé d'un poids convenable à l'effort de la colonne d'eau qui comprime l'air renfermé; le même poids sert dans tous les cas en le faisant glisser le long du levier, comme le long d'une romaine. Les moulures circulaires que l'on voit aux deux côtés de la branche, servent seulement d'ornement. Les tuyaux sans branche & sans bras sont construits de la même maniere & dans les mêmes dimensions.

15. Coupe d'un des corps de pompe foulante du second & troisieme relai de la machine de Marli. Ces corps de pompes sont dans la situation verticale, le bout le plus large A tourné en en bas, l'autre extrémité F terminée par une bride circulaire percée de six trous, est raccordée avec le tuyau montant par une branche de figure convenable à l'emplacement; les pistons portés par des étriers font effort pour soulever le corps de pompe; c'est pour empêcher ce mouvement que l'on a pratiqué les portées B, C, D, qui sont embrassées par des moises de fer attachées solidement à la charpente du puisard.

La fig. 16. & les suivantes dans tout le reste de la Planche, sont relatives à la maniere de mouler un tuyau a brides exagones dans les chassis à platines; j'ai pris pour exemple le tuyau d'un pié de diametre intérieurement, lequel est représenté, fig. 11, de la Planche précédente; ce qui sera dit sur la maniere de mouler ce tuyau, fera entendre, à peu de chose près, comment il faut s'y prendre pour les autres.

16. Modele du corps du tuyau & des brides. Le modele du corps du tuyau est composé de deux parties A & B de trois piés de long, non compris les parties x y, & X Y qui représentent les extremités du noyau; le diametre du corps du tuyau est de douze pouces plus le double de l'épaisseur que l'on veut donner au tuyau, laquelle, dans notre exemple, est de douze lignes; ainsi le diametre extérieur du corps du tuyau est de quatorze pouces, & le diametre extérieur des parties x y, X Y, qui ont le diametre de l'intérieur du tuyau, est de douze pouces, les deux parties du modele se joignent par leurs faces planes au moyen des gougeons 1 & 2 dans la piece B, ce qui les maintient en état. a c e; 1, 2, 3; 1, 2, 3; 4, 5, 6 les modeles des quatre demi-brides; ces modeles qui sont ceintrés en demi-cercle, & ont quinze lignes d'épaisseur, s'appliquent sur les parties x y, X Y du modele du corps, & contre les ressauts du modele.

Le noyau étant préparé, ainsi qu'il a été dit, on fera le moule en cette maniere.

17. Sur la planche à mouler on placera un des chassis: le chassis formé de planches de pouce & demi d'épaisseur, aura intérieurement vingt pouces de large sur dix de profondeur; sa longueur aussi prise intérieurement sera de trois piés neuf pouces ou environ; les côtés assemblés à queue d'hironde, seront fortifiés par des équerres de fer: chacun des longs côtés sera percé de deux mortaises de trois pouces de large pour recevoir les tenons des platines, fig. 19. Ces mortaises seront éloignées l'une de l'autre de la quantité dont on veut que soit la longueur du tuyau, l'épaisseur des brides comprises: dans l'exemple cette longueur est de trois piés deux pouces & demi, les brides devant avoir quinze lignes d'épaisseur, & le tuyau trois piés juste entre les brides; ayant donc placé un de ces chassis sur la planche à mouler, le côté qui a des trous, pour recevoir les gougeons du second chassis, tourné en dessous, on prendra le demi-modele A, fig. 16, on le posera sur la planche à mouler, en sorte que ses parties x y passent sous les ceintres des platines qui doivent s'y appliquer exactement, on prendra ensuite les modeles des deux demi brides a c e, 1, 2, 3, qui sont vis-à-vis les bouts du demi modele A, on les placera entre les ressauts du modele & les platines, de maniere que leurs extrémités inférieures a e s'appliquent à la planche à mouler; on assurera alors les platines avec des coins que l'on chassera dans les mortaises pour faire serrer les platines contre les modeles des demi-brides, & les demi-brides contre le modele du tuyau; en cet état, & après avoir saupoudré de frasin ou charbon pilé, le chassis sera en état de recevoir le sable que l'on tassera avec la batte, & qu'on arasera avec la regle, ainsi qu'il a déja été expliqué.

Cette moitié du moule ainsi faite, on la tournera sens-dessus-dessous sur la planche à mouler, & ayant adapté le second chassis, celui qui porte des gougeons, la seconde partie B du modele, & aussi les modeles des deux demi-brides 1, 2, 3; 4, 5, 6, & saupoudré de frasin, on achevera le moule, comme la figure 18 le représente, à cela près que les parties m n de chassis comprises entre les platines & les traverses des mêmes chassis seront demeurées vuides; on percera alors avec le couteau ou la gouge cinq trous e f g h i pour servir de jets & d'évents; le premier & le dernier répondent aux brides, les trois autres au corps du tuyau que l'on doit découvrir, ainsi que les brides, dans l'étendue d'environ six lignes: la forme conique renversée que l'on donne aux jets & aux évents, facilite la rupture du métal superflu qu'ils renferment.

On séparera les deux moitiés du moule pour en retirer les modeles, ce qui se fera facilement: ayant desserré les platines, on ôtera d'abord les modeles de corps A & B, fig. 16, ensuite les modeles des demi-brides; on placera alors le noyau M N, fig. 17, qui s'emboîtera dans les entailles circulaires des platines. Les bouts quarrés de l'arbre a b du noyau entreront dans des entailles faites aux traverses du chassis, il restera alors un vuide entre le noyau N N, le sable c e & les platines, vuide égal & semblable au modele: on introduira alors six des douze chevilles de terre, dont on doit être pourvu (dont la fabrication sera expliquée ci-après, fig. 22), dans les trois trous de chacune des deux platines l, m, que l'on aura préalablement resserrées avec les coins; on tassera légerement du sable avec la main dans le vuide qui reste entre les platines & les extrémités du chassis, tant pour assurer les chevilles dans leurs trous, que pour empêcher le mé-tal de couler dans cette partie: les chevilles doivent traverser tout le vuide que les modeles des demi-brides occupoient avant qu'elles fussent retirées, & même entrer légerement dans le sable qui leur est opposé; c'est pourquoi il seroit très-bon que chaque cheville portât une pointe de fer qui lui serviroit d'axe, le bout de la cheville étant alors coupé quarrément, elle seroit aussi-bien assurée.

18. Chasfis de dessus ou seconde moitié du moule dans lequel on a pratiqué les jets & les évents e f g h i; on a rempli de sable les extrémités m n du chassis, après avoir introduit les six chevilles de terre de cette moitié du moule. l k, l i les platines qui soutiennent les chevilles de terre. Dans cette figure & dans la précédente, on a supprimé les coins qui assurent les tenons des platines, pour mieux laisser voir les mortaises dans lesquelles elles sont mobiles; ces deux figures rapprochées & appliquées l'une sur l'autre composent le moule, qui dans cet état est prêt à recevoir la fonte.

19. Les platines de fonte dont on a parlé, vûes en plan & perspective. A B platine du chassis de dessus. C D platine du chassis de dessous; les demi-cercles doivent embrasser exactement le noyau. 1, 2, 3, 4, 5, 6, les six trous pour recevoir autant de chevilles de terre qui servent à percer les oreilles ou brides. a b platine du chassis de dessus en perspective. c d platine du chassis de dessous vûe de la même maniere.

20. Plan du chassis de la figure 17. c'est le chassis de dessous posé sur la planche à mouler. a b arbre de fer du trousseau du noyau. N N le noyau. c e, c e le vuide où doit couler le métal du corps du tuyau. e c, e c le vuide traverse par les chevilles de terre où doit couler le métal pour former les brides. C D, C D les platines dans les trous desquelles les chevilles de terre sont arrêtées.

21. Coupe transversale du moule près de la partie extérieure des platines. a b ligne de séparation des deux chassis ou parties du moule. O P planche à mouler. C D platine du chassis de dessous. A B platine du chassis de dessus. c axe de fer du trousseau. d le trousseau. e la torche qui l'entoure. f la terre qui entoure la torche. 1, 2, 3, 4, 5, 6, les six trous des platines pour recevoir les chevilles de terre.

22. Moules & chevilles de terre; pour former les chevilles il faut avoir deux demi-cylindres de bois b e, cannelés dans toute leur longueur; les deux moitiés de eylindres creux étant réunies & préalablement saupoudrées de frazil, & ayant de la terre de qualité convenable mêlée de boure ou de crotin de cheval, on emplira le moule avec un bâton, on foulera la terre jusqu'à ce que la cheville ait pris une consistence convenable, on séparera les deux coquilles ou moitié du moule, & on aura une cheville de terre a qu'il faut laisser sécher à l'ombre; on fabrique à la fois un grand nombre de ces chevilles que l'on fait recuire avant de s'en servir dans les moules des tuyaux.

PLANCHE XII.

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Cette planche contient les différentes sortes de tuyaux à branches du calibre de huit pouces; ceux d'un plus fort calibre se moulent de la même maniere.

Fig. 23. Coupe d'un tuyau de huit pouces à quatre oreilles. A B le tuyau de trois piés & demi de longueur, ainsi que tous ceux de cette planche. C la branche qui porte une bride semblable à celles des tuyaux pour se raccorder avec une autre conduite.

24. Coupe du noyau du tuyau précédent: on commence par former le noyau du tuyau sur l'arbre de fer A B, qui est percé d'une mortaise en C, pour recevoir le bras C D. a b, c d, la torche qui entoure l'arbre. 1, 2, 3, 4, la terre du noyau qui recouvre la torche. Après que le noyau du tuyau est achevé, on le perce pour découvrir la mortaise C, on y adapte le bras C D que l'on recouvre de torche e f, sur laquelle, avec un calibre ceintré, on arrange la terre 5, 6, qui forme le noyau de la branche; les noyaux doivent avoir plus de longueur que les tuyaux pour pouvoir être soutenus par les platines lorsqu'on met les noyaux dans les moules.

25. Le tuyau à branche entierement achevé. A B le tuyau. A son ouverture. C la branche. 1, 2, 3, 4, les quatre trous ou oreilles d'une des brides; la branche & l'autre extrémité du tuyau en ont une semblab'e.

26. Le modele dans les chassis. Le modele est composé de huit pieces, savoir deux demi-modeles de tuyau & de branche, chacun fait de deux pieces A B & C qui tiennent ensemble; plus, de six modeles de demi brides dont on ne voit que les trois du chassis de dessus. 1, 2; 1, 2 pour le tuyau, & m n pour la branche, les trois autres & l'autre demi-modele étant ensablés dans le chassis de dessous. E F, G H, I K les trois platines du chassis de dessus qui portent chacune deux des six chevilles de terre qui servent à percer les oreilles dans les brides de la moitié du moule comprise dans le chassis supérieur; il y en a autant dans le chassis de dessous. e f, g h, i k espaces vuides derriere les platines par lesquelles on introduit les chevilles de terre dans leurs trous après avoir ôté tous les modeles; on remplit ensuite ces espaces avec du sable que l'on tasse légerement avec la main pour assurer les chevilles; avant de retirer les modeles on forme sept jets ou évents, cinq sur le tuyau, dont deux répondent aux brides, les deux autres jets sont sur la branche, à la bride de laquelle on a soin d'en faire convenir un. a b, D les extrémités des arbres de fer qui portent le noyaux; ces arbres des noyaux ne devroient pas paroître dans les fig. 26, 30, & 34, on les a mis seulement pour faire connoître comment les noyaux sont placés après que l'on a ôté les modeles, & que leurs extrémités excedent au-dehors des platines; les chambres F G & H I restent vuides, tant pour aléger le moule que parce que leur remplissage est inutile.

27. Coupe d'un tuyau à branche dont un des bouts est coupé obliquement pour servir à tourner une conduite de droite à gauche ou au contraire, ou de haut en bas ou dans le sens opposé; on fait aussi de semblables tuyaux sans branche. A B le tuyau. C la branche.

28. Noyau du tuyau précédent. A B noyau du tuyau. C D noyau de la branche.

29. Le tuyau oblique & à branche entierement achevé & représenté en perspective. A B le tuyau. C la branche. 1, 2, 3, 4, les quatre oreilles de la bride oblique, l'autre bride du tuyau & celle de la branche sont perpendiculaires.

30. Modele du tuyau oblique à branche dans le chaffis, A B C demi-modele du tuyau & de la branche dans le chassis de dessus non encore rempli de sable. 1, 2: 1, 2, demi-modeles des brides du tuyau. m n demi-modele de la bride de la branche, A B D extrémités des axes de fer des noyaux du tuyau & de sa branche; ces barres de fer ne doivent pas paroître, puisqu'on ne met les noyaux qu'après avoir retiré tous les modeles. E F, G H, I K les platines du chassis de dessus. e f, g h, i k espaces derriere les platines par lesquelles on introduit les chevilles de terre du chassis de dessus; après que tous les modeles sont retirés du moule & que le noyau est placé, les chevilles du chassis de dessous se mettent en place avant de mettre le noyau. F G, H I chambres qui restent vuides.

31. Coupe d'un tuyau à brides droites & à deux branches. A B le tuyau. C, D les deux branches.

32. Noyau du tuyau précédent & de ses deux branches. A B noyau du tuyau. C, D noyaux des branches.

33. Le même tuyau entierement achevé. A B le tuyau. C, D les branches. Le modele de ces sortes de tuyaux est composé de dix pieces; deux demi-modeles de tuyau & des deux branches; plus, huit modeles de demi-brides: on peut donner de l'obliquité à celles des brides que l'on veut du corps du tuyau, ou à l'une & à l'autre des deux branches, selon le besoin.

34. Modeles du tuyau à deux branches dans le chassis de dessus. A, B, C, D, extrémités des axes de fer des noyaux, lesquelles ne devroient pas paroître; a b c d modele du tuyau & de ses deux branches, 1, 2: m, n: m, n: 1, 2, demi-modele des brides de la moitié du modele contenue dans le chassis de dessus. E F, G H, I K, platines dont les entailles demi-circulaires embrassent les noyaux; la platine G H a deux entailles circulaires pour embrasser les deux noyaux des branches; e f, g h, i k, espaces vuides par lesquels on introduit les chevilles de terre dans les trous des platines, après que le noyau est placé. On remplit ensuite ces parties avec du sable que l'on tasse à la main pour assurer les chevilles, & les moules sont en état de recevoir la fonte.

Il résulte, 1°. de tout ce qui a été dit sur les figures de ces deux dernieres Planches, que le moule complet d'un tuyau à brides ou oreilles est composé de deux chassis, de quatre platines de fonte pour porter les chevilles de terre, & d'autant de chevilles de terre que les platines ont de trous; ce nombre est douze dans l'exemple de la Planche XI. & que les pieces qui composent le modele sont au nombre de six, comme il a déjà été remarqué; 2°. que le moule complet d'un tuyau à branche est composé de deux chassis, de six platines, & de douze chevilles de terre, les brides dans l'exemple de la Planche XII. n'étant percées que de quatre trous; les pieces qui composent le modele sont au nombre de huit, savoir deux demi-modeles de tuyaux à branche, & six demi-modeles de brides; 3°. que le moule complet d'un tuyau à deux branches, comme celui, fig. 33. est composé de deux chassis, de six platines, & de seize chevilles de terre; les pieces qui composent le modele étant au nombre de dix, savoir deux demi modeles de tuyau à double branche, & de huit modeles de demi-brides.

On fait aussi des tuyaux courbes, c'est-à-dire que leur axe est ceintré en arc de cercle, les noyaux se font à la main en se servant d'un calibre; le modele se fait en terre aussi-bien que la chape. Voyez ci-devant moulage en terre.

On fait aussi des tuyaux à trois branches pour les pompes dont les manivelles sont à tiers point.

QUATRIEME SECTION.

De la Forge.

PLANCHE Iere.

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Plan général d'une forge à deux feux.

APre's que le minerai a été fondu dans le fourneau & coulé en gueuse, comme il a été expliqué dans la seconde section, on transporte les gueuses ou fers cruds à la forge pour les recuire, & obtenir par cette opération un fer malléable.

La forge à deux feux & deux marteaux est composée de trois halles, A A, B C, & D D: celle du milieu B C a intérieurement huit toises de long sur sept de large. La largeur de cette halle est égale à la longueur des deux autres halles. A A, D D des tines à recevoir le charbon; la largeur de ces deux dernieres halles est d'environ quatre toises. A, B, C, D, portes extérieures & portes de communication des trois halles placées dans le même alignement. E E, E E autres portes extérieures des deux halles à charbon, F, F deux portes de la halle du milieu ou de la forge, G G autres portes de communication des halles à charbon à la forge.

Il y a quatre roues, deux destinées à faire mouvoir les marteaux, les deux autres pour faire agir les soufflets des deux feux; l'eau introduite par un canal souterrein H I au haut de la planche se distribue dans la huche de charpente, & de-là tombe par des empellemens particuliers sur la roue du marteau & sur celle des soufflets; K empellement que l'on ouvre de dedans la forge pour donner l'eau à la roue L de l'équipage à double harnois qui meut les soufflets. a c tourillons de l'arbre de cette roue qui est à augets, l'eau y étant portée par le dessus. b lanterne fixée sur le même arbre, e hérisson fixé sur l'arbre des soufflets. f cet arbre garni de six cames disposées trois à trois en tiers point. d e les tourillons du même arbre. 8, 9, les soufflets dont les buzes sont dirigées dans la tuyere du foyer z. 7 petite porte par laquelle on introduit les gueuses dans le foyer en passant sous la huche dont le fond est élevé au-dessus du sol de l'attelier. 6 le basche plein d'eau, dans lequel on rafraîchit les outils, c'est aussi par l'ouverture dans laquelle le chiffre 6 est placé, que l'on manœuvre avec un gros ringard pour faire avancer la gueuse dans le foyer, 5 billot de bois ou bloc de pierre adossé au pilier quarré qui soutient la cheminée de la forge; sur ce bloc est posée l'écuelle à mouiller.

L'autre empellement M que l'on peut ouvrir tant & si peu que l'on veut de dedans l'intérieur de la forge, distribue l'eau sur la roue N de l'arbre de la roue du marteau que l'on a supprimé dans cette figure. O partie du coursier du côté d'aval par lequel l'eau superflue qui a fait tourner les roues s'écoule. Y l'arbre du marteau garni de quatre bras revêtus par des pieces de bois que l'on nomme sabots. y 3, tourillons de l'arbre de la roue du marteau; 3 représente aussi une vieille enclume couchée sur le côté faisant la fonction du chevalet décrit dans la section précédente. w l'enclume posée dans son stock. h plan de la grande attache. i espace de deux piés & demi entre la grande attache & le court carreau. k le court carreau. 1 & 2 les mortiers qui reçoivent les jambes du marteau. p le refouloir. m plan de la petite attache, n plan d'un poteau qui soutient la ferme du comble, r piece de bois couchée par terre, contre laquelle on appuie les tenailles, s banc pour reposer les ouvriers, t autre piece de bois sur laquelle on pose les ringards qui servent à la chaufferie.

L'autre forge & chaufferie ne differe de celle que l'on vient d'expliquer, qu'en ce que la roue du marteau est à aubes & reçoit l'eau par-dessous, & que le basche est au-dehors de la cheminée. P p P, canal souterrein qui conduit l'eau à la roue du marteau. P empellement qui fournit l'eau à la roue; on peut ouvrir cet empellement tant & si peu que l'on veut de dedans la forge au moyen d'une bascule qui y répond. P Q la roue de l'arbre du marteau. X cet arbre garni de quatre bras revêtus de sabots. x 3 les tourillons de cet arbre; 3 vieille enclume tenant lieu de chevalet pour porter l'empoisse qui reçoit le tourillon, h plan de la grande attache, i espace de deux piés & demi entre la grande attache & le court carreau. 1 & 2 plan des jambes. 1 la jambe dite sur l'arbre. 2 la jambe dite sur la main. 4 le manche du marteau, u le marteau posé sur l'enclume; dans cette figure le manche est mal formé, & il y manque la braye qui l'environne dans l'endroit où les bras de l'arbre le rencontrent.

L'équipage des soufflets qui est à double harnois est en tout semblable à celui de l'autre chaufferie, V u, R, V canal souterrein qui conduit l'eau à la roue des soufflets, R empellement que l'on tient ouvert pour laisser entrer l'eau dans la huche R S; S empellement particulier de la roue des soufflets, T cette roue qui est à augets & reçoit l'eau par-dessus, a c l'arbre de la même roue. b lanterne qui engrene dans l'hérisson e de l'arbre des soufflets, f l'arbre des soufflets garni de six cames disposées en tiers-point pour faire lever alternativement les soufflets, d g les tourillons de l'arbre des soufflets, 8, 9 les soufflets dont les buzes entrent dans la tuyere de la chaufferie pratiquée dans la cheminée Z, 7 ouverture par laquelle on introduit les gueuses qui passent par-dessous la huche & sur le pont de planches qui recouvre en partie le coursier de la roue du marteau du côté d'aval. 6 le basche pour raffraîchir les ringards; il est placé hors de la cheminée: c'est aussi par l'ouverture 6, entre le pilier qui soutient la cheminée & le mur de clôture de la forge, que l'on place le gros ringard qui sert à avancer ou reculer la gueuse vers le foyer, 5 billot ou bloc de pierre sur lequel est posé l'écuelle à mouiller, o refouloir de la chaufferie, Z ce refouloir qui, ainsi que le refouloir p de l'autre chaufferie, est une plaque de fonte posée à fleur du sol de la forge; les deux refouloirs communiquent l'un à l'autre par une longue plaque de fonte sur laquelle on peut traîner les pieces d'un refouloir à l'autre, r piece de bois contre laquelle on appuie les tenailles, s banc pour reposer les ouvriers, t autre piece de bois pour poser les ringards, n plan du pilier qui soutient une ferme du comble, m plan de la petite attache du drosme de l'autre forge. L'eau qui a fait tourner la roue du marteau & la roue des soufflets s'écoule par les canaux souterreins W, W, qui ainsi que le canal O aboutissent au sous-bief, V empellement de décharge pour évacuer l'eau du bief supérieur lorsqu'elle vient avec trop d'abondance ou que la forge est en chomage, F, E, E, G, différentes portes tant de la halle au charbon D D que de la forge.

PLANCHE II.

Bibliothèque Mazarine, exemplaire 2° 3442, numérisé par l’ENCCRE. Licence CC BY-NC-ND 3.0 France — pas d’utilisation commerciale, pas de modification. Le texte de ce site est sous une autre licence, CC BY-SA 3.0.

Coupe longitudinale de la forge & des deux halles à charbon par le milieu des portes A, B, C, D", marquées des mêmes lettres dans la Planche précédente, A A halle à charbon, E, E, portes pour amener le charbon dans la halle, F" porte pour sortir de la forge, F ressort ou perche flexible suspendue à une autre perche par une S ou crochet de fer; cette seconde perche ainsi que le ressort porte d'un bout dans le mur de la halle, & de l'autre sur un des entraits qui supportent le comble de la forge, l'extrémité du ressort suspend le balancier D des soufflets 8 & 9 aux extrémités duquel ils sont suspendus par les doubles crochets, g arbre de la roue des soufflets; on voit les trois cames qui abaissent alternativement le soufflet antérieur, 10 ouverture dans le comble par laquelle passe la bascule qui répond à l'empellement K dans la Planche précédente; cette bascule abaissée ou élevée par le moyen d'une bielle pendante près le pilier a f de la chaufferie produit un effet opposé sur la pelle de l'empellement K, on modere de cette maniere le jeu des soufflets, que l'on peut même arrêter totalement en élevant l'extrémité de la bascule qui est en-dedans de la forge.

La cheminée z, z z de la forge est quarrée, son tuyau de meme forme traverse le toît, elle doit être fondée sur un terrein sec & solide; au défaut de la premiere condition on pratique une voute sous le creuset, comme il a été dit dans la section des fourneaux; les piliers a f, c b qui soutiennent le devant de la cheminée, doivent être construits solidement en quartiers de pierre, ou pour le mieux en plaques de fer coulées de forme & de grandeur convenables que l'on assied les unes sur les autres avec du mortier, les piliers portent les marastres e f h ou bandes de fer fondues exprès, e la marastre du devant, f h les marastres en retour, la premiere du côté de la tuyere, la seconde du côté du contre-vent, dont le dessous est entierement ouvert; c'est sur ces trois marastres & le mur de clôture que sont elevés les quatre murs qui forment la cheminée; le devant est encore garni d'une marastre a b posée obliquement, sur laquelle on construit un petit mur d d pour garantir les ouvriers de la grande ardeur du feu, & mieux renfermer les vapeurs, fumées, & étincelles de charbon dans la capacité de la cheminée; l'élévation de la marastre a b est en a d'environ quinze pouces au-dessus de la plaque qui forme le devant du creuset, & de l'autre côté en c b l'élévation est de trois piés, la distance entre les piliers du devant est de six piés, & la largeur de la cheminée prise de dehors en-dehors est de neuf piés, les piliers ayant dix-huit pouces d'épaisseur; cette largeur de neuf piés est égale à la profondeur de la cheminée depuis le devant jusqu'au mur où elle est adossée, l'espace vuide au-dessous de la marastre en retour h qui est celle du côté du contre-vent est de cinq piés de haut, la marastre étant posée à six piés au-dessus du rez-de-chaussé; la hauteur de l'aire de la chaufferie au-dessus du rez-de chaussée est de douze pouces.

Le chiffre 7 indique l'ouverture pratiquée dans le mur du fond de la cheminée par laquelle on introduit la gueuse que l'on doit affiner. Le chiffre 6 indique une fourchette ou y grec, dans laquelle on décrasse les ringards qui ont été plongés dans le creuset, & qui en ont rapporté du fer fondu, cette fourchette est plantée dans la plaque qui forme le devant de l'aire de la chaufferie; au-dessous de cette plaque est une petite embrasure au fond de laquelle est le chio, par lequel on donne écoulement au laitier superflu, ou à la fonte dans les macérations; cette embrasure est notée par le chiffre 13.

A-travers la partie ouverte de la forge comprise entre la cheminée & le mur c, on voit une partie de la huche M qui fournit l'eau à la roue N à augets de l'arbre du marteau; on voit au-devant les principales pieces qui composent l'ordon du marteau. 11 sommet de la grande attache. 4 & 5 bras buttans de la grande attache; ces pieces s'assemblent à tenons & embreuvement dans les faces latérales de la grande attache, & par le bas dans une sabliere, ou sur les traversines qui embrassent le pié de la grande attache. *D coupe du drosme. 1 & 2 les deux jambes, la premiere la jambe sur la main, la seconde la jambe sur l'arbre. Le chiffre 2 indique aussi l'extrémité du ressort & la tête du marteau qui est posé sur l'enclume W. 15 la hus ou hurasse qui embrasse le manche du marteau. 12 la clé tirante qui réunit les jambes, & les serre dans les entailles du drosme. Sous le drosme il y a un morceau de bois dans l'entaille duquel la clé passe; ce morceau de bois se nomme tabarin. 14 coins qui servent à fixer la partie inférieure des jambes dans les mortiers de la croisée. 3 tourillon & empoisse de l'arbre de la roue du marteau; l'arbre est garni de quatre bras, chacun revêtus d'un sabot qui est fixé par un anneau de fer, dans lequel on force autant de coins qu'il est nécessaire pour rendre le tout inébranlable. C porte pour communiquer à la halle à charbon de l'autre chaufferie. D D halle à charbon D" porte extérieure de la halle.

Bas de la Planche.

Toutes les figures représentent en perspective les différentes pieces tant visibles que cachées qui composent l'ordon, dessinées sur une échelle double.

Fig. 1. Parties des traversines que l'on a fracturées, leur longueur n'ayant pas pu tenir dans la Planche, on y voit les entailles A qui embrassent le collet de la grande attache; ces traversines ont douze pouces d'équarrissage.

2. Le pié d'écrevisse, forte piece de bois fourchue; les fourches a & b qui portent sur les traversines embrassent le bas de la grande attache, qui est reçue dans l'entaille e; du fond de l'entaille c jusqu'à l'extrémité d de la mortaise d e il y a deux piés & demi, la mortaise d e de deux piés de long, six pouces de large, reçoit le tenon inferieur du court carreau de même dimension. Le collet g est reçu dans une entaille pratiquée au milieu de la croisée dans laquelle le pié d'écrevisse est encore retenu par la tête f.

3. A La grande attache vue par le devant & par le côté de l'arbre de la roue du marteau, la grande attache a dix-huit ou vingt pouces d'équarrissage sur environ dix-huit piés de longueur: la tête k passe au-dessous des traversines qui embrassent le collet C c. La partie quarrée au-dessus du collet est embrassée par les fourches du pié d'écrevisse. E mortaise embrevée qui reçoit un des bouts du culard. D mortaise qui reçoit l'extrémité du ressort. F G mortaise de trois piés de long sur six pouces de large pour recevoir le tenon du drosme. H une des mortaises embrevées pour recevoir la partie supérieure des bras butans de la grande attache; le haut est terminé en pointe pour mieux égoutter les eaux pluviales.

3. B La même grande attache vue par le côté de la jambe sur la main, & le côté de la jambe de taupe opposée au devant. k la tête. C c collet qui est embrassé par les traversines qui sont au-dessous. f g mortaise pour recevoir le tenon du drosme vue du côté de la sortie du tenon. H mortaise embrevée pour recevoir le bras buttant du côté de la main. g i autre mortaise aussi embrevée pour recevoir le bras buttant, dit de la taupe, sur laquelle il porte par son extrémité inférieure.

Le court carreau & le culard.

4. Le court carreau de deux piés d'équarrissage a six ou sept piés de long, non compris les tenons A & E de six pouces d'épaisseur. Le tenon A est reçu dans une mortaise de deux piés de long sur six pouces de large, pratiquée à la face inférieure du drosme, & le tenon E est reçu dans la mortaise d e du pié d'écrevisse qui est au-dessus. B mortaise de douze pouces en quarré pour recevoir la queue du ressort, fig. 10. Cette mortaise est percée d'outre en outre & un peu en montant pour suivre la direction du ressort. C autre mortaise qui traverse aussi d'outre en outre les faces latérales du court carreau pour recevoir la clé du ressort; cette mortaise qui a dix pouces de haut sur six pouces de large, a son fond horisontal élevé de deux piés au-dessus du rez-de-chaussée, ou de la surface supérieure du pié d'écrevisse; l'autre mortaise est un peu plus élevée. D mortaise embrevée de dix pouces de haut, ayant huit pouces de large, pour recevoir le tenon 2 du culard F aussi de huit pouces de large & dix pouces de haut sur deux piés & demi de long, ce qui est la distance entre la grande attache & le court carreau. 1 autre tenon du culard pour être reçu dans la mortaise E de la grande attache. Le culard dont la situation est horisontale, est élevé de douze pouces au-dessus du pié d'écrevisse.

5. Le drosme, forte piece de charpente d'environ trente piés de long, non compris les tenons qui sont à ses extrémités, deux piés d'equarrissage au gros bout en *D, réduits à vingt pouces de l'autre côté en D. A B le tenon qui est reçu dans la mortaise F G de la grande attache, dont on remplit le vuide avec des coins qui compriment le drosme sur le court carreau. *D partie du drosme à la face inférieure duquel s'assemble le tenon A du court carreau de deux piés de long sur six pouces d'épaisseur, & autant de longueur dans une mortaise des mêmes dimensions: cette partie a quatre piés & demi de long, deux piés pour le court carreau qui affleure les entailles ou encoches C D du drosme; les deux autres piés & demi sont pour l'espace qui est entre le court carreau & la grande attache: les entailles E destinées à recevoir le haut des jambes ont vingt pouces de long de C en D, & six pouces de profondeur, en sorte que le bois qui reste entre les deux encoches a un pié d'épaisseur: la partie F ou D de vingt pouces d'équarrissage, est terminée par un tenon G de six pouces d'épaisseur, qui est reçu dans la mortaise de la petite attache, fig. 12.

6. La croisée, la clé tirante & le tabarin. A B la croisée de sept piés de long sur dix-huit ou mieux vingt pouces d'équarrissage. c mortier ou cavité pour recevoir l'extrémité inférieure de la jambe sur l'arbre, cette ouverture a dix pouces de large, autant de profondeur, & douze pouces de longueur dans le sens A B: ses bords sont garnis de bandes de fer affermies par les cerceaux 1, 6; 2, 7 de même métal. d entaille ou encoche d'un pié de large sur huit pouces de profondeur, pour recevoir le collet g du pié d'écrevisse, fig. 2, qui a les mêmes dimensions: e autre mortier de même largeur & profondeur que le précédent, ayant dix-huit pouces de longueur; c'est dans ce mortier qu'est reçue la partie inférieure de la jambe sur la main, où, ainsi que l'autre jambe, elle est fixée par des coins: les bords de ce mortier sont aussi garnis de bandes de fer retenues par les cerceaux 3, 8; 4, 9. Les mortiers sont éloignés de dix-huit pouces de part & d'autre du milieu de l'entaille d, en sorte que l'espace qui les sépare est de trois piés. Les encoches que l'on voit au-dessous de la lettre f & près le chiffre 5, sont destinés à recevoir les longrines enterrées qui fortifient tout l'assemblage de la fondation de l'ordon: ou-bien si les longrines se rencontrent sous les mortiers, comme on le voit dans la Planche suivante, on fait les encoches peu profondes à la face inférieure de la croisée entre les cercles ou anneaux 6, 7, & ceux désignés par les chiffres 7 & 8.

La clé tirante qui est représentée au-dessus, laquelle traverse les jambes, a six pouces de haut sur trois pouces de large: la tête a est plus large; elle est percée d'une mortaise b c pour recevoir une autre clé qui la tient en état, en faisant appliquer les jambes au fond des entailles du drosme.

Au-dessus est le tabarin f d de dix-huit pouces de long, d'une largeur égale à ce qui reste de bois au drosme, après que les encoches ou entailles sont faites. Son épaisseur est de six pouces. L'entaille c de trois pouces de large & autant de profondeur reçoit la partie de la clé qui est entre les jambes, en-sorte que le tabarin qui s'applique à la face inférieure du drosme empêche qu'il ne soit meurtri par le contact immédiat de la clé tirante qui l'auroit bientôt endommagé sans l'intermede du tabarin que l'on renouvelle aisément, & dont la dépense n'est en rien comparable à celle d'un drosme.

7. Les jambes. A B la jambe sur l'arbre vue par sa face intérieure relativement à la jambe opposée C D qui est la jambe sur la main; les jambes ont dix pouces d'équarrissage réduits à sept pouces vers le haut A & C qui se place dans les entailles du drosme; le bas des jambes qui entre de dix pouces dans les mortiers de la croisée est également réduit à sept pouces pour laisser place aux coins avec lesquels on les affermit.

Chaque jambe est percée de deux mortaises de quinze pouces de long, cinq pouces de large & quatre pouces de profondeur, pour recevoir les boîtes de fonte qui servent de crapaudine à la hus ou hurasse du marteau; la partie inférieure de ces mortaises est élevée de huit pouces au dessus de l'ouverture des mortiers ou 18 pouces au dessus de leurs fonds où descendent les exrémités B D des jambes: ces mortaises ou encastrures sont bordées de bandes de fer assujetties par les cerceaux 1, 2; 3, 4; 5, 6, 7, 8 chassés à force; les supérieurs par le haut des jambes qui est un peu piramidal, & les inférieurs par le bas où la dépouille est encore plus sensible. Plus haut & au niveau de la face inférieure du drosme sont percées d'outre en outre des mortaises E F, pour recevoir la clé tirante qui affermit les jambes contre le drosme. G & H sont les deux boîtes de fonte de dix à douze pouces de longueur sur quatre pouces d'épaisseur, & cinq de largeur comme les mortaises des jambes; la longueur des boîtes est moindre que celle des mortaises afin de pouvoir les élever par des calles à la hauteur convenable pour que l'aire du marteau soit parallele à celle de l'enclume à la distance de l'épaisseur des fers que l'on veut fabriquer. Chaque boîte est creusée de deux cavités pour recevoir les pivots de la hurasse du marteau: on pratique deux cavités à chaque boîte pour, lorsque l'une est trop aggrandie par le frottement de la hurasse, se servir de l'autre sans être obligé de fondre de nouvelles boîtes; pour cela il suffit de les tourner du haut en-bas dans leurs mortaises: lorsqu'elles sont entierement hors de service, on les brûle à la forge pour en faire du fer; il en est de même de toutes les autres pieces de fonte qui deviennent inutiles dans les forges.

8. La hus ou hurasse représentée en plan & en perspective. La hurasse qui est de fer forgé & d'une seule piece a trois parties. L'anneau C qui reçoit le manche du marteau a dix à onze pouces de diametre, un & demi d'épaisseur sur six pouces de largeur. Des deux pivots A & B, le premier de trois pouces de longueur se nomme le court-bouton, il est reçu dans la boîte de la jambe sur l'arbre; le second de vingt pouces de longueur, que l'on nomme la grande branche, est reçu dans la boîte de la jambe sur la main. a b la hurasse en perspective. c l'anneau qui reçoit le manche du marteau, que l'on y affermit avec des coins de fer.

9. Le manche du marteau, le mareau & la braie. A B le manche du marteau de dix à 12 pouces d'équarrissage dont les arêtes sont abattues. La partie A est reçue dans l'anneau de la hurasse, où elle est affermie par des coins de fer chassés à force dans le bois. La partie B formée en tenons de 6 pouces d'épaisseur, estreçue dans l'œil C du marteau, dont la panne D doit être parallele à l'aire de l'enclume. Le tenon B est un peu plus large en B pour mieux retenir le marteau, dont l'ouverture C est un peu plus longue du côté de la sortie du tenon que du côte de l'entrée: on remplit le vuide de cette ouverture, après que le tenon du manche y est placé avec des coins de forme convenable que l'on y chasse à force. Le tenon B est aussi percé obliquement d'une mortaise a dans laquelle on chasse à force une clé de fer qui fait appliquer le marteau contre la racine du tenon, en sorte qu'il soit solidement fixé au manche, ainsi que le manche l'est à la hurasse. E est la braie, platine de fer qui entoure le manche pour le garantir de l'usure que le frottement des sabots des bras de l'arbre y occasionneroit sans cette précaution. La braie est représentée séparément & étendue à plat en F G au-dessus du marteau. F l'anneau dans lequel l'autre extrémité G qui est arrondie doit entrer. Pour mettre la braie en place, on la fait rougir au feu, elle ploie alors aisément: le bout rond G ayant été passé dans l'œil E, on rabat ce même bout, & la braie se trouve fixée.

10. Le ressort de bois d'hêtre ou de frêne de neuf pouces d'équarrissage. a la queue du ressort, laquelle après qu'elle a traversé le court carreau, est reçue dans la mortaise D de la grande attache. Le ressort devroit être entaillé en-dessous vers b pour recevoir la clé traversante qui passe par la mortaise C du court carreau. b c partie élégie du ressort pour lui donner la flexibilité convenable. d tête du ressort qui repousse le marteau.

11. L'enclume en élévation & en perspective & élévation du marteau. Le corps quarré de l'enclume a dix-huit pouces d'équarrissage, & deux piés de long. La partie M ou m entre de douze pouces dans le stoc; la partie trapezoïdale a seize pouces de hauteur. L'aire L ou l a quatre pouces de largeur. La tête H du marteau a douze pouces en quarré: la mortaise I qui reçoit le tenon du manche a dix-huit pouces de longueur & six pouces de largeur; le dessus de la mortaise a deux pouces d'épaisseur: la longueur totale du marteau depuis la tête H jusqu'à la panne K de quatre pouces de largeur, & d'une longueur égale à l'aire de l'enclume est de deux piés & demi.

12. La petite attache qui soutient le drosme, & reçoit son tenon G. A D la petite attache. B C la mortaise de six pouces de large, qui reçoit le tenon du drosme. G, H deux moises ou traversines qui embrassent le collet de la petite attache. B le bossage au-dessous du collet & des moises. E, F clés qui assemblent les moises. F tête d'une des clés. F queue de l'autre clé retenue par une clavette. K bras buttant qui soutient la petite attache du côté opposé au drosme.

PLANCHE III.

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Fig. 1. Coupe transversale de la forge & des coursiers où sont placées les roues, vue du côté d'amont. C & G portes de communication de la forge à la halle à charbon. Z Z & Z', Z" Z" cheminées des chaufferies; la premiere est vue par le côté des soufflets, la seconde par le côté du contrevent qui est ouvert. 6 endroit où le forgeron place le gros ringard qui sert à avancer la gueuse dans la chaufferie. b c pilier isolé entre le devant de la cheminée & le côté du contrevent. c bout de la marastre qui soutient le devant. 5 billot sur lequel on pose l'écuelle à mouiller. h k bielle pendante à l'extrémité de la bascule k m mobile en o sur un boulon qui la traverse aussi-bien que la fourchette dans laquelle elle est reçue. n extrémité de la pelle K qui fournit l'eau à la roue L de l'équipage à double harnois des soufflets. b la lanterne qui engrene dans l'hérisson e fixé sur l'arbre des soufflets: les bascules qui levent les empellemens des roues des marteaux, sont disposées de la même maniere, comme on le voit en h k P m. P extrémité supérieure de la pelle qui fournit l'eau à la roue de l'arbre X du marteau, Planche 1, roue qu'on ne voit pas dans la figure. S empellement que l'on leve sans bascule ou avec une bascule pour donner l'eau de la huche à la roue T à augets de l'équipage à double harnois des soufflets. b lanterne qui engrene dans l'hérisson e e de l'arbre f qui meut les soufflets. d g les tourillons de l'arbre. 8 & 9 les soufflets vus par la tête. 8 & 9 indiquent aussi les cames de l'arbre. D bascule aux extrémités de laquelle les volans des soufflets sont suspendus par de doubles crochets de fer. D F autre bande de fer qui suspend la bascule à la perche ou ressort F visible en sa longueur dans la Planche précédente. 4 le manche du marteau près le brayer qui reçoit le frottement des sabots des bras de l'arbre. 2 la tête du ressort; ce chiffre indique aussi la tête du marteau; le marteau est posé sur l'enclume W: on n'a point représenté le drosme dans cette figure ni la petite attache qui est placée derriere le poteau n qui soutient la charpente du comble. R empellement particulier que l'on ferme pour interdire à l'eau l'entrée de la huche. V empellement de décharge pour les eaux superflues du bief supérieur.

Bas de la Planche.

Plan du double grillage de charpente qui sert de fondation à l'ordon lorsqu'on ne trouve point un terrein assez solide, dessiné sur une échelle double, A B C D la premiere grille, A B, C D les longrines perpendiculaires à la longueur du courssier, A C, B D les traversines paralleles à la longueur du coursier; les longrines & les traversines de douze pouces d'équarrissage sont entaillées à mi-bois, les encoches des traversines sont reçues dans celles des longrines; on remplit les mailles ou creches de la grille avec des scories de fourneaux ou bien avec des cailloux ou pierres de meulieres que l'on pose à sec sans mortier. La seconde grille E F G H est construite comme la premiere, & également remplie de pierres seches; cette seconde grille fait retraite d'un pié tout-autour pour que la premiere lui serve d'empatement. I K, P Q: L M, N O chassis qui embrasse le pié du stock W de trois piés ou plus de diametre, h projection de la grande attache, k projection du court careau.

3. Aussi dessinée sur une échelle double, plan au rez-de chaussée de la fondation de l'ordon, E F, H K, G g, C D, longrines qui relient l'ordon avec le stock, L M, l m les moises qui embrassent le colet de la grande attache, h emplacement de la grande attache, k emplacement du court carreau; on a indiqué le pié d'écrevisse par des lignes ponctuées. A B la croisée encochée en-dessous pour recevoir les longrines G g, H K, dans les encoches desquelles elle est affermie par des coins, c mortier pour recevoir le pié de la jambe sur l'arbre, 1 & 2 cerceaux de fer qui assurent les bandes de même métal qui entourent le mortier, d entaille qui reçoit le pié de la jambe sur la main, 3 & 4 cerceaux de fer qui assurent la garniture de ce mortier, N O, P Q traversines encochées en dessous vis-à-vis les longrines & vis-à-vis les bras R S, r s du chassis qui embrasse le stock; les longrines & les bras du chassis sont aussi encochés à la rencontre des traversines. Le chassis est composé de deux fortes longrines R S, r s de quinze pouces d'équarrissage & deux traverses, T t, V u de même calibre assemblés à doubles tenons à queue d'hironde; on serre les traverses contre le stock en introduisant huit clés ou coins de bois derriere les tenons, en-sorte que les différentes pieces du chassis ne peuvent s'écarter en aucun sens les uns des autres, on continue de remplir le vuide qui peut se trouver entre les angles intérieurs du chassis & le stok avec autant de coins de bois que l'on enfonce verticalement, que ces espaces en peuvent recevoir. W chambre de l'enclume de dix-huit pouces d'équarrissage sur douze pouces de profondeur.

PLANCHE IV.

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La vignette représente plusieurs ouvriers autour d'une chaufferie, & l'opération de refouler le renard; on voit aussi une partie de l'ordon, M la huche qui fournit l'eau à la roue de l'arbre du marteau, *D D le drosme, 12 le court carreau, 13 le ressort, 1 la jambe sur la main, 2 la jambe sur l'arbre réunies près du drosme par la clé tirante qui soutient le tabarin entre les deux jambes, 14 coins qui assurent la jambe dans son mortier, & au moyeu desquels on fait convenir la panne du marteau avec l'aire de l'enclume, 15 hus ou hurasse dans laquelle le manche du marteau est affermi, 4 la braye qui entoure le manche du marteau; on voit la clé qui le retient passee obliquement dans le tenon ou emmanchure après qu'il a traversé l'œil, W l'enclume sur laquelle pose le marteau.

La chaufferie ou cheminée z est vûe par le devant & le côté du contre vent où est placé l'ouvrier figure 1. e marastre qui soutient le devant de la cheminée, sur cette marastre sont posées en retour celles de la tuyere & du contre-vent: a b autre marastre ou bande de fer qui soutient le manteau d d de la cheminée, 7 ouverture dans le fond de la cheminée par laquelle on introduit de dehors la gueuse qui doit être affinée dans la chaufferie, k le chio par lequel les scories s'écoulent hors de l'ouvrage ou creuset, m fourchette plantée dans le devant, entre les fourchons de laquelle on décrasse les ringards; on voit le basche tout-auprès, 8 & 9 les soufflets, f l'arbre qui les fait mouvoir, D d bascule à laquelle ils sont suspendus, de maniere que lorsque les cames de l'arbre en abaissent un, l'autre se trouve relevé, F ressort ou perche à laquelle la bascule est suspendue, t piece de bois ou chantier sur lequel on pose les ringards; on voit auprès une partie du banc pour asseoir les ouvriers.

Les ouvriers vêtus comme les figures les représentent, c'est-à-dire en chemise & tablier, le chapeau rabattu pour défendre leur visage de l'ardeur du feu, & leurs yeux de la vibration de la flamme, les jambes garnies de bottines pour les défendre de l'ardeur du feu, & pour chaussure des especes de sandales de bois qu'ils nomment patins, avec lesquels ils peuvent marcher impunément sur les laitiers ardens ou autres pieces chaudes qui se rencontrent dans la forge, sont occupés aux opérations suivantes.

Fig. 1. Ouvrier qui avec le gros ringard dont il se sert comme d'un levier du premier genre, fait avancer la gueuse que l'on voit dans l'ouverture 7 vers le foyer; à mesure qu'elle se consomme, la gueuse est portée sur des rouleaux, & le ringard que cet ouvrier tient a pour point d'appui une partie d'une autre gueuse posée sur l'aire de la chaufferie parallelement à la face de la tuyere, lorsque cet ouvrier ne se sert point de son ringard, il le pose sur le basche.

2. Forgeron ou affineur, qui avec un ringard à piquer détache les parties de la gueuse qui sont ramollies par la chaleur, les rassemble dans l'ouvrage ou le creuset, les souleve pour les exposer au vent de la tuyere & en former par ce moyen une masse que l'on nomme renard; c'est pour cet ouvrier que l'on a construit le manteau de cheminée d d ou de garde-vûe, pour retenir les étincelles qui sont lancées avec violence par le souffle des soufflets, & sortent avec la fumée par les sommets z z, & Z" Z" des cheminées dans les Planches précédentes.

3. Ouvrier qui refoule le renard à coup de masse pour en rapprocher les parties. p le refouloir ou la plaque de fonte sur laquelle on refoule le renard pour l'équarrir en quelque maniere, & faire place aux tenailles à cingler avec lesquelles on le saisit pour le porter sous le gros matteau: pendant cette opération on voit le laitier s'écouler de tous côtés sur le refouloir à travers les fentes de la masse spongieuse du renard.

Bas de la Planche.

Fig. 1. gros ringard pour avancer la gueuse dans le foyer, il a dix piés de long; c'est celui que l'ouvrier, fig. 1. de la vignette tient.

2. Autre ringard pour piquer la gueuse, comme fait l'ouvrier, fig. 2. de la vignette, & déboucher le chio; ces ringards qui sont au nombre de quatre pour chaque chaufferie, ont sept piés de long.

3. Fourgon ou écoisse pour ramener ou pousser les charbons dans la chaufferie; la croisée de cet outil a dix pouces de long, sa tige terminée par une douille a quatre piés; le manche de bois que cette douille reçoit a deux piés de longueur.

4. Crochet pour tirer le renard hors du feu, le crochet a huit pouces depuis le coude jusqu'à son extrémité, la tige terminée par une douille & le manche de bois ont chacun trois piés & demi de longueur.

5. Pelle de fer de douze pouces de long & douze pouces de large, terminée par une douille qui reçoit un manche de bois de cinq piés de longueur; cette pelle outre différens usages sert à porter les battitures ou écailles qui tombent au pié de l'enclume sur le renard, pour le raffraîchir avant de le tirer hors de la chaufferie.

6. Haveau ou gambier que tient le goujat pour aider au marteleur à porter les bandes depuis la chaufferie jusque sur l'enclume.

7. Marteau à chapeler, servant à dresser les aires des enclumes, A le marteau à chapeler vû de face. B le même marteau vû de profil; ce marteau a deux tranchans, éloignés l'un de l'autre de huit pouces, l'un B dans le plan du manche, & l'autre dans un plan qui lui est perpendiculaire; il est deffiné sur une échelle double ainsi que la figure suivante.

8. Hache à paille pour couper les pailles qui se levent quelquefois sur les bandes de fer: elle est aussi à deux tranchans, distans de neuf pouces; le manche a environ deux piés de longueur. C la hache à paille vûe de profil, D la même hache vûe de face.

9. Pierre de grès servant à polir les aires des enclumes en la traînant au moyen des manches A & B selon la longueur des aires; la pierre est serrée dans le chassis des manches par des coins de bois.

PLANCHE V.

Bibliothèque Mazarine, exemplaire 2° 3442, numérisé par l’ENCCRE. Licence CC BY-NC-ND 3.0 France — pas d’utilisation commerciale, pas de modification. Le texte de ce site est sous une autre licence, CC BY-SA 3.0.

La vignette représente l'opération de cingler le renard, opération qui suit immédiatement celle qui est représentée dans la vignette de la Planche précédente. La chaufferie est vûe par l'angle du devant & de la tuyere, l'ordon du marteau est vû par le côté de la jambe sur la main, z la hotte de la cheminée, e marastre qui soutient le devant, f marastre du côté de la tuyere, h marastre du côté du contre-vent, d manteau de la cheminée, c pilier isolé entre le devant & le côté du contre-vent, formé ainsi qu'il a été dit par des taques de fonte posées les unes sur les autres, m la fourchette ou l'Y plantée dans le devant, entre les cornes de laquelle on décrasse les ringards, k embrasure au fond de laquelle est le chio par lequel les scories superflues sortent, A chambriere pour porter l'extrémité des bandes ou maquettes B lorsque l'on chauffe l'autre extrémité, p le refouloir auprès duquel est la masse dont se servoit l'ouvrier, fig. 3. de la Planche précédente.

Fig. 1. Chauffeur qui avec un ringard pique la gueuse, retourne le renard dans le foyer pour en exposer successivement toutes les parties au feu; on voit sur l'âtre de la cheminée un tas de charbon & une rasse ou panier qui en paroit rempli. cet ouvrier fait la même chose que celui représenté par la fig. 2. de la Planche précédente.

Dans l'ordon représenté dans la vignette on distingue différentes pieces, *D D le drosme, 1 la jambe sur la main, 2 la jambe sur l'arbre, 3 & 4 coins qui affermissent le haut des jambes dans les entailles du drosme, 12 le tabarin porté sur la clé tirante dont on voit la clavette au-devant de la jambe sur la main, la tête de la clé tirante étant au-delà de l'autre jambe, 13 le ressort qui renvoie le marteau, Y l'arbre de la roue du marteau freté d'un nombre de cercles de fer, on voit trois des quatre bras garnis de sabots qui levent successivement le marteau. v la braye qui garantit le manche du marteau du frottement des bras, H le marteau descendu & posé sur le renard a qui change alors de nom & s'appelle piece, lorsqu'après un nombre de petits coups, il a pris la forme d'un prisme octogone ou d'un parallelepipede rectangle dont les arêtes sont abattues. W l'enclume. C la porte qui communique de la forge à la halle à charbon.

2. Goujat ou aide du marteleur, figure 3. il tient la bielle ou perche suspendue à l'extrémité de la bascule de l'empellement de la roue de l'arbre du marteau, pour donner en tirant cette perche la quantité d'eau nécessaire à la roue pour que son arbre leve lentement le marteau qui doit frapper à petits coups sur le renard; on augmente successivement la vîtesse de la roue à mesure que les différentes parties du renard se rapprochent les unes des autres, & qu'il acquiert la forme & la compacité qui lui fait donner le nom de piece; le goujat arrête le mouvement du marteau en élevant la perche qui répond à la bascule de l'empellement de la roue; on voit cette bascule & la perche en h k m dans la Pl. III.

3. Le marteleur qui cingle le renard, il saisit avec les tenailles à cingler le renard refoulé sur le refouloir, (fig. 3. de la Planche précédente), il le porte sur l'enclume où successivement les coups de marteau lui donnent la forme & la consistence qui lui méritent le nom de piece; les premiers coups doivent être foibles, car un coup violent feroit éclater le renard en pieces au grand danger des ouvriers: dans le commencement de cette opération on voit ruisseler le laitier fondu comme l'eau qui sort d'une éponge que l'on comprime; la piece façonnée est ensuite reportée à la chaufferie.

Bas de la Planche.

Fig. 1. Tenailles à cingler, a b les mords de six pouces de longueur & cinq d'ouverture ou environ, c le clou ou charniere de la tenaille, c d les branches arrondies dont la longueur est d'environ quatre piés; les mords saisissent le renard par la partie que l'on a comme équarrie en le refoulant, le marteau le quitte & le reprend sur l'enclume pour le tourner de différens sens, & par ce moyen faire tomber les coups de marteau où il convient qu'ils soient appliqués.

2. Autres tenailles plus petites servant à radouber les outils, d les mords, e le clou ou charniere, e f les branches.

3. Grosses tenailles à chauffer les pieces, A B les mords qui doivent être très-gros pour mieux resister au feu dans lequel ils sont plongés, C le clou ou charniere qui doit être très-fort; la distance du clou ou la longueur des mords est de sept pouces, celles des branches C D, C E qui sont meplates est de cinq piés & demi, F clame ou S servant à serrer la piece dans les mords de la tenaille en la faisant couler vers les extrémités D & E des branches, G H la clame vûe en plan: on voit dans la vignette de la derniere Planche de cette section une tenaille de cette espece placée dans le foyer de la chaufferie.

Après que les pieces sont chauffées on les retire sur la plaque qui est au-devant du creuset, plaque sous laquelle est l'embrasure du chio: là on desser la tenaille en faisant couler la clame du côté du clou ou de la charniere pour lui substituer une tenaille à coquille représentée par la figure suivante.

4. Tenaille à coquille pour tenir les pieces & les porter au marteau, a le mords de dessus, b le mords de dessous formé en demi-cylindre creux, d'une grandeur propre à recevoir les pieces; la longueur des mords depuis le clou ou charniere est de neuf pouces, les pieces y entrent de cinq à six pouces: la longueur totale de la tenaille dont les branches c e sont arrondies, est de quatre piés & demi, d clame ou anneau que l'on introduit par l'extrémité e pour serrer les branches & par ce moyen les pieces dans les mords, f la même clame ou anneau représentée en plan.

Les figures suivantes représentent la suite des diverses conformations qu'acquiert successivement un renard pour être transformé en bandes ou en barreau.

5. Le renard ou loupe tel qu'il sort du creuset, affinerie ou renardiere; sa figure ne peut mieux être comparée qu à une éponge.

6. Piece; c'est l'état où parvient le renard dès la premiere chaude.

7. Encrénée; c'est l'état où parvient la piece à la seconde chaude, A B les deux bouts de la piece, C la partie du milieu qui a été étirée sur le travers de l'enclume, ainsi que la vignette de la Planche suivante le représente.

8. Maquette; c'est l'état où parvient l'encrénée à la troisieme chaude, après que son extrémité A a été étirée sur le travers de l'enclume, & parée sur la longueur de son aire; on refroidit alors la partie A C de la maquette dans le basche, on desserre la tenaille à coquille & on met chauffer la partie B que l'on étire sur le travers de l'enclume, & que l'on pare sur sa longueur comme l'autre côté, pour avoir le barreau ou la bande que la figure suivante représente.

9. A B le barreau ou la bande entierement achevée; on place les bandes & les barreaux de bout contre les murs de séparation de la forge & des halles à charbon, & aussi derriere la petite attache contre le mur de la forge.

PLANCHE VI.

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La vignette représente l'opération de forger ou étirer l'encrénée: l'ordon du marteau est vu de l'entrée C de la halle à charbon, du mur mitoyen de laquelle on a abattu une partie pour laisser voir l'arbre de la roue du marteau & la partie de l'ordon qui eût été cachée sans cette attention.

Y l'arbre de la roue du marteau; on y distingue trois des bras garnis de leurs sabots qui levent le marteau & les différens cercles ou frettes de fer qui le fortifient; le cercle de la base est percé de différens trous pour y appuyer un ringard auquel les oreilles de l'empoisse E servent de point d'appui, & par ce moyen faire prendre à la roue un commencement de rotation qui puisse tenir le marteau suspendu, comme on le voit dans la figure, lorsqu'on y apporte le renard. 3 le tourillon qui porte sur l'empoisse. D le chevalet qui porte l'empoisse. W l'enclume. L son aire large de quatre pouces. K la panne du marteau. I l'emmanchure traversée obliquement par une clé de fer formée en coin, introduite par le haut de sa mortaise. H la tête du marteau.

Les différentes pieces visibles de l'ordon sont (outre la huche M qui fournit l'eau à la roue du marteau), la grande attache marquée *W, un de ses bras buttans marqué 5. *D D le drosme. D *S la petite attache.

La chaufferie est vue par le pilier isolé c qui sépare le devant du contrevent. b extrémité supérieure de la bande de fer ou marastre qui soutient le manteau d de la cheminée. h h marastre qui soutient la hotte de la cheminée du côté du contrevent. 7 ouverture dans le mur de fond de la cheminée par laquelle passe la gueuse portée par des rouleaux: on voit aussi le gros ringard qui sert à l'avancer dans le foyer, & le billot sur lequel est posée l'écuelle à mouiller.

Le forgeron ou marteleur, fig. 1, est occupé à étirer l'encrénée A B, qu'il tient de la main gauche, avec les tenailles à coquille, serrées par une clame ou anneau, saisissant alternativement les branches de la tenaille près la cheville qui les assemble. Il donne quartier à la piece qu'il forge pour que les coups du marteau qui est renvoyé avec violence par le ressort 13, tombent alternativement sur les différentes faces du barreau qu'il meut aussi en long sur le travers de l'enclume, pour que les coups du marteau ne tombent pas toujours au même endroit. Par cette opération la piece s'alonge, & devient dans son milieu un barreau ou une bande meplate de l'échantillon demandé. On rechauffe ensuite la partie A, que l'on étire de la même maniere. On la pare sur la longueur de l'aire de l'enclume, comme on le voit dans la planche suivante. En cet état la piece quitte le nom d'encrénée, & prend celui de maquette, dont on refroidit la partie achevée dans l'eau du basche pour pouvoir la tenir avec les mains, & rechauffer la partie B qui étoit renfermée dans les tenailles à coquille que l'on ôte & qu'on met refroidir dans la place qui leur est destinée. On voit dans la vignette de la Planche précédente à côté de la barre B, une maquette dont la partie non encore étirée est placée dans le foyer.

Bas de la Planche.

Plan & coupes d'un foyer, affinerie ou renardiere, autrement dit ouvrage, formé de taques ou plaques de fer fondu d'environ trois pouces d'épaisseur.

2. Plan de la renardiere. A, B partie du mur de la chaufferie du côté de la tuyere. B pilier de l'angle du devant & de la face du côté de la tuyere. C D le mureau construit de briques ou tuileaux; le mureau enveloppe la tuyere. E F G la tuyere qui est de cuivre rouge. E F l'ouverture de la tuyere qui reçoit les buses des soufflets. G le museau de la tuyere qui doit être fort épais, & entrer dans l'ouvrage d'environ trois pouces. H I la varme sous la tuyere. K L l'aire. M N le contrevent. R S le fond de deux piés & demi de long sur quinze pouces de large, non compris la partie de sa longueur qui passe sous le chio. T V le chio percé d'une ouverture pour donner l'écoulement aux scories dans l'espace k entre les deux suppôts X X qui soutiennent la grande taque Z sur le devant de l'ouvrage. Cette taque est indiquée par des lignes ponctuées. Y trou qui reçoit la fourchette dans laquelle on décrasse les ringards.

3. Coupe transversale de la renardiere de la tuyere au contrevent. E F G la tuyere. G son museau élevé de six pouces au-dessus du fond. H I la varme. K L l'aire. M N le contrevent. R S le chio: l'aire & le contrevent sont élevés de dix pouces au-dessus du fond R S qui est posé sur deux chantiers de fonte.

4. Coupe longitudinale de la renardiere creuset, ou ouvrage, parallélement à la face de la tuyere. B pilier du devant à la face de la tuyere. H I la varme sous l'orifice de la tuyere marquée par la lettre G. K L l'aire; le contrevent est supprimé pour laisser voir l'intérieur. R S le fond posé sur les deux chantiers O P. Q canal expiratoire pour évaporer les humidités qui peuvent se trouver sous le creuset. T V le chio percé d'un trou presque à la hauteur de la tuyere. Z Z la grande taque du devant, dans laquelle la fourchette à décrasser les ringards est fixée: cette taque ou plaque pourroit recouvrir le chio, le contrevent étant entaillé convenablement pour la recevoir. k embrasure ou niche formée par les deux taques X, X, fig. 2, par laquelle les scories s'écoulent lorsqu'on perce le chio pour leur donner issue.

5. La tuyere de cuivre rouge représentée en perspective par le côté de son ouverture qui reçoit les buses des soufflets.

PLANCHE VII.

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La vignette qui représente l'opération de parer une maquette, la chaufferie & l'ordon du marteau, sont vus presque du même point que dans la vignette de la planche V. z la chaufferie. e marastre qui soutient le devant de la cheminée. f marastre du côté de la tuyere. h marastre du côté du contrevent. a b bande de fer ou marastre qui soutient le manteau de la cheminée. c pilier isolé entre le devant & le contrevent. 5 le billot ou bloc de pierre sur lequel on pose l'écuelle à mouiller. 6 le basche où on puise l'eau. k embrasure qui conduit au chio, par laquelle les scories sortent hors de l'ouvrage. On voit au-dessus une tenaille à chauffer une piece, ses branches sont serrées par une clame. p est le refouloir.

Les parties de l'ordon qui sont visibles dans cette Planche sont le drome marqué par les lettres *D D. 1 la jambe sur la main. 2 la jambe sur l'arbre. 12 le tabarin porté par la clé tirante. 13 l'extrémité du ressort qui renvoie le marteau. H K le marteau. K sa panne vue par sa longueur. W l'enclume le long de l'aire, de laquelle la partie étirée de la maquette est étendue pour être parée, c'est-à-dire rendue unie. C porte de communication de la forge à la halle à charbon. *S D la petite attache près de laquelle on voit le poteau n o qui soutient la charpente du comble de la forge; près la base de ce poteau on voit la piece de bois r, sur laquelle on appuie les tenailles à coquilles. On voit derriere le marteau une grande plaque de fer suspendue au drosme, elle sert à garantir l'extrémité de l'arbre de la roue du marteau de la grande ardeur des renards & des pieces, & aussi à réflechir sur l'enclume l'eau que le goujat jette, quand on pare les bandes ou barreaux. Cette eau par sa prompte évaporation occasionne à chaque coup du marteau un grand bruit qui n'est rien moins qu'agréable à l'oreille.

Fig. 1. Forgeron qui avec un ringard débouche le chio pour faire écouler le laitier ou les scories superflues.

2. Goujat qui avec l'écuelle à mouiller jette l'eau qu'il puise dans le bache sur le marteau & l'enclume. Cette eau fait détacher les écailles de la bande de fer que l'on veut parer, de laquelle toutes les inégalités occasionnées par la panne du marteau lorsqu'on l'a étirée en-travers de l'enclume disparoissent.

3. Forgeron ou marteleur tenant une maquette sur l'enclume avec la tenaille à coquille. Il conduit la partie étirée de la maquette le long de l'aire de l'enclume, faisant tomber les coups du marteau tantôt sur le plat de la bande, tantôt sur le champ, pour effacer toutes les empreintes des coups de panne que le marteau y a faites en étirant la barre, & par ce moyen en bien dresser les faces, & en former les vives arêtes, ce en quoi consiste la perfection de cette opération. La maquette ainsi parée & rafraîchie dans l'eau du basche, est remise au feu pour chauffer la partie contenue dans la tenaille; on étire & on pare cette partie de la même maniere que l'autre bout, pour avoir une bande ou un barreau de l'échantillon demandé.

Bas de la Planche.

Fig. 1. La varme vue de face & en perspective; la tuyere se pose au milieu de son dessus H I qui est élevé de six pouces au-dessus du fond de l'ouvrage.

2. Le contrevent; son dessus M N est élevé de 10 pouces au-dessus du fond de l'ouvrage ou renardiere; au-dessus de la partie M N, on met une autre plaque semblable que l'on nomme contrevent de dessus, cette plaque qui garantit les charbons qui lui sont adossés, & concentre la chaleur dans l'ouvrage, est visible dans les chaufferies des vignettes des Planches IV, VI & VII.

3. L'ouvrage ou renardiere en perspective; on a supprimé la plaque du devant, le contrevent de dessus & le chio pour laisser voir l'intérieur. A B partie du mur du côté de la tuyere. C D le mureau. E F G la tuyere. G son museau. H I la varme. K L l'aire. M N le contrevent. R S le fond.

4. Le chio en perspective; il se pose sur le bout excédent du fond, & contre les extrémités de la varme & du contrevent; l'ouverture que l'on voit au milieu est celle que l'ouvrier, fig. 1 de la vignette, débouche avec un ringard pour laisser écouler le laitier & les scories superflues: cette ouverture doit être plus bas que le niveau de la tuyere.

5. Une des deux plaques qui forment l'embrasure du chio sous la grande taque du devant qui s'applique sur le dessus X x.

6. X Z La grande plaque ou taque du devant de l'ouvrage. Y y la fourche dans laquelle on décrasse les ringards qui ont été plongés dans le creuset, & en ont rapporté ou de fer fondu ou des laitiers figés. y la queue de la fourchette.

7. Plaque semblable à celle décrite ci-devant, fig. 5, avec laquelle elle forme l'embrasure du chio.

CINQUIEME SECTION.

Des deux especes de fenderies.

PLANCHE Iere.

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PLan général d'une fenderie dans laquelle on divise les bandes de fer en plusieurs verges. La fenderie de la premiere espece est construite sur lachaussée d'un étang, ou autre lieu convenable pour avoir une chute suffisante pour l'eau qui doit faire mouvoir les machines. A B l'étang, canal ou bief supérieur qui fournit l'eau à la fenderie. a, a joueieres de l'empellement qui fournit l'eau à la roue des espatards; les vannes ou pelles de cet empellement qui servent de portes de garde, restent levées tant qu'il n'y a point de réparations à faire à l'empellement particulier de la roue des espatards. a a poteau de séparation des deux vannes; on a supprimé dans tous les empellemens le chapeau qui recouvre les potils ou poteaux, pour laisser voir les feuillures qui reçoivent les pelles. C empellement particulier de la roue des espatards auquel l'eau est conduite par-dessous un pont. c', c" bascule pour ouvrir ou fermer à discrétion cet empellement de dedans l'attelier, au moyen d'une bielle ou perche suspendue en c", ainsi qu'il a été expliqué dans la section précédente. C D continuation du coursier souterrein qui porte l'eau à la roue. E F la roue à aubes dont l'arbre se raccorde en S avec le tourillon de l'espatard de dessus. G pont dans le mur de clôture, sous lequel passe l'eau qui a fait tourner la roue. G H sous bief par lequel l'eau se perd en passant sous le pont H I dans le sous canal ou prairie. I, l i.

L'autre empellement b, b, b b semblable au précédent, fournit l'eau par-dessous le pont b b K, & le canal K, k k dans la huche L, qui par l'empellement particulier M, la fournit à la roue N O. L'empellement M s'ouvre & se ferme au moyen de la bascule m'm", à l'extrémité m" de laquelle une perche ou biele est suspendue. L'arbre de cette roue se raccorde en T avec le tourillon des taillans de dessous: l'une & l'autre de ces deux roues, non compris les aubes, ont douze piés de diametre, sont enrayées en huit parties; leur circonférence est formée par un double cours de courbes de six pouces de large sur quatre d'épaisseur élégies, pour reserver des bossages vis-à vis les rayons. Ces courbes sont posées en liaison, le plein à côté du joint. Elles portent vingt-quatre aubes de vingt pouces de large sur douze de hauteur, soutenues chacune par deux coyaux, comme on le voit dans le profil, planche suivante. L'eau après avoir fait tourner la roue N O, en sorte que le point N passe sous l'arbre pour remonter en O, s'écoule par le canal dans lequel on a placé une fleche, passe sous la huche dans le sous-bief H h, & s'écoule par dessous le pont H h I i, dans le marais ou sous-canal dans laquelle elle se perd, l'autre roue tourne dans le sens opposé.

Le bâtiment qui contient les deux roues, ou la fenderie proprement dite, contient aussi le fourneau de reverbere dans lequel on fait chauffer les bandes de fer que l'on veut fendre en plusieurs verges. Ce bâtiment qui communique à l'attelier du bottelage par la porte Z, a intérieurement environ sept toises de large entre les murs paralleles aux coursiers, & six toises de longueur depuis le fond du fourneau jusqu'à la porte qui communique à l'attelier du bottelage Z AE. Cet attelier a intérieurement environ cinq toises & demi de large sur cinq toises de long de Z en AE, qui est la porte chartiere par laquelle on entre dans la fenderie.

Le fourneau est composé de trois parties; du fourneau Q dans lequel on met chauffer les bandes de fer que l'on veut fendre, de deux toqueries ou chaufferies P R, dans lesquelles on jette le bois. Il y a des fenderies où il n'y en a qu'une; l'ouverture du dessus de la toquerie par laquelle on jette le bois, est garnie d'un chassis de fer fondu, dans les feuillures duquel coulent des pelles de fer forgé que l'on ferme après avoir introduit le bois qui tombe sur une grille. R toquerie fermée. P toquerie ouverte. Les ouvertures des cendriers par lesquelles entre l'air extérieur qui anime la flamme pour la lancer dans le fourneau par les ouvertures V, V, sont placés en r & p. On monte à chaque toquerie pour y jetter le bois par trois marches ou degrés; il faut aussi entendre que dans cette figure le haut P & R des toqueries est plus élevé que le plan du fourneau, plan qui est pris au niveau de l'aire de sa gueule. V, V embrasures ou ouvertures qui communiquent à l'intérieur des toqueries, c'est par ces ouvertures que la flamme entre dans le fourneau. X embrasure de la bouche du fourneau. Y la bouche garnie d'un fort chassis de fer fondu pour préserver les parois du fourneau qui sont de briques du frottement des barres de fer qui les auroient bien tôt détruits sans cette précaution.

Les espatards S & les taillans T sont fixés sur deux fortes solles, semelles ou pieces de charpente s s, t t, encochées par le dessous pour être reçues dans les encoches des traversines; il en est de même des pieces de charpente s's', t't' qui soutiennent les chevalets & les empoisses de fer des tourillons des arbres des roues; les empoisses des tourillons extérieurs sont de bois.

L'attelier du bottelage, dont on trouve les dimensions ci-dessus, contient les tables à botteler le fourneau à recuire les liens & la forge pour radouber les outils. f f, g g les tables pour botteler & redresser la verge. 1 & 4 chevilles entre lesquelles on redresse la verge 2, 2, 3, 3 fourchette dans lesquelles on la met en botte de 50 liv. pesant, y compris les liens. 5, 5, dans la table f f pieces de fer verticales pour séparer le bottelage de deux ouvriers. OE la forge à radouber les outils. W le soufflet. h l'enclume. k la bigorne ronde d'un côté, & quarrée de l'autre. l m l'établi auquel un étau doit être attaché. x porte du cabinet ou magasin.

PLANCHE II.

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Coupe transversale & longitudinale de la fenderie de la premiere espece.

La figure 1. est la coupe transversale de la fenderie prise par un plan entre les arbres des roues & le mur mitoyen à la fenderie & au bottelage. On voit dans le fond, derriere les espatards & les taillans, le fourneau, ses deux toqueries & les trois cheminées qui les recouvrent. K pont sous lequel passe l'eau qui vient emplir la huche, que l'on a fracturée pour laisser voir la roue N O des taillans d'en-bas; cette roue tourne de sorte que le point N descend par-devant l'arbre a b pour se rendre en O. On voit à côté la cloison qui sépare le coursier du sous-bief par lequel l'eau s'écoule en passant sous la huche. T la solle sur laquelle les taillans sont établis. S la solle qui soutient les espatards; on voit au-dessous la traversine dans laquelle elles sont encochées. c d l'arbre de la roue E F de l'espatard de dessus; cette roue tourne de maniere que le point E descend postérieurement à l'arbre pour se rendre en F. Au-dessus des lettres b & c, on voit la coupe des basches qui fournissent l'eau pour rafraîchir les espatards & les taillans; plus loin, comme il a été dit, est le fourneau. Y la bouche du fourneau bordée d'un chassis de fer, & placée au milieu d'une espece d'arriere voussure construite en briques, ainsi que l'intérieur du fourneau. P, R les deux toqueries ou chaufferies. p r les hottes de leurs cheminées. p p, r r orifices des cheminées au-dessus du toit, par lesquelles les fumées s'exhalent. Q la cheminée du fourneau dont la hotte suspendue par trois liens de fer à une solive posée sur les entraits des fermes qui soutiennent le comble, reçoit la flamme & la fumée qui sort par la bouche Y du fourneau. q q ouverture de cette cheminée au dessus du comble.

2. Coupe longitudinale de la fenderie & du bottelage. A étang ou bief supérieur qui fournit l'eau aux roues de la fenderie. a queue des pelles de garde à l'entrée du pont qui fournit l'eau à l'empellement de la roue des espatards. a a, b b, b b b I fond du coursier de la roue des espatards. E F cette roue. c c le basche qui fournit l'eau aux espatards, l'eau est portée dans le basche par une gouttiere ou chanlatte qui reçoit une partie de celle que la roue en tournant lance de tous côtés, & l'eau du basche est distribuée aux espatards par des petites gouttieres particulieres que l'on verra dans les figures suivantes. Il en est de même de l'équipage des taillans qui a son basche particulier. T l'équipage des taillans projetté sur celui des espatards. t t la solle ou semelle sur laquelle l'équipage des taillans est établi. Cette semelle est encochée en-dessous pour recevoir les quatre traversines que l'on voit dans la figure. Ces traversines sont aussi encochées en-dessus vis-à-vis les solles de l'équipage des taillans & de l'équipage des espatards pour les recevoir ainsi qu'elles reçoivent les chantiers qui portent les chevalets & les empoisses des tourillons des deux arbres des roues. Q le massif du fourneau. q q orifice de la cheminée. P la toquerie. V la grille sur laquelle tombe le bois. Au-dessous de la même lettre on voit le cendrier par lequel l'air extérieur entre dans la toquerie pour animer le feu, & en lancer la flamme dans le fourneau. p hotte de la cheminée de la toquerie. p p ouverture de cette cheminée au-dessus du toit.

La fenderie communique à l'attelier du bottelage par la porte Z. On voit dans cet attelier le fourneau à recuire les liens, formé par deux piliers de briques d d, adossés au mur; chacun de ces piliers a quinze pouces de large & vingt pouces de saillie hors le nud du mur; entre ces deux piliers qui sont espacés de douze pouces, est établie à dix huit pouces de hauteur une grille de fer sur laquelle on pose les liens & les charbons destinés à les faire rougir. On verra dans une des Planches suivantes la maniere d'en faire usage. AE porte d'entrée de la fenderie par l'attelier du bottelage.

PLANCHE III.

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La vignette représente une vue du fourneau & des équipages des espatards & des taillans. Plusieurs ouvriers sont occupés à l'opération de fendre une barre de fer en verges.

Les bandes que l'on veut fendre étant coupées de longueur convenable pour pouvoir être placées dans le four, & y être arrangées les unes sur les autres en forme de la lettre X, comme on le voit dans la Planche IX. ci-après, on allume le feu dans les toqueries P & R, ou dans l'une des deux seulement, observant de boucher la communication de l'autre toquerie avec le four; le feu allumé, on l'entretient avec du bois que l'on jette par les ouvertures P & R du dessus des toqueries, ouvertures que l'on referme aussi-tôt que le bois est introduit avec les pelles de fer, ainsi qu'il a été dit ci devant. Le bois que l'on emploie est de l'échantillon de trois piés & demi à quatre piés.

La flamme des toqueries lancée par l'air extérieur dans la capacité du four a bientôt échauffé les barres qui y sont renfermées, & sont comme isolées les unes au dessus des autres; une heure suffit ordinairement pour que la fournée soit chauffée à blanc: en cet état, & ayant modéré le feu, ou fermé en totalité ou en partie les cendriers des toqueries, si la flamme sort avec trop de violence par la bouche Y du fourneau, on tire les barres les unes après les autres du fourneau pour les passer entre les espatards, & successivement entre les taillans qui les subdivisent.

Fig. 1. Ouvrier en chemise qui avec de longues tenailles tire les barres hors du four pour les présenter aux espatards C D, entre lesquels la barre s'applatit & s'alonge d'environ un tiers, & sort du côté d'aval pour être reçue par l'ouvrier, figure 2, qui avec des tenailles la passe par-dessus les équipages au troisieme ouvrier, qui de la même chaude la présente aux taillans. Pendant cette opération les espatards ou cylindres sont continuellement rafraîchis par l'eau qui tombe dessus. Cette eau qui vient de la roue par la chanlatte ou canal 1 2, creusé dans une piece de bois, & arrive dans la basche c c, en sort par une ouverture garnie d'un fausset, & coule le long de la petite gouttiere de tolle 3 4, pour se rendre dans la passoire 5, d'où elle tombe comme d'un arrosoir sur les cylindres, espatards ou laminoirs C D, qui par ce moyen sont rafraîchis.

Le mouvement est communiqué directement par l'arbre E de la roue à l'espatard supérieur C, au moyen de la boîte G, qui raccorde le tenon quarré de l'espatard avec le quarré de la meche du tourillon de l'arbre, le tenon opposé de l'espatard supérieur est reçu dans la boîte V, qui par le moyen de l'arbre de fer Y'& de l'autre boîte V'se raccorde à la trousse supérieure des taillans qui est mue ainsi par renvoi.

L'espatard ou cylindre inférieur D est mu par renvoi. L'arbre O de la roue qui meut directement la trousse inférieure des taillans au moyen de la boîte N qui raccorde la meche de cet arbre avec celle de cette trousse, est prolongé jusqu'à l'espatard inférieur D par le moyen des boîtes u', u, & de l'arbre de communication y, ce qui fait tourner cet espatard en sens contraire au premier. E e, E e les deux montans antérieurs du côté d'aval, ou de la sortie des bandes; ces montans & leurs correspondans du côté d'amont sont reliés par des brides serrées avec des coins qui traversent le haut des montans pour comprimer les empoisses ou collets sur les tourillons des espatards: c'est sur ces brides que portent les extrémités de la passoire. S s's' partie antérieure du côté d'aval de la solle ou semelle sur laquelle les espatards sont établis.

A mesure que la bande de fer attirée par la rotation des cylindres ou espatards dont la vîtesse doit être égale, s'applatit, on voit s'en détacher des écailles de près de demi-ligne d'épaisseur; ces écailles ne sont autre chose que le laitier superflu que la recuisson vive du fer dans le fourneau de reverbere fait monter à la surface, joint à une petite partie de fer scorifié, & aux cendres vitrifiées qui s'attachent aux bandes de fer dans le fourneau; on peut employer ces écailles au même usage que les battitures que l'on rassemble autour de l'enclume, desquelles on a parlé dans la section précédente.

2. Second ouvrier qui attend que la bande que le premier ouvrier tire du fourneau, & qu'il présentera aux espatards, en sorte du côté d'aval S; alors cet ouvrier la saisit avec les tenailles sur lesquelles il semble se reposer, & la passe par-dessus les communications des équipages des espatards & des taillans à l'ouvrier, fig. 3, qui la présente du côté d'amont aux taillans.

3. Ouvrier qui ayant reçu de l'ouvrier, fig. 2, la bande applatie, & encore rouge, la présente aux taillans, entre lesquels elle est attirée & comme avalée par la rotation simultanée des deux trousses qui les composent; la bande sort du côté d'aval, divisée en autant de verges qu'il y a de taillans moins deux dans la somme de ceux qui composent la trousse supérieure impaire & la trousse inférieure qui est toujours paire; on ne pourra bien entendre comment se fait cette division, qu'après avoir vu l'explication des Planches suivantes, dans lesquelles on a représenté d'une maniere intelligible l'intérieur de la cage qui renferme les taillans & leur vraie construction.

Pendant l'opération de la fente, ainsi que pendant l'opération d'applatir le fer entre les espatards, les taillans sont continuellement rafraîchis & arrosés par l'eau du second basche c c, amenée de la roue par la chanlatte 1 2, & distribuée par la passoire 5, dans laquelle elle coule par la gouttiere de tolle 3, 4, & en outre l'ouvrier, fig. 3, graisse les taillans à chaque bande qu'il passe, avec du suif con-tenu dans la cuvette c, fig. 3 au bas de la Planche, en se servant d'une verge de fer a b, au bas de laquelle une éponge ou autre chose équivalente est attachée; cette cuvette est placée du côté d'amont entre la cage qui renférme les taillans & un des piliers qui soutiennent le basche, pour être à portée de l'ouvrier.

La cage qui renferme les taillans est composée d'un grand nombre de pieces, outre les quatre montans semblables aux deux antérieurs e e du côté d'aval, que l'on détaillera dans les Planches suivantes. T t't' partie d'aval de la solle sur laquelle l'équipage des taillans est établi. On voit près de T les tenailles croches, dont le plan de l'anneau que forment les mords est perpendiculaire à la longueur des branches. Ces tenailles servent à l'ouvrier, fig. 4, à rassembler les verges à la sortie des taillans. Entre les deux solles des espatards & des taillans on voit sous les communications des deux équipages, deux Planches qui recouvrent la fosse dans laquelle on descend pour retirer les clés qui assurent les montans en dessous des solles lorsqu'il y a quelques réparations à y faire.

4. Ouvrier qui après avoir réuni les verges avec la tenaille croche qui est posée sur la solle, les saisit & les porte avec des tenailles ceintrées & planes, il s'éloigne de l'équipage des applatissoirs à mesure que la verge sort, & son aide, fig. 5, avec un crochet ou gambier qu'il passe sous les verges, lui aide, après qu'elles sont entierement sorties d'entre les taillans, à les porter dans l'attelier de bottelage où elles sont redressées, pesées & mises en bottes, comme on en voit un tas contre le mur de la fenderie près la roue qui donne directement le mouvement à la trousse inférieure des taillans.

5. Goujat ou aide de l'ouvrier précédent.

Bas de la Planche.

Fig. 1. Tenailles ceintrées & planes que tient l'ouvrier, fig. 4, pour porter les verges au sortir des taillans. a le mords de dessus. b le mords de dessous. c la cheville, clou ou charniere de la tenaille éloignée de huit pouces de l'extrémité des mors. c d, c e les branches de deux piés de long depuis la cheville c.

2. Crochet ou gambier que tient l'ouvrier, fig. 5, pour aider à l'ouvrier, fig. 4, à porter les verges; le crochet a b a environ quatre pouces de long; la longueur c d du manche est de deux piés quatre pouces ou environ.

3. Qui, ainsi que les deux précédentes, est dessinée sur la grande échelle; la boîte à suif & l'éponge attachée à une verge de fer pour graisser les taillans; cette boîte qui est de tôle a huit pouces en quarre & deux pouces de profondeur.

4. Dessinée sur la petite échelle. Coupe transversale du four & des deux toqueries qui y communiquent. Q le four dont l'aire élevée de trois piés au-dessus du rez-de chaussée, est ainsi que la voute construite en briques de la meilleure qualité, vû le grand feu qu'elles doivent soutenir. La voute est élevée de deux piés au-dessus de l'aire: la largeur du four est de sept piés, sa longeur de dix à onze; le vuide des toqueries est de quatre piés en quarré, & elles communiquent au fourneau par deux ouvertures ou lunettes V, V de deux piés & demi de longueur, ce qui est l'épaisseur des murs du fourneau; ces ouvertures ont du côté de la toquerie dix pouces de hauteur, à compter du niveau de l'aire du fourneau, & huit pouces de largeur: chaque toquerie renfermée dans une maçonnerie cubique d'une toise de dimension, est voutée & terminée par une ouverture P & R de douze pouces en quarré par laquelle on jette le bois; le bois tombe sur des grilles pp, rr élevées de deux piés au-dessus du fond du cendrier. p, r ouvertures des cendriers, par lesquelles l'air extérieur entre pour animer le feu; ces ouvertures ont vingt pouces en quarré.

5. Coupe longitudinale du four par un plan perpendiculaire à la précédente. Q le four. V lunette de communication de la toquerie P avec le four Y la bouche ou gueule du four revêtue d'un chambranle ou chassis de fer fondu. q la hotte de la cheminée. q q partie de la cheminée.

PLANCHE IV.

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La vignette représente l'intérieur de l'attelier du bottelage, & deux ouvriers occupés l'un à redresser la verge, & l'autre à serrer les liens: on a supprimé la seconde table à botteler f f dans le plan général pour laisser voir le fourneau dans lequel on fait rougir les liens; on voit par la porte Z une partie de la fenderie. E la roue à aubes à l'arbre F de laquelle l'espatard de dessus est raccordé par une boîte. c le cendrier du fourneau. d d les deux piliers de briques dont on a donné ci-devant les dimensions. a plaque de fonte qui couvre le dessus du fourneau. d d représente aussi la grille sur laquelle les charbons & les liens sont posés. x tas de verges mises en bottes & liées de trois liens dressés contre le mur & le cabinet dont on a parlé.

Fig. 1. Botteleur qui redresse la verge en la ployant du sens convenable entre deux chevilles de fer fichées horisontalement dans l'épaisseur de l'établi, on voit deux chevilles semblables dans la face antérieure de l'établi. La verge redressée est posée dans les fourchettes ou demi ronds 2, 2 jusqu'à ce qu'il y en ait cinquante livres poids de marc, ce dont on s'assure avec des balances dont cet attelier doit être pourvû, ainsi que d'un plateau ou grille commode pour les porter, lequel est représenté dans le bas de la Planche. Il y a une autre maniere de redresser la verge au martinet, préférable à celle que l'on vient d'exposer; on en trouvera l'explication dans la seconde espece de fenderie ci-après.

L'établi g g g est une forte table de bois de sept piés de long, trois piés de large, & environ six pouces d'épaisseur, soutenue par quatre piés A, B, C, D, scellés dans le sol de l'attelier, sur laquelle sont les quatre fourchettes ou demi ronds 2, 2, 3, 3, dont les queues traversent l'épaisseur de l'établi, & deux pieces de fer verticales 5, 5, pour séparer l'établi en deux, lorsque comme celui-ci il est assez large pour servir en même tems à deux ouvriers.

2. Botteleur occupé à tordre les liens d'une botte contenue dans les fourchettes ou croissans 3, 3 préalablement pesée; il se sert pour cet effet des tenailles, avec lesquelles il a tiré les liens du feu. Pour réunir & approcher les verges les unes des autres, il se sert d'un instrument auquel ils ont donné le nom de chaîne: cet instrument est représenté par la fig. 3. du bas de la Planche.

L'enclume h que l'on voit placé sur son billot k sert à radouber les outils & les taillans de la fenderie; sa bigorne devroit paroître ronde. n le marteau. l un taillant ou rondelle intermédiaire. m lien. o tenailles.

Bas de la Planche.

Fig. 1. Tenailles pour tordre les liens.

2. Marteau du botteleur.

3. Chaîne ou levier dont le bout a entre dans le piton 4 de l'établi, fig. 5. près la verge placée dans les croissans ou fourchettes: la partie concave b recouvre la verge en-dessus, en rassemble les différens brins, ce qui permet d'y ajuster les liens; l'ouvrier appuie sur la partie e ensorte que cet instrument lui sert de levier du second genre pour comprimer & réunir les verges qui composent la botte.

4. Grille servant à peser la verge redressée avant de la lier en bottes. c crochet qui s'attache au fléau de la balance ou au crochet de la romaine, si on se sert de romaine pour peser. c d la bifurcation de la tige c d qui se sépare en deux crochets e e, pour recevoir la grille de bois A a, A a, formée par deux regles de bois A A & a a de huit piés de longueur, trois pouces de large aux extrémités, & trois pou-ces & demi vers le milieu: ces deux pieces qui sont distantes l'une de l'autre de quatre pouces environ sont entretenues ensemble par trois chevilles, placées, deux vers les extrémités, & la troisieme vers le milieu en C: c'est sur ces chevilles que posent les verges pendant le tems de la pesée.

5. L'établi ou la table à botteler. g g g g la table de sept piés de long, trois de large, & six pouces d'épaisseur. A B C D les quatre piés coupés à rase du terrein. 2, 2 les fourchettes demi-ronds ou croissans du côté opposé au devant. 3, 3 les fourchettes du devant. 4, 4 les pitons terminés en anneaux où s'accrochent les leviers, fig. 3. que l'on nomme chaînes. 5, 5 fers pour séparer le bottelage de deux ouvriers.

PLANCHE V.

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Le haut de cette Planche représente en perspective & du côté d'aval l'équipage des laminoirs établis à Essonne pour profiler les plattes-bandes de balcons à deux dou-cines, &c. Le bas de la lanche contient le plan en grand de l'équipage des espatards & des taillans représentés dans la vignette de la l lanche troisieme.

Fig. 1. Élévation perspective de la machine d'Essonne: on a fracturé une partie de la solle sur laquelle elle est établie. A'a, B'b les deux montans antérieurs du côté d'aval, qui avec les deux montans postérieurs du côté d'amont, desquels on ne voit que les sommets c, d, renferment la machine. O P empoisses d'en bas; ces empoisses ou colliers reçoivent les tourillons du cylindre inférieur. L F quarrés aux bouts des tourillons du cylindre inférieur D. Le quarré F est reçu dans la boîte G, qui le raccorde avec le quarré H au bout du tourillon S de l'arbre T d'une des deux roues à aubes qui font mouvoir la machine. E contre-collets ou contre-empoisses de bois pour soutenir les tourillons du rouleau ou cylindre supérieur qui est profilé. k K quarrés au bout des tourillons de ce même cylindre. o & p empoisses de dessus ou empoisses renversees. 6, 6 brides plates raccordant les montans d'aval avec ceux d'amont. 5, 5 brides de champ que l'on serre avec des clés ou coins 1, 2, 3, 4, pour faire appliquer les brides sur les empoisses, & les empoisses sur les tourillons du rouleau de dessus. A B la barre que l'on veut profiler; la partie A du côté d'amont n'a point encore passé par le laminoir. La partie B du côté d'aval qui en est sortie est entierement profilée.

2. Élévation géométrale du rouleau ou cylindre supérieur. K les quarrés au bout des tourillons. D & H les tourillons. G G le cylindre dans lequel on a tourné en creux la forme de la plate bande. E face plate ou dessus de la plate-bande. C c, C c les deux doucines qui terminent la plate-bande: toutes ces figures sont dessinées sur une échelle double.

3. Plan général de l'équipage des espatards ou applatissoirs, de l'équipage des taillans & de leur fondation. A B, C D traversines de douze pouces de gros & environ huit piés de long, encochées en-dessus pour recevoir les solles s s s s, t t t t, qui sont encochées en-dessous, & pour recevoir les coins & doubles coins qui assurent les solles dans les encoches des traversines. Les traversines qui sont au nombre de quatre dans le prosil, fig. 2. Pl. II. parce qu'on a donné douze piés de longueur aux solles, sont ici au nombre de deux seulement, parce que les solles n'ont que sept piés de longueur, & que dans l'une & l'autre espece il faut conserver libre le dessous des équipages; les traversines sont assises sur un massif de maçonnerie, comme on le voit dans la fig. 1. de la Pl. II.

Les solles sont de fortes pieces de charpente de deux piés d'équarrissage, distantes l'une de l'autre de dix-huit pouces, au milieu desquelles sont fixés verticalement quatre montans de fer 1, 2, 3, 4, dans les mortaises qui traversent toute l'épaisseur des solles: ces mortaises ont dix-huit rignes de large & trois pouces & demi de long; les montans qui y sont placés sont du même calibre, c'est-à-dire ont dix-huit lignes d'épaisseur & trois pouces & demi de large sur quatre piés neuf pouces de longueur; la distance entre les faces intérieures opposées des montans 1, 2 du côté d'aval est de neuf pouces, la même qu'entre les mêmes faces des montans 3, 4 du côté d'amont. L'intervalle qui sépare les montans selon la longueur des solles 1, 3: 2, 4, est de onze pouces. 66, 66, 66, 66 les brides qui relient ensemble les deux montans d'un même côté; les brides sont retenues par des coins ou clés qui traversent les montans. S S espatard de dessus de neuf pouces de diametre & six de longueur, non compris les tourillons & les quarrés qui les terminent. R boîte pour raccorder le quarré du tourillon de l'espatard de dessus avec le quarré de la meche ou du tourillon E de l'arbre de la roue des espatards. c c le basche qui fournit l'eau pour arroser les taillans. c extrémité de la chanlatte ou gouttiere qui fournit l'eau de la roue au basche. V & V boîte de neuf pouces de long & huit pouces de diametre, qui par le moyen de l'arbre Y de trois pouces, trois pouces & demi ou quatre pouces de gros, font communiquer les espatards avec les taillans. T T trousse des taillans de dessus au nombre de trois, pour fendre les bandes de fer en cinq verges: la trousse de dessous qu'on ne voit point dans la figure a quatre taillans, dont les deux du milieu entrent dans les vuides que laissent entre eux les trois taillans de la trousse de dessus, & les deux autres les embrassent extérieurement. P boîte pour raccorder la trousse inférieure des taillans avec le quarré de la meche ou tourillon O de la roue des taillans. c c le basche pour arroser les taillans. c extrémité de la gouttiere qui amene l'eau de la roue des taillans dans le basche.

PLANCHE VI.

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Élévation géométrale de l'équipage des espatards & & de celui des taillans, vu du côté d'aval ou de la sortie des bandes, & coupe de la fondation des équipages.

C D; C c, D d traversine dans les encoches de laquelle les solles sont placées & serrées avec des coins que l'on n'a point représentés dans cette figure. s s s s la solle de l'équipage des espatards traversée par les montans a b, a b qui sont clavetés en-dessous des solles, par des clavettes ou clés qui traversent les mortaises qui sont au-bas des montans. S S espatard de dessous. W quarré d'un de ses tourillons: on supprime quelquefois ce quarré. AE chantier qui porte l empoisse R R du tourillon de l'arbre E de la roue des espatards. R boîte de communication du quarré de la meche de l'arbre de la roue à l'espatard supérieur S: au-dessus de l'arbre est le basche c c qui fournit l'eau aux espatards par la goutiere de tôle 3, 4, 5. 3 est un fausset pour regler la quantité d'eau qui sort du basche: la gouttiere est percée en 4 pour laisser tomber son eau sur les tourillons du côté du basche, & l'extrémité 5 de la gouttiere en fournit aux tourillons qui lui répondent; on peut aussi, comme dans la vignette de la Planche III. faire aboutir cette gouttiere dans une passoire, comme à l'équipage des taillans. 6, 6 brides qui relient les montans d'amont avec ceux d'aval: ces brides qui compriment les empoisses sur les tourillons des espatards sont serrées avec des coins qui traversent l'épaisseur des montans, près de leur sommet: la hauteur des montans au-dessus de la solle on rez-de chaussée de l'attelier, est de deux piés quatre pouces. V Y V, u y u boîtes & arbres de communication de l'équipage des espatards à celui des taillans: le centre de l'arbre y ou des boîtes u u est élevé de six pouces & demi au-dessus du rez-de-chaussée, & le centre de l'arbre Y & des boîtes V Y est plus élevé d'environ neuf pouces & demi.

La solle t t t t de l'équipage des taillans est de même traversée par quatre montans a b, a b clavetés en-dessous, comme ceux des espatards. T T les quatre taillans de la trousse d'en-bas. T les trois taillans de la trousse d'en-haut: ces trousses sont propres à fendre les barres en cinq verges. F F traverse ou entre-toise d'en-bas pour soutenir les calles sur lesquelles porte l'appui des fourchettes inférieures. F traverse qui comprime les calles sur l'appui des fourchettes supérieures: ces appuis sont séparés par les queues des T tirans ou guides des taillans qui sont clavetés du côté d'aval, comme on le voit dans la figure. OE chantier qui soutient l'empoisse P P des tourillons de l'arbre O de la roue des taillans. P boîte qui raccorde la meche quarrée du tourillon de l'arbre avec la trousse inférieure des taillans, & par communication avec l'espatard inférieur. u u quarré ou extrémité de l'arbre de la trousse supérieure. 6, 6 les brides qui joignent les montans du côté d'amont avec ceux du côté d'aval. 5 passoire pour distribuer l'eau du basche sur les taillans. 3 4 gouttiere de tôle qui conduit l'eau du basche dans la passoire. c c le basche.

Fig. 2. Élévation latérale de l'équipage des espatards ou applatissoirs. s's' partie de la solle. c d, ab les montans d'amont & d'aval reliés ensemble par la bride plate 6, 6, & par la bride de champ 5 5: la distance entre les montans est de onze pouces. O O empoisse d'en-bas, dont le centre est élevé de six pouces & demi au-dessus de la solle. S S quarré du tourillon de l'espatard d'en-bas. m m contre-empoisse ou entre-empoisse faite de bois servant à séparer les tourillons des espatards supérieur & inférieur. S quarré du rourillon de l'espatard supérieur. o o empoisse supérieure, qui, ainsi que l'inférieure, est de fer fondu.

3. Élévation latérale de l'équipage des taillans du côté qui regarde les espatards. t't' partie de la solle sur laquelle ils sont établis. c d, a b les montans d'amont & d'aval espacés de onze pouces, & réunis par les brides plates & de champ 66, 55. P P empoisse d'en-bas; son centre est à six pouces & demi au-dessus de la solle; son entaille demi-cylindrique qui reçoit le tourillon de la trousse d'en-bas a pour diametre celui du cercle inscrit dans le quarré T T: il en est de même de l'empoisse supérieure. m m contre-empoisse ou entre-empoisse de bois pour soutenir la trousse supérieure. n extrémité extérieure d'un des guides. p p empoisse supérieure comprimée par les brides, qui le sont elles-mêmes par les coins qui traversent le haut des montans: le surplus des pieces qui composent l'équipage des taillans sera expliqué dans la suite.

4. Élévation géométrale de l'équipage des taillans vûs du côté d'amont ou de l'entrée des barres qui doivent y être fendues. t t t t coupe de la solle de deux piés d'équarrissage, posée sur une partie de la traversine. c d, c d les deux montans du côté d'amont clavetés en-dessous comme il a été dit. T T, T T quarrés au bout de l'arbre ou axe de la trousse inférieure. T, T quarrés aux bouts de l'arbre de la trousse supérieure. W entre-toise inférieure dans la mortaise de laquelle les queues des fourchettes inférieures sont reçues: cette mortaise est au-dessus de la lettre W. x x têtes des guides accrochés aux entretoises: l'autre bout des guides qui est claveté retient les appuis des fourchettes. V entre-toise d'en-haut, dans la mortaise de laquelle les queues des fourchettes supérieures sont reçues: cette mortaise est au-dessous de la lettre V. Y clé qui sert à comprimer l'entre-toise v sur les guides x x, & ceux-ci sur l'entre-toise inférieure W.

Les deux Planches qui suivent contiennent les développemens des équipages des espatards & des taillans avec des représentations perspectives des mêmes équipages dessinés sur une échelle double, & vûs du côté d'amont.

PLANCHE VII.

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Développement de toutes les pieces qui composent l'équipage des espatards.

Fig. 1. Les pieces de l'équipage séparées & vûes en perspective du côté d'aval. a b, a b les deux montans du côté d'aval. c d, c d les deux montans du côté d'amont: ces montans ont dix-huit lignes d'épaisseur, trois pouces & demi de large, & quatre piés neuf pouces de long: les mortaises inférieures b, b d, d reçoivent les clavettes b b, d d qui assurent les montans dans la solle, au dessous de laquelle elles sont placées. O O les empoisses d'en-bas de six pouces & demi de hauteur jusqu'au centre des entailles demi-cylindriques M qui reçoivent les tourillons de l'espatard inférieur: les feuillures des empoisses reçoivent les montans, & sont éloignées l'une de l'autre de onze pouces: l'épaisseur des languettes des feuillures est de deux pouces un quart, ensorte que l'espace qui est entre les faces opposées des empoisses lorsqu'elles sont en place, est de six pouces & demi. Q ou S S l'espatard inférieur de neuf pouces de diametre & de six pouces de long. S, R, d d, h h les tourillons, de six pouces de diametre & quatre pouces & demi de long. T ou c c quarré du tourillon de quatre pouces de côté, & quatre pouces & demi de longueur: ce quarré est raccordé à l'arbre de communication des deux équipages par la boîte u de fer fondu, ainsi que les espatards ou laminoirs: cette boîte percée d'un trou quarré de quatre pouces, a neuf pouces de longueur & huit de diametre: on a supprimé le quarré de l'autre tourillon comme inutile, l'espatard ne se raccordant à rien de ce côté. Au-dessus on voit l'espatard supérieur aussi de fer fondu & coulé dans des moules de terre des mêmes dimensions que le précédent. c quarré pour être raccordé au moyen de la boîte V avec l'arbre de communication de la trousse supérieure des taillans. d le tourillon qui est reçu dans l'empoisse renversée qui est au-dessus. S l'espatard ou applatissoir. h l'autre tourillon reçu de même dans l'empoisse qui lui répond. k l'autre quarré pour être raccordé avec la meche de l'arbre de la roue des espatards. o, o les deux empoisses renversées, dont la hauteur est de six pouces. a, a: c, c mortaises au haut des montans pour recevoir les coins qui servent à serrer les brides. 66 les brides plates. 5, 5 les brides de champ qui compriment les empoisses sur les espatards. r, r r F E la meche ou tourillon de l'arbre de la roue des espatards. r le quarré de la meche qui est raccordé avec le quarré k de l'espatard supérieur au moyen de la boîte R. r r tourillon de l'arbre de la roue. E E crosse qui empêche la meche de tourner séparément de l'arbre de la roue des espatards: il y a une semblable piece à l'arbre de la roue des taillans.

2. Élévation perspective de l'équipage des espatards dessinés sur une échelle double & vûe du côté d'aval ou du côté de la sortie de la bande de fer qui y est applatie. L'aspect de cet équipage est le même vû du côté d'amont ou de l'entrée des bandes; on a fracturé la solle qui auroit occupé trop de place dans la Planche. A a, B b montans du côté d'aval. c, d extrémité supérieure des montans du côté d'amont. 1, 2, 3, 4 coins ou clés servant à serrer les brides sur les empoisses. 5, 5 brides de champ. 6, 6 brides plates. S S, S, espatards inférieur & supérieur embrassés par leurs empoisses & séparés par leur contre-empoisses. L N quatrés aux bouts des tourillons de l'espatard d'en-bas: le quarré N ne sert à rien. C K quarrés aux bouts des tourillons de l'espatard supérieur: le quarré K est raccordé avec la meche de l'arbre de la roue des espatards par la boîte R, & les quarrés C & L le sont par de semblables boîtes aux arbres de communication des deux équipages, comme on le voit dans la premiere figure de la Planche précédente.

PLANCHE VIII.

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Développement des pieces principales qui composent l'équipage des taillans.

Fig. 1. Les pieces de l'équipage séparées & vûes en perspective du côté d'amont. a b un des deux montans du côté d'aval. b mortaises pour recevoir la clavette au-dessous de la solle; cette clavette est commune aux deux montans du côté d'aval, comme on le voit sous l'équipage des taillans dans la fig. 1. de la Planche VI. F F mortaise pour recevoir la traverse ou entre-toise qui soutient les calles de l'appui des fourchettes inférieures. F mortaise pour recevoir la traverse supérieure qui porte sur les calles qui compriment l'appui des fourchettes supérieures. a mortaise pour recevoir le coin ou clé qui sert à serrer les brides.

c d un des deux montans du côté d'amont ou de l'entrée des bandes. d mortaise pour recevoir sous la solle la clé qui fixe ces deux montans. W mortaise pour recevoir l'entre-toise inférieure W: cette entre-toise est mortaisée pour recevoir les queues des fourchettes inférieures. V & Y mortaise pour recevoir l'entre-toise supérieure. V mortaise pour recevoir les queues des fourchettes supérieures, & la clé Y qui comprime les entre-toises sur les guides: ces deux entre-toises V & W sont coudées par une de leurs extrémités pour qu'elles ne puissent se déplacer, & que leurs mortaises demeurent vis-à-vis des taillans.

O O les empoises d'en-bas: elles sont à rainure pour recevoir les montans; elles ont quatre pouces d'épaisseur & six pouces & demi de hauteur, comme celles des espatards: leurs entailles demi-cylindriques M qui reçoivent les tourillons de l'arbre de la trousse inférieure des taillans ont le même diametre que celui des tourillons ou du cercle inscrit au quarré de cet arbre. Les joues des rainures ont un pouce un quart d'épaisseur; l'espace qui reste entre elles lorsqu'elles sont en place, est de six pouces & demi, l'espace entre les montans étant de neuf pouces. T T les quatre taillans de la trousse inférieure pour fendre les bandes en cinq verges. W, W les tourillons. t t, t't' les quarrés circonscrits aux tourillons; le premier se raccorde au moyen de la boîte u avec l'arbre de communication de l'espatard inférieur; l'autre quarré t't' se raccorde au moyen de la boîte P avec le quarré de la meche de l'arbre de la roue des taillans. Les taillans sont séparés par des platines circulaires de fer forgé de même épaisseur que les taillans que l'on nomme petites rondelles. X n, X n les guides qui passent entre les montans & embrassent les taillans: les crochets des têtes X, X des guides sont appuyés aux entre-toises supérieures, W & inférieure, W mortaisés pour recevoir les queues des fourchettes. Les extrémités n n des guides retiennent, au moyen des clés ou coins z 1, z 2 les appuis 1 & 2 des fourchettes. Le premier qui se place sous les guides entre les deux montans du côté d'aval, aux faces desquelles ses extrémites s'appliquent, sa longueur étant de neuf pouces, est soutenu par plusieurs calles sur la traverse ou entre-toise F F; le second appui 2 des fourchettes se pose sur les guides sur lesquels il est appuyé par l'entre-toise ou traverse F au moyen de plusieurs calles intermédiaires.

La seconde trousse de taillans T ou trousse supérieure a toujours un taillant de moins que l'inférieure, & deux petites rondelles de moins. u, u les tourillons qui sont reçus dans les entailles demi-cylindriques m des empoisses o, o renversées qui sont au-dessus. Ces empoisses sont assujetties comme celles des espatards, par des brides & des coins; le quarré t ne sert à rien, le second t' se raccorde au moyen de la boîte V avec l'arbre de communication de l'espatard supérieur qui est mu directement par la roue des espatards.

2. Coupe de l'équipage des taillans par le milieu de sa largeur, ou perpendiculairement à l'axe des trousses, dessinée sur une échelle double. C c montant du côté d'amont. c mortoise pour recevoir les coins qui servent à serrer les brides que l'on a supprimées dans cette figure. A a montant du côté d'aval. a semblable mortaise pour recevoir le coin qui serre les brides. P P empoisse inférieure. O taillant de la trousse d'en-bas de dix pouces de diametre. N N petite rondelle de six pouces & demi de diametre. T T quarré au bout de l'arbre ou axe de la trousse, lequel traverse quarrément les taillans & rondelles intermédiaires qui sont percés d'un trou quarré de trois pouces de côté ou trois pouces & demi: les taillans & les rondelles sont encore percés de quatre trous ronds qui reçoivent des broches de fer pour assurer encore mieux les taillans les uns aux autres.

La trousse supérieure T est composée de la même maniere, les taillans des deux trousses s'engagent les uns dans les autres d'environ un demi-pouce, & l'épaisseur des rondelles est égale à celle des aillans: p p est l'empoisse renversée supérieure.

Les fourchettes supérieures 1, 2, 3, & les inférieures 5, 6, 7, qui sont en nombre égal à celui des verges que l'on fend, servent à empêcher que les verges ne s'enroulent autour des rondelles ou taillans: leurs queues 1 & 5 sont reçues dans les mortaises des entre-toises W, V, qui sont serrées au guide X N par la clé Y. C'est entre les guides & entre les queues des fourchettes que l'on présente en x la barre rouge & applatie à l'épaisseur convenable pour être fendue; elle est bien tôt attirée & comme avalée par la rotation simultanée des deux trousses de taillans qui tournant en sens contraire, la divisent & la font sortir du côté de m par l'espace 4, 8 entre les appuis 3, 4, 7, 8 des foure chettes; les appuis qui sont retenus contre l'effort des fourchettes par le coin Z z & son semblable, dans l'autre guide sont soutenus & callés haut & bas, entre les entre toises F & F F par autant de coins ou calles de fer qu'il est nécessaire; ces calles que l'on place vers les extrémités des appuis sont retenues par les coins Z z.

3. Élévation perspective de l'équipage des taillans garni de toutes pieces, vû du côté d'amont, & dessiné sur une échelle double. c D montans du côté d'amont. a & b extrémités supérieures des montans du côté d'aval. P P empoisses inferieures. T T la trousse inférieure des taillans. t t t't quarrés aux extrémités de l'axe des taillans; le dernier se raccorde par une boîte avec le quarré de la meche du tourillon de l'arbre de la roue des taillans; l'autre quarré est raccordé avec l'arbre inférieur des communications des deux équipages. W entre-toise inférieure mortoisée pour recevoir les queues des fourchettes inférieures que l'on n'a pas représenté dans cette figure. X X têtes des T ou guides accrochés aux entre-toises V & W: c'est par l'ouverture entre les guides & les entre-toises que l'on introduit les bandes pour être fendues par les taillans. V entre-toise supérieure mortaisée pour recevoir les queues des fourchettes supérieures que l'on n'a pas représentées. Y clé servant à serrer l'entre-toise supérieure sur les guides, & ceux-ci sur l'entre-toise inférieure. T la trousse supérieure des taillans. t t quarrés aux extrémités de son axe; le premier quarré se raccorde à l'arbre de communication qui vient de l'espatard supérieur; le second ne sert à rien. p p empoisses supérieures renversées. 6, 6 brides plates. 5, 5 brides de champ sur le milieu desquelles reposent les extrémités ou oreilles de la passoire. 1, 2, 3, 4 coins ou clés qui servent à serrer les brides sur les empoisses, & celles-ci sur les tourillons des axes des taillans.

On fend le fer applati en plus ou moins de verges; l'épaisseur du fer que l'on présente aux taillans doit être égale à leur épaisseur pour que les verges soient quarrées; on excepte de cette regle la derniere sorte de la table suivante, destinée à faire du fer applati en le passant une seconde fois entre les espatards.

PLANCHE IX.

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Plan général de la seconde espece de fenderie, dite fenderie à double harnois. A & B ponts sous lesquels passe l'eau qui vient de l'étang ou bief du côté d'amont: l'entrée de ces ponts est fermée par des empellemens ou pelles de garde. C D canal ou coursier qui fournit l'eau à la roue E F des espatards. D empellement particulier de cette roue que l'on ouvre avec la bascule D d, à l'extrémité d de laquelle est suspendue une bielle ou perche avec laquelle on abaisse ou on éleve la bascule pour lever ou abaisser la pelle D. u V S arbre de la roue se raccordant en S avec l'espatard ou applatissoir inférieur. V hérisson fixé sur l'arbre qui communique le mouvement à la lanterne X de l'arbre X T, qui se raccorde en T avec la trousse supérieure des taillans. c c le basche qui fournit l'eau aux espatards S & aux taillans T: l'eau qui a fait tourner la roue E F s'écoule par le sous-bief G, passe sous le pont G H, & se perd dans le sous-canal. & porte qui communique par un pont au-dessus des coursiers. P Q autre coursier parallele au précédent, qui fournit l'eau à la roue du martinet. P empellement de cette roue. Q R roue à aubes de l'arbre du martinet. u u t arbre du martinet. r s cames au nombre de douze. r p manche du martinet. p le martinet posé sur son enclume, qui est placée dans son stock o; le martinet sert à redresser la verge & à en abattre les rebarbes. 1, 2, 3 trois des piliers qui soutiennent la charpente du comble de l'attelier. A A, B B portes de la fenderie du côté de l'étang; entre ces deux portes est la boutique ou petite forge pour radouber les outils. h porte de la boutique vis-à-vis les taillans T. l la forge. i le soufflet. m l'enclume. n n établi vis-à-vis d'une fenêtre.

L'eau qui passe sous le pont B fournit aux deux empellemens K & S S. I K coursier souterrein qui fournit l'eau à l'empellement de la roue L M; cet empellement s'ouvre au moyen de la bascule K k, que l'on abaisse au moyen d'une perche suspendue à l'extrémité k de la bascule; l'autre empellement S S sert à débarrasser de l'eau superflue. L M la roue à aubes dont l'arbre y Y T se raccorde en T avec la trousse inférieure des taillans & par le renvoi de l'hérisson Y & de la lanterne Z fixée sur l'arbre z S avec l'espatard supérieur: l'eau qui a fait tourner la roue L M, s'écoule dans le sous-bief M N, passe sous le pont N O, & se perd dans le sous-canal. 4, 5, 6 les trois autres piliers qui soutiennent le comble de la fenderie. f f siége entre les deux équipages pour reposer l'ouvrier. g g table à botteler, vis-à-vis de laquelle est le fourneau à recuire les liens, indiqués par les lettres D D.

Le four à chauffer les bandes est placé vis-à-vis des équipages S & T des espatards & des taillans à la distance de dix-huit piés; il est composé comme celui de la fenderie précédente du four proprement dit, dans lequel on arrange les bandes de fer B B, C D en sautoir, & de deux toqueries a & e, dont les cendriers a a, e e s'ouvrent dans une galerie placée derriere le four. a toquerie dont on voit le dessus & la pelle qui sert à la fermer, après qu'on y a jetté le bois. b communication de cette toquerie avec le four. W gueule du four par laquelle on enfourne & on défourne les bandes de fer. d communication de l'autre toquerie avec le four, les rainures que l'on y voit servent à descendre une tuile de forme convenable pour intercepter la communication de la toquerie avec le four. e grille sur laquelle tombe le bois & au-dessous de laquelle est le cendrier qui fournit le courant d'air nécessaire pour animer le feu & lancer la flamme dans le four. H H, O O autres portes de la fenderie.

PLANCHE X.

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Coupe transversale & longitudinale de la fenderie.

Fig. 1. Coupe transversale vûe du côté du four. Q R la roue du martinet. u u t l'arbre de la roue du martinet. r s les cames; on a supprimé le marteau, l'enclume & le stock. X lanterne qui par renvoi communique le mouvement à la trousse supérieure des taillans. t 3 arbre sur lequel la lanterne est fixée. V hérisson caché en partie par la lanterne X; cet hérisson qui est fixé sur l'arbre de la roue E F des espatards communique directement le mouvement à l'espatard inférieur. T la solle qui porte les équipages des taillans & des espatards; cette solle de quatorze piés environ de longueur & deux piés d'équarrissage, encochée en-dessous, est portée par quatre traversines qui portent aussi les chantiers, chevalets & empoisses des tourillons des quatre arbres du double harnois de la fenderie.

L'autre côté du bâtiment contient la roue L M des taillans, dont l'arbre y 4 mene directement la trousse inférieure des taillans, & par le renvoi de l'hérisson Y & de la lanterne Z, l'espatard supérieur qui est caché par la trousse supérieure des taillans; on a supprimé la boîte qui raccorde la meche de l'arbre de cette lanterne, meche de laquelle on voit le quarré, pour éviter la confusion & l'équivoque que l'arbre de cette lanterne Z ne se raccordât avec la trousse supérieure des taillans. S S empellement de décharge pour les eaux superflues; dans le fond on voit le four dont W est la bouche. a a, e e les deux toqueries ou chaufferies; une seule peut suffire. W cheminée du foomeau, dont la hotte est soutenue par trois bandes de fer accrochées à un des entraits. a & e cheminées des toqueries. 2, 5 piliers qui soutiennent le comble de la fenderie; on a projetté par des lignes ponctuées le comble & les murs de la partie du bâtiment où se fait le bottelage.

2. Coupe longitudinale de la fenderie par le milieu de sa largeur. A R r r H fond du coursier qui fournit l'eau à la roue Q R du martinet, postérieure au mur & indiquée par un cercle ponctué. r s larbre de la roue du martinet garni de douze cames de fer; le tourillon de l'arbre est porté par une empoisse posée sur un chevalet. q une des jambes ou montans qui soutiennent les boîtes dans lesquelles la hurasse du marteau se meut. p le marteau posé sur l'enclume. o l'enclume placé dans son stock.

A A f F H fond du coursier de la roue E E des espatards, aussi indiquée par un cercle ponctué, étant placée hors du bâtiment; cette roue meut directement l'espatard inférieur S, & par le renvoi de l'hérisson V & de la lanterne X, la trousse supérieure des taillans. Les centres des espatards S & des taillans T, sont distans l'un de l'autre d'environ dix piés; on voit dans cette figure les quatre traversines qui portent la solle commune aux équipages des espatards & des taillans. 1, 2, 3 sont les piliers qui soutiennent le comble de la fenderie. W le four. b lunette de communication du four avec la toquerie. A sa voute. 1 W la cheminée du four. a cheminée de la toquerie. a a galerie où les cendriers aboutissent.

PLANCHE XI.

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La vignette représente en perspective l'intérieur de la fenderie à double harnois vûe du côté du four. W la bouche du four par laquelle on tire les barres chauffées pour les présenter aux espatards a a. e e les deux toqueries. 1 & 6 les deux piliers qui soutiennent l'entrait de la premiere ferme de la charpente auquel la hotte de la cheminée du four est suspendue par trois bandes de fer. O O porte pour communiquer à la galerie derriere le four & les toqueries. V hérisson fixé sur l'arbre u u de la roue des espatards; cet arbre se raccorde en u avec l'espatard inférieur D & par le renvoi de la lanterne X avec la trousse supérieure des taillans, au moyen de l'arbre x x, soutenu en x à une hauteur convenable, par le chantier & le chevalet x. L'autre hérisson Y fixé sui l'arbre y y de la roue des taillans, & porté en y par un chevalet, se raccorde directement avec la trousse inférieure des taillans qui, ainsi que les espatards, sont montés sur la meme solle S T, & par le renvoi de la lanterne Z, dont l'arbre z z est soutenu en z & z par des chantiers, chevalets & empoisses, il se raccorde avec l'espatard supérieur C. E E les deux montans du côté de l'entrée des bandes ou du côté d'amont par rapport à la marche des bandes, ou du côté d'aval relativement au cours de l'eau. c c le basche; on a supprimé la chanlatte qui y amene l'eau: cette chanlatte passe par la porte &, ou par une ouverture faite au mur dans un endroit convenable pour prendre l'eau jettée par la roue des espatards. c 4, c 5 gouttieres de tôle qui portent l'eau du basche dans les passoires 4 & 5, qui la distribuent sur les espatards & les taillans, pour servir cette fenderie. Un ouvrier placé entre le four & les espatards S, tire les bandes, les présente aux espatards: un autre ouvrier placé entre les espatards S & les taillans T vis-à-vis de son siége f, reçoit la bande applatie au sortir des espatards & la présente aux taillans T où elle est fendue, & sort du côté T, où deux autres ouvriers la reçoivent, comme on voit dans la vignette de la Pl. III.

Bas de la Planche.

Représentation perspective & en grand du martinet servant à redresser & parer la verge. A C plan d'une des jambes qui soutiennent la hurasse du martinet. B D E l'autre jambe; elles sont toutes deux solidement scellées dans le sol de l'attelier. H H I la hurasse. I pivot qui entre dans la boîte de la jambe que l'on a supprimée. G K le manche du martinet revêtu en G par une braye qui le garantit de l'usure que le frottement des cames y occasionneroit. F F taque ou plaque de fonte tenant lieu de heurtoir ou ressort pour renvoyer le marteau. L M le marteau. M l'aire de l'enclume. N N la base de l'enclume.

La verge se redresse & se pare en la présentant le long de l'aire de l'enclume, où les coups redoublés & rapides du marteau la mettent en état d'être bottelée, comme il a été dit ci-devant.

On donne au fer qui passe sous les applatissoirs plus ou moins d'épaisseur, en approchant plus ou moins les espatards ou applatissoirs.

Le fer en passant sous les applatissoirs s'élargit peu, mais s'alonge.

Si la barre de fer applati n'est pas aussi large que les onze taillans destinés à la fendre, il n'en sortira que huit ou neuf ou dix vergettes, selon sa largeur.

Les filandres qui se trouvent quand la barre n'est pas assez large pour remplir en plein l'espace entre les guides, se nomment bidons, & se fourent dans le corps de la botte de verge.

Il faut à chaque différent assortiment de verge qu'on veut fendre démonter la fenderie & la remonter des taillans de la grosseur de la verge qu'on veut fendre.

Outre la verge qui se fait dans la fenderie, il s'y fait aussi différentes cottieres.

La cottiere est tirée du fer applati.

Pour faire la cottiere on ôte un des taillans de la trousse de dessus, & alors il se trouve une verge de trois largeurs de verge qui se nomme cottiere.

Si vous ôtez deux taillans, la cottiere aura cinq largeurs de verge.

Une grande fenderie peut fendre jusqu'à 15000 liv. de fer en vingt-quatre heures.

En comparant les deux fenderies on trouvera que si la construction de la premiere est moins dispendieuse que celle de la seconde, n'y ayant ni hérisson ni lanterne, le service de celle-là est moins facile, puisqu'il faut un ouvrier de plus pour repasser les bandes au sortir des applatissoirs par-dessus les équipages, où elles sont reçues par l'ouvrier qui les présente aux taillans: au-lieu que dans la seconde espece, l'ouvrier placé entre les équipages, présente lui-même aux taillans les bandes qu'il a reçues au sortir des applatissoirs.

On a tâché d'observer dans la description & les figures de cet art, l'accord qui devroit toujours être dans les productions de ce genre; accord suivant lequel lorsque les Planches d'un art sont bien faites, on y retrouve en les comparant aux échelles qui doivent toujours les accompagner, les mêmes mesures qui sont énoncées par la description: c'est la pierre de touche de ces sortes d'ouvrages, indépendamment que les regles de la perspective, regles qui n'admettent aucune exception, doivent être observées avec soin; c'est ce qui ne peut être fait que par quelqu'un qui réunit à-la-fois à l'expérience dans l'art du dessein, les lumieres que la géométrie & la science d'un ingénieur peuvent procurer.

Le travail, tel qu'on vient de le voir, est le travail actuel dans la haute Bourgogne & sur la Marne; on peut compter sur l'exactitude des desseins, ensorte que les mesures dont l'énumération a été obmise, peuvent se déduire par les échelles qui sont au bas de chaque Planche.

Il y auroit beaucoup à dire sur la comparaison à faire du travail de différens endroits, sur la meilleure maniere de disposer les usines & les machines qu'elles renferment, comparaison qui ne pourra se faire qu'après que l'on aura rassemblé des descriptions aussi exactes de la maniere de travailler des différentes provinces, ce qui conduira naturellement aux meilleurs procédés & aux meilleures constructions des machines.

Entre autres défauts que l'on peut reprocher à plusieurs des collections sur les arts, que l'on a publiées jusqu'à ce jour, c'est que ceux que les auteurs ont employé pour en réaliser les représentations n'ont pas su distinguer ce qu'il faut représenter de ce qu'il ne faut pas, choix qui suppose de l'intelligence, car c'est l'art & non les productions qu'il faut peindre; de-là tant de figures inutiles & très-mal représentées.

Indépendamment des défauts dans les représentations où il est manifeste que les premieres regles ou princi-pes de l'art du dessein sont violées à chaque trait, on trouve des machines dont la construction est impossible ou vicieuse, dont les assemblages faits à contre-sens, ou dans des proportions éloignées de la vérité, mettroit celui qui en voudroit faire construire de semblables, dans l'impossibilité de jouir du fruit de ses peines & de ses dépenses, puisque ces machines ne pourroient remplir le but proposé.

La nécessité d'apporter dans le dessein d'un art la précision & l'exactitude des mesures, ensorte qu'elles s'accordent avec celles qui sont énoncées dans la description, peut encore être établie par cette considération, que les objets font une plus forte impression sur nous lorsque le témoignage de plusieurs sens s'accorde pour nous en donner la même idée. Or lire, c'est entendre, les yeux font la fonction de l'organe de l'ouie, puisque l'écriture est l'image de la parole. Ainsi lorsque je lis qu'un tel objet, un cylindre, par exemple, a pour hauteur six fois le diametre de sa base, & que dans la figure la même proportion a été observée, la connoissance que j'acquiers de ce corps est plus profonde que si un seul sens m'en eût communiqué l'idée; c'est le contraire si le témoignage des yeux employés à leur vraie fonction comme organe de la vue ne s'accorde pas avec leur témoignage employé pour celui des oreilles; de ce défaut d'accord entre des sensations qui doivent donner la même idée résulte l'obscurité & les préjugés qui nuisent également au progrès de la connoissance de l'art qu'on s'est proposé de faire connoître.

Ceux qui trouveroient les explications des Planches de l'art du fer trop étendues, sauront qu'avec tout ce qu'elles contiennent il n'y a peut-être pas encore la moitié de ce qu'il faudroit savoir pour mettre le lecteur à portée de faire des établissemens semblables, & d'exploiter avec fruit quelque nouvelle miniere, sans compter qu'on n'a pas traité des batteries de différentes especes, où on fabrique des tôles plates ou des tôles embouties, ni de la fonte des canons de fer, & autres fontes à l'usage de la guerre, ni de la trifilerie, où le fer passant successivement par des trous dont le diametre va toujours en diminuant, devient la matiere premiere que d'autres arts emploient, toutes choses que nous nous proposons de traiter dans la suite.

Les Planches ont été dessinées sur les lieux par M. Goussier, & il en a fait l'explication d'après la vue des choses, les instructions & l'article Grosses Forges de M. Bouchu, & les manuscrits sur la Syderotechnie de M. Grignon; nous sommes trop flattés de trouver cette occasion de reconnoître les obligations que nous avons à ces deux habiles maîtres de forges qui ont bien voulu recevoir dans leurs atteliers, éclairer & conduire M. Goussier dans ses opérations.

ADDITION aux explications des Planches des Forges.

PLANCHE Iere.

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Plan d’un patouillet double à laver des mines de fer.

Fig. 1. A. Coursier ou noc, portant l’eau du canal sur la grande roue B.

B B. Roue à trente-deux augets, mue par l’eau qui sort impétueusement du coursier: cette roue donne le mouvement à toutes les autres pieces. b b les augets.

C C. Arbre de la grande roue, ayant à ses extrémités deux lanternes D, D.

D D. Lanternes verticales à vingt-deux fuseaux horisontaux, de fonte.

E. Petit rouet horisontal à vingt-deux dents verticales, de fonte. e e arbre commun au rouet E & F

F. Grand rouet horisontal à quarante dents horisontales engrenant dans la lanterne G.

G. Lanterne horisontale à huit fuseaux verticaux.

H. Arbre de fer commun à la lanterne & à la herse I; cet arbre tourne sur son pivot au centre de la cuve K.

I. Herse de fer.

K. Cuve qui contient la mine pour être lavée; cette cuve est de planches de deux pouces d’épaisseur, & renforcée en dedans par des bandes de fer verticales jusqu’à la hauteur de la herse.

L. Trémie recevant & renfermant la mine de fer cassée par morceaux de deux pouces cubes à-peu-près. m ouverture de la trémie qui correspond à la hauteur du pont. Voyez Pl. II

O Petit canal de décharge qui reçoit de l’eau du coursier, & la porte dans la cuve K pour le lavage de la mine.

Œ. Canal où se perdent les eaux du coursier & des rigoles.

PPP. Canal ou rigole qui reçoit le superflu de l’eau de la cuve. L’écoulement de cet eau se fait lorsque le canal O qui en fournit continuellement a empli la cuve jusqu’à la hauteur de la barre de la herse: alors cette eau trouvant une fuite par l’échancrure que forme à la cuve la tête de la rigole qui s’y trouve emboîtée, elle s’échappe & se va perdre dans le canal Œ de la grande roue. Voyez la fig. 2.

p,p,p. Petites cloisons par dessus lesquelles l’eau passe dans la rigole, & servant à retenir une espece de boue ou sédiment détaché de la mine par le frottement de la herse. Lorsque ces cloisons sont trop surchargées de ce sédiment, l’ouvrier a soin de l’ôter pour être ajouté à la masse totale de la mine lavée. Voyez Pl. II.

p p’, p p’. Petit rebord de planche fait pour arrêter le sédiment qui s’écouleroit avec l’eau dans le canal Œ.

q. Petit cylindre qui sert à lever la pelle pour vuider la cuve R dans l’auge S. Voyez fig. 2. & Pl. II.

S. Auge concave recevant la mine. Voyez fig. 2.

T. Roue ou cercle de fer ayant huit pelles sur sa circonférence. Voyez fig 2.

t t t. Pelles dirigées au centre de la roue: elles servent à enlever la mine de la cuve S.

V. Rouet vertical à trente deux dents, engrenant sur la lanterne D.

u u. Arbre commun aux roues T, V. s s ses deux pivots sous leurs collets de fer.

X. Talud au pié duquel tombe la mine enlevée de la cuve S par les pelles t t t.

fig. 2. Profil de la cuve R & de l’auge S.

H. Arbre de la herse. h barre de la herse.

I I. Dents de la herse.

O. Échancrure qui reçoit & emboîte la rigole qui fournit l’eau dans la cuve R.

P. Échancrure où se trouve emboîtée la rigole P’, P, pour la décharge des eaux de la cuve. Quand le canal O a empli la cuve jusqu’au-dessus de la barre de la herse, elle s’échappe par cette rigole P.

1 Épaisseur de la cuve. 2 l’eau. 3 la mine. 4 la crapaudine, sur laquelle pose & se meut le pivot de l’arbre de fer H. 5 rainure de la pelle.

q. Le cylindre qui sert à enlever la pelle Q, par le moyen du levier r.

Q. La pelle comprise dans une rainure formée dans l’épaisseur de la cuve R.

S. L’auge ou petite cuve.

T. Roue de fer, garnie à sa circonférence de huit pelles, dirigées vers le centre. t, t, t, t, pelles.

u. Arbre de la roue T.

X. Talud de l’auge S.

PLANCHE II.

Bibliothèque Mazarine, exemplaire 2° 3442, numérisé par l’ENCCRE. Licence CC BY-NC-ND 3.0 France — pas d’utilisation commerciale, pas de modification. Le texte de ce site est sous une autre licence, CC BY-SA 3.0.

Vue perspective de la machine.

A. Coursier ou noc.

Æ. Pont du patouillet dont on suppose une partie enlevée afin de laisser voir toute la machine.

B. Grande roue à trente-deux augets. b, b, b.

C. Arbre de la grande roue.

D D. Lanternes aux extrémités de l’arbre de la grande roue.

E. Roue engrenant sur la lanterne D, e e son arbre commun à la roue supérieure F.

F. Roue engrenant sur la lanterne G.

G. Lanterne dont l’axe ou arbre de fer H est commun à la herse I.

I. La herse.

L. Trémie.

L l. Ouverture de la trémie sur le pont AE du patouillet.

l. Planche ou couvercle de la trémie.

M. Ouvrier qui jette la mine dans la trémie. m la mine cassée.

N. Autre ouvrier sous le pont du patouillet qui vuide la trémie & fait tomber la mine cassée dans la cuve.

O. Rigole ou canal de décharge qui reçoit de l’eau du coursier par son échancrure O, & la porte dans la cuve K.

Œ. Canal qui reçoit les eaux du coursier & des rigoles.

P P. Rigole de décharge qui reçoit l’eau de la cuve K, lorsqu’elle est trop pleine, & la porte dans le canal Œ de la grande roue. Cette rigole reçoit aussi l’eau de l’auge S, lorsqu’elle est trop pleine, par l’échancrure P.

p, p, p. Petite cloison qui ne monte qu’aux deux tiers de la hauteur de la rigole; l’eau passe par-dessus & le sédiment de la mine s’y arrête; l’ouvrier ôte ce sédiment de tems-en-tems, & le joint à la mine lavée.

p p. Petites planches formant un rebord qui retient la mine qui pourroit s’écouler avec l’eau que les pelles t t t jettent hors de la cuve S à mesure qu’elles enlevent la mine.

Q. La pelle de la cuve K q cylindre qui sert à lever la pelle par le moyen du levier.

R. L’ouvrier qui leve la pelle.

S. L’auge.

T. Roue de fer. t, t, t, pelles de fer qui enlevent à chaque fois qu’elles passent dans l’auge S, la mine qui a déjà été lavée dans la cuve K.

V. Roue verticale engrenant sur la lanterne D. u u arbre commun à cette roue & à celle de fer T. s s pieces de bois sur lesquelles sont assujettis les pivots de l’arbre horisontal u, u.

X. Talud de la cuve S. La mine est jettée au pié de ce talud par les pelles t t t. L’ouvrier après avoir épluché les cailloux éclaircis & la mauvaise mine tendre, arrondie par le frottement de la herse, en emplit le pannier Y.

Y. Panier pour remonter la mine lavée sur le pont, par le moyen du moulin Z & de la corde z z; lorsqu’il y a suffisamment de mine lavée sur le pont, on la transporte par brouettées au fourneau.

Nota. Cette machine a été inventée par les sieurs Ruel de Chaville & Ruel de Belleisse, freres, écuyers, contrôleurs ordinaires des guerres, & maîtres de la forge de Saint-Denis-sur-Sarthon, près Alençon.