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Planches:GRAVURE EN LETTRES, EN GEOGRAPHIE ET EN MUSIQUE (volume V)

De Encyclopédie

GRAVURE EN LETTRES, EN GEOGRAPHIE ET EN MUSIQUE.

Contenant deux Planches.

PLANCHE Iere.

Bibliothèque Mazarine, exemplaire 2° 3442, numérisé par l’ENCCRE. Licence CC BY-NC-ND 3.0 France — pas d’utilisation commerciale, pas de modification. Le texte de ce site est sous une autre licence, CC BY-SA 3.0.

Gravure en lettres.

ON commence d'abord par tamponner la planche, c'est-à-dire qu'après avoir répandu une goute d'huile dessus, on la frotte d'un bout à l'autre avec un tampon fait d'un morceau de vieux chapeau, afin de détruire le brillant que lui donne son bruni [1], après quoi on fixe, au moyen du compas & de la regle, le nombre des points d'où l'on doit tracer légerement des lignes paralleles, soit avec une pointe, soit avec un outil de ce nom, dans l'intérieur desquelles lignes est comprise la hauteur des caracteres que l'on veut graver. Cette préparation faite, la planche posée sur un coussinet, on dessine par un simple trait de pointe pour les déliés, & par un double trait pour les pleins, les lettres que l'on a intention de faire, en commençant par la droite de la planche, au rebours de l'écriture ; & telles que l'offre la premiere ligne de chaque exemple de la planche. Ensuite on ébauche avec une échoppe proportionnée tous les pleins de ces lettres dessinées, ainsi qu'on le voit dans la seconde ligne de chacun de ces mêmes exemples ; ce qui se fait à deux reprises, c'est-à-dire d'abord en coupant les pleins de bas en haut, & ensuite en rentrant de haut en bas, en retournant la planche ; après quoi on liaisonne la lettre de même par le bas & par le haut ; ce qui s'opere avec le burin, en reprenant délicatement le simple trait du dessein qu'a tracé la pointe, en le conduisant au commencement de l'ébauche, en y rentrant à plusieurs fois, afin de former la gradation & la dégradation des pleins dont la figure est plus ou moins arrondie, & cela sans passer au-delà des paralleles, ce qui est très-important pour la régularité ; c'est ce qu'offre la troisieme ligne de chaque exemple. Cela fait, on se sert d'un ébarboir pour enlever les barbes qu'on a laissées en coupant le cuivre, l'échoppe & le burin ; alors on talonne au burin à deux fois, c'est-à-dire du haut & ensuite du bas, toutes les lettres qui ont besoin d'être talonnées. Pour cet effet, on fait rentrer le burin dans le trait de chaque parallele, à la terminaison des lettres à tête, à jambage ou à queue, afin d'en justifier nettement la coupe, & lui donner l'obliquité que rend naturellement le trait de la plume dans l'écriture, voyez à la fin des exemples les fig. 4. Le tout fini, l'on ébarbe encore l'ouvrage, pour lui donner son dernier point de perfection.

Cette maniere de toucher la lettre à sept reprises, n'est pas généralement employée par la plûpart des artistes en ce genre, qui sont dans la malheureuse nécessité d'accélérer un ouvrage qui a souvent pour but plus l'intérêt de l'entrepreneur, que la perfection & la gloire de l'artiste qui y travaille ; mais nous croyons devoir donner la préférence à cette maniere sur toute autre, attendu qu'elle est celle du fameux Bailleul, dont la mémoire sera toujours chere aux éleves qu'il a laissés après lui.

Nous n'entrerons pas ici dans un plus grand détail sur les différentes formes des lettres; le précis qu'offre cette Planche, suffit pour donner une idée du reste. Les curieux auront recours pour plus ample satisfaction à cet égard, à l'article Ecriture, & aux Planches. On n'a inséré dans le bas de cette Planche que quelques essais de différentes lettres majuscules rondes, bâtardes, capitales penchées, romaines, coulées, &c. afin de servir de guide ou de modele dans l'occasion, & même encore quelques capitales d'ornement qu'on appelle à deux traits ; d'autres grises ou hachées ; d'autres qu'on appelle piquetées ; d'autres fleuronnées, &c. qui se font toutes au burin, & dont la forme dépend plus du goût de l'artiste, du lieu où il les emploie, que des regles.

Les regles rigoureuses de l'art se réduisent à celles-ci. Que toutes les lettres capitales ou majuseules droites ou penchées, ainsi que les majeures bâtardes, doivent être toujours doubles en hauteur des caracteres inférieurs, & que leurs pleins soient aussi proportionnés à leur hauteur, c'est-à-dire qu'ils soient doubles de ceux de ces mêmes caracteres inférieurs, comme en la fig. 5. du bas de la Planche.

Il faut éviter d'allier les capitales ou majuscules droites ou penchées, à la bâtarde, & les majeures bâtardes à la romaine, &c. & conserver toujours une analogie exacte entre les genres des caracteres que l'on emploie.

Des outils.

A. Parallele à vis, laquelle sert à tracer des paralleles de toutes especes, que l'on pourroit appeller parallele mobile. B & C autre espece de paralleles servant au même usage, mais dont les pointes sont fixes. D. échoppe vue de toute sa longueur. e, son manche. f, sa face. Quant à cet outil, il a été dit ci-dessus qu'il devoit être proportionné au corps ou plein de la lettre qu'on veut graver. C'est ce qui a engagé à faire voir ici en g & en h deux faces différentes de ces outils simplement, au-dessous desquels sont représentées leurs coupes ou tailles ; & comme ces tailles produisent dans leurs cavités une surface plane comme en i, où le noir d'impression ne pourroit tenir, surtout lorsqu'il s'agit de forts caracteres ; il est nécessaire que le burin dont la face est en k, rentre à plusieurs tailles dans les pleins, afin d'y faire griffer le noir ; c'est ce qu'offre la fig. b, démonstration un peu outrée à la vérité, mais qui n'est ainsi, que pour la rendre plus sensible. Article de Madame Delusse.

La fig. 1. est un poinçon appellé positionnaire. Les Graveurs en Géographie s'en servent quelquefois pour frapper toutes les positions qui se trouvent sur les cartes. La fig. 2. est l'empreinte de ce poinçon. La fig. 3. est un autre poinçon pour frapper les villes archiépiscopales. Les fig. 4. 5. 6. 7. 8. 9. & 10. sont d'autres empreintes de poinçons. Toutes ces figures appartiennent à la Planche suivante, où l'on verra qu'il vaut mieux graver tous les lieux que ces poinçons désignent, que de les frapper.

PLANCHE II.

Bibliothèque Mazarine, exemplaire 2° 3442, numérisé par l’ENCCRE. Licence CC BY-NC-ND 3.0 France — pas d’utilisation commerciale, pas de modification. Le texte de ce site est sous une autre licence, CC BY-SA 3.0.

Gravure en Géographie, Topographie, & en Musique.

Le haut de cette Planche offre trois modeles de gravure dans les genres de Géographie & de Topographie.

Fig. A. Exemple de gravure dans le genre purement géographique. C'est de cette maniere qu'on a toujours représenté, & que l'on représente encore les cartes particulieres des provinces, même les royaumes, & différentes parties de la terre.

B. Exemple dans le genre semi-topographique. Les blancs de ce modele qui expriment la campagne, se trouvent remplis dans la fig. C. par les pieces de terres labourées, les portions de bruyeres, de prés, de marais, vignes, &c. & se trouvenr variés selon les habitations & la fertilité du pays. On trouve aussi dans cette fig. B des portions de bois, bruyeres, prés, vignes, même les plans de quelques châteaux & parcs considérables ; mais ce n'est toutefois que les plus grandes masses, ce genre ne permettant pas d'entrer dans les plus petits détails.

La carte générale de la France, exécutée sous la direction de M. Cassini, est traitée dans ce genre qui jusqu’alors n’avoit point encore été mis en usage dans aucune carte géographique.

C. Exemple dans le genre topographique. Il représente exactement la nature du terrein. La maniere avec laquelle on représente dans ce genre les villes, bourgs, paroisses, châteaux, hameaux, maisons particulieres, & généralement tout ce qui peut exister sur le terrein, s’y trouve détaillé au point d’y reconnoître jusqu’à la moindre habitation, soit enclos, jardins, parcs, bois, vignes, prés, marais, friches ou terres labourées, les routes plantées, celles qui sont revêtues de fossés, ou qui ne le sont pas, les chemins ordinaires bordés de haies ou non, en un mot toutes les pieces de terre de quelque nature qu’elles puissent être, y sont représentées au point de pouvoir mesurer sur l’échelle la quantité d’arpens & même de perches qu’elles peuvent contenir chacun en particulier ; & c’est en quoi differe cet exemple de la fig. B.

On s’est contenté d’écrire sur les modeles qui représentent ces trois sortes de gravures, les noms aux différentes expressions dont on se sert pour désigner tout ce qui se trouve sur le terrein, ou qui ne sont seulement que des signes de convention, comme les mouillages, les courans, les roches sous l’eau, &c.

La Géographie & la Topographie se gravent sur des planches de cuivre planées ou brunies, comme il a été dit pour la Gravure en taille douce. Le cuivre doit être verni de même, & la maniere de calquer ou de transmettre le dessein sur la planche vernie est exactement la même aussi. On se sert des mêmes pointes pour graver à l’eau-forte, & les burins sont les mêmes. Voyez la Planche de Gravure en taille-douce.

Quant à la maniere de graver, voici la plus en usage & celle qui fait le mieux. On trace à la pointe sur le verni tout ce qui est trait, comme murs d’enclos, chemins, plans de villes, de bourgs ou de hameaux. On ne trace seulement que les contours des rivieres, des mers, des lacs, des étangs. Les bois, les bruyeres, les vignes, les jardins potagers, les terres labourées, les prairies, les marais & les chemins plantés d’arbres, doivent être faits entierement à l’eau forte, ou préparés au ton que l’on voit dans les modeles B, C. Les positions, soit fermes, moulins, &c. doivent être tracées & ombrées à la pointe sur le verni, tels qu’on les voit dans les modeles A ou B. Les montagnes, les côtes escarpées, les colines & les dunes doivent etre préparées en grande partie à l’eau-forte, en frappant davantage les côtés de l’ombre, ou en se servant de pointes plus fines sur les côtés éclairés. Voilà en général tout ce qui se peut faire sur le verni ; alors on fait mordre la planche soit à l’eau-forte à couler, soit à l’eau-forte de départ, ce qui se pratique comme on le voit dans les Planches du Graveur en taille-douce. Voyez ces Pl.

Lorsque la planche est mordue, on emploie le burin & la pointe seche, pour achever & donner plus de perfection à ce que nous venons d’indiquer. Les rivieres dont on n’aura tracé que les contours à l’eau-forte, seront ondées par des tailles de burin. Les lacs, les étangs, les mers, & généralement toutes les surfaces d’eau doivent être exprimées par des tailles du burin filées & adoucies. Les sables doivent être faits à la pointe seche par des points près les uns des autres le long de la rive, & plus légers & plus clair semés vers le milieu ou vers la berge de la riviere, s’ils s’y rencontrent. Les massifs des emplacemens de maisons dans les villes & bourgs doivent être pointillés aussi à la pointe seche, pour plus de propreté. Les pentes des montagnes, des colines, &c. doivent être prolongées par des tailles en points filées au burin ou à la pointe seche, afin d’adoucir le travail trop tranchant de l’eau-forte. On peut remettre dans les clairieres des bois & dans les bruyeres quelques petites tailles pointillées à la pointe seche, pour donner plus de variété, & former quelques masses plus ou moins garnies & sablonneuses.

Il y a des Graveurs qui font tout ce que l’on vient de dire à l’eau-forte ; mais quelque soin qu’ils prennent pour observer les différentes gradations que ce travail exige, une carte gravée toute à l’eau-forte, sera toujours desagréable ou grossierement faite, en comparaison des modeles qu’on a sous les yeux. Il y a aussi des exemples de cartes géographiques, dont les positions & les bois ont été frappés avec des poinçons ; cette maniere est sujette à beaucoup d’inconvéniens. 1°. Les positions deviennent toujours lourdes & s’impriment malproprement ; 2°. tout se trouve du même ton, les arbres sont de même forme & de même grosseur sans aucune variété, & par conséquent ne jouent pas assez ; 3°. les coups de poinçons font étendre le cuivre au point qu’une gravure qui demanderoit la précision géométrique, se trouveroit absolument fausse dans ses parties. Enfin toutes ces manieres n’approchent pas de la précision & de la beauté de celle que nous avons indiquée. Voyez les figures des poinçons dans le haut de la Planche précédente, numérotées 1, 2, 3, 4, 5, 6, &c.

Ces différentes parties exigeant beaucoup de soin & de propreté, sont devenues un genre particulier en gravure, c’est-à-dire que les artistes qui s’y distinguent le plus, sont ceux qui s’en occupent essentiellement. Ce genre a, comme tous les autres, besoin d’une étude de dessein qui lui soit propre. Savoir dessiner la Géographie & la topographie est la base de ces parties qui ont en gravure chacune des expressions particulieres. C’est aux Géographes & aux Ingénieurs à donner des leçons en ce genre ; & nous observerons que s’il étoit possible que toutes les cartes fussent gravées par des hommes qui réunissent à l’art du Graveur la science du Géographe & de l’Ingénieur, on auroit sans contredit les cartes les plus correctes, les mieux exprimées, & les détails les plus vrais & les mieux ressentis.

Bas de la Planche. Gravure en Musique.

L’Art de graver la Musique n’est pas ancien ; il a pris naissance dans le xvij. siecle, & c’est en 1675 qu’a paru la premiere édition de gravure de Musique en taille-douce. La figure des notes étoit alors celle d’un losange, imitée de celle des caracteres de fonderie inventés & gravés vers 1520 par Pierre Hautin, & qu’on a continué d’employer depuis. Dès ce tems quelques essais particuliers parurent ; ils étoient gravés sur bois ; les uns avoient la figure des notes quarrées ou losanges ; d’autres avoient la figure ronde, comme dans les copies manuscrites ; mais cela ne fut pas généralement connu. Lorsqu’on grava sur le cuivre, quelques-uns dessinerent encore ces caracteres de même, mais à la pointe, & ils les faisoient mordre après à l’eau-forte ; ce qui ne venoit pas si régulier que ce que les poinçons frapperent dans la suite. Les recueils de pieces d’orgue de ce tems en fournissent des exemples ; une grande partie des opéras de Lully & de Mouret ; les motets de Campra & de Lalande, & les cantates de Bernier & de Clairambault, qui parurent ensuite, sont des preuves de ce qu’étoit dans les commencemens ce genre de gravure. Depuis on est parvenu à corriger l’irrégularité de ces figures de notes, en les rapprochant exactement de celles qu’offrent les manuscrits, & auxquelles on s’est arrêté jusqu’à présent. Cet art ayant acquis par degrés le point de perfection où il est, devient d’autant plus utile aujourd’hui, qu’il sert à conserver & à transmettre à la postérité les plus ex ellens morceaux de musique, que les auteurs les plus célebres, anciens & modernes, ont pu produire.

La maniere d’opérer dans ce genre de gravure consiste à imiter son manuscrit avec exactitude, soit sur une planche de cuivre, soit sur une planche d’étain ; & cela simplement à vue, sans se servir du moyen de réduction dont les Graveurs en taille douce font usage. On commence par compasser la planche, afin de déterminer dans son étendue un parallelogramme qu’on trace légerement à la pointe & avec une regle, pour prendre de-là les distances justes des portées, desquelles le nombre n’est déterminé que par le plus ou le moins de place qu’offre la grandeur de la planche. Ces portées se fixent ensuite ; puis les distances prises au compas avec une griffe à cinq pointes, qui en marque les extremités : ensuite on passe la planche sous une regle de ser fixée sur le régloir, & que l’on assujettit d’une main, pour que de l’autre on puisse avec le tire-ligne commencer où la griffe a marqué, ce qui s’opere en tirant à soi, attendu que la forme du tire-ligne est disposée en conséquenee, fig. 3. Cela fait, & successivement jusqu’en bas de la planche, on se sert d’un ébarboir pour en adoucir la superficie, & enlever les barbes grenelées que laisse le tire ligne en passant. Ensuite on dessine légérement avec une pointe tout ce qu’indique le manuscrit, & ce dans l’ordre inverse qu’il offre, afin qu’à l’impression il se présente du droit sens. On porte ensuite la planche sur un marbre de grandeur proportionnée, armé de petites pattes mobiles, qui servent à contenir la planche fixément sur sa surface. Ce marbre doit être propre par son épaisseur à résister aux coups de marteau, & prêter coup à la planche, lorsqu’on vient à frapper les poinçons dessus. Les poinçons frappés, on plane la planche sur un tas avec une masse très-peu bombée sur son plan [2]. Cette opération faite, on tire au burin toutes les queues des notes qui en exigent, après quoi on les distingue davantage par croches de différentes especes ; ce qu’on appelle crocher ; cela se fait encore au burin, quant aux simples croches ; & avec l’échoppe, quand ce sont des croches simples, doubles, &c. liées ensemble parallelement, comme en a, fig. D. Cela fait, on passe un brunissoir d’un bout de la planche à l’autre ; ce qui la polit & lui donne son dernier point de perfection [3].

Lorsqu’il s’agit de quelques corrections ou de quelques changemens à faire, on repousse l’endroit fautif ou à changer par-dessous la planche, à coups du petit bout du marteau sur le tas ; ensuite on se sert du gratoir sur la surface de la planche, on la plane, afin de détruire les éminences qu’ont causées les coups de marteau: c’est par ce moyen qu’on rétablit l’endroit offensé, & qu’on le dispose à recevoir l’impression de nouveaux caracteres. (Voyez, fig. 12. 13. 18. Pl. I. de la Gravure en taille-douce, le compas à repousser, le tas, le marteau, &c.) Quant à la lettre, lorsqu’il s’en trouve à graver dans les interlignes sous la musique, la maniere de s’y prendre est la même dont il est fait mention à l’article Gravure en lettres, &c. On peut graver la lettre soit avant de frapper les notes, ou après ; mais généralement la préférence est donnée à la premiere maniere.

Des outils & poinçons propres à la Gravure de la musique.

Fig. 1. A a. Griffes ou paralleles à cinq pointes, servant à fixer les extrémités des portées.

2. B. Régloir ou planche à régler. Sa regle b, & une planche dessous C. d d pattes ou fiches paralleles & immobiles, servant à fixer la planche, & à la maintenir toujours en équerre avec la regle. e e Chevilles qui assujettissent la regle.

3. F. Tire-ligne vu de profil. Burin recourbé de la longueur à-peu près de quatre pouces, & de trois de poignée. f sa facette ou biseau, extrémité tranchante vue de face.

4. G. Pierre à frapper. Marbre sur lequel on frappe la planche, armé de ses pattes mobiles h h h h. i la planche.

5. Poinçon de la clé de sol, vu en-dessus.

6. K. Poinçon de la ronde, représenté dans toute sa longueur. l le même vû en surface.

7. M. Poinçon de la noire vu droit, de la longueur de trois pouces (longueur commune à tous les poinçons.) m son repert, sur lequel pose le pouce quand on frappe, afin que la direction de la note soit toujours la même. n denteleure sur le bout, pour griffer le noir, & le contenir dans la cavité. o tête de noire, à laquelle on a tiré une queue, vu du sens que la planche l’offre, & qui se présente de droit sens à l’épreuve.

Ces figures suffisent pour donner une idée générale de la longueur & de la grosseur de tous les autres poinçons.

On se contente seulement de donner ici un jeu de poinçons, lesquels sont au nombre de 24, non compris celui des neuf chiffres primitifs, dont on se sert pour coter les planches & chiffrer les basses dans la musique. On peut doubler, tripler, quadrupler ces jeux, selon le besoin que l’on a qu’ils soient plus ou moins gros, ou plus ou moins petits. Ces 24 pieces sont généralement la base de toutes celles des Graveurs de musique; si quelques-uns d’entre eux portent plus haut le nombre de ces pieces, c’est plus ancienneté d’habitude que raison ; car les bâtons de mesure, les coulés ou liaisons, & autres pieces de cette espece qu’ils frappent encore, peuvent également se faire toutes avec l’échoppe & au barin, ainsi qu’il a été dit plus haut à l’égard des croches & doubles croches séparées ou liées. Ces échoppes & ces burins sont les mêmes dont se servent les Graveurs en lettres. Voyez la Pl. précédente.

Noms des poinçons.

Fig. A. 1. Clé de fa. 2. Clé d’ut. 3. Clé de sol. 4. Dieze. 5. Béquarre. 6. Bémol. 7. Ronde, de laquelle on fait une blanche, en lui tirant une queue au burin. 8. Tête de noire, de laquelle on fait de même noires & croches. 9. Petite tête de noire, qu’on appelle petite note d’agrement, parce qu’elle sert en effet dans la musique pour les ports de voix, & autres agrémens ; on lui fait une queue, & on la croche de même que la grosse tête de noire. 10. Point. 11. Trille, dit tremblé ou tremblement. 12. Cadence 13. Guidon. 14, 15 & 16. Différentes figures arbitraires de renvoi. 17. Pause & demi-pause, poinçon qui se frappe de deux manieres, c’est-à dire tantôt sur la ligne, & tantôt dessous, selon l’exigence des cas. 18. Soupir. 19. Demi-soupir. 20. Quart de soupir. 21. Demi-quart de soupir. 22. Quart de quart de soupir. 23. Reprise, de laquelle on ne frappe quelquefois que les points avec le poinçon n°. 10. le reste se faisant encore au burin & à l’échoppe. 24. Signe de mesure à quatre tems, dit C, parce qu’il en a la figure à-peu-près. a Portée de cinq lignes tirées avec le burin recourbé ou tire-ligne, précédée d’une trace ponctuée & annoncée par les cinq points de la griffe, pour faire connoître que c’est de cet endroit qu’a parti le tire-ligne.

B. Portée sur laquelle les notes ont été dessinées & ensuite frappées ; on y voit encore les barres de mesure qui n'y sont que dessinées.

C. La même portée avec les queues aux notes, tirées au burin, de même que les barres de mesure.

D. La même portée, mais finie, c'est-à-dire que les notes ont leurs queues, leurs croches, leurs liaisons ; &c. tout ce qui peut en un mot remplir l'objet qu'on se propose en pareil cas. On y a joint des paroles au-dessous, afin d'offrir ici un exemple complet du tout, quoiqu'abrégé. Article de Musique par Madame Delusse.

Notes

  1. ↑ Cette opération n'a lieu que par rapport aux planches de cuivre qui sortent toutes brunies des mains du cuivrier ; à l'égard des planches d'étain, elles ne sont susceptibles d'aucune préparation, vu qu'elles sortent toutes brunies & polies des mains du potier d'étain.
  2. ↑ Ce planage doit être fait, pour plus grande netteté, sur le dessous de la planche, quand elle est d’étain ; & au contraire sur le dessus de la planche, quand elle est de cuivre.
  3. ↑ (b) Quelques uns se servent encore de prêle pour cet esset, principalement sur les planches d’étain ; mais joint à ce que c’est une opération moins prompte que l’autre, il en résulte l’inconvénient de mordre un peu trop vivement sur les endroits gravés.