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Planches:HISTOIRE NATURELLE, MINERALOGIE, Fabrique des Poudres (volume VI)

De Encyclopédie

HISTOIRE NATURELLE.

MINERALOGIE.

Fabrique des Poudres, contenant 19 Planches, dont sept doubles.

PLANCHE Iere.

Bibliothèque Mazarine, exemplaire 2° 3442, numérisé par l’ENCCRE. Licence CC BY-NC-ND 3.0 France — pas d’utilisation commerciale, pas de modification. Le texte de ce site est sous une autre licence, CC BY-SA 3.0.

PLan général d'un moulin à pilons établi à Essonne. A, verrin pour lever la pelle & donner l'eau à la roue qui est placée dans le coursier. B C la roue à aubes au nombre de vingt-quatre. D E l'arbre de la roue & du hérisson. F G le hérisson qui met en mouvement les deux lanternes F H, G I. K L, M N les deux arbres tournans garnis chacun de douze levées ou cames servant à lever alternativement les pilons. a b c d e f g h i k l m les douze levées d'un des arbres. O P Q R les quatre montans ou poteaux du bâtis du moulin. I, II, III, IIII, V, VI, VII, VIII, IX, X, XI, XII les douze mortiers de l'une des batteries. 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12 les douze mortiers de l'autre batterie ; ils sont creusés dans une forte piece de bois de vingt-quatre pouces d'épaisseur sur vingt pouces de largeur ; les batteries sont reliées de trois en trois mortiers, par des frettes ou bandes de fer pour les empêcher de fendre, ainsi que l'on peut voir dans la figure.

Le moulin est renfermé dans une salle Y y z Z, dont les murs fort épais sont encore fortifiés par des contre-forts S T V X, principalement du côté où l'explosion seroit le plus à craindre ; c'est aussi par la même raison que le toit est composé seulement de planches posées sur les pannes du comble, comme on le voit dans les Planches suivantes.

PLANCHE II.

Bibliothèque Mazarine, exemplaire 2° 3442, numérisé par l’ENCCRE. Licence CC BY-NC-ND 3.0 France — pas d’utilisation commerciale, pas de modification. Le texte de ce site est sous une autre licence, CC BY-SA 3.0.

Elévation & coupe longitudinale du même moulin.

B C la roue à aubes dans son coursier. D E l'arbre de la roue & du hérisson. D, E les tourillons de l'arbre portés par des chevalets ou chaises, derriere le hérisson on voit une partie de la lanterne F H de la Planche précédente, & derriere les pilons l'arbre E L sur laquelle elle est montée. O P la pille ou batterie dans laquelle sont pratiqués douze mortiers. O o o, P p p deux des quatre montans qui sont aux angles du moulin ; les tenons o o p p reçoivent les chapeaux par lesquels ces montans sont reliés à ceux de la seconde batterie. I, II, III, IIII, V, VI, VII, VIII, IX, X, XI, XII les pilons. f g, a e les moises ou prisons qui leur servent de guides. b, c, d clés qui retiennent les deux parties dont une moise est composée. T un des deux contre-forts qui avoisinent la porte du moulin. V, X deux pannes sur lesquelles les planches qui composent la couverture sont posées.

PLANCHE III.

Bibliothèque Mazarine, exemplaire 2° 3442, numérisé par l’ENCCRE. Licence CC BY-NC-ND 3.0 France — pas d’utilisation commerciale, pas de modification. Le texte de ce site est sous une autre licence, CC BY-SA 3.0.

Elévation géométrale du moulin vû du côté de la porte d'entrée.

E tourillon de l'arbre & du hérisson ; la roue à aubes est indiquée par des lignes ponctuées, ainsi que le coursier & son empellement A. P & R les deux pilles ou batteries vûes par leur extrémité. P p p, R r r deux des quatre montans ou poteaux angulaires, dont les tenons p p r r reçoivent le chapeau u u x x prolongé de part & d'autre jusqu'au mur de l'attelier, ce qui assure ces parties du moulin dans la situation verticale. e e-e e, e-e les moises ou prisons supérieures. g g, g les moises inférieures. N & L tourillons des arbres tournans dont les levées sont disposées comme les points angulaires d'un polygone de vingt-quatre côtés. H F, I G les deux lanternes fixées sur ces arbres, dans lesquelles le hérisson de l'arbre de la grande roue engraine. V V, X X partie de deux des pannes qui soutiennent le toit composé de planches arrêtées par des chevilles de bois, ainsi qu'il a été dit ; ces planches ont extérieurement deux rainures près de leurs rives pour servir le larmier & guider les eaux pluviales, & les empêcher de s'infiltrer dans les joints.

PLANCHE IV.

Bibliothèque Mazarine, exemplaire 2° 3442, numérisé par l’ENCCRE. Licence CC BY-NC-ND 3.0 France — pas d’utilisation commerciale, pas de modification. Le texte de ce site est sous une autre licence, CC BY-SA 3.0.

La vignette représente la vûe perspective de l'intérieur du moulin, & plusieurs ouvriers occupés à différentes opérations.

E tourillon de l'arbre de la roue à aubes & du hérisson garni de quarante-huit dents, qui fait tourner les lanternes qui ont vingt fuseaux chacune. u x chapeau des deux poteaux montans du côté de la roue. u u x x chapeau des deux poteaux montans du côté de la porte du moulin. P p p, R r r les deux poteaux montans. P & R les deux batteries. e-e, e e-e e les moises ou prisons supérieures. g, g g les moises inférieures. N tourillon de l'arbre d'une des lanternes.

Pour composer la poudre, on a autant de boisseaux qu'il y a de mortiers, c'est-à-dire vingt-quatre ; chacun de ces boisseaux, dont un est représenté fig. 1. du bas de la Planche, contient vingt livres de matieres, savoir quinze livres de salpêtre de la troisieme cuite, deux livres & demie de soufre bien pulvérisé, deux livres & demie de charbon de bois de bourdaine criblé ; on met ce mélange dans un mortier, ensuite on arrose en versant deux mesures ou chopines d'eau, car une pinte suffit ordinairement pour le premier arrosage, ensuite on retourne les matieres avec une spatule de bois qui a trois piés de long, on donne l'eau à la roue pour mettre en train, après que les matieres ont été battues pendant une heure, on arrête le moulin pour faire le premier changement.

Faire un changement ; c'est transvaser les matieres d'un mortier dans un autre, ce qui se fait dans cet ordre.

Trois ouvriers à chaque batterie sont occupés ensemble à cette opération, chacun de ces ouvriers prend sur sa table quatre broches de bois fig. 6. pour les placer dans les trous des pilons au-dessus de la moise inférieure afin de les tenir suspendus au-dessus des mortiers, ils prennent ensuite chacun une layette fig. 7. qui est une boîte de bois qu'ils placent vis-à-vis le I le V & IX mortiers ; alors avec la coquille ou main de cuivre fig. 4. ils vuident ce mortier dans la layette, & les trois autres mortiers suivans successivement les uns dans les autres, ensorte que la matiere qui étoit dans le second mortier passe dans le premier, celle du troisieme dans le second, celle du quatrieme dans le troisieme ; on reporte ensuite la matiere contenue dans la layette dans le quatrieme mortier qui se trouve vuide, le second & le troisieme ouvriers en font de même pour les quatre mortiers qu'ils transvuident, ensorte que la matiere du cinquieme rentre dans le huitieme, & celle du neuvieme dans le douzieme ou dernier.

Fig. 1. Ouvrier qui ayant transvasé ses quatre mortiers les uns dans les autres retire les chevilles ou broches qui tiennent les pilons suspendus & les laisse retomber dans les mortiers ; près de lui & du chevalet qui porte le tourillon de l'arbre de la roue est la tablette a sur laquelle il place ses quatre chevilles, & la main ou coquille de cuivre qui lui sert à vuider les matieres ; à côté de cette tabletre est la layette b qui est arrêtée sur le plancher par trois tringles de bois qui y sont clouées, & entre lesquelles il la replace.

2. Second ouvrier qui transvuide le huitieme mortier dans le septieme, près de lui est sa layette c, dans laquelle il a vuidé le cinquieme mortier, derriere lui en f est la tablette sur laquelle il replacera ses quatre chevilles & sa coquille, près de cette tablette est l'emplacement d de la layette c de ce second ouvrier.

On n’a pas représenté le troisieme ouvrier de cette batterie, ses fonctions étant les mêmes que celles des deux ouvriers précédens, pour les quatre mortiers qu’il doit servir, qui sont le neuvieme, dixieme, onzieme & douzieme.

3. Troisieme ouvrier de la seconde batterie, qui après avoir fait le changement, balaye avec la brosse fig. 5. du bas de la Planche, le dessus de la batterie pour rassembler la matiere éparse qui peut s’y trouver, & la faire retomber dans les mortiers ; on voit en h sa layette placée à côté de la chaise ou chevalet qui soutient le tourillon N de sa batterie ; celle du troisieme ouvrier de la batterie précédente est de même placé auprès de la chaise correspondante.

Lorsque le moulin est servi par quatre ouvriers seulement au-lieu de six, les deux ouvriers de chaque batterie transvuident chacun six mortiers, ensorte que la matiere du premier rentre dans le sixieme, & celle du septieme dans le douzieme & dernier.

Ce premier changement se fait sans arrosage, le second se fait trois heures après, le troisieme aussi trois heures après le second, ainsi de suite pour les autres changemens ; on arrose plus ou moins suivant l’état de la matiere, & la saison plus ou moins chaude & seche, on continue ainsi jusqu’à ce que la poudre soit faite & bonne à grainer, ce qui dure vingt, vingt-deux ou vingt-quatre heures, pendant lequel tems chaque pilon bat cinquante-quatre ou cinquante six coups par minute.

Bas de la Planche.

1. Boisseau dans lequel on apporte la composition pour un mortier.

2. Spatule servant à remuer la composition dans le mortier avant de mettre en train, ce n’est qu’un bâton un peu courbé, de la forme que la figure représente.

3. Chopine ou mesure de fer-blanc contenant environ une chopine d’eau, servant à mesurer celle qu’on verse dans chaque mortier.

4. Coquille ou main de cuivre servant à transvaser les matieres d’un mortier dans l’autre, & à battre le dessous des pilons pour en détacher la poudre. a coquille vûe en perspective. b la même coquille vûe en plan ; l’ouvrier fig. 2. de la vignette tient une semblable coquille de la main droite.

5. Brosse pour balayer le dessus de la pille, c’est celle dont se sert l’ouvrier fig. 3. de la vignette.

6. Quatre broches servant à suspendre les pilons au-dessus de la moise inférieure, comme on le voit dans la vignette ; il en faut vingt-quatre.

7. Layette servant aux changemens, elle a douze pouces de largeur, dix pouces de profondeur, & vingt-deux de hauteur.

PLANCHE V.

Bibliothèque Mazarine, exemplaire 2° 3442, numérisé par l’ENCCRE. Licence CC BY-NC-ND 3.0 France — pas d’utilisation commerciale, pas de modification. Le texte de ce site est sous une autre licence, CC BY-SA 3.0.

Développemens de quelques parties du moulin dessinés sur une échelle triple.

Fig. 1. Elévation d’un des pilons ; les pilons ont environ dix piés de longueur sur quatre pouces d’équarrissage. B b mentonnet. A a coin qui assure le mentonnet dans sa mortoise. D boîte de fonte, la même dont on fait les canons, qui reçoit l’extrémité inférieure du pilon.

2. Le pilon vû par sa face du côté de l’arbre tournant. a b mortoise qui reçoit le mentonnet. c trou pour recevoir une des chevilles fig. 6. de la Planche précédente. d extrémité inférieure du pilon qui doit entrer dans la boîte e qui est au-dessous. f bouchon dont le fil est selon la longueur, ce qu’on nomme à bois debout, sur lequel tombe le pilon.

3. Mentonnet séparé du pilon. B tête du mentonnet qui est élevé par les cames des arbres tournans. b queue du mentonnet qui traverse le pilon. e encoche qui reçoit l’angle de la mortoise du pilon. A a coin qui assure le mentonnet dans sa mortoise.

4. Coupe de la batterie par un plan vertical qui passe par le centre d’un des mortiers. E le mortier. f tampon de bois de pommier ou poirier qui reçoit les coups du pilon.

5. Tine ronde ou à deux oreilles servant à transporter la poudre du moulin au grainoir ; ces tines ont deux piés de diametre & quinze pouces de haut ; on vuide les mortiers dans les layettes, que l’on revuide dans la tine ; on passe ensuite un bâton dans les deux trous des oreilles, & deux ouvriers la transportent sur leurs épaules au lieu où elle doit être grainée.

6. Tines ovales cerclées de cuivre, dans lesquelles on pese la poudre avant de la mettre en barils, leur forme ovale facilite l’introduction des cent livres de poudre qu’elles contiennent, dans les sacs où on l’envelope avant de les renfermer dans les barils.

7. Plan de la même tine ovale.

PLANCHE VI.

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Plan général d’un moulin à poudre à meules roulantes.

A A Empellement de décharge pour évacuer l’eau superflue, soit lorsque le moulin est arrêté ou qu’elle vient avec trop d’abondance. B B, C C coursier de la vanne de décharge A empellement ou vanne de la roue du moulin. B C le coursier dans lequel la roue est placée ; cette roue a vingt-quatre piés de diametre, non compris les aubes qui ont un pié dix pouces de large sur un pié six pouces de hauteur, & sont au nombre de trente-deux. L’arbre D E de cette roue porte un rouet F G garni de quarante-quatre alluchons, ce rouet engraine dans une lanterne conique qui a vingt-deux fuseaux, elle est indiquée par des points ; cette lanterne est fixée sur un arbre vertical (visible dans la Planche suivante) qui porte une seconde lanterne horisontale i I. H est le pivot supérieur de cet arbre vertical, la lanterne dont on vient de parler engraine dans le hérisson K M fixé aussi sur un arbre vertical dont le pivot supérieur est désigné par la lettre L. Cet hérisson, qui a cinquante-six dents sert de roue de renvoi pour communiquer le mouvement aux lanternes N n, O o qui mettent les meules roulantes en mouvement, ces dernieres lanternes ont chacune trente fuseaux.

Le bâtiment dans lequel le moulin est renfermé est composé du côté du coursier d’une forte muraille T Z Z T, dans laquelle on a pratiqué un œil Z Z, dans lequel passe l’arbre D E de la roue à aubes, les trois autres côtés sont fermés par des pans de bois dont les principaux poteaux montans sont indiqués par les lettres T V R X Y Y X S V T ; entre les deux du milieu est la porte par laquelle on entre dans le moulin, les deux poteaux R & S qui sont plus épais que les autres portent une poutre dans laquelle sont les colets qui reçoivent les pivots supérieurs P Q des arbres vecteurs des meules ; cette même poutre reçoit aussi les extrémités des deux autres poutres scellées en Z & Z, qui portent les collets supérieurs des arbres verticaux H & L des premieres lanternes & du hérisson de renvoi ; ces trois pieces sont indiquées par des lignes ponctuées.

Les meules gissantes qui ont sept piés de diametre & environ deux piés d'épaisseur sont entourées d'un rebord ou table de planches un peu évasé. 1, 2, 3, 4, 5 la moitié d'un de ces rebords, on a supprimé l'autre moitié pour laisser voir une partie du pié 6, 7-10 sur lequel elle est posée, la table de la seconde meule gissante est entiere.

PLANCHE VII.

Bibliothèque Mazarine, exemplaire 2° 3442, numérisé par l’ENCCRE. Licence CC BY-NC-ND 3.0 France — pas d’utilisation commerciale, pas de modification. Le texte de ce site est sous une autre licence, CC BY-SA 3.0.

Elévation géométrale du moulin vû du côté d'amont, A A verrin pour lever la vanne de décharge. a a, b b, a a la vanne qui est abaissée. A verrin pour lever la palle du coursier de la roue. a a la palle qui est levée pour donner l'eau à la roue B C, dont les dimensions ont été données dans l'explication de la Planche précédente. D E arbre de la roue & du rouet F G, le touril-lon E porte sur un chevalet ou chaise sur lequel repose aussi le pivot inférieur h de l'arbre vertical h H des deux lanternes F f, I i ; la premiere qui est de forme conique & a vingt-deux fuseaux est menée par le rouet dont il a été fait mention ; la seconde I i de forme cylindrique ayant trente-quatre fuseaux, transmet le mouvement au hérisson de renvoi K M dont les dents sont au nombre de cinquante-six ; celui-ci le communique aux lanternes fixées sur les arbres vecteurs des meules, dont on voit seulement une désignée par les lettres N n ; ces lanternes ont trente fuseaux.

Les pivots supérieurs H & L des deux premiers arbres verticaux H h, L l sont arrêtés dans des palliers que l'on fixe où il convient, par des coins placés dans les entailles des deux pieces semblables z z, z ; ces pieces qui s'assemblent à enfourchement dans la poutre transversale dont on a parlé y sont fixées par une clé, comme on le voit en z ; à la face latérale de cette poutre sont placés les colliers qui retiennent les tourillons supérieurs des arbres vecteurs des meules, on en voit un en P.

La meule gissante p est entourée d'un rebord ou table 1, 5, comme il a été dit ; ce rebord, dont on a supprimé la moitié antérieure comme dans la figure correspondante de la Planche précédente, a un pié neuf pouces de large depuis la meule gissante qu'il recouvre d'environ un pouce, jusqu'aux extrémités 1 & 5, qui sont terminées par une moulure ou baguette d'environ un pouce de gros. La hauteur de ce rebord au-dessus du plan de la meule gissante est d'environ deux pouces & demi. Le pié 6, 6: 10, 10 est composé de plusieurs pieces de bois dont on verra la construction dans la Planche IX.

Les meules roulantes au nombre de deux sur chaque meule gissante, dont une seule N N est visible dans cette figure, sont enarbrées sur un axe commun qui est de fer & arrondi autour dans toute sa longueur ; cet arbre traverse l'axe vecteur des meules & les quatre boîtes de fonte, dont leurs ouvertures centrales sont garnies ; les extrémités de cet arbre sont reliées par une chaîne ou courroie N N n n à un bras de bois fixé à la face inférieure des lanternes qui reçoivent le mouvement du hérisson ; ces meules qui ont aussi sept piés de diametre & seize pouces d'épaisseur sont éloignées l'une de l'autre de deux piés quatre pouces, leurs faces extérieures sont à la distance de cinq piés.

PLANCHE VIII.

Bibliothèque Mazarine, exemplaire 2° 3442, numérisé par l’ENCCRE. Licence CC BY-NC-ND 3.0 France — pas d’utilisation commerciale, pas de modification. Le texte de ce site est sous une autre licence, CC BY-SA 3.0.

Elévation géométrale du moulin vû du côté de la porte d'entrée, cotée Y Y dans le plan général. p p meule gissante ; on a supprimé la moitié antérieure de la table qui l'entoure pour laisser voir la crapaudine du pivot p de l'arbre vecteur des meules. N N, N N les deux meules roulantes enarbrées sur leur axe de fer, dont les extrémités sont tirées par des chaînes. N n lanterne de trente fuseaux qui reçoit le mouvement du hérisson de renvoi. P pivot supérieur de l'arbre vecteur des meules, il est retenu par un collet pratiqué à la face postérieure de la poutre R S. z z doubles tenons qui assemblent, au moyen d'une clé, les deux poutres sur lesquelles sont fixés les collets du pivot supérieur de l'arbre L l du hérisson, & celui de l'arbre commun aux deux lanternes I i, F f ; on voit une partie du rouet qui mene cette derniere lanterne.

La seconde meule gissante est entourée de sa table, dont on voit la partie antérieure. q q un des huit poteaux montans qui en composent le pié. O O une des deux meules roulantes vûe de face, la seconde étant cachée par celle-ci. O o lanterne de trente fuseaux. Q pivot supérieur de l'arbre vecteur des deux meules.

On voit par cette Planche & par la précédente, que les meules gissantes sont appuyées sur un massif de maçonnerie pratiqué dans le terre-plein du moulin ; le terre-plein est indiqué par des hachures diagonales.

PLANCHE IX.

Bibliothèque Mazarine, exemplaire 2° 3442, numérisé par l’ENCCRE. Licence CC BY-NC-ND 3.0 France — pas d’utilisation commerciale, pas de modification. Le texte de ce site est sous une autre licence, CC BY-SA 3.0.

La vignette représente la vue de l'intérieur du moulin en perspective. p p, q q les deux meules gissantes, sur chacune desquelles on répand quatre-vingt livres de composition, ou la charge de quatre mortiers du moulin précédent. O O, O O les deux meules roulantes. q Q l'arbre vecteur. O lanterne qui reçoit son mouvement du hérisson M. l M l'arbre du hérisson.

La seconde meule gissante p p a de même deux meules roulantes N N, N N qui sont mises en mouvement par le même hérisson au moyen de la lanterne N, fixée sur l'arbre vecteur de ces deux meules ; le pivot supérieur P de cet arbre est aussi arrêté à la face postérieure de la poutre R S qui reçoit en z & z les doubles tenons de celles qui portent le collet des pivots L & H des deux autres arbres.

Bas de la Planche.

Fig. 1. Une des tables qui entourent chaque meule gissante ; on voit à l'intérieur un rebord qui recouvre la meule d'environ un pouce.

2. Pié de la table composé de huit poteaux montans, & de seize courbes ou entre-toises, tous ces bois ont environ six pouces d'équarrissage ; ces deux figures sont dessinées sur une échelle demi-fois plus grande que celle des Planches précédentes, ensorte que six piés de celle-ci sont égaux à neuf piés des petites échelles.

PLANCHE X.

Bibliothèque Mazarine, exemplaire 2° 3442, numérisé par l’ENCCRE. Licence CC BY-NC-ND 3.0 France — pas d’utilisation commerciale, pas de modification. Le texte de ce site est sous une autre licence, CC BY-SA 3.0.

Développement dessiné sur la grande échelle d'un des arbres vecteurs, & des volées ou charrues qui rassemblent la matiere sous la voie des meules.

Fig. 1. Arbre vecteur des meules. N O lanterne de 30 fuseaux. 5, 6 mortoise oblongue dans laquelle passe l'essieu de fer des meules ; les deux faces opposées de l'arbre sont fortifiées en cet endroit par deux plaques de fonte de cuivre qui sont fixées à l'arbre, & réunies entre elles par quatre boulons de fer à vis & à écrous 1, 2, 3, 4.

Les faces en retour du même arbre sont percées de deux mortoises pour recevoir les bras a b, c d qui portent les volées e f & g h, les volées peuvent couler de haut en bas & de bas en haut, dans des mortoises formées dans une piece de bois qui se joint aux bras, selon que les charrues f & h rencontrent plus ou moins de matieres sur la meule gissante.

2. Plan de la meule gissante & des deux volées ou charrues ; l'espace entre les deux cercles concentriques. 1, 1 : 2, 2 est la voie des meules roulantes, voie qui est égale à leur épaisseur, dans le cas où elles sont également éloignées de l'arbre vecteur, la forte pression de ces masses énormes écarte continuellement la matiere ou composition, c'est pour la rassembler que l'on a construit les charrues ; celle h g dont l'extrémité h frotte contre le dé ou crapaudine du centre, rejette au moyen de sa courbure convexe, les matieres qui se trouvent près du centre, dans l'espace compris entre les deux cercles 1, 2. La seconde charrue f e rassemble de même, en commençant par f & finissant par e, les matieres qui se trouvent répandues entre le cercle 2 & le bord de la meule gissante, & les ramene ainsi dans l'espace compris entre les deux cercles concentriques où est la voie des meules roulantes.

La matiere ou composition qui s'attache aux meules roulantes retombe souvent hors de la meule gissante sur la table qui l'entoure, pour rassembler ces matieres & les rejetter sur la meule gissante, on se sert d'une brosse fig. 5. Pl. IV. avec laquelle l'ouvrier rassemble & rejette les matieres sous la voie des meules en suivant leur mouvement, mais comme la moindre inattention l'exposeroit à être pris & écrasé par les meules roulantes, si sa marche autour de la table n'étoit pas réglée sur celle des meules, on a pratiqué les poignées c & d aux extrémités des bras inférieurs ; l'ouvrier saisit de la main gauche une de ces poignées, de la main droite il tient la brosse avec laquelle il balaye la table ; alors le bras c ou d dont il tient la poignée, le force à marcher aussi vîte que lui, & par conséquent le tient toujours également éloigné de la meule roulante qui le suit.

3. La petite volée ou charrue vue en perspective & dessinée sur une échelle double. H partie de la charrue qui commence à rassembler les matieres. G partie de la charrue qui acheve de la rejetter sous la voie des meules.

4. La grande charrue aussi dessinée sur une échelle double. F partie de la charrue qui commence à rassembler les matieres vers les bords de la meule gissante. E partie de la charrue qui acheve de ramener la matiere sous la voie des meules.

Ce moulin qui existe à Essonne, est le seul de ce méchanisme en France. La poudre qui s'y fabrique mise en parallele avec toutes les poudres étrangeres, ne le cede en rien aux plus parfaites ; aussi est-ce la poudre dont les Roi & les princes du Sang font usage. Ce moulin a été construit en 1754, par les soins de M. Micault, alors commissaire-général des poudres & salpêtres de France, sur les plans & sous la direction du pere Fery.

Les meules dont il est composé sont d'une pierre bleue grainée, qui se tire d'une carriere dite Ecossine, qui est à deux lieues de Braine-le-Comte, bourg situé entre Mons & Bruxelles.

Cette pierre est calcaire, noirâtre, avec des écailles spatheuses & brillantes qui sont de la même couleur ; elle se dissout entierement & avec effervescence dans l'acide nitreux.

La meule gissante, sur laquelle les deux autres font leurs révolutions, a huit piés de diametre sur vingt-un pouces d'épaisseur ; nous ne lui avons donné que sept piés.

Le diametre des roulantes est de sept piés cinq pouces, l'épaisseur de celle qui est le plus près du centre est de dix-huit pouces six lignes, l'épaisseur de l'autre n'est que de dix-sept pouces & demi ; nous ne leur avons donné que sept piés dans nos figures, & seulement seize pouces d'épaisseur. Le pié cube de cette pierre pese cent quatre-vingt-sept livres onze onces cinq gros, d'où il suit que chacune de ces meules pese neuf mille six cens soixante-sept livres onze onces cinq gros cinq sixiemes. Au centre de la meule gissante est percé un trou de dix pouces en quarré, pour recevoir la boîte ou le socle de bois qui contient le palier du tourillon de l'arbre vecteur des meules roulantes.

Au centre des meules roulantes est également percée une lumiere de dix pouces & demi en quarré pour recevoir les moyeux de bois qui contiennent des boîtes en métal d'alliage, où est reçu l'essieu commun des deux meules ; cet essieu est de fer de onze piés de longueur, sur quatre pouces six lignes de grosseur ; il est exactement arrondi d'un bout à l'autre, pour être tiré de place quand il est besoin, sans que l'on soit obligé de toucher aux meules.

On ne fabrique en une fois sous ces meules que soixante & dix livres de poudre ; la quantité de matiere destinée à cette composition se place d'abord de part & d'autre entre les deux meules. L'ouvrier leve la vanne, non à l'aide d'une vis & d'un écrou, comme aux autres moulins, mais au moyen d'une bascule qui le met à portée de son ouvrage. La machine se met en action, & lorsque les meules sont parvenues sur la ma-tiere, aussi tôt le Poudrier baisse la vanne & vient étendre la matiere uniformément sur toute la route circulaire des meules. Il les remet en mouvement en levant la vanne, & appuyant sa main gauche sur l'appui qui déborde la volée & qui lui sert de guide, ainsi qu'il a été dit, il balaye la matiere sous les meules, à mesure qu'il avance en les suivant. Après qu'il a fait ainsi quelques tours & que la matiere commence d'être broyée, il fixe la vîtesle du moulin en lâchant la quantité d'eau nécessaire, il descend l'une & l'autre volée, nommées ci devant charrues, dont la destination est de diriger constamment la matiere sous la circonférence des meules roulantes. Cette quantité de soixante & dix livres de poudre est fabriquée dans l'espace de six heures ; l'arrosage total est de deux pintes trois huitiemes, au commencement de l'opération, on répand uniformément une pinte trois huitiemes d'eau sur la totalité de la matiere, ensuite d'heure en heure on distribue l'autre pinte à proportion du besoin.

Au bout de six heures les matieres se trouvant parfaitement incorporées ensemble, l'ouvrier baisse la vanne pour arrêter la machine, & au moyen d'une main ou ratissoire de cuivre qui lui a souvent servi à remuer la matiere, il la détache des meules & la rassemble pour la recevoir dans un baquet ; après qu'il a recueilli la quantité qui se trouve de part & d'autre entre les meules, il place en ces endroits bien balayés de fortes pieces de cuir de bœuf, afin que les meules roulantes y étant reçues ne touchent jamais immédiatement la meule gissante, ce qui seroit fort dangereux si elles venoient à faire feu ; il lâche l'eau avec douceur, & les meules reçues sur les pieces de cuir, lui laissent la liberté de recueillir la poudre qui se trouvoit dans la place qu'elles occupoient ci-devant. Il emporte cette matiere au grainoir où elle est grainée sur-le-champ. On ne tire ordinairement de ces soixante & dix livres que trente livres de grains, le reste passe à-travers le grainoir en forme de poussier, qui a besoin d'une nouvelle préparation pour être remis en grains.

Cette poudre se fabrique en moins de tems que dans les moulins à pilons ; elle se fait par compression & non pas par percussion. Il y a donc moins d'évaporations, il y entre moins d'eau dans l'arrosage, vû que les meules roulantes changeant de place à chaque instant relativement aux parties de leur circonférence & à celles de la surface de la meule gissante sur laquelle elles roulent, il n'est point à craindre que la matiere s'échauffe & s'enflamme, ce qui arriveroit dans les batteries à pilons, si on n'y obvioit pas par des arrosages fréquens. Cette poudre est donc moins chargée de parties aqueuses, ce qui la rend moins graisseuse & plus active, mais l'inconvénient de ces sortes de moulins est de fabriquer très-peu de poudre à-la-fois.

C'est pour cette raison que le P. Fery, souvent occupé sur cette partie, avoit proposé autrefois des moulins où la poudre se fît également par compression & sans percussion, & où l'on pût en fabriquer en huit heures autant qu'il s'en fabrique en vingt-quatre dans les barteries ordinaires. Chacun de ces moulins devoit être composé de quatre cylindres de fer de fonte pesant six milliers, qui attachés deux à deux à un brancard commun, devoient rouler en ligne droite sur deux tables horizontales qui auroient eu chacune douze piés de longueur sur quatre piés de largeur, ce qui donnoit pour la matiere à fabriquer une surface totale de 96 piés quarrés. L'essai de ce moulin a été fait à Essonne en 1756. On y a fabriqué de la poudre en huit heures, & sa qualité surpassoit de beaucoup celle de la poudre des batteries ordinaires ; mais jusqu'à ce jour on s'est borné à cet essai.

PLANCHE XI.

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La vignette représente l'intérieur de l'attelier du grainoir, & plusieurs ouvriers occupés à grainer la poudre.

La matiere ou composition préparée par l'un ou l'autre moulin que l'on vient de décrire est mise dans de grandes mayes qui entourent cet attelier, on en forme un tas comme celui de la fig. 1. Alors un ouvrier fig. 1. prend un grainoir percé à gros grains, le charge de matiere avec une pelle de bois, puis il y place le rouleau ou disque de bois, qui en glissant sur la matiere, la force à se diviser & à passer par les trous du grainoir ou crible fait d'une peau de cochon tendue sur un cercle de bois comme les cribles ordinaires, dont il ne differe que parce que les trous sont ronds & d'environ une demi-ligne de diametre.

Cependant on emploie dans la plupart des fabriques de la peau de veau pour les grainoirs de la poudre de guerre, comme pour ceux de la poudre à giboyer.

La matiere qui a passé à-travers ce grainoir est reprise par les autres ouvriers fig. 2, 3, 4, &c. dans un grainoir différent, en ce qu'il est percé de trous plus petits, de la grosseur du grain de la poudre à giboyer.

L'ouvrier fig. 2. ayant chargé son grainoir de la poudre qui a passé par le premier, verse ce qu'il contient dans le grainoir de l'ouvrier fig. 3. celui-ci à son tour dans le grainoir de l'ouvrier fig. 4. ainsi de suite, quel que soit le nombre des ouvriers employés à cette manœuvre. Pendant cette opération l'ouvrier fig. 2. recharge son grainoir avec une pelle de bois, il fait passer ainsi de main en main une charge à chaque ouvrier ; alors tous les grainoirs étant chargés, chaque ouvrier y place son rouleau, il le fait glisser & rouler dans l'intérieur du grainoir jusqu'a ce que toute la matiere qu'il contient soit passée à travers, ce qui se fait en balançant & en glissant le grainoir sur le bâton quarré qui traverse la maye, lequel sert d'attelier à chaque ouvrier.

La matiere étant grainée forme autant de tas particuliers qu'il y a d'ouvriers ; on la rassemble en un seul tas pour la tamiser dans des tamis montés de toile de crin, afin d'en extraire le poussier & laisser le grain dans le tamis, d'où on le verse dans des corbeilles.

A B C Plusieurs tonneaux ou gueules-bées dans lesquels on met le poussier qui doit être reporté au moulin comme il sera dit ci-après, ou la poudre, en attendant qu'elle passe dans les autres atteliers. F corbeille ou tine ronde servant à transporter la poudre au moyen du bâton que deux ouvriers portent sur leurs épaules.

Bas de la Planche.

Plan d'un quart du grainoir. Le grainoir ou attelier où on graine la poudre est éclairé par quatre croisées & une porte, la maye ou les mayes regnent tout au tour, le plafond est soutenu par deux poteaux X autour desquels on range les tonneaux A, B, C, D, E qui contiennent les matieres dont on a parlé ci-dessus. 1 grainoir à gros grains placé sur son bâton quarré & garni de son rouleau. 2, 3, 4, grainoirs percés de trous du grain de la poudre à giboyer avec chacun leurs rouleaux.

PLANCHE XII.

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Fig. 1. Grainoir vû en plan & garni de son rouleau ; ce grainoir a deux piés & demi de diametre, & a intérieurement environ six pouces de profondeur.

2. Le même grainoir en perspective, il a extérieurement huit pouces de hauteur.

3. Le rouleau vû en plan, il est de bois & a huit pouces de diametre.

4. Le rouleau vû de profil, il a deux pouces & demi d'épaisseur, les angles en sont un peu arrondis.

On met les rouleaux dans les cribles à grainer la poudre pour déterminer la pâte à se briser & à passer à-travers les trous du grainoir ; mais la poudre qui a été fabriquée sous les meules étant beaucoup plus dure que celles des batteries, comme moins humectée, on emploie dans les grainoirs des boules de cuivre, au-lieu de rouleaux de bois.

5. Tamis monté en toile de crin, il a les mêmes dimensions que le grainoir.

6. Le même tamis en perspective.

7. A B Bâton quarré sur lequel on promene & on balance le grainoir pour grainer la matiere. a & b tasseaux qui sont fixés aux faces intérieures de la maye pour porter le bâton quarré.

8. Maye représentée en perspective & profil, dessinée sur une échelle triple, ainsi que toutes les autres figures de cette Planche.

La maye a quatre piés de large de dehors en dehors, deux piés neuf pouces de hauteur sur le devant ou côtés des ouvriers, trois piés quatre pouces du côté opposé, & environ douze pouces de profondeur ; les poteaux montans sont à la distance de sept piés les uns des autres, & ont six pouces d'équarrissage, le tout est composé de madriers de chêne de trois pouces ou trois pouces & demi d'épaisseur, assemblés sans aucune ferrure.

9. Pelle servant à charger les grainoirs ou les tamis, elle est de bois & n'a rien de particulier.

Dans les moulins à pilons ou batteries ordinaires, composées de 24 pilons, la quantité de matiere est de 480 liv. à 20 liv. pour chaque mortier. Lorsque cela a passé par le grainoir, il ne rapporte ordinairement que 220 à 240 liv. de grains, le reste se réduit en poussier & se rebat de nouveau pour être grainé, ainsi qu'il sera dit ci-après.

PLANCHE XIII.

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La vignette représente l'attelier de l'essorage & du séchage.

Le séchoir est un grand bâtiment assez semblable à une serre chaude pour élever des plantes ; la face de devant qui doit être tournée vers le midi, est garnie de grands vitreaux à-travers lesquels les rayons du soleil peuvent passer. L'intérieur de ce bâtiment est occupé par des chantiers sur lesquels on pose des tables où on met essorer la poudre ; l'espace au-devant de cet attelier est garni de semblables chantiers & de semblables tables où on fait sécher la poudre en plein air après qu'- elle a reçu plusieurs préparations. On voit dans la vignette quatre rangs de ces tables extérieures, leur nombre & leur étendue varient selon le plus ou le moins de fabrication.

Bas de la Planche.

Plan du séchoir pour l'essorage, & d'une partie des tables qui sont au-devant. A, B portes de l'essorage, pratiquées dans les murs latéraux ; le mur postérieur est fortifié de distance en distance par des contreforts qui contrebuttent l'action de la face inclinée des chassis. C E, D F chevalets sur lesquels sont placées les tables à la hauteur de deux piés & demi ; les tables ont sept piés de large, & sont formées par des planches de cette longueur qui traversent d'un chevalet à l'autre. G table séparée du reste H I &c. I drap de toile qui est ployé, & dans lequel la poudre qui étoit répandue dessus pour essorer est renfermée pour être transportée dans un autre attelier. K & L deux draps étendus sur la table prêts à recevoir la poudre au sortir du grainoir. M drap chargé de poudre ; il y en a 50 liv. que l'on répand également sur la surface du drap au moyen d'un rabot ou rateau denté ; la poudre reste ainsi étendue environ une demi-heure en été, & en hiver suivant que le tems est favorable ; on a soin de la raboter souvent, afin que la poudre qui est dessous, vienne dessus, & reçoive également les impressions de l'air. Quand la poudre est suffisamment essorée, on ploie les draps dans lesquels on la rassemble, & les ouvriers la transportent dans un attelier semblable au grainoir où on l'égalise, on la tamise ensuite ; on se sert pour la premiere opération de grainoirs semblables à ceux avec lesquels elle a été formée, & on fait cette opération pour ôter les pelotons de poussier & les grains un peu trop gros qui s'y trouvent ; les uns & les autres restent dans le grainoir, c'est ce qu'on nomme égalisures ; on tamise ensuite pour en séparer le poussier qui a passé à-travers le grainoir.

Les tables extérieures servent de séchoir pour sécher la poudre après qu'elle est sortie du lissoir. c e, d f chevalets dont les piés sont scellés en terre. g g table composée de deux parties qui ont trois piés & demi de large chacune, & sept piés de long. h h table dont les deux parties sont jointes. On met autant de ces tables auprès les unes des autres que la longueur des chevalets en peut contenir. l, l deux tables sur chacune desquelles un drap est étendu ; les bords de ces draps sont roulés pour empêcher la poudre de se répandre, & leurs coins sont chargés de pierres pour empêcher le vent de les enlever: les autres rangs de tables sont construits de la même maniere, & servent au même usage.

PLANCHE XIV.

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Le haut de la Planche représente le profil ou coupe transversale du séchoir pour l'essorage, dont le plan & l'élévation sont dans la Planche précédente. A B chassis vitré. E F mur qui lui est opposé. F G contrefort. C D chevalets sur lesquels les tables sont posées. c d; e f chevalets & tables extérieures sur lesquelles on fait sécher la poudre.

Fig. 1. Rabot ou rable de bois servant à retourner la poudre étendue sur les draps pendant l'essorage & le séchage.

2. La planche du rabot vue de face pour en mieux distinguer la denture & les dimensions.

3. Une des tables du séchoir couverte d'un drap sur lequel la poudre est étendue.

C C, D D Extrémité des chevalets sur lesquels les tables sont posées. C C c ; d, D D premiere moitié de la table. d D ; C, c seconde moitié de la même table. On voit par cette figure comment le drap sur lequel la poudre est répandue, est roulé par ses bords & que les quatre coins sont assujettis par des pierres.

PLANCHE XV.

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Après que la poudre est tamisée, on la porte au lissoir où le frottement mutuel des grains les uns contre les autres lui donne un lustre recherché pour la poudre à giboyer ; la poudre à canon ne reçoit pas cette préparation. Le lissoir est un bâtiment de forme quarrée qui a 24 piés de long sur 20 de large dans lequel plusieurs tonneaux enfilés sur un même axe tournent sur eux-mêmes, & roulent pendant 24 heures la poudre qu'ils contiennent.

A empellement de la roue à augets. A B coursier par lequel coule l'eau qui remplit successivement les augets. B C la roue. D E son arbre. F G hérisson qui met en mouvement les lanternes F H, G I des arbres des lissoirs. K L arbre sur lequel sont enfilés deux tonneaux ou lissoirs. M N autre arbre sur lequel sont aussi enfilés deux lissoirs ; chaque tonneau ou lissoir a au-dessous de lui une caisse quarrée pour recevoir la poudre, lorsqu'on charge ou qu'on vuide les tonneaux.

PLANCHE XVI.

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2. Elévation géométrale du moulin vu du côté de la porte d'entrée. A empellement pour donner l'eau à la roue. E pivot de l'arbre de la roue porté par un chevalet. F G hérisson qui a 48 dents. F H, G I lanternes qui ont chacune 16 fuseaux, ensorte qu'- elles font trois tours contre un du hérisson. On a supprimé la caisse & les lissoirs au-devant de la lanterne F H pour laisser voir cette lanterne ; la caisse supprimée est indiquée par des lignes ponctuées.

Au-devant de l'autre lanterne G I paroît un des deux lissoirs placé dans sa caisse, on voit seulement le bout de quatre des huit bâtons qui le traversent d'un fond à l'autre.

3. Face opposée du bâtiment, ou coupe par la longueur du coursier. A verrin pour lever la palle. a passage de l'eau par-dessous la palle qui est levée. a B coursier qui conduit l'eau sur la roue à augets qui sont au nombre de 32. C c coursier du côté d'aval par lequel l'eau s'écoule à mesure que les augets se vuident.

PLANCHE XVII.

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4. Coupe & élévation longitudinale du lissoir vu du côté d'amont. B C la roue à augets. F G le hérisson. N pivot d'un des deux arbres du lissoir. o p, q r lissoirs placés au-dessus de leurs caisses s t, u x.

5. Elévation perspective d'un lissoir & de sa caisse dessinée sur une échelle double. Le lissoir Q R a 3 piés & demi de long & 2 & demi de diametre, il est percé de 4 ouvertures quarrées de six pouces, qui sont fermées par des soupapes que l'on assujettit au moyen d'une ficelle qui fait plusieurs tours sur deux chevilles fixes à la circonférence du tonneau ; c'est par une de ces ouvertures que l'on introduit dans chaque tonneau du lissoir 200 liv. de poudre qui y roule pendant environ 24 heures. S T V X Y Z la caisse au-dessus de laquelle est placé le lissoir.

6. Le lissoir vu par une de ses extrémités. 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 bâtons quarrés qui vont d'un fond à l'autre, & sur lesquels la poudre retombe à mesure que le lissoir tourne sur lui-même.

La poudre en sortant du lissoir est transportée sur les tables l l du séchoir, Pl. XIII. où on la répand sur des draps pour sécher au grand air ; on rabotte souvent la poudre pour la retourner, & faire que celle qui est dessous vienne dessus.

Après que la poudre est seche, on la repouste, pour cela on la met dans de grosses tonnes ; on ne fait cette opération que quelques jours après, parce que si elle étoit faite de suite, les tamis s'useroient beaucoup plus à cause de la chaleur de la poudre. Pour faire le repoussetage on commence par égaliser la poudre comme quand on la veut mettre dans le lissoir, & cela pour en retirer les pelotons de poussier qui se forment dans le lissoir, & qui tombent dans les tines lorsqu'on le décharge ; on appelle ces pelotons des Ramandots de lissoir, on les rebat dans le moulin. La poudre ainsi égalisée dans une maye, des ouvriers prennent des tamis fins pour la repousseter ; ce repoussetage consiste à la balotter afin de la décharger du fin grain & du poussier, & faire qu'elle soit propre & ne crasse point. Voilà les opéra-tions par lesquelles passent les matieres qui composent la poudre. On la pese ensuite, & on l'enfonce dans des barils de cent livres, dans chacun desquels il y a un sac de toile pour contenir la poudre en cas que quelques barils se défonçât dans le transport. Pour la peser on a des tines ovales cerclées de cuivre, qui contiennent plus de cent livres, on la met sur les plateaux, & quand on a le poids de cent liv. on la vuide dans une autre tine pareille, que deux oavriers transportent sous un hangard d'enfonçage, ils la vuident dans le sac que les tonneliers tiennent ouvert, ils enfoncent ensuite le baril, qu'on transporte après dans un magasin.

Pour la poudre à canon on observe les mêmes choses ci-dessus, à l'exception de l'essorage & lissage, c'est-à-dire qu'au sortir du grainoir on la fait sécher, étant seche on la blute dans un blutoir percé comme un grainoir de poudre à giboyer, pour la décharger du fin grain & du poussier, puis on la tamise pour extraire absolument ce dernier, ce que le blutoir ne peut pas faire, on l'enfonce comme pour la poudre à giboyer, quand c'est pour le public ; pour le Roi on la met ordinairement dans des barils de deux cens enchappés.

Préparation du Poussier.

On met dans une maye faite exprès une quantité de poussier pour charger un moulin, puis le maître-garçon qui conduit ce moulin vient l'arroser. Quand il est arrosé quatre ouvriers se mettent contre cette maye, qui peut avoir environ deux piés sept pouces de profondeur sur six de long, & quinze pouces de largeur, ils manient ce poussier pendant près d'un quart-d'heure, pour que l'eau soit distribuée de façon que tout soit humecté au même degré, on le porte ensuite au moulin dans des tines, & on en fait une répartition aussi exacte qu'il est possible dans les vingt-quatre mortiers dont la batterie est composée, & c'est à quoi on parvient aisément, parce que quand un mortier en a trop on en retire pour ajouter à celui qui est chargé trop foiblement. On met en train, & on le laisse battre le tems pour lequel il a été arrosé.

A chaque fois qu'on va au moulin on balaye avec la plus grande attention, tant sur les mortiers que sur les planchers, pour entretenir la propreté nécessaire dans des endroits aussi dangereux: on observe avec autant d'exactitude la même chose dans les grainoirs & enfonçages.

PLANCHE XVIII.

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Cette Planche représente une machine pour arrondir la poudre, en usage en Suisse, elle est décrite à l'article Poudre dans l'Encyclopédie, tom. XIII.

C E Arbre d'une roue à l'eau qui donne le mouvement à la machine. D rouet qui engraine dans la lanterne conique F, fixée sur l'arbre vertical E H. G mortoise oblongue, dans laquelle passe l'arbre A A des bobines.

PLANCHE XIX.

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Fig 1. Mortier pour éprouver la poudre.

1. Boulet de soixante livres que le mortier doit tirer à une distance déterminée, par l'Ordonnance qui suit, pour que la poudre soit recevable.

ORDONNANCE DU ROI,

Pour regler la maniere dont doivent être faites à l'avenir les épreuves des Poudres à Canon. Du 18 Septembre 1686.

DE PAR LE ROI.

SA Majesté s'étant fait représenter l'Ordonnance qu'- Elle auroit fait expédier le 4 Avril dernier, pour remédier aux abus qui se commettoient dans la confection des poudres à canon ; par laquelle Ordonnance Elle auroit réglé la maniere dont se feroient à l'avenir les épreuves des poudres qui seroient mises dans les magasins de ses places: & Sa Majesté ayant été informée de la difficulté qui se rencontre à l'exécution de sadite Ordonnance, en ce que quelques-uns des officiers commandant l'artillerie dans lesdites places, ayant fait fondre des mortiers dont les chambres étoient plus étroites & plus profondes, & les boulets de soixante livres, plus justes que ceux desquels on s'étoit servi ci-devant, la même poudre, dont une once mise dans un des mortiers avec lesquels les premieres épreuves avoient été faites, qui ne portoit le boulet qu'à quinze toises, le portoit à trente-cinq étant mis dans l'un desdits mortiers nouvellement faits. Et Sa Majesté voulant régler la maniere de ces épreuves, ensorte que dorénavant il n'y ait plus d'abus ; & ayant commandé pour cette fin que les mortiers dont on devra se servir pour lesdites épreuves, seroient dessinés sur la même feuille sur laquelle la présente Ordonnance sera imprimée ; Sa Majesté a ordonné & ordonne, veut & entend qu'à l'avenir il ne soit plus éprouvé de poudre, que dans des mortiers dont les dimensions seront pareilles & uniformes au profil dessiné au bas de la présente, dans lesquels mortiers trois onces de poudre étant mises sans être battue, & le boulet de soixante livres mis au-dessus, & ayant le vent marqué par ledit profil, sera porté au-delà de cinquante toises de distance dudit mortier qui aura été mis de niveau, & parfaitement pointé à quarante-cinq degrés d'élévation, chacune toise composée de six piés mesure de Roi. Veut en outre Sa Majesté, que toutes les poudres fournies auparavant la date de la présente, lesquelles auront besoin de radoub, ne soient point reçues dans les magasins de ses places après ledit radoub, qu'elles n'aient été mises en état, que trois onces de ladite poudre, chargées dans un desdits mortiers, ne poussent au-delà de quarante-cinq toises, & qu'au surplus sadite Ordonnance du 4 Avril dernier sera ponctuellement observée & exécutée. Mande & ordonne Sa Majesté au sieur Marquis d'Humieres, Maréchal de France, Gouverneur & son Lieutenant-général en Flandre, & grand Maître de l'Artillerie de ce Royaume, de tenir exactement la main selon l'autorité de sa charge, à l'exacte observation de la présente. Fait à Versailles le dix-huitieme jour du mois de Septembre mil six cens quatre-vingt-six. Signé, LOUIS. Et plus bas, Le Tellier.

Dimensions du Mortier à éprouver la Poudre.

A Le diametre à la bouche du mortier, porte sept pouces trois quarts de ligne.

B Longueur de l'ame, huit pouces dix lignes.

C Diametre de la chambre, un pouce dix lignes.

B D Longueur ou profondeur de la chambre, deux pouces cinq lignes.

E Lumiere au ras du fond de la chambre.

F Diametre par le dehors du mortier, à la volée, huit pouces dix lignes.

G Diametre par le dehors du mortier, à l'endroit de la chambre, quatre pouces huit lignes & demie.

H Diametre de la lumiere, une ligne & demie.

AI L'épaisseur du métal à la bande sans comprendre le cordon, est de dix lignes.

K La longueur de la semelle de fonte du mortier, est de seize pouces.

L La largeur de ladite semelle, est de neuf pouces.

M L'épaisseur de ladite semelle, est d'un pouce six lignes.

N Le diametre du boulet de soixante livres, sept pouces.

O Une anse représentant deux Dauphins se tenant par la queue, ladite anse placée sur le milieu de la volée.

P Languette de fonte qui tient au ventre du mortier sur lequel il repose, & qui répond au bout de la semelle étant justement placé dans le milieu.

Il faut que le mortier soit fondu avec sa semelle, de maniere qu'il se trouve pointé juste à quarante-cinq degrés.

Cette semelle encastrée dans un madrier, & attachée bien ferme par les quatre coins, avec autant de boulons arrêtés par des clavettes à l'endroit où sont placés les boulons.

Il faudra mettre deux bandes de fer qui passeront par-dessous le madrier, & le viendront embrasser jusques par-dessus, les quatre boulons seront passés dans ces bandes de fer.

Il faut aussi bien observer que la platte-forme de bois sur laquelle on placera ce mortier, encastré comme il est dit ci-dessus dans son madrier, soit bien unie & bien de niveau, & il ne faut point arrêter le madrier sur la platte-forme, parce qu'il doit avoir une entiere liberté de reculer en tirant.

Fig. 3. Eprouvette en forme de pistolet.

4. Eprouvette en forme de sonnette.

5. Baril pour contenir cent livres de poudre, sa hauteur est de deux piés deux pouces, son diametre au milieu un pié deux pouces, & vers les fonds, de onze pouces neuf lignes.

6. Chape pour renfermer le baril précédent, la hauteur est de deux piés six pouces. Le diametre, au milieu un pié quatre pouces neuf lignes, celui des fonds un pié deux pouces neuf lignes.

C'est par les procédés & au moyen des machines que l'on vient de décrire, que les hommes sont parvenus à composer cette poudre formidable, qui aussi prompte que la foudre, produit de plus grands effets qu'elle: si on joint à ce que nous venons d'en dire la lecture des explications des Planches qui concernent le salpêtre, & celles de la fonderie des canons, on aura la connoissance complete d'une partie essentielle de l'art de la guerre.