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Planches:HISTOIRE NATURELLE, REGNES ANIMAL, VÉGÉTAL ET MINÉRAL (volume VI)

De Encyclopédie

RECUEIL

DE PLANCHES,

SUR

LES SCIENCES,

LES ARTS LIBÉRAUX,

ET

LES ARTS MÉCHANIQUES,

AVEC LEUR EXPLICATION.

HISTOIRE NATURELLE.

REGNES ANIMAL, VÉGÉTAL ET MINÉRAL.

Les Regnes Animal & Végétal contiennent 104 Planches qui équivalent à 108, à cause de la Planche 50, qui est répétée, & des Planches 84 & 85, dont une est double, & l'autre est triple.

AVERTISSEMENT.

DAns le tems qu'on a projetté de faire le Dictionnaire raisonné des Sciences & des Arts, on n'a pas prévu que le nombre des Volumes seroit aussi considérable. On ne comptoit donner pour la partie de l'Histoire Naturelle, qu'un petit nombre de Planches qu'on a fait dessiner avant l'impression de l'Ouvrage. On a coté ces Planches pour pouvoir les citer dans le texte de cet Ouvrage, & on a imprimé à chaque article qui a rapport aux Planches, les cotes & les citations de ces Planches d'après le petit nombre de figures qu'on vouloit représenter. Quand ces Planches ont été faites, on s'est apperçu que le nombre en étoit trop petit, & qu'il falloit, pour que le Public pût tirer un plus grand avantage de la partie de l'Histoire Naturelle, l'augmenter & représenter non-seulement ce qu'il y avoit de plus intéressant dans les trois regnes de l'Histoire Naturelle, mais encore tout ce qui pouvoit être nécessaire pour l'intelligence des discours généraux qui traitent des divisions méthodiques. Cette augmentation de Planches a été très-considérable ; & pour pouvoir mettre un ordre dans les figures citées & celles qui ont été faites après coup, il a fallu changer celui qu'on avoit établi pour les Planches citées dans le corps de l'Ouvrage, & en former un nouveau. Ce changement a interverti entierement l'ordre des citations de toutes les anciennes figures, de sorte qu'on n'en pourroit presque consulter aucune, si l'on n'avoit recours à la Table suivante, au moyen de laquelle il sera fort aisé de retrouver toutes les figures qui ont été citées.

Les desseins ont été faits d'après nature autant qu'il a été possible ; & quand on n'a pas pu se procurer pour modele des objets vivans, on a eu recours aux meilleures figures qui en avoient été données pour exemple. On a tiré de l'Histoire Naturelle de M. de Buffon la plûpart des Planches des quadrupedes ; il n'étoit pas possible de trouver ni de faire mieux.

Quant aux divisions méthodiques, on a suivi l'ordre de M. Brisson pour les animaux quadrupedes & pour les oiseaux ; celui de M. Geoffroy, pour les insectes ; celui de Lister, pour les coquilles ; & celui de Willugbey, pour les poissons. Ces méthodes sont infiniment meilleures que toutes les autres qui ont paru sur les mêmes sujets. On a seulement fait quelques changemens pour de nouveaux genres d'animaux quadrupedes que M. Brisson n'avoit pas été à portée d'observer.

TABLE de renvois pour les Figures des Planches de l'Histoire Naturelle.

PLANCHE Iere.

Figure 1. voyez fig. 1. Planche I. Figure 2. fig. 2. Pl. I.

PLANCHE II.

Figure 3. fig. 2. Pl. II.

Figure 4. fig. 1. Pl. II.

PLANCHE III.

Figure 5. fig. 2. Pl. IX. Figure 6. fig. 1. Pl. IX. Figure 7. fig. 1. Pl. VII.

PLANCHE IV.

Figure 8. voyez fig. 1. Pl. XXIII. Figure 9. fig. 1. Pl. XXI.

PLANCHE V.

Figure 10. fig. 2. Pl. XXIII. Figure 11. fig. 1. Pl. XIX. Figure 12. fig. 2. Pl. XV.

PLANCHE VI.

Figure 13. fig. 1. Pl. XXII. Figure 15. fig. 1. Pl. XVI.

PLANCHE VII.

Figure 16. fig. 3. Pl. XV. Figure 17. fig. 1. Pl. XV. Figure 18. fig. 2. Pl. V.

PLAANCHE IX.

Figure 35. fig. 1. Pl. XXX. Figure 36. fig. 2. Pl. XXX. Figure 37. fig. 4. Pl. XLV. Figure 38. fig. 4. Pl. XXX.

PLANCHE X.

Figure 39. fig. 4. Pl. XXXI. Figure 40. fig. 2. Pl. XLV. Figure 41. fig. 1. Pl. XLVII. Figure 42. fig. 3. Pl. XXX.

PLANCHE XI.

Figure 43. fig. 2. Pl. XLVII. Figure 44. fig. 3. Pl. XXXI. Figure 45. fig. 4. Pl. XLIX. Figure 46. fig. 1. Pl. XLIV.

PLANCHE XII.

Figure 47. fig. 4. Pl. XXXIX. Figure 48. fig. 3. Pl. XXXII. Figure 49. fig. 1. Pl. XXXIX. Figure 50. fig. 2. Pl. XLII.

PLANCHE XIII.

Figure 50. bis. fig. 1. Pl. XXIV. Figure 51. fig. 2. Pl. LI. Figure 52. fig. 4. Pl. LI. Figure 53. fig. 3. Pl. LI. Figure 54. fig. 3. Pl. XXIV. Figure 55. fig. 1. Pl. LI. Figure 56. fig. 3. Pl. LIII. Figure 57. fig. 3. Pl. LII. Figure 58. fig. 2. Pl. LIII.

PLANCHE XIV.

Figure 59. fig. 1. Pl. XXVII.

PLANCHE XV.

Figure 64. fig. 3. Pl. XXV. Figure 65. fig. 2. Pl. XXVI.

PLANCHE XVI.

Figure 67. voyez fig. 3. Pl. XXVIII. Figure 69. fig. 6. Pl. XXVIII. Figure 70. fig. 1. Pl. XXIX. Figure 71. fig. 4. Pl. XXIX.

PLANCHE XIX.

Figure 1. fig. 1. Pl. LXXII. Figure 2. fig. 5. Pl. LXXII. Figure 3. fig. 5. Pl. LXXIII. Figure 4. fig. 6. Pl. LXXIII. Figure 5. fig. 9. Pl. LXXIII. Figure 6. fig. 1. Pl. LXXI. Figure 7. fig. 3. Pl. LXXI. Figure 8. fig. 8. Pl. LXXI. Figure 9. fig. 3. Pl. LXXIV.

PLANCHE XX.

Figure 1. fig. 7. Pl. LXXIV. Figure 2. fig. 9. Pl. LXXIV. Figure 3. fig. 5. Pl. LXXIV. Figure 4. fig. 2. Pl. LXVIII. Figure 5. fig. 9. Pl. LXVIII. Figure 6. fig. 11. Pl. LXVIII. Figure 7. fig. 15. Pl. LXVIII. Figure 8. fig. 13. Pl. LXVIII. Figure 9. fig. 19. Pl. LXIV. Figure 10. fig. 6. Pl. LXXI. Figure 11. fig. 8. Pl. LXVI. Figure 12. fig. 13. Pl. LXVI. Figure 13. fig. 9. Pl. LXVI.

PLANCHE XXI.

Figure 1. fig. 15. Pl. LXVI. Figure 2. fig. 19. Pl. LXVI. Figure 3. fig. 19 bis. Pl. LXVI. Figure 4. fig. 20. Pl. LXVI. Figure 5. fig. 1. Pl. LXVII. Figure 6. fig. 2. Pl. LXVII. Figure 7. fig. 2. Pl. LXIX. Figure 8. fig. 12. Pl. LXXI. Figure 9. fig. 4. Pl. LXX. Figure 11. fig. 5. Pl. LXX. Figure 12. fig. 7. Pl. LXX. Figure 13. fig. 9. Pl. LXX. Figure 14. fig. 7. Pl. LXIV.

PLANCHE XXII.

Figure 1. fig. 4. Pl. LXXXVII. Figure 2. fig. 2. Pl. LXXXVI. Figure 3. fig. 1. Pl. LXXXVII. Figure 4. fig. 3. Pl. LXXXVII. Figure 5. fig. 4. Pl. XCII.

PLANCHE XXIV.

Figure 1. fig. 1. Pl. LXXXIX. Figure 2. fig. 1. Pl. XCI. Figure 3. fig. 3. P. LXXXIX. Figure 4. fig. 1. Pl. XCII. Figure 5. fig. 1. Pl. LXXXV. Figure 6. fig. 1. Pl. LXXIV.

REGNE ANIMAL,

QUADRUPEDES.

PLANCHE PREMIERE.

Bibliothèque Mazarine, exemplaire 2° 3442, numérisé par l’ENCCRE. Licence CC BY-NC-ND 3.0 France — pas d’utilisation commerciale, pas de modification. Le texte de ce site est sous une autre licence, CC BY-SA 3.0.

L'Eléphant, fig. 1. est de tous les animaux le plus aisé à reconnoître, parce qu'il a plusieurs caracteres qui lui sont particuliers ; c'est le plus grand des quadrupedes connus. Il a pour caracteres génériques, à la mâchoire supérieure, deux très-longues dents canines, recourbées en-haut, nommées défenses, qui ont jusqu'à six piés de longueur, & dont on tire cette belle matiere, connue sous le nom d'ivoire, & une longue trompe, qui est le prolongement du nez, située au bout de la mâchoire supérieure: il se sert avec une adresse singuliere de cette trompe, non seulement pour saisir, comme avec une main, les corps les plus minces, mais encore pour embrasser de gros arbres, & pour les arracher ; il s'en sert aussi pour porter à sa bouche ses alimens & sa boisson. Il n'a point de dents canines.

Les plus grands Eléphans ont jusqu'à quatorze piés de hauteur, & plus de vingt-cinq piés de longueur, en y comprenant la trompe quand elle est étendue, laquelle a environ huit à neuf piés ; de sorte que la longueur du corps de l'Eléphant n'excede que de quelques piés sa hauteur: ces grands Eléphans se trouvent en Asie ; ceux de l'Afrique sont moins grands. Voyez au mot Eléphant, l'histoire de cet animal.

Le Rhinoceros, fig. 2. est beaucoup moins grand que l'Eléphant, quoiqu'il soit le plus gros des quadrupedes après cet animal, si on excepte l'Hippopotame, dont on ne connoît pas bien les dimensions, & qui est peut-être plus grand que l'Eléphant même. Le Rhinoceros a pour caracteres génériques, une corne sur le nez, trois doigts onglés à chaque pié, & deux dents incisives à chaque mâchoire, très-éloignées l'une de l'autre. Il a jusqu'à douze piés de longueur, depuis le bout du museau jusqu'à l'origine de la queue, & environ six à sept piés de hauteur. La corne varie beaucoup pour la forme & pour la longueur, qui est quelquefois de quatre piés dans de certains individus, mais cela est rare ; communément cette corne n'a gueres que deux piés, & alors elle est plus grosse que celles qui en ont quatre. Il y a des Rhinoceros qui ont deux cornes au-lieu d'une ; on ne fait pas de ces Rhinoceros une espece particuliere, on croit que ce n'est qu'une variété dans cette production: on trouve des Rhinoceros en Asie & en Afrique. Voyez le mot Rhinoceros dans le corps de cet ouvrage.

PLANCHE II.

Bibliothèque Mazarine, exemplaire 2° 3442, numérisé par l’ENCCRE. Licence CC BY-NC-ND 3.0 France — pas d’utilisation commerciale, pas de modification. Le texte de ce site est sous une autre licence, CC BY-SA 3.0.

Le Zebre, fig. 1. est du genre du Cheval, qui a pour caracteres génériques, le pié d'une seule piece, & six dents incisives à chaque mâchoire.

Le Zebre a beaucoup de rapport avec l'Ane & le Cheval, mais en général il ressemble plus à l'Ane ; il a comme lui, la tête grosse, les oreilles longues, le dos tranchant, & les jambes bien faites, mais sa croupe au-lieu d'être pointue, est arrondie comme celle du Cheval. C'est de tous les quadrupedes celui dont les couleurs sont le plus agréablement distribuées, il a des bandes noires & blanches alternatives, & presque symmétriques, qui font un très-bel effet, principalement sur le mâle, parce que le noir est foncé & le blanc est pur, au-lieu que dans la femelle le blanc est jaunâtre, & les bandes noires ne sont que brunes. Le Zebre qui a vécu quelque tems à la Ménagerie étoit mâle, & avoit des bandes d'un beau noir luisant, & les bandes blanches étoient pures & sans mélange de jaunâtre ; peut-être que ces différences de couleurs, du noir au brun, & du blanc pur au blanc jaunâtre, ne sont qu'une variété de l'âge ou du climat, & non pas de sexe. On trouve le Zebre en Afrique, & principalement au cap de Bonne-Espérance.

Le Chameau a de grands rapports avec les ruminans, par la rumination & par la conformation de ses estomacs, qui est à-peu-près la même ; mais il en differe principalement parles piés, & en ce qu'il n'a point de cornes. On a fait un genre particulier du Chameau, dont on distingue quatre especes, savoir le Chameau, le Dromadaire, fig. 2. le Lama, & la Vigogne. Ces quatre animaux ont pour caracteres génériques, deux doigts onguiculés à chaque pié, six dents incisives à la mâchoire inférieure, & point à la mâchoire supérieure.

On avoit toujours regardé le Chameau & le Dromadaire comme deux especes différentes ; mais M. de Buffon n'en fait que deux races, qui se perpétuent toujours les mêmes depuis un tems immémorial ; & la preuve que ce célebre Naturaliste en donne, c'est que ces deux animaux se mêlent dans l'accouplement, & produisent ensemble des métis qui sont féconds Ces métis ressemblent plus ou moins au pere ou a la mere, & font une race intermédiaire entre celle du Chameau & celle du Dromadaire. Les principales différences entre le Chameau & le Dromadaire, consistent en ce que celui-ci est plus grand que le Chameau, & qu'il a deux bosses sur le dos, au-lieu que le Chameau n'en a qu'une. M. de Buffon attribue la cause de ces différences au climat & à la nourriture. Voyez le tom. XI. in-4°. de l'Hist. Nat.

PLANCHE III.

Bibliothèque Mazarine, exemplaire 2° 3442, numérisé par l’ENCCRE. Licence CC BY-NC-ND 3.0 France — pas d’utilisation commerciale, pas de modification. Le texte de ce site est sous une autre licence, CC BY-SA 3.0.

Le Bœuf a pour caracteres génériques, huit dents incisives à la mâchoire inférieure, & point à la mâchoire supérieure, le pié fourchu, les cornes simples, & tournées vers les côtés.

Le Bœuf représenté fig. 1. se nomme le Buffle ; il est originaire d'Afrique, & se trouve domestique dans les provinces méridionales de l'Europe, comme l'Italie, le royaume de Naples, &c. M. de Buffon regarde comme des variétés toutes les especes de Bœufs que nous connoissons, tels que le Bison, le Bonasus, le Zebu, l'Urus ou l'Aurochs, notre Bœuf, &c. & il les réduit toutes à une seule, qui est le Buffle. Les faits & les observations que ce célebre Auteur rapporte, sont présentés avec tant de netteté, qu'on ne peut s'empêcher de les regarder comme des preuves incontestables de ce qu'il avance.

L'Aurochs n'est autre chose que notre Bœuf dans son état sauvage, il ne se trouve que dans quelques provinces du Nord ; le Bison est beaucoup plus répandu, on en voit dans toutes les grandes rades en Asie, en Afrique, & même en Amérique ; il a une bosse sur le dos, & c'est en cela qu'il differe le plus de l'Aurochs. Si on fait accoupler des Bisons avec nos Bœufs, la bosse disparoît dans le produit de ce mélange dès la seconde ou troisieme génération. Le Zebu a aussi une bosse sur le dos, il se trouve en Afrique ; il ne differe du Bison qu'en ce qu'il est beaucoup plus petit ; mais les Bœufs en général varient beaucoup en grandeur, selon l'abondance des pâturages des pays qu'ils habitent, & si on transportoit des Zebus, qui sont les plus petits Bœufs que l'on connoisse, dans certaines contrées de l'Abyssinie ou d'Ethiopie, où se trouvent les plus grands Bœufs, ces Zebus deviendroient d'une grandeur prodigieuse après un certain nombre de générations. Voyez l'Hist. Nat. gén. & part. avec la description du cabinet du Roi, tom. X. pag. 284.

Tous les ruminans se ressemblent par plusieurs caracteres génériques, comme le nombre des dents, la forme des piés, &c. & ils ne different entre eux que par la direction des cornes ; le genre du Bélier & celui du Bouc, sont les deux genres de ruminans qui se ressemblent le plus, & il est souvent difficile de décider si telle espece appartient au genre du Bélier ou à celui du Bouc. En général les Béliers ont les cornes dirigées en arriere, & les Boucs les ont tournées en haut ; le plus grand nombre des Béliers ont de la laine, cepen-dant il y a des especes qui n'en ont pas ; ceux qui habitent les pays très-froids ou très-chauds, n'ont que du poil plus ou moins dur ; au contraire, plus un climat est tempéré, plus la laine des Béliers qu'on y éleve est belle: au reste on ne peut pas regarder la laine des Béliers comme une production de la nature, c'est plutôt un effet de l'art & du soin des hommes, on ne connoît point de Béliers sauvages qui portent de la laine. Le Moufflon, fig. 2. que M. de Buffon regarde avec tant de fondement, comme la souche primitive de tous les différens Béliers transportés dans tous les pays habités, est le seul Bélier sauvage que l'on connoisse, il n'a qu'un poil rude au-lieu de laine, & il est beaucoup plus fort & plus vigoureux que tous les Béliers domestiques, il se trouve dans les montagnes de Grece, dans les îles de Corse, de Chypre, de Sardaigne, sur les montagnes de la Sibérie méridionale ; il est presque entierement d'un gris mêlé de brun ; il a sur le dos une raie roussâtre ; les fesses & le dedans des jambes sont de même couleur roussâtre, & le ventre est jaunâtre.

PLANCHE IV.

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Le Bouc a pour caracteres génériques le pié fourchu, les cornes simples & dirigées en haut, les cuisses des jambes de devant égales en longueur à celles des jambes de derriere, & point de dents à la mâchoire supérieure.

Tous ces caracteres sont communs à un grand nombre d'animaux, dont on n'a fait qu'un seul genre ; mais M. de Buffon croit qu'on ne doit pas ranger les Gazelles avec les Chevres & les Boucs, & il ne regarde toutes les prétendues especes de Boucs ou de Chevres que comme des variétés du Bouc sauvage, c'est à dire le Bouquetin. Ces variétés sont devenues des races constantes, comme on en observe parmi les Chiens, & elles se mêlent toutes, & produisent ensemble, de façon qu'on pourroit augmenter de beaucoup le nombre de ces races en faisant de nouvelles combinaisons, c'est-à-dire, en mêlant ensemble les races les plus éloignées, & en perpétuant le produit qui résulteroit de ce mélange.

M. de Buffon distingue dix races de Chevres ; savoir, 1°. le Bouquetin, fig. 1. duquel toutes les autres races qui suivent ont tiré leur origine ; 2°. le Chamois qui n'est qu'un Bouquetin dégénéré, & qui a plus participé du Bouquetin femelle que du Bouquetin mâle ; 3°. le Capricorne, qui est aussi un Bouquetin dégénéré par le climat, mais qui semble plus tenir du Bouquetin mâle que du Bouquetin femelle ; 4°. le Bouc domestique, 5°. la petite Chevre d'Amérique à cornes droites & recourbées à la pointe, qui tire son origine du Chamois ; 6°. le Bouc d'Afrique ; 7°. la Chevre Naine ; 8°. le Bouc de Juda ; 9°. la Chevre d'Angora: ces quatre dernieres races ne sont que des variétés de notre Chevre commune, dont elles sont différentes à raison de l'influence du climat, la Chevre d'Angora a donné une variété, connue sous le nom de Chevre Mambrine, qui fait la dixieme race. Voyez le tome XII. in-4°. de l'Histoire Naturelle, pag. 136.

Les Chevres & les Gazelles different particulierement entre elles, en ce que les Chevres ont une barbe pendante, plus ou moins apparente, & la queue plus longue que les Gazelles ; d'ailleurs les Gazelles ont les cornes annelées & le ventre blanc, avec une bande brune ou noire sur les côtés du corps.

Le Guib, fig. 2. est un animal qui a tous les mêmes caracteres génériques des Chevres & des Gazelles que nous avons rapportés plus haut ; mais elle n'est cependant ni Chevre ni Gazelle, elle n'a point de barbe, & sa queue est courte, comme celle des Gazelles, mais ses cornes n'ont point d'anneaux comme celles des Gazelles, elles ont au contraire deux arêtes longitudinales, & sont applaties à-peu-près comme celles des Chevres ; cependant il a plus de rapport avec les Gazelles qu'avec les Chevres.

Le Guib est en grande partie d'une couleur fauve, à l'exception du ventre & de la poitrine qui sont d'un marron brun. Il a sur le dos & sur les côtés du corps des bandes blanches, disposées comme les courrois d'un harnois, ce qui le fait aisément distinguer. On trouve cet animal au Sénégal ; il est à-peu-près de la grandeur du Daim.

PLANCHE V.

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La Giraffe est de la classe des ruminans, dont elle forme un genre particulier ; elle a pour caracteres génériques le pié fourchu, huit dents incisives à la mâchoire inférieure, & point à la mâchoire supérieure, les cornes simples & dirigées en haut à leur origine, comme celles du Bouc.

On ne connoit que très-imparfaitement la Giraffe, quoique plusieurs auteurs en aient fait mention, parce qu'ils n'ont parlé que des caracteres qui lui sont communs avec tous les autres ruminans, & les figures qu'ils en ont données ont été très-mal dessinées. On ne sait seulement pas si la substance de ses cornes ressemble à celle des cornes du Bœuf ou à celle du bois du Cerf, c'est-à-dire, si leurs cornes sont solides comme celles du Bœuf, ou si elles tombent & se renouvellent comme les bois du Cerf.

J'ai cru devoir donner la figure de cet animal d'après une estampe qui a été faite d'après nature, sur une Giraffe qui appartenoit au grand Turc, parce que cette figure m'a paru moins mauvaise que les autres ; on trouve cette figure dans l'Histoire générale du Serrail, &c. par Michel Baudier, à Paris 1631. Cette Giraffe avoit dix-huit piés de hauteur. Voyez la description au mot Giraffe.

Le Chevrotin, fig. 2. est le plus petit des animaux ruminans à pié fourchu, car il n'a gueres qu'un pié de longueur. M. Brisson lui donne pour caractere distinctif des autres animaux à pié fourchu, de n'avoir point de cornes, mais il y en a une espece qui a des cornes ; elles sont simples & fort ressemblantes à celles des Gazelles, comme on peut le voir à la figure 3. de sorte que si on vouloit classer cet animal, il faudroit le mettre au rang des Gazelles, parce qu'il a plus de rapport avec ce genre d'animaux qu'avec aucun autre ; mais cependant comme il y a une seconde espece de Chevrotin qui ne porte point de cornes, il semble qu'il faut faire un genre à part de ces deux animaux.

Les deux especes de Chevrotins ressemblent au Cerf par la forme des jambes & par le museau, ce qui leur 2 fait donner le nom de Cerf de Guinée, ils sont d'une couleur rougeâtre, à l'exception du ventre & de la poitrine qui ont une couleur blanchâtre. Ces deux animaux ne se trouvent que dans les climats chauds de l'Afrique, & dans l'Asie méridionale.

PLANCHE VI.

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Il y a deux sortes d'animaux ruminans ; le plus grand nombre a des cornes comme le Bœuf, le Cerf, le Daim, les Rennes, &c. D'autres n'en ont pas, comme le Chameau, le Dromadaire, &c. Parmi les ruminans de la premiere classe, les uns ont les cornes creuses, simples & solides comme le Bœuf, les Chevres, les Gazelles, &c. Les autres les ont pleines, branchues, & elles tombent & se renouvellent tous les ans ; on a donné à ces cornes le nom de bois. De tous les ruminans dont les cornes se renouvellent, on ne connoît que le Renne, dont la femelle porte un bois ; au contraire parmi la plûpart des ruminans dont les cornes sont solides, les femelles ont des cornes, mais moins longues que celles des mâles.

On a mis tous les ruminans dont les cornes tombent tous les ans dans le même genre des Cerfs ; ils ont pour caracteres génériques le pié fourchu, des cornes branchues ou plutôt des bois, huit dents incisives à la mâchoire inférieure, & point à la mâchoire supérieure.

L'Elan, fig. 1. est l'animal qui porte le plus gros & le plus pesant bois, dont le poids va quelquefois jusqu'à cinquante livres. On trouve de grandes variétés dans le nombre & la position des andouillers, comme dans les bois de tous les autres ruminans. L'Elan en général est beaucoup plus fort & plus grand que le Cerf, & ses piés sont beaucoup plus gros ; on le trouve en Pologne, en Russie, en Sibérie, &c.

Le Renne, fig. 2. est moins gros que l’Elan, & plus fort que lé Cerf, il porte un bois qui a quelque rapport avec celui du Cerf, mais qui est beaucoup plus grand. Son poil est long, moins dur que celui de l’Elan, & d’un gris blanchâtre ; la femelle porte, comme nous avons dit, un bois qui ne differe de celui du mâle qu’en ce qu’il est plus petit. Le Renne endure le froid beaucoup mieux que l’Elan, car on en trouve non-seulement dans tous les endroits où il y a des Elans, mais même jusqu’au fond du Nord où les Elans ne peuvent vivre. Les Lapons élevent des Rennes, & en forment des troupeaux qui font toutes leurs richesses ; ils les nourrissent d’une espece de mousse qui les engraisse beaucoup. On trouve aussi des Elans & des Rennes au Canada, où ils sont connus, le premier sous le nom d’Orignal, & le second y est appellé Caribou.

PLANCHE VII.

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Le Babiroussa, fig. 1. ou Babiroesa, est du genre du Cochon, qui a pour caracteres génériques deux dents incisives aux deux mâchoires, & le pié fourchu. Le caractere qui le fait le plus aisément distinguer des autres animaux de son genre, & même de tous les autres, c’est qu’il a deux défenses qui lui sortent de la mâchoire supérieure, & qui se recourbent en haut jusqu’auprès des yeux: ces défenses sont de la nature du plus bel ivoire: les deux dents canines de la mâchoire inférieure sont moins longues & ressemblent à celles du Sanglier. Le Babiroussa a le poil court, laineux, & d’un gris mêlé de noir & de roux, il est beaucoup plus grand que le Cochon, & même que le Sanglier. On le trouve en plusieurs endroits de l’Asie & de l’Afrique, cependant on ne le connoît que d’après les descriptions imparfaites & les mauvaises figures que les voyageurs en ont données ; j’ai fait copier celle que Thomas Bartholin nous a laissée de cet animal. Hist. Anat. cent. 11.

Le Tapir, l’Anta ou Manipouris, fig. 2. a quatre doigts ongulés aux piés de devant, & trois aux piés de derriere, comme le Cabiai, tous reunis les uns aux autres par une membrane, mais il differe de cet animal par les dents incisives qui sont au nombre de dix dans chaque mâchoire, ce qui a déterminé M. Brisson à faire deux genres particuliers de ces deux animaux.

Le Tapir est le plus grand des animaux de l’Amérique, cependant il n’a que la grosseur d’une petite Vache: on pourroit placer cet animal au rang des amphibies, car, selon Barrera, il se retire dans les rivieres, où il reste plus long tems que sur la terre. Les parties de son corps paroislent très-mal proportionnées ; il a les jambes courtes & informes, la tête grosse, la queue très-courte & dégarnie de poils, la machoire superieure beaucoup plus longue que l’inférieure, de sorte qu’il semble avoir une trompe, son poil est court & d’une couleur brune, excepté quand cet animal est jeune, alors il a une couleur rougeâtre, avec des taches blanches comme le Chevreuil quand il porte la livrée: le Tapir est du nouveau continent, & se trouve particulierement dans la Guiane & au Brésil.

Le Cabiai, fig. 3. a pour caracteres génériques deux dents incisives à chaque mâchoire, & les doigts ongulés qui sont au nombre de quatre aux piés de devant, & seulement trois aux piés de derriere ; le Cabiai étoit aussi peu connu que le Babiroussa & le Tapir avant qu’on eût la description & la figure de cet animal qui se trouve dans l’Hist. Nat. tom. XII. in-4°. Il a une couleur rousse mêlée de noir & de brun ; il est moins gros que le Cochon, avec qui il a quelque rapport par les soies dont son corps est couvert, mais il en differe principalement par les doigts qui sont réunis les uns aux autres par une membrane ; il n’a point de queue ; la levre supérieure est échancrée au-dessous du nez, & la levre inférieure est beaucoup moins avancée que la levre supérieure ; ses soies sont moins rudes que celles du Cochon.

Le Cabiai nage très-aisément, & se plait à rester dans l’eau, où il cherche du poisson pour sa nourriture ; il mange aussi des graines, des fruits, des herbes, &c. on le trouve comme le Tapir, dans la Guiane & au Brésil.

PLANCHE VIII.

Bibliothèque Mazarine, exemplaire 2° 3442, numérisé par l’ENCCRE. Licence CC BY-NC-ND 3.0 France — pas d’utilisation commerciale, pas de modification. Le texte de ce site est sous une autre licence, CC BY-SA 3.0.

Le Lion, fig. 1. a un caractere qui le fait distinguer, non-seulement des autres animaux de son genre, mais même de tous les autres ; c’est une espece de criniere formée par de longs poils assez doux & lisses, qui couvre le cou & toute la partie antérieure de son corps. Il a beaucoup d’autres caracteres communs avec les Chats, le Tigre, le Léopard, la Panthere, l’Ours, le Couguar, le Linx, le Caracal, & le Chatpard. Tous ces animaux ont cinq doigts aux piés de devant, & quatre aux piés de derriere, garnis chacun d’un ongle crochu, que l’animal peut cacher ou faire paroître au-dehors à son gré, la tête arrondie & le museau obtus, la langue garnie de pointes acérees qui la rendent fort rude au toucher, les yeux gros & ronds, & enfin la vue très-bonne, même dans l’obscurité ; ils se ressemblent encore tous par leurs inclinations meurtrieres, ils font tous la chasse aux autres animaux, & ils ne vivent que de leur proie. Ils vont toujours par sauts & par bonds, à moins qu’ils n’aillent très-lentement, enfin leur urine a une odeur très-forte & très-désagréable: le Lion a la verge courbée en-dessous, ce qui lui fait jetter son urine en arriere, mais il n’est point vrai, comme l’ont prétendu quelques auteurs, qu’ils s’accouplent aussi en arriere, parce que la verge étant en érection perd sa courbure & se trouve alors dirigée en avant. La femelle du Lion n’a point de criniere, elle differe encore du mâle en ce qu’elle est environ d’un quart plus petite ; ils ont l’un & l’autre l’extrémité de la queue garnie de poils beaucoup plus longs que ceux du reste de la queue, ces poils sont plus longs dans le Lion que dans la Lionne. On ne trouve des Lions que dans les climats les plus chauds de l’ancien continent. Il y a en Amérique un animal connu sous le nom de Puma, que quelques auteurs ont voulu faire passer pour un Lion, mais c’est une espece différente de celle du Lion, car il n’a point de criniere.

On a donné le nom de Tigre à différentes especes d’animaux, comme au Léopard, à la Panthere, au Jaguar, &c. mais M. de Buffon vient de dissiper le nuage qui rendoit obscure la nomenclature de tous ces animaux. Les anciens naturalistes n’ont jamais confondu le Tigre avec la Panthere & le Léopard, ce sont les voyageurs qui ont commencé à répandre de la confusion dans cette partie de l’Histoire Naturelle, en donnant le nom de Tigre aux animaux féroces, tels que le Léopard, la Panthere, &c. & les nomenclateurs ont augmenté cette confusion en faisant un nom générique du mot Tigre. Je vais donner la nomenclature de tous ces animaux d’après M. de Buffon [1], & rapporter les caracteres qui sont particuliers à chaque espece.

Le Tigre, fig. 2. est très-aisé à distinguer de toutes les autres especes d’animaux de ce genre, par sa grosseur & par sa couleur, c’est le plus grand de tous, car on dit qu’on en trouve qui ont jusqu’à quinze piés de longueur, y compris la longueur de la queue. Il a une couleur fauve, avec des taches longitudinales noires, en forme de bandes, sur les côtés du corps, sur le devant de la poitrine, & sur les côtés de la tête.

PLANCHE IX.

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La Panthere, fig. 1. est beaucoup plus petite que le Tigre, mais plus grande environ d’un tiers que le Léopard ; elle a une couleur fauve plus ou moins foncée, avec des taches noires de différentes grandeurs sur les diverses parties du corps. Les taches de la tête sont très-petites, celles du cou & de la partie antérieure de la poitrine sont plus grandes ; enfin les taches qui caractérisent le mieux la Panthere, sont celles des côtés du corps ; au lieu d’être pleines comme celles de la tête & des jambes, elles sont en forme d’anneau, les unes à-peu-près rondes, les autres approchant plus du quarré ; la plûpart de ces anneaux ont à leur centre une petite tache noire, & semblent être composés de plusieurs pieces qui imitent le contour d’une rose.

Le Léopard, fig. 2. a tant de ressemblance avec la Panthere, qu’on les croiroit au premier coup d’œil de la même espece ; c’est sans doute cette ressemblance qui a fait dire que la Panthere étoit la femelle du Léopard ; mais ces deux animaux font deux especes particulieres. On distingue aisément le Léopard de la Panthere par les taches des côtés du corps ; elles sont en forme d’anneau ou de rond comme dans la Panthere, & le centre est de la même couleur que le fond du poil, au lieu qu’il y a une tache noire dans la plûpart des anneaux de la Panthere ; d’ailleurs ces anneaux sont toujours plus petits & plus rapprochés dans le Léopard. On trouve ces deux especes d’animaux dans les climats chauds de l’ancien contient.

L’Once differe de la Panthere & du Léopard par sa couleur, par sa taille, & par ses mœurs, il est beaucoup plus petit que le Léopard, & guere plus grand qu’un gros chien ; il a une couleur blanchâtre avec des taches en forme d’anneaux, mais d’une figure plus irréguliere que celles de la Panthere & du Léopard, & plus grandes & plus éloignées les unes des autres ; son poil au lieu d’être court comme celui de la Panthere & du Léopard, est beaucoup plus long. L’Once a aussi le naturel plus doux ; on l’apprivoise en Perse assez pour pouvoir s’en servir à la chasse. C’est encore un animal de l’ancien continent.

Le Jaguar est à-peu-près de la grandeur de l’Once, il ressemble à la Panthere & au Léopard par la couleur fauve de son poil ; mais il en differe par ses taches qui sont de différentes figures, & beaucoup plus grandes que dans ces deux animaux ; mais ce qui le caracterise le mieux, ce sont des bandes irrégulieres & noires qu’il a sur le cou & sur les côtés de la tête, au lieu de petites taches rondes & isolées comme dans le Léopard & la Panthere. Le Jaguar a la queue moins longue que l’Once à proportion de sa grosseur. On trouve cet animal dans l’Amérique méridionale ; il est beaucoup moins à craindre que la Panthere & le Léopard, il n’attaque même les hommes que rarement & lorsqu’ils sont endormis ; un seul chien suffit pour le faire fuir, à moins qu’il ne soit pressé par la faim.

PLANCHE X.

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Le Couguar, fig. 1. ne ressemble au Tigre, à la Panthere, au Léopard, que par les caracteres génériques que j’ai rapportés plus haut. Il a beaucoup plus de rapport avec le Chat sauvage par la forme du corps, il est en entier d’une couleur fauve mêlée d’une teinte de noir sans aucunes taches. Il a le corps fort alongé, la tête petite, la queue longue, & les jambes hautes ; il est à-peu-près de la grandeur du Jaguar, ou même un peu plus grand. Ces deux animaux grimpent sur les arbres pour se mettre en embuscade ; ils sont fort communs en Amérique, principalement dans la Guiane ; il s’en faut de beaucoup qu’ils soient aussi féroces que les diverses especes de Tigres qui habitent les déserts de l’Afrique. Ils sont même peureux, & il suffit d’allumer du feu dans un endroit pour les empêcher d’en approcher,

Le Linx, fig. 2. a tous les caracteres & toutes les habitudes du Chat, & même celle de couvrir de poussiere son urine ; ses oreilles sont terminées par une espece de petit bouquet de poils, longs, droits & dirigés en haut. Ce caractere suffiroit pour le faire reconnoître, s’il ne lui étoit pas commun avec le Caracal. Le Linx a le poil long, fin, doux, & d’un gris blanchâtre, mêlé plus ou moins de fauve & de brun, avec de petites taches noires ; ces taches sont plus ou moins apparentes ; il y a même des individus dont la couleur detout le corps est uniforme & sans aucune tache. Son cri imite le hurlement du Loup.

Le Linx est un animal des pays froids. On en trouve dans presque toute la partie septentrionale de l’ancien & du nouveau continent ; il y en a même quelques-uns sur les montagnes des Alpes & des Pyrenées ; ceux de Sibérie sont les plus grands ; ceux du Canada sont petits, mais plus blancs que ceux des autres pays. Il se fait un grand commerce des peaux de ces animaux, qui ne sont connus parmi les fourreurs que sous les noms de Loup-cervier & de Chat-cervier. On nomme Chat-cervier les Linx du Canada, sans doute parce qu’ils ne sont en effet guere plus gros que le chat sauvage, au lieu que ceux de l’ancien continent sont appellés Loups-cerviers, parce qu’ils approchent de la taille du Loup. Comme cet animal varie non-seulement par la couleur, mais même par la grosseur, plusieurs Naturalistes en ont fait deux especes particulieres, mais M. de Buffon présume que cette différence de grandeur n’est qu’un effet du climat, puisqu’on trouve de ces variétés parmi les Linx de l’Europe.

Le Caracal est plus petit que le Linx, & il a, comme cet animal, les oreilles terminées par un bouquet de longs poils noirs ; mais il en differe à beaucoup d’autres égards ; il ressemble au Chat sauvage par son poil qui est court & dur ; sa queue est plus longue que celle du Linx, & plus courte que celle du Chat, & elle n’a pas l’extrémité noire, elle est en entier, comme le reste du corps d’une couleur brune mêlée de fauve plus ou moins foncé sur les différentes parties du corps. Le Caracal n’habite que des climats chauds de l’ancien continent, où se trouvent les Lions & les Tigres. Il suit ordinairement le Lion, & il se nourrit souvent du reste de la proie de cet animal, & le précede aussi quelquefois ; & c’est sans doute ce qui lui a fait donner le nom de Pourvoyeur du Lion. On se sert dans les Indes du Caracal pour la chasse du lievre, du lapin, & même des gros oiseaux ; il grimpe sur les arbres avec la plus grande facilité, de même que le Linx.

Le Chat-Pard a comme le Caracal, non-seulement les caracteres, mais même la figure du Chat. Il est à-peu-près de la taille du Caracal, il a la queue courte comme lui, mais ses oreilles ne sont pas terminées par de longs poils. Il est aisé à distinguer de tous les autres animaux de ce genre dont je viens de faire mention, en ce qu'il a une couleur rousse plus ou moins foncée, avec des taches noires isolées & pleines ; il a deux bandes transversales de la même couleur que les taches sur la face interne du haut des jambes de devant, & deux autres moins longues & moins apparentes sur le haut de la face interne des jambes de derriere. On trouve aussi cet animal dans les climats chauds de l'ancien continent.

PLANCHE XI.

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L'Hyaene, fig. 1. a beaucoup de rapport avec le Loup par la forme du corps & par le museau alongé ; on pourroit placer avec raison cet animal dans le genre du Loup & des Chiens, si on ne lui connoissoit un caractere très-différent, qui est de n'avoir que quatre doigts à chaque pié, tandis que les Chiens, les Loups, & les Renards en ont cinq aux piés de devant, & quatre aux piés de derriere: l'Hyaene a encore un autre caractere qui la distingue beaucoup du Loup, c'est une fente qui se trouve entre l'anus & la queue, comme dans le Blaireau, & qui communique à deux poches dans lesquelles il y a un très-grand nombre de glandes, qui sont réunies pour la plûpart, & qui forment deux especes de grappes dans chaque poche, ces deux caracteres réunis & particuliers à cet animal, sont plus que suffisans pour en faire un genre à part.

Il y a des naturalistes & des voyageurs qui ont confondu l'Hyaene avec le Glouton, le Chacale, la Civette, & même avec le Babouin. M. de Buffon vient de nous donner, avec la plus grande précision, les différences qui sont entre ces cinq especes d'animaux, & d'établir les caracteres propres de chacune de ces especes.

L'Hyaene est de la grosseur du Loup, mais plus forte & plus féroce ; elle vit de rapine, elle attaque même quelquefois les hommes, elle est fort avide de chair corrompue & de cadavres, qu'elle tire des sépultures ; l'Hyaene ne vit point en société, elle se retire seule dans des rochers. Tout son corps est couvert de poils assez longs, plus durs que ceux du Loup, & d'une couleur grisâtre ; elle a une criniere formée de longs poils presque entierement noirs, qui s'étend depuis la tête jusqu'à la queue, il y a sur les côtés du corps, les épaules & les cuisses, des bandes ondoyantes de couleur noirâtre: on trouve l'Hyaene dans les climats chauds de l'Afrique & de l'Asie.

Le Glouton habite au contraire les pays froids du Nord, tels que la Laponie, la Sibérie, &c. Il est beaucoup plus petit que l'Hyaene, & un peu plus gros que le Blaireau, son ventre touche presque jusqu'à terre, parce que ses jambes sont très-courtes, il n'a point de criniere, il est entierement noir, à l'exception des flancs qui sont quelquefois d'un fauve brun, enfin il a cinq doigts à chaque pié.

Le Chacal vit en société ; il est plus petit que le Loup, d'un jaune vif & luisant, ce qui lui a fait donner le nom de Loup doré ; il a cinq doigts aux piés de devant, & quatre seulement aux piés de derriere, comme les Chiens: le Chacal & le Glouton n'ont donc rien de commun, comme l'on voit, avec l'Hyaene, pour les caracteres extérieurs ; mais ce qui les a fait prendre les uns pour les autres, c'est qu'ils recherchent & déterrent les cadavres tous les trois avec la même avidité: on trouve le Chacal en Asie & en Afrique.

La criniere de la Civette a fait prendre cet animal pour l'Hyaene, c'est la seule partie par laquelle il a quelque rapport avec l'Hyaene. Quant au Babouin que l'on a confondu aussi avec l'Hyaene, c'est une espece de Singe ; il a les doigts & les ongles conformés à-peu-près comme l'homme, & si différemment de l'Hyaene, que ce seul caractere suffit pour le faire distinguer de cet animal. Voyez l'Hist. Nat. gén. & part. tom. IX. p. 268.

L'Ours a pour caracteres génériques six dents incisives à chaque mâchoire, les doigts onguiculés & séparés les uns des autres ; il s'appuye sur le talon en marchant.

L'Ours de la fig. 2. est presque entierement d'une couleur brune mêlée de fauve, plus ou moins foncée, à l'exception des quatre jambes & du garot qui sont noirs. Cet Ours se trouve sur les Alpes ; il y a aussi sur les mêmes montagnes quelques Ours noirs, en petite quantité, qui different de ceux-ci en ce qu'ils ne vivent que de vé gétaux, au-lieu que l'Ours brun est très-carnacier & très-féroce, car il attaque même les hommes, quand il est pressé par la faim ; on trouve les Ours noirs beaucoup plus communément dans les forêts des pays septentrionaux du Nord & de l'Amérique. La plûpart des Ours de Lithuanie, de Moscovie, & de la grande Tartarie sont blancs, mais les Ours de cette couleur ne font pas une espece particuliere, c'est seulement une variété de l'Ours noir ou de l'Ours brun, car on en trouve qui sont en partie noirs & en partie blancs. Il y a d'autres Ours blancs sur la mer Glaciale qu'il ne faut pas confondre avec ceux dont on vient de parler, ce sont d'autres animaux, & ils en different, nonseulement par le mœurs, mais encore par la forme & par la grandeur.

PLANCHE XII.

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La Civette, fig. 1. & le Zibet, fig. 2. sont deux animaux qui ont été longtems confondus ensemble ; parce qu'ils donnent l'un & l'autre un parfum très-odorant, connu sous le nom de civette, on les croyoit de la même espece: cependant il y a entre eux des différences assez grandes pour en faire deux especes particulieres, d'autant plus qu'ils n'habitent pas dans le même pays, car on trouve le premier en Afrique & l'autre en Asie. La Civette a tout le corps couvert de poils longs & durs, & une sorte de criniere qui s'étend depuis la tête jusqu'au milieu de la queue ; le dessous du cou est noir, & il y a de chaque côté de cette couleur une large bande blanche, & un peu plus haut une plus petite bande noire: ces caracteres suffisent pour la faire distinguer du Zibet qui a le corps plus alongé & moins épais que la Civette, le poil court & doux, même sur le dos & sur la queue, dont la couleur est disposée par anneaux alternatifs noirs & blancs ; enfin il a sous le cou de petites bandes irrégulieres, dont les unes sont blanches & les autres noires. La Civette & le Zibet ont chacun cinq doigts à chaque pié, & le pouce est réuni aux autres doigts. Ils ressemblent par le nombre & la position des doigts au Blaireau, mais ils ont plus de rapport avec le Renard & même avec la Fouine, par la forme alongée de leur corps, & par leur museau effilé & pointu ; ils different du Renard, en ce que celui-ci n'a, comme les Chiens & le Loup, que quatre doigts aux piés de derriere ; & de la Fouine, des Belettes, des Putois, de la Mangouste, de la Genette, de l'Hermine, de la Marte, &c. en ce que le pouce est séparé des autres doigts dans tous ces animaux, & placé plus haut.

Le parfum de la Civette & du Zibet se trouve dans deux vésicules assez grandes, dont l'ouverture est située entre l'anus & les parties de la génération. On nourrit de ces animaux en Hollande, & en divers autres pays de l'Europe, pour en avoir leur parfum ; on les tient enfermés chacun dans une cage étroite, & deux ou trois fois par semaine on vuide le réservoir du parfum par le moyen d'une petite cuillere qu'on y introduit.

La Civette & le Zibet ont à-peu-près les mêmes inclinations que la Fouine & le Renard ; ils font la chasse aux oiseaux & aux petits animaux, cependant ils mangent des fruits & des racines quand ils n'ont pas d'autre nourriture. On présume qu'ils voyent clair dans l'obscurité, parce que leurs yeux brillent la nuit comme ceux des Chats, c'est peut-être ce qui leur a fait donner le nom de Chats musqués & de Chats Civettes. Voyez l'Hist. Nat. tom. IX. pag. 299. & suiv.

La Genette, fig. 3. a comme la Belette, l'Hermine, les Furets, les Putois, la Marte, la Fouine, le Vison, la Mangouste, &c. cinq doigts à chaque pié, garnis chacun d'un ongle, & tous séparés les uns des autres ; le pouce est situé plus haut que les autres doigts: tous ces animaux ont sous la queue des glandes ou des vésicules, dans lesquelles se filtre une sorte de parfum, qui exhale une odeur plus ou moins forte ; ils ne sont pas les seuls qui aient ce caractere, il leur est commun avec d'autres animaux de différens genres, comme la Civette, le Zibet, le Renard, le Blaireau, &c. La Genette a beaucoup de rapport avec la fouine par sa forme alongée, ses jambes sont cependant plus longues ; elle ressemble au Zibet par sa couleur, & principalement par les anneaux noirs & blancs de la queue ; elle a sur le cou & sur le dos des poils noirs & durs qui forment une sorte de criniere ; le reste de son poil est court, doux, & d'un gris cendré mêlé de taches noires bien distinctes, principalement sur les côtés du corps. Cet animal a les mêmes inclinations que la Fouine ; elle ne vit que de proie, elle fait la chasse aux petits animaux & aux oiseaux, & elle cause beaucoup de perte quand elle peut entrer dans un poulailler ou un colombier.

PLANCHE XIII.

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Le Castor, fig. 1. a comme l'Ecureuil, le Liévre, le Lapin, le Rat, &c. pour caracteres génériques deux dents incisives à chaque mâchoire, point de dents canines, & les doigts onguiculés ; mais le caractere qui le fait le plus aisément distinguer des autres animaux, consiste en ce qu'il a la queue plate & écailleuse. Le Castor a cinq doigts à chaque pié ; ceux des piés de devant sont séparés les uns des autres, & il s'en sert très-adroitement pour saisir & porter à sa bouche sa nourriture ; les doigts des piés de derriere sont réunis les uns aux autres par une membrane qui lui tient lieu de nageoires.

M. Brisson distingue trois especes de Castors ; savoir le Castor proprement dit, l'Ondatra, & le Desman: ces trois animaux ont des rapports entre eux, non-seulement par les caracteres extérieurs dont on vient de parler, mais encore par les mœurs, principalement le Castor & l'Ondatra, ils vivent en société, & se construisent de petites cabanes sur les eaux. On distingue aisément ces trois especes les unes des autres ; le Castor a, comme j'ai déjà dit, les doigts des piés de devant séparés, & la queue large & plate horisontalement. L'Ondrata a les doigts des piés de devant & ceux des piés de derriere réunis par une membrane, & la queue longue & plate verticalement. Le Desman a la queue plate verticalement comme l'Ondatra, mais il n'a point de membranes ni aux doigts des piés de devant, ni à ceux des piés de derriere ; d’ailleurs l’Ondatra & le Desman sont beaucoup plus petits que le Castor, & ils ont une forte odeur de musc. Voyez l’Histoire du Castor que M. de Buffon a donnée dans le vol. VIII. de l’Hist. Nat. &c. pag. 282.

On distingue plusieurs especes de Porcs-épic qui ont tous les caracteres dont je viens de parler communs entre eux, mais ils different à tant d'autres égards, qu'on les prendroit pour des animaux de différens genres, principalement le Coendou & l'Urson, dont les piquans sont courts, en petit nombre, & presque entierement cachés par de longs poils, roides à-peu-près comme des soies de Cochon. Le Porc-épic qui est représenté, fig. 2. se trouve dans les grandes Indes, il differe peu de celui d'Italie, il a seulement les piquans plus longs & plus gros ; dans tous les deux la levre supérieure est fendue comme celle du Liévre, & la queue est courte, au-lieu que le Coendou & l'Urson ont la queue alongée, & leur levre supérieure n'est pas fendue. Je crois qu'il est inutile de dire que ces animaux n'ont pas, comme plusieurs auteurs l'ont avancé, la propriété de lancer leurs piquans comme un dard pour se défendre de leurs ennemis. M. de Buffon a détruit cette erreur d'une façon à ne laisser aucun doute.

PLANCHE XIV.

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La Roussette, fig. 1. a beaucoup de rapport avec la Chauve-souris ; ses caracteres génériques consistent en ce qu'elle a comme elle, les doigts onguiculés & joints ensemble par une membrane étendue en forme d'aîle dans les piés de devant, & séparés les uns des autres dans ceux de derriere ; mais la Roussette differe de la Chauve-souris, en ce qu'elle a quatre dents incisives dans chaque mâchoire, au-lieu que la Chauve-souris en a six à la mâchoire inférieure, & quatre à la mâchoire supérieure.

Le Porc-épic, fig. 2. a comme le Castor, deux dents incisives à chaque mâchoire, & point de dents canines, les doigts onguiculés ; mais ce qui le caractérise le plus, ce sont les piquans qu'il a sur le corps: le Hérisson a beaucoup de rapport avec le Porc-épic, mais il en differe en ce qu'il a des dents canines au-lieu que le Porc-épic n'en a point, & c'est ce qui en a fait faire un genre particulieOn distingue trois sortes de Roussettes, qui sont la Roussette proprement dite, la Rougette & le Vampire. La Roussette est la plus grosse des trois, elle a neuf pouces de longueur depuis le bout du museau jusqu'à l'anus, & trois piés d'envergure. Elles sont toutes trois très-voraces & très-carnacieres, cependant elles mangent des fruits & même des herbes quand elles ne trouvent point de chair. On a donné à la Roussette le nom de Chien-volant, à cause de sa grosseur & de son museau alongé, qui ressemble assez à celui du Chien. La Roussette & la Rougette ont beaucoup de rapport entre elles, & on ne distingue la premiere qu'en ce qu'elle est plus grosse, & qu'elle a sur le cou un demi-collier d'un rouge vif, qui n'est pas dans la Roussette.

Le Vampire a une couleur uniforme & à-peu-près semblable à celle de nos Chauves-souris, elle est plus petite que la Roussette & la Rougette, cependant beaucoup plus dangereuse, parce qu'on prétend qu'elle suce pendant la nuit le sang des hommes & des animaux sans les éveiller. On trouve le Vampire en Amérique, & la Roussette & la Rougette sont de l'ancien continent, principalement à l'île de Bourbon & à Madagascar.

Les fig. 2. & 3. représentent deux especes d'Ecureuils dont les caracteres consistent en ce qu'ils ont deux dents incisives à chaque mâchoire, & point de dents canines, les doigts onguiculés, la queue longue & couverte de longs poils rangés de façon que la queue paroît plate. L'espece la plus singuliere des Ecureuils est le Polatouche, fig. 2. qu'on appelle aussi Ecureuil-volant, parce qu'il a la faculté en s'élançant d'un arbre à l'autre, de retarder sa chûte par le moyen d'une membrane qui s'étend depuis les jambes de devant jusqu'aux jambes de derriere, mais on ne peut pas dire que cet animal vole, car il ne frappe pas l'air de ces membranes comme les oiseaux font avec leurs aîles. La face supérieure du corps de cet Ecureuil est d'un cendré clair mêlé d'un peu de jaunâtre ou de brun, & la face inférieure est blanche ; il a près de cinq pouces de longueur depuis le bout du museau jusqu'à l'anus. On trouve le Polatouche en Russie & en Lithuanie, mais plus communément en Canada.

L'Ecureuil Suisse, fig. 3. se trouve en Russie, il est un peu plus petit que le Polatouche ; on lui a donné le nom de Suisse, parce qu'il est bigarré de bandes noires, rousses & blanches comme l'habit d'un Suisse: il a neuf bandes qui s'étendent depuis la tête jusqu'à la queue, mais qui sont peu apparentes sur le cou ; la bande du milieuest noire, il y en a de chaque côté une rousse, ensuite une noire, puis après une blanchâtre & enfin une noire.

Cet Ecureuil a quelques ressemblances par ces bandes avec le Palmiste & le Barbaresque, qui sont deux especes d'Ecureuils, mais le Barbaresque n'a que six bandes, & le Palmiste trois.

PLANCHE XV.

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Les Tatous sont des animaux quadrupedes qui ont des caracteres qui les font aisément distinguer des autres. Ils n'ont point de dents incisives ni de dents canines, mais seulement des dents molaires, & au-lieu de poils leur corps est couvert d'un test osseux qui occupe le dessus de la tête, le cou, le dos, les flancs, la croupe & la queue, il ne s'étend pas sur la gorge, la poitrine & le ventre, ces parties sont recouvertes par une peau grenue. Le test osseux est composé de plusieurs pieces, de façon que la partie antérieure & la partie postérieure du corps sont recouvertes chacune par une seule piece, & il y a sur le milieu du corps des bandes mobiles attachées les unes aux autres par une peau qui permet à ces bandes de se replier les unes sur les autres: de façon que ces animaux quoique couverts d'un test solide, peuvent se mettre en boule à-peu-près comme le Hérisson. Le nombre de ces bandes varie dans les Tatous, & servent de caracteres pour distinguer les especes: les uns ont trois bandes, comme l'Aspar ; d'autres six, comme l'Enconbert ; d'autres huit, comme le Tatuette ; d'autres neuf, comme le Cachicame ; d'autres douze, comme le Kabassou ; & enfin il y en a qui ont dix-huit bandes, comme le Cirquinçon. Dans cette derniere espece les bandes mobiles au-lieu de n'occuper que le milieu du corps, comme nous avons dit, s'étendent au-delà, & recouvrent toute la partie postérieure du corps.

Le Kabassou, fig. 1. est le plus grand de tous les Tatous, il y a des individus de cette espece qui ont jusqu'à deux piés huit pouces de longueur, depuis le bout du museau jusqu'à l'origine de la queue. Les Tatous en général se retirent dans des terriers qu'ils se creusent sous terre avec autant de facilité que la Taupe ; ils y restent le jour & n'en sortent que la nuit pour aller chercher des fruits ou des racines dont ils font leur nourriture: on trouve toutes les especes ci-dessus en Amérique.

On a donné le nom de Paresseux à deux animaux d'Amérique, parce qu'ils ont la démarche difficile, mais cependant pas aussi lente que la plûpart des voyageurs l'ont assuré ; ces animaux ressemblent par leurs caracteres génériques aux Tatous, ils n'ont point de dents incisives ni de dents canines, ils ont seulement des dents molaires, & le corps couvert de poils.

L'Unau, fig. 2. & l'Ai, sont les deux seules especes que l'on connoisse ; ils different entre eux par un caractere très-sensible, c'est que l'Unau n'a que deux doigts aux piés de devant, & trois à ceux de derriere, au-lieu que l'Ai en a trois aux piés de devant comme à ceux de derriere ; d'ailleurs l'Unau n'a point du tout de queue, & l'Ai en a une petite, ils se nourrissent tous les deux de feuilles d'arbres, sur lesquels ils grimpent avec beaucoup plus de facilité qu'ils ne marchent sur terre, parce que leurs ongles leur servent à saisir les branches, au-lieu qu'en marchant ils les tiennent courbés sous la paume du pié, ce qui les gêne beaucoup.

Le Sarigue ou l'Opossum, fig. 3. est du genre des Philanders, qui ont pour caracteres génériques dix dents incisives à la mâchoire supérieure, & huit à la mâchoire inférieure, quatre doigts à chaque pié, & un pouce séparé des autres doigts, comme dans les Singes, tous ces doigts garnis d'un ongle, à l'exception du pouce des piés de derriere qui n'a point d'ongle.

On distingue trois sortes de Philanders ; savoir le Sarigue, fig. 3. la Marmose, & le Cayopolin. Ces trois animaux different beaucoup des autres par le tems de la gestation qui est très-court ; à-peine leurs petits ont-ils vie quand ils naissent, ils restent ensuite collés chacun à une mamelle fort longtems, & ils ne la quittent que quand ils peuvent marcher. Le Sarigue femelle a une poche sous le ventre dans laquelle sont les mamelles, & qu'on pourroit regarder comme une seconde matrice, dans laquelle le fœtus acheve de se développer & prend de l'accroissement. Les femelles des autres especes de Philanders n'ont point de poches, cependant leurs petits restent collés aux mamelles comme ceux du Sarigue pour achever de s'y former.

Les trois especes de Philanders ont quelques apparences du Rat par la couleur du poil & par la queue qui est longue, & qui n'est garnie de poils qu'à son origine, le reste est recouvert de petites écailles. Ils se creusent des terriers comme le Rat ; le Sarigue est plus grand que la Marmose & que le Gayopolin, il a plus de quinze pouces de longueur depuis le bout du museau jusqu'à l'anus: ces trois especes d'animaux se trouvent en Amérique, & on en a donné la figure & l'histoire dans le tom. X. de l'Hist. Nat. gén. & part. &c.

PLANCHE XVI.

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Les trois animaux représentés sur cette Planche, ont un caractere particulier, qui est de n'avoir point de dents ; on en fait cependant deux genres séparés. On a mis dans le premier ceux dont le corps est couvert de poil comme le Fourmilier ; & dans le second, ceux qui ont le corps couvert d'écailles comme le Pangolin & le Pha-tagin. On ne connoît que ces deux quadrupedes de ce second genre ; mais on distingue plusieurs especes de Fourmilier.

Le Fourmilier de la fig. 1. appellé Tamanoir, est la plus grande espece de ce genre que l'on connoisse. Il a jusqu'à quatre piés de longueur depuis le bout du museau jusqu'à l'anus, le museau est fort allongé & petit ; il ne sert, pour ainsi dire, que d'étui à la langue qui est très-longue, & que l'animal plonge dans les fourmilieres pour en retirer les fourmis dont il fait sa nourriture quand il est à la campagne. On l'apprivoise aisément, alors on le nourrit avec de la viande hachée & des miettes de pain qu'il ramasse fort adroitement. Tout le corps du Tamanoir est couvert de longs poils en partie jaunâtres, & en partie noirs ; celui du dos près de la queue a jusqu'à quatorze pouces de longueur. Tous ces longs poils ne sont pas cylindriques comme les poils des autres animaux, mais plats sur une partie de leur longueur depuis l'extrémité qui est fourchue. On trouve cet animal dans l'Amérique méridionale.

Le Pangolin, fig. 2. & le Phatagin, fig. 3. sont deux animaux qui se ressemblent beaucoup. On les trouve en Afrique, ils se nourrissent de fourmis comme le Tamanoir ; mais au lieu de poils, ils ont le corps couvert d'écailles qui leur servent de défenses contre leurs ennemis. Quand ils se voient poursuivis, ils plient leur corps en deux, en portant la tête du côté de la queue ; ensuite ils rabattent leur queue sur le corps, de sorte qu'ils présentent de tous les côtés des armes qui sont fort offensives quand on y touche. Le Pangolin, fig. 2. est beaucoup plus grand que le Phatagin, fig. 3. & il a jusqu'à huit piés de longueur quand il a pris son accroissement, mais sa queue fait environ la moitié de cette longueur ; ses écailles n'ont point de pointes comme celles du Phatagin, & ses piés sont recouverts de petites écailles jusqu'à l'extrémité, au lieu que le Phatagin les a couverts de poils ainsi que le ventre. On distingue encore ces deux animaux l'un de l'autre par la queue qui n'a que la longueur du corps dans le Pangolin, & qui est plus longue que le corps dans le Phatagin. Voyez l'Hist. nat. gén. & part. tom. X. in-4. p. 180.

AMPHIBIES.

PLANCHE XVII.

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Les trois animaux représentés sur cette Planche, sont amphibies, & font le passage des quadrupedes aux cétacées. La Loutre a les jambes, les oreilles, &c. conformées comme les autres quadrupedes, & ne peut rester qu'un petit espace de tems sous l'eau, où elle va pour chercher sa nourriture ; au lieu que le Phoque & le Morse restent beaucoup plus dans l'eau que sur terre ; ils ont les quatre jambes presqu'entierement cachées dans le corps ; il ne paroît à l'endroit de chaque pié qu'une espece de mognon fait comme une nageoire, & ils n'ont qu'un trou à l'endroit des oreilles, la conque manque entierement.

La Loutre a pour caracteres génériques six dents incisives à chaque mâchoire, les doigts onguiculés & joints ensemble par des membranes, & au nombre de cinq dans chaque pié.

La Loutre qui est représentée, fig. 1. se trouve au Canada, & ressemble entierement à celle de ces pays-ci par la couleur & par la forme, elle est seulement plus grande. Elle a quatre piés trois pouces de longueur depuis le bout du museau jusqu'à l'extrémité de la queue.

Le Phoque a pour caracteres génériques six dents incisives à la mâchoire supérieure, & quatre à la mâchoire inférieure, cinq doigts onguiculés & joints ensemble dans chaque pié, & ses piés de derriere dirigés en arriere.

Le Phoque représenté fig. 2. est entierement noir, il se trouve dans la mer des Indes. Il est beaucoup plus petit que le Phoque de l'Océan ; il n'avoit qu'environ deux piés trois pouces de longueur depuis le bout du museau jusqu'à l'anus. On dit que ceux du Nord ont jusqu'à huit piés de longueur. Les Phoques font leurs petits sur la terre, & les alaitent quelque tems, ensuite ils les conduisent à la mer. On a donné différens noms aux animaux de ce genre, tels que ceux de Veau marin, Loup marin, Lion marin, Tigre marin, &c.

Le Morse, fig. 3. plus généralement connu sous le nom de Vache marine, a pour caracteres génériques à la mâchoire supérieure deux dents canines, une de chaque côté, très-longues & recourbées en dessous, point de dents incisives & point de trompe ; de sorte que les caracteres génériques du Morse sont les mêmes que ceux de l'Eléphant, à l'exception qu'il n'a point de trompe. Aussi on a appellé le Morse l'Eléphant de mer ; & on ne lui a donné ce nom qu'à cause de ces deux dents canines qui ressemblent aux défenses de l'Eléphant par la conformation & par la substance, mais elles sont moins longues & moins grosses.

Le Morse ressemble plus au Phoque qu'aucun autre animal, au point que s'il n'avoit pas ces deux longues dents canines, on le prendroit pour un grand Phoque. Il a le corps & les piés recouverts par un poil court & luisant ; la conque de l'oreille lui manque, il a seulement à sa place une ouverture ronde. Il sort de l'eau pour aller paître l'herbe, il retourne à la mer plus aisément que le Phoque, parce qu'il se sert de ses longues dents en les plantant dans les glaces ou les rochers. Le Morse se trouve dans les mers du Nord, il est beaucoup plus grand que le Phoque ; il y en a qui ont jusqu'à seize piés de longueur, & communément les dents canines de ces Morses sont longues de deux piés & plus.

SINGES & Animaux analogues.

PLANCHE XVIII.

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Le Maki a du rapport avec les Singes, en ce qu'il a quatre mains plutôt que quatre piés, mais il en differe à beaucoup d'autres égards. Il a pour caracteres génériques quatre dents incisives à la mâchoire supérieure, & six à la mâchoire inférieure, & cinq doigts à chaque pié, conformés comme ceux des Singes, lesquels n'ont que quatre dents incisives à chaque mâchoire.

Il y a plusieurs especes de Maki qui toutes ont la queue longue & le museau effilé. Le Maki de la fig. 1. se nomme le Vari, & se trouve à Madagascar, il est en partie noir & en partie blanc, ce qui lui a fait donner par quelqu'un le nom de Makipie, il a environ treize pouces de longueur depuis le bout du museau jusqu'à l'origine de la queue. Au reste toutes les différentes especes de Makis varient pour la grandeur & pour la couleur.

Le Maki de la fig. 2. est le Mongous, il a toute la face supérieure du corps d'une couleur brune mêlée d'un peu de roussâtre, à l'exception du chanfrein du nez & du museau qui sont noirs. Les côtés de la tête ont une couleur blanchâtre, toute la face inférieure est d'une couleur blanchâtre mélée d'une teinte roussâtre. Le Mongous differe des autres esoeces de Maki, en ce qu'il a sur tout le corps. & même sur la tête, le poil comme ftisé: on le trouve au Mozambique

Le Lory a tant de rapport avec les Singes, que M. Brisson l'a rangé parmi ces animaux dans sa division methodique ; cependant comme il differe par un des car cteres génériques du Singe, qui est d'avoir quatre dents incisives à chaque mâchoire, tandis que le Lory en a quatre à la mâchoire supérieure, & six à l'inférieure, comme tous les Makis, les doigts conformés comme les Singes & les Makis, de sorte qu'il seroit plus à propos de placer le Lory parmi les Makis, s'il avoit une queue ; mais comme il n'en a point, il faut en faire un genre particulier entre les Makis & les Singes.

Le Lory, fig. 3. a le corps fort alongé & fort mince, le museau pointu, & les jambes de devant plus menues que celles de derriere, il est presque entierement d'une couleur roussâtre, la face inférieure du corps est moins foncée que la face supérieure, & melée d'une teinte blanchâtre ; on trouve cet animal à Ceylan.

PLANCHE XIX.

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On avoit confondu jusqu'à présent sous le nom de Singe, des animaux très-différens les uns des autres, parce qu ils avoient quelques légers rapports entre eux. M. de Buffon vient de donner l'histoire de ces prétendus Singes ; il démontre avec une clarté qui lui est na-turelle, combien on étoit éloigné de la vérité en rassemblant sous le nom de Singe des animaux si différens. Il a divisé tous ces prétendus Singes en cinq genres principaux, & cette division est non-seulement d'accord avec les formes & mœurs de ces animaux, mais encore avec le chmat où on les trouve. Ce célebre Na-turaliste ne comprend sous le nom de Singe que trois especes d'animaux, qui ont pour caracteres genériques de marcher debout, d'être sans queue, & d'avoir la face applatie, & les dents, les doigts & le ongles faits comme ceux de l'homme. Dans le second genre sont toutes les especes de Babouins qui different déjà beau coup des Singes par les caracteres génériques, puisqu'ils ont une queue courte, la face alongée, de grodes & longues dents canines, & de callosités sur les fesses. Les Guenons qui composent le troisieme genre, sont encore plus éloignees des Singes que les Babouins, elles sont plus petites, elles ont la queue au moins aussi lon gue que le corps, & leur face tient en partie de celle des Singes & en partie de celle des Babouins ; tous les animaux de ces trois genres sont de l'ancien continent: il y en a encore quelques autres especes du même con tinent qui participent de deux de ces genres, comme le Magot, qui ressemble au Singe en ce qu'il marche debout & qu'il n'a point de queue, mais il en differe par sa face qui est alongée, & par ses dents canines qui sont grosses & longues comme dans le Babouin, de sorte qu'on ne peut placer cet animal ni dans le genre des Singes, ni dans celui des Babouins: on pourroit en faire un genre particulier. Au reste, voyez tout ce qu'a dit M. de Buffon à ce sujet dans le tome XIV. in-4°. de l'Histoire Naturelle.

Les animaux du nouveau continent auxquels on donnoit le nom de Singes, composent le quatrieme & le cinquieme genres, ils different encore plus de ceux que nous appellons ici Singes, que les Babouins & les Guenons ; ils ressemblent aux Guenons par la longueur de la queue & par la forme des doigts, mais ils en different à beaucoup d'autres égards, ils n'ont ni callosités sur les fesses comme les Guenons, ni abajoues, c'est-à-dire, des poches au dessus des joues dans la bouche, dans lesquelles les Guenons serrent une partie de leurs alimens ; on a donné le nom de Sapajous aux mimaux du nouveau continent qui composent le quatrieme genre de cette division, & celui des Sagouins à ceux du cinquieme. Les Sapajous ont un caractere qui les fait aisement distinguer des Sagouins, il consiste dans la queue dont ils se servent comme d'un doigt, non-seulement pour se suspendre, mais encore pour saisir ce qu'ils ne peuvent atteindre avec la main. Les Sagouins au contraire ne se servent de leur queue ni pour s'accrocher, ni pour rien saisir, mais ils ont la queue entierement garnie de poils, au-lieu que les Sapajous ont la face inférieure du bout de la queue lisse & sans poil. Les femelles des Singes, des Magots, des Baboains, & des Guenons qu'il a été à portée d'observer, étoient sujettes à un écoulement périodique, au-lieu que les femelles des Sapajous & des Sagouins n'ont point cet écoulement périodique.

On ne connoît que trois especes de Singes qui sont le Piteque, le Jocko, & le Gibbon. Le Jocko, fig. 1. est celui qui ressemble le plus à l'homme, non seulement par ses traits, sa taille, mais encore par ses moears ; il y a de très-grands Jockos, & d'autres qui sont beaucoup plus petits ; mais comme ils ne different que par la grandeur, on les regarde tous de la même espece, & on en a fait deux races ; les plus grands ont jusqu'à six à sept piés de hauteur, selon quelques voyageurs, & d'autres n'ont qu'environ deux piés & demi. On en a vu un à Paris en 1740 qui avoit trois piés & demi de hauteur, il n'avoit pas encore pris tout son accroissement, il marchoit debout comme l'homme, la peau de la face, ainsi que celle des mains & des piés étoit nue, & il n'y avoit que peu de poils sur le ventre & la poitrine, le reste du corps étoit couvert de poils bruns, ceax de la tête desceadoient de chaque côté & par derriere en forme de cheveux, & étoient un peu plus longs que les poils des autres parties du corps, il n'y avoit point de callosités sur les fesses ; ce Singe avoit été pris sur les côtes d'Angola: on en conserve la peau rembourrée au cabinet du Roi.

Le Gibbon, fig. 2. est moins grand & plas difforme que le Jocko ; la longueur de ses bras est si disproportionnée à celle de son corps, que lorsqu'il marche debout les doigts de ses bras touchent contre terre. Celui qu'on a vu vivant à Parts, avoit été apporté des Indes orientales par M. Duplex: si hauteur depui le talon jusqu'au sommet de la tête, n'étoit que de trois piés, mais il n'avoit pas encore pris tout son accroislement ; il marchoit ordinairement debout ; il avoit de légeres callosités sar les fesses ; la tête, le corps, les jambes & les bras étoient couverts de poils noirs & assez longs, & ceux de la face, des mains & des piés étoient gris & courts.

PLANCHE XX.

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On ne connoît que trois especes de Babouins qui sont le Papion, le Mandril, & l'Ouanderou. Nous avons donné la figure du Papion & celle de l'Ouanderou: le Papion, fig. 1. est très-anciennement connu, parce qu'il se trouve en Lybie, en Arabie, &c On en distingue deux races qui ne different l'une de l'autre que par la taille, & celui ci étoit de la grande taille, ils ont ordinairement plus de quatre piés de longueur quand ils sont debout. Les uns & les autres ont sur les fesses de grandes callosités très-rouges, & la tête fort grosse à proportion du reste du corps. Ils se ressemblent aussi par la couleur du poil qui est sur tout le corps, en partie brun, & en partie d'un jaune roussâtre.

L'Ouanderou, fig. 2. est un peu plus petit que le grand Papion, il est méchant & féroce comme toutes les especes de Babouins, il a tout le corps couvert de poils noirs ou noirâtres, avec une longue barbe sur le menton & sur les joues, composée de poils blanchâtres, beaucoup plus longs & plus durs que ceux du reste du corps. Il y a des Ouanderous entierement blancs, d'autres sont noirs & ont la barbe blanchâtre ; enfin il y en a qui sont blancs & qui ont la barbe noire ; on appelle ceux-ci Lowando. On trouve toutes ces différentes races d'Ouanderou à Ceylan, ils ont tous les fesses calleuses.

PLANCHE XXI.

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On distingue neuf especes de Guenons qui toutes ont la queue aussi longue ou plus longue que le corps. Le Macaque, fig. 1. est une des especes les plus communes ; c'est aussi celle qui ressemble le plus par la figure aux Babouins, elle a environ un pié & demi de longueur depuis le bout du museau jusqu'à l'origine de la queue ; sa couleur est mêlée de jaune & de verdâtre sur toute la face supérieure du corps, & de jaune & de grisâtre sur la face inférieure ; le poil de la tête forme sur le sommet de la tête une espece de petite crête. Il y a plusieurs races de Macaques, ils ont tous des abajoues & des callosités sur les fesses. On les trouve dans l'Afrique méridionale, & principalement dans le Royaume de Congo.

Le Douc, fig. 2. a beaucoup de rapport avec les Guenons ; cependant on ne peut le placer dans ce genre d'animaux, parce qu'il n'a ni abajoues dans la gueule, ni callosité sur les fesses: il n'est pas un Singe, parce qu'il a une queue, & on ne peut pas le mettre au nombre des Babouins, puisqu'il a une longue queue, de sorte qu'il faudroit faire un genre particulier pour cet animal ; il tient le milieu entre les Babouins & les Guenons. Sa couleur est très-singuliere, en ce qu'elle est très-variée sur les différentes parties de son corps, il a le sommet de la tête noir, le corps est d'un gris plus ou moins mêlé de jaunâtre ou de verdâtre, les tempes, les joues & le menton sont couverts de poils blanchâtres plus longs & plus durs que sur le reste du corps, il a au bas du front un bandeau de couleur de maron, & sur le cou un collier de la même couleur, les épaules & les bras sont de même couleur que le corps, l' avant-bras & la queue ont une couleur blanchâtre, le dessus de la cuisse est noir, & les jambes sont couleur de maron, les mains & les piés ont une couleur noîrâtre. On trouve le Douc dans l'ancien continent & la Cochinchine ; il a environ trois piés & demi ou quatre piés de hauteur quand il est debout.

PLANCHE XXII.

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Nous avons dit que tous les Sapajous étoient de l'ancien continent, ainsi que les Sagouins, dont ils different principalement en ce qu'ils ont la queue prenante, c'est-à-dire qu'ils se servent de leur queue comme d'une main pour saisir ou pour s'accrocher. On connoît huit Sapajous que M. de Buffon réduit à cinq especes, parce qu'il y en a trois que cet Auteur ne regarde que comme des variétés. Les fig. 1. & 2. représentent deux Sapajous ; celui de la fig. 1. se nomme le Coaïta, il est moins grand qu'un Renard, il a le corps & tous les membres fort gréles, il a environ un pié quatre pouces de longueur, depuis le bout du museau jusqu'à l'origine de la queue ; il est entierement noir, il a un caractere qui le fait aisément distinguer des autres Sapajous, il n'a que quatre doigts aux piés de devant, & c'est le pouce qui lui manque. Sa queue est longue & dégarnie de poils en dessous, il s'en sert avec une adresse singuliere, non-seulement pour se suspendre, mais encore pour saisir ce qu'il ne peut atteindre avec la main, & même quelquefois pour porter à sa bouche ses alimens.

On a donné le nom de Sajoa au Sapajou de la fig. 2. Il est moins grand que le Coaïta, & il varie pour les couleurs. Il y en a de gris, de bruns, de jaunâtres, & même de presque entierement noirs. On les appelle vulgairement Capucins ou Pleureurs. Ils ont la face & les oreilles de couleur de chair, les mains noires, & la queue prenante, mais ils ne s'en servent pas avec autant d'adresse que le Coaïta. Ils ont ordinairement un pié de longueur, depuis le bout du museau jusqu'à l'origine de la queue. Celui-ci avoit le sommet de la tête & le bas du front noirs ou noirâtres, toutes les autres parties du corps avoient une couleur jaunâtre plus ou moins pâle, & plus ou moins mêlée de brun ou de noirâtre, par exemple le ventre étoit entierement jaunâtre, le dos, la face antérieure des quatre jambes, & la face supérieure de la queue étoient jaunâtres & mêlés de brun & noirâtre.

PLANCHE XXIII.

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Les Sapajous ont plus de rapport avec les Guenons qu'avec les Babouins & les Singes ; & les Sagouins en ont plus avec les Sapajous qu'avec tous les autres, ils n'ont même qu'un caractere bien apparent qui les fasse aisément distinguer des Sapajous: c'est qu'au lieu d'avoir, comme ceux-ci, la queue prenante, elle est droite & garnie de poils dans toute sa longueur, & ils ne s'en servent ni pour se suspendre, ni pour saisir aucune chose. Les femelles des Sagouins & des Sapajous ne sont pas sujettes à un écoulement périodique comme celles des Singes, des Babouins & des Guenons. M. de Buffon distingue six especes de Sagouins que l'on trouve toutes dans le nouveau continent, & qui sont toutes petites, à l'exception du Saki. Les deux figures de cette Planche représentent deux Sagouins, celui de la fig. 1. se nomme le Tamarin ; il a sept à huit pouces de longueur, depuis le bout du museau jusqu'à l'origine de la queue ; il est entierement noir, à l'exception des quatre piés qui ont une belle couleur orangée, la queue est longue & couverte en entier de poils courts.

L'Ouistiti, fig. 2. est la plus petite espece de Sagouins que l'on connoisse ; il n'a que cinq pouces de longueur depuis le bout du museau jusqu'à l'origine de la queue, qui est plus longue à proportion que celle du Sagouin, & couverte de longs poils, elle a alternativement des anneaux noirs & des anneaux gris ou jaunâtres. La tête & le corps sont d'un gris noirâtre plus ou moins foncé & mêlé de jaunâtre dans ces trois endroits, comme sous la gorge, le cou, la poitrine, & le ventre. Les poils des côtés du corps sont les uns noirâtres, les autres gris mêlés de jaunâtre, & ces couleurs sont disposées de façon qu'elles forment des bandes ondoyantes & alternatives. Il a de chaque côté de la tête devant les oreilles deux touffes de longs poils blancs qui rendent la phisionomie de ce Sagouin fort singuliere.

CETACÉES.

PLANCHE XXIV.

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Les Cétacées sont les animaux qui ont le plus de rapport avec les quadrupedes ; ils respirent par des poumons, ils ont deux ventricules au cœur, ils sont vivipares, & ils alaitent leurs petits. Ils ressemblent aux poissons, en ce qu'ils ont des nageoires & qu'ils ne peuvent sortir de l'eau sans courir risque de perdre la vie. Tous les Cétacées ont sur la tête un ou deux canaux par lesquels ils rejettent l'eau.

On divise les Cétacées en quatre classes ; on a mis dans la premiere ceux qui n'ont point de dents, comme la Baleine ; ceux de la seconde classe n'ont de dents qu'à la mâchoire inférieure, comme le Cachalot ; ceux de la troisieme n'ont des dents qu'à la mâchoire supérieure, comme le Narhval ; enfin ceux de la quatrieme classe ont des dents aux deux mâchoires, comme le Dauphin.

Tous les Cétacées ont la queue plate horisontalement ; ce seul caractere les distingueroit des poissons. Les plus grands Cétacées sont les Baleines, elles ont jusqu'à cent piés ou cent vingt de longueur ; elles ont toutes au-lieu de dents la mâchoire supérieure garnie de lames de substance de corne. On distingue sept especes de Baleines, qui ne different entre elles qu'en ce que les unes n'ont que deux nageoires, une de chaque côté, & d'autres en ont une troisieme sur le dos. La Baleine représentée, fig. 1. est de l'espece la plus commune, c'est celle dont on tire les plus grandes lames de baleines, & les meilleures.

La fig. 2. représente un Cachalot dont on distingue aussi sept especes ; la plûpart n'ont que deux nageoires, une de chaque côté, il y en a d'autres qui en ont une troisieme sur le dos ; la mâchoire inférieure est garnie de dents de la nature de l'ivoire, & la mâcho re supérieure a des cavités qui correspondent aux dents de la mâchoire inférieure, lesquelles s’emboîtent dans ces cavités quand l’animal ferme la gueule. La tête fait au moins le tiers de la longueur de ce Cétacée ; c’est de lui que l’on tire le plus de cette matiere précieuse connue en Médecine sous le nom de blanc de baleine, elle se trouve dans le cerveau & le cervelet, qui sont recouverts par deux membranes nerveuses au-lieu de crâne. Cette espece de Cachalot a communément cinquante à soixante piés de longueur ; les mâles ont une verge de cinq à six piés.

On voit à la fig. 3. le Narhval, dont le caractere principal consiste en deux longues dents au bout de la mâchoire supérieure. Il est cependant fort rare de trouver de vieux Narhvals avec ces deux dents, ordinairement l’une des deux ne prend point d’accroissement, & l’alvéole de celle qui manque se trouve recouvert par la peau, de façon qu’il n’y reste au cune apparence de la dent, c’est ce qui a fait dire à quelques voyageurs, que cet animal n’avoit qu’une dent ; mais comme la dent qui reste est sur le côté gauche ou sur le côté droit du museau, on doit conclure d’après ce fait, qu’il manque une dent sur le côté opposé, car la nature est, pour ainsi dire, symmétrique dans ses productions, & si le Narhval n’avoit naturellement qu’une dent, elle se trouveroit placée au milieu du museau. Il y a de ces dents qui ont jusqu’à neuf à dix piés de longueur ; elles sont cannelées en spirale & d’une substance beaucoup plus belle que l’ivoire de l’Eléphant. La longueur ordinaire de ce Cétacée est de vingt à trente piés, mais on en voit de beaucoup plus grands. Hist. Nat. de l’Islande de M. Anderson, tom. II.

QUADRUPEDES OVIPARES.

PLANCHE XXV.

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On a donné le nom de quadrupedes ovipares aux Tortues, aux Lézards ; mais les Tortues de mer ont au-lieu de pattes des nageoires, qui les éloignent d'autant plus des quadrupedes. On divise les Tortues en Tortues terrestres & en Tortues de mer ; les premieres ont le plus de rapport avec les quadrupedes, en ce qu'elles ont en effet quatre jambes, qui sont terminées par des doigts garnis à leur extrémité d'un ongle assez semblable à ceux des quadrupedes. Les Tortues de terre ne deviennent jamais aussi grandes que les Tortues de mer, cependant celle qui a servi de modele pour la fig. 1. avoit trois piés de longueur d'un bout de l'écaille à l'autre, & deux piés de largeur ; elle a été apportée des Indes à Messieurs de l'académie des Sciences qui en ont fait la dissection. Voyez le mot Tortue.

Les Tortues de mer sont communément beaucoup plus grandes que les Tortues terrestres, il y en a qui ont jusqu'à dix à douze piés de longueur. Les lames d'écailles des Tortues terrestres, & même de la plûpart des Tortues de mer, sont trop minces pour pouvoir être employées à faire des boîtes ou autres ouvrages, on est obligé de les fondre pour s'en servir. La Tortue de mer appellée Carret, est celle qui fournit les lames d'écaille les plus épaisses, & par conséquent les plus recherchées ; il y a de ces lames qui ont jusqu'à trois lignes d'épaisseur à leur partie antérieure, mais ordinairement elles n'ont qu'une ligne ou une ligne & demie.

La Tortue qui a servi de modele pour le dessein de la fig. 2. est une Tortue de mer ; elle n'a, comme le Carret, que quinze lames principales sur le plastron supérieur, mais elles ont une figure tout-à-fait différente. Il y a sur les petites lames latérales des enfoncemens qui s'étendent jusques dans l'os, & qui représentent assez exactement l'empreinte de la premiere articulation d'un doigt humain. On distingue dans chaque nageoire, non seulement les cinq doigts, mais encore on compte les phalanges dont ils sont composés. Je ne sais pas dans quelle mer on trouve cette espece de Tortue de mer ; c'est probablement dans les Indes, car on connoît bien celles des mers de l'Amérique ; elle est assez bien conservée au cabinet du Roi, elle n'a qu'un pié de longueur, la queue est si courte qu'elle paroît à peine.

Le Caméléon, fig. 3. est une espece de Lézard, il se trouve lans tous les pays très-chauds de l'ancien & da nouveau continent ; celui qui a servi de modele pour cette figure avoit été envoyé d'Amérique, il n'avoit guere qu'un pié de longueur depuis le bout du museau jusqu'à l'extrémité de la queue. Voyez le mot Caméléon.

sGRENOUILLES & CRAPAUDS.

PLANCHE XXVI.

Bibliothèque Mazarine, exemplaire 2° 3442, numérisé par l’ENCCRE. Licence CC BY-NC-ND 3.0 France — pas d’utilisation commerciale, pas de modification. Le texte de ce site est sous une autre licence, CC BY-SA 3.0.

On a placé les Grenouilles & les Crapauds dans le même genre, parce que ces animaux ont beaucoup de ressemblance entre eux, cependant on a divisé ce genre en deux parties, parce qu'on en mange quelques especes, & que les autres sont regardées comme venimeuses. On distingue les Grenouilles des Crapauds, en ce qu'elles ont les jambes plus longues, & surtout celles de derriere, les yeux plus gros & plus saillans, le corps plus alongé, & beaucoup moins gros à sa partie postérieure près des cuisses: les Grenouilles ont aussi beaucoup plus de vivacité & de légereté que les Crapauds, & s'élancent plus haut & plus loin en sautant, au-lieu que les Crapauds se traînent & rampent presque continuellement, & ne sautent que très-rarement.

La Grenouille de la fig. 1. se trouve en Amérique, elle est infiniment plus grande & plus grosse qu'aucune Grenouille de ces pays-ci, elle a communément quinze à seize pouces de longueur depuis le bout des levres jusqu'à l'extrémité des jambes de derriere, on lui a donné le nom de Grenouille mugissante, parce que son croassement imite le mugissement du Taureau ; elle est très-bonne à manger, & sa chair, principalement celle des cuisses, a le goût du Poulet, de façon que l'on s'y trompe aisément. La face supérieure de cette Grenouille est d'un brun verdâtre, avec de grandes taches irrégulieres d'un brun beaucoup plus foncé, & presque noirâtre. Les oreilles sont placées derriere les yeux, & recouvertes par une membrane très-mince & transparente. Les jambes de derriere ont chacune cinq doigts ; tous réunis les uns aux autres par une membrane qui s'étend jusqu'aux ongles ; les jambes de devant n'ont que quatre doigts & sans membrane: ces Grenouilles sont très-noires. Catesby dit qu'elles sont fort friandes de jeunes volailles, & qu'elles avalent des cannetons & des oisons tout entiers.

On voit à la fig. 2. un Crapaud d'Amérique appellé Pipa, dont on a donné la description dans le corps de cet ouvrage ; la femelle, comme l'on sait, pond ses oeuss sur le dos du mâle, dans de petites cavités dans lesquelles les petits éclosent. On voit sur le dos du Pipa qui est représenté, non-seulement des petits nouvellement éclos, mais encore des œufs entiers enfoncés dans des cavités, & recouverts par une membrane formée par l'épaississement de la matiere visqueuse qui entoure le frai de ces animaux.

REPTILES & SERPENS.

PLANCHE XXVI.

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On comprend sous le nom de reptiles non-seulement les Serpens, mais encore les Lézards & les Tortues. Tous ces animaux se ressemblent par la maniere dont ils se reproduisent ; ils respirent tous par des poumons, comme les quadrupedes, mais ils en different en ce qu'- ils sont tous ovipares: car quoiqu'il y ait des Serpens & des Lézards dont les petits sont vivans au sortir du corps de la mere, on ne peut pas regarder ces animaux comme vivipares, parce qu'ils ont des œufs absolument semblables à ceux des autres Serpens & Lézards. La seule différence qu'il y ait entre les Lézards & les Serpens vivipares d'avec ceux qui ne le sont pas, c'est que dans les premiers l'incubation des œufs se fait dans le corps de la mere, au lieu que les autres pondent leurs œufs avant l'incubation.

Les Reptiles en général ont le corps nud ou couvert d'écailles, les uns ont quatre piés, & les autres n'en ont pas ; les œufs des uns & des autres, au lieu d'être recouverts d'une substance dure comme la coquille des œufs d’oiseaux, sont renfermés dans une enveloppe molle & membraneuse.

Le Crocodile, fig. 1. est le plus grand des Lézards, puisqu’on en voit à Madagascar qui ont jusqu’à 60 piés de longueur. Celui qui a servi de modele pour cette description, n’avoit que 12 piés de longueur, il avoit été apporté d’Amérique, il ressembloit parfaitement aux Crocodiles du Nil. Ces animaux sont féconds longtems avant que d’avoir pris tout leur accroissement, car on voit des œufs très-différens entre eux pour la grosseur. L’œuf de la fig. 2. duquel on voit sortir le petit Crocodile, est de la moyenne grosseur.

Le Tockaie, fig. 3. est un Lézard de Siam, deux fois plus gros que notre Lézard verd: il a la face supérieure du corps couverte d’une peau chagrinée & d’une couleur mêlée de rouge & de bleu disposée par ondes. La peau de la face inférieure est écailleuse & d’une couleur grise perlée avec quelques taches roussâtres. Voyez les Mém. pour servir à l’hist. des animaux, par M. Perrault, tome III. 2. partie. J’ai fait copier cette figure d’après celle de M. Perrault.

PLANCHE XXVIII.

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Le Scinc, fig. 1. est un Lézard très-connu par le fréquent usage que l’on en faisoit autrefois en médecine. Il est représenté de grandeur naturelle sur cette Planche, il a tout le corps couvert de petites écailles brillantes, le sommet de la tête est verd, & la plus grande partie du corps est d’un jaune verdâtre avec des taches brunes. On le trouve en Egypte.

Le Seps, fig. 2. est un animal qui fait le passage des Lézards aux Serpens. On sçait que les Lézards ont pour caracteres essentiels quatre jambes, au lieu que les Serpens n’en ont pas ; le Seps tient le milieu entre ces deux classes d’animaux. La plupart des Auteurs qui en ont écrit, l’ont regardé comme un Serpent, & d’autres comme un Lézard ; ceux-ci étoient mieux fondés que les premiers, puisque le Seps a quatre jambes terminées chacune par trois doigts, mais ces jambes sont si petites, & placées si loin les unes des autres, qu’il faut regarder avec attention pour les distinguer. Le Seps est du genre des Lézards, dont l’incubation des œufs se fait dans le corps, ses petits sont vivans au sortir du corps de la mere. Il est commun en Languedoc, & encore plus en Italie. Il est recouvert en entier de petites écailles, il a sur le dos des bandes alternatives brunes & bleuâtres, qui s’étendent depuis la tête jusqu’à la queue, & le ventre est d’un blanc bleuâtre. Le Seps ne devient guere plus grand que la figure qu’on en a donnée sur cette Planche ; mais il devient beaucoup plus gros quand il a le ventre plein d’œufs.

La fig. 3. représente la Vipere femelle de ce pays-ci dans le tems où elle fait ses petits ; celui qui est au passage de la vulve est débarrassé de ses enveloppes ; celui de la fig. 4. tient encore à ses membranes, & est dans la même position qu’il avoit lorsqu’il étoit dans l’œuf.

La fig. 5. représente une tête de Vipere ouverte pour faire voir les deux dents canines de ce Serpent. Enfin on voit à la fig. 6. un œuf de Serpent grossi, dans lequel on distingue le petit serpent dans une situation différente de celle du Serpent de la fig. 4. J’ai fait copier toutes les figures concernant la Vipere d’après celles que l’on trouve dans le tome III. part. 2. des Mémoires pour servir à l’histoire des animaux par M. Perrault.

PLANCHE XXIX.

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Le Serpent à sonnettes, fig. 1. est du genre des viperes, la plus grosse espece que l’on connoisse, il se trouve très-fréquemment en Amérique ; il a ordinairement six à sept piés de longueur, & quelquefois huit ou neuf: sa morsure est aussi plus dangereuse que celle des autres Viperes, surtout quand il a pris son accroissement, parce que les plaies qu’il fait en mordant sont très-profondes. Le Serpent à sonnettes qui a servi de sujet pour cette figure, avoit six piés de longueur ; ses dents canines, ou plutôt ses crochets, excédoient la gencive de plus de trois lignes ; il avoit la tête large & applatie sur la face supérieure, & il étoit sur toute sa longueur d’un brun jaunâtre avec des taches noires irrégulieres & transversales. On a donné à cette Vipere le nom de Serpent à sonnettes, parce qu’elle a la queue terminée par des anneaux d’une substance transparente, & à-peu-près semblable à une lame de corne mince & séche ; ces anneaux tiennent les uns aux autres par une membrane capable d’une grande dilatation & d’une grande contraction, de façon que quand cette membrane se contracte, les anneaux frottent les uns contre les autres & font un bruit très-ressemblant à celui que rendent des pois renfermés dans une vessie, & assez fort pour pouvoir être entendu à une certaine distance: le nombre de ces anneaux augmente à mesure que le serpent vieillit. On voit à la fig. 2. une queue entiere de cette Vipere, où elle est représentée de grandeur naturelle.

On voit à la fig. 3. un Serpent du genre des Couleuvres ; il est entier, d’un très-beau bleu foncé sur le dos, & clair sous le ventre, il a ordinairement cinq piés de longueur quand il a pris tout son accroissement, il se nourrit de petits animaux comme la plûpart des Serpens de sa taille ; on le trouve à la Caroline & à la Virginie, les Anglois lui ont donné le nom de Wampuursaoke ; c’est un des plus beaux Serpens que l’on puisse voir par rapport à sa couleur. Hist. Nat. de la Caroline par Catesby, tom. II. pag. 58. & Pl. 58.

La fig. 4. représente un autre Serpent qui est aussi du genre des Couleuvres, si on peut en juger par la tête qui est étroite & petite. On a donné à cette Couleuvre le nom de Serpent à lunettes, parce qu’elle a environ à trois pouces au-delà de la tête la figure d’une paire de lunettes dont on se sert pour lire ; tout le reste du corps est d’une couleur uniforme d’un gris blanchâtre. Il y a de ces Serpens qui ont jusqu’à cinq piés de longueur.

Notes

  1. ↑ Voyez l’Histoire Naturelle, générale & particuliere, avec la Description du Cabinet du Roi, tom. IX.