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Planches:HISTOIRE NATURELLE, SALPÊTRE, Raffinage du Salpêtre (volume VI)

De Encyclopédie

HISTOIRE NATURELLE.

SALPÊTRE.

Raffinage du Salpêtre, contenant cinq Planches, dont deux doubles.

PLANCHE Iere.

Bibliothèque Mazarine, exemplaire 2° 3442, numérisé par l’ENCCRE. Licence CC BY-NC-ND 3.0 France — pas d’utilisation commerciale, pas de modification. Le texte de ce site est sous une autre licence, CC BY-SA 3.0.

PLan général d'une raffinerie à l'instar de celle de l'Arcenal de Paris, à laquelle on a joint une salpêtrerie composée de deux atteliers de 48 cuviers chacun.

Le pavillon à droite renferme les bureaux pour la régie de cet établissement. A porte d'entrée qui communique au vestibule & à l'escalier qui conduit aux étages supérieurs. B antichambre. C grand bureau. D cabinet. On peut varier la distribution de cette partie du bâtiment selon la disposition des lieux & le besoin de ceux qui y exercent les fonctions. On ne s'arrêtera pas davantage sur cette partie qui n'est pas un attelier de la fabrication.

La piece suivante marquée F, & dont la porte d'entrée est E, sert de magasin pour le salpêtre brut ou de premiere cuite que les Salpêtriers apportent pour être raffiné. Cette sa le est divisée en plusieurs compartimens ou cabinets destinés à recevoir les salpêtres fournis par les différens Salpêtriers. Près de la porte E sont des balances pour connoître la quantité qui est reçue de chacun, & déterminer par cette opération le prix qui doit en être payé.

La piece suivante, celle du milieu du bâtiment, est l'attelier de la raffinerie proprement dit. La porte G sert de communication au magasin du brut dont on vient de parler ; la porte opposée I communique à l'attelier de la crystallisation, & la porte H qui est au milieu, sert de sortie sur la place ou cour qui est au-devant du bâtiment.

Dans cet attelier il y a quatre chaudieres T V X Y de six piés de di metre & cinq de profondeur ; elles sont montées chacune sur un fourneau dont on trouvera le développement dans une des Planches suivantes. Les deux premieres chaudieres T & V sont découvertes, & les deux secondes sont garnies chacune de deux fortes barres de fer sur lesquelles sont placés un baquet à gauche, & un panier d'osier à droite ; le baquet sert à recevoir les écumes & autres impuretés qui surnagent sur la liqueur bouillante des chaudieres, & le panier reçoit le sel marin qui se crystallise & se précipite au fond de la chaudiere à mesure que la liqueur qui le tenoit en dissolution, se concentre par l'évaporation ; les lignes ponctuées indiquent la perspective de la hotte de la cheminée qui recouvre les quatre chaudieres pour faciliter l'évaporation de la buée qui s'en éleve. 1 & 2 sont les deux piliers qui soutiennent le manteau de la cheminée. K porte & escaliers pour descendre aux tisarts ou bouches des fourneaux comme on le verra ci-après. K L gros mur auquel sont pratiquées les embrasures 3, 4, 5, 6 des tisarts qui sont recouverts par une hotte de cheminée pour laisser évaporer la fumée des fourneaux. L porte symmétrique à la porte K, servant de passage & de communication à la petite piece qui est au-dessus de celle où se fait le service des fourneaux. L L autre porte de sortie dans la cour postérieure d dans laquelle ou sous laquelle en y supposant des caves, est empilé le bois de corde servant au chauffage. On fait usagede bois flotté au lieu de bois neuf, & on préfere le hêtre.

La piece suivante M M M, dans laquelle on entre par la porte I, est le lieu où on met crystalliser le salpêtre dans des bassins de cuivre, comme il sera dit plus bas. La piece suivante O O O, à laquelle on communique par les trois portes des arcades N N N pratiquées dans un des murs de refend, est l'attelier où on met égoutter les bassins dans des recettes, après en avoir décanté l'eau-mere qui n'a pu se crystalliser. On entre de cet attelier dans le suivant Q Q, S S nommé séchoir, par les deux portes P P. C'est aussi dans cet attelier que l'on entonne le salpêtre de la troisieme cuite pour l'envoyer aux moulins à poudre dans la fabrication de laquelle il doit entrer comme principale matiere.

La salpêtrerie qui est adossée à la raffinerie, est composée de plusieurs hangards a a b b c c d e f soutenus par des poteaux, comme on le verra dans la Planche suivante. a a place où on empile les gravas ou plâtras ; sous les hangards sont des fosses où l'on met les terres & plàtras lessivés, sur lesquels on verse les eaux meres pour les amander ; deux des fosses sont vuides, les deux autres sont remplies. d place où on pile les plâtras pour les passer à la claie, & les porter ensuite dans les cuviers dans lesquels on en fait la lessive en y joignant des cendres. i porte de la cendriere g h, dans un des bouts de laquelle on met les cendres criblées, & dans l'autre celles qui ne le sont pas. k l escalier pour descendre au tisart de la chaudiere m, dans laquelle le Salpêtrier fait évaporer la cuite. Cette chaudiere est recouverte par une hotte de cheminée que l'on voit en coupe dans la Planche suivante. n puits qui fournit l'eau nécessaire aux cuviers. Voyez les Planches de l'extraction du salpêtre & leur explication ci devant. (L'eau nécessaire à la raffinerie est fournie par une pompe ou réservoir placé dans un lieu commode à portée des chaudieres du raffinage.) o p q r, s t u x les quatre atteliers de 24 cuviers chacun, dans lesquels se fait la lessive des plâtras ou autres terres contenant le salpêtre.

PLANCHE II.

Bibliothèque Mazarine, exemplaire 2° 3442, numérisé par l’ENCCRE. Licence CC BY-NC-ND 3.0 France — pas d’utilisation commerciale, pas de modification. Le texte de ce site est sous une autre licence, CC BY-SA 3.0.

Fig. 1. Coupe transversale de la raffinerie par le milieu de l'attelier où sont placées les chaudieres, & élévation du pavillon où sont placés les bureaux. On a supprimé l'étage supérieur comme inutile aux travaux de la raffinerie. A porte du pavillon des bureaux. H porte de la raffinerie. G porte de communication du magasin du brut avec l'attelier de la raffinerie. X chaudiere montée sur son fourneau. On voit au-dessus le baquet destiné à recevoir les écumes, & ce baquet cache le panier, dans lequel on met égoutter le sel marin qui se forme pendant l'évaporation, comme il a été dit ci-devant. Le fourneau est coupé par le milieu de son tisart ou de sa bouche. 2 poteau qui soutient l'encorbellement sur lequel repose le manteau de la hotte de la cheminée. 10 le manteau. 9 forte piece de bois posée sur les encorbellemens ; cette piece est percée de quatre mortoises à-plomb au-dessus du centre des chaudieres pour recevoir des poulies & un cable au moyen duquel & d'un treuil visible dans la Pl. suivante, on enleve avec facilité les chaudieres de dessus leurs fourneaux, lorsqu'il y a quelques réparations à y faire. Pour cela les chaudieres sont garnies de quatre anneaux de cuivre qui y sont fortement rivés. 8 extrémité supérieure de la cheminée qui donne issue à l'évaporation. 7 extrémité supérieure de celle qui donne issue aux fumées des fourneaux qui parcourent la cheminée 5, 7. K escalier pour descendre aux tisarts par lesquels on introduit le bois dans le fourneau. o une des portes de l'attelier où le Salpêtrier coule la lessive. e hangard à son usage.

2. Coupe longitudinale de la raffinerie par le milieu des portes de communication du magasin du brut, & celles de communication des autres atteliers, &c. s porte de l'attelier où le Salpêtrier coule la lessive. m chaudiere où il fait évaporer la cuite. Cette chaudiere est placée sous une hotte de cheminée pour en laisser sortir la vapeur. y tête de cheminée qui contient aussi celle du tisart. F F magasin du brut. G porte de communication de ce magasin avec l'attelier de la raffinerie. K porte pour descendre aux tisarts. V X chaudieres garnies de leurs ba-quets & de leurs paniers. V T chaudieres non garnies. 1 & 2 piliers qui supportent le manteau de la hotte de la cheminée. 10, 10 le manteau. 10, 9, 9, 10 la hotte construite en briques. 9, 8, 8, 9 la cheminée qui donne issue aux vapeurs de l'évaporation ; la cheminée qui donne issue aux fumées, est adossée à celle-ci, comme on le voit fig. 1. I porte de communication de la raffinerie avec l'attelier de la crystallisation. M M cet attelier. N porte de communication à l'attelier, où on met égoutter les bassins, après en avoir décanté l'eau-mere.

PLANCHE III.

Bibliothèque Mazarine, exemplaire 2° 3442, numérisé par l’ENCCRE. Licence CC BY-NC-ND 3.0 France — pas d’utilisation commerciale, pas de modification. Le texte de ce site est sous une autre licence, CC BY-SA 3.0.

La vignette représente l'intérieur de l'attelier de la raffinerie, les quatre chaudieres & la hotte qui les recouvre. G porte de communication du magasin du brut avec la raffinerie. a treuil à cable pour enlever les chaudieres de dessus leurs fourneaux lorsqu'il y a quelques réparations à y faire. 10, 10 le manteau de la cheminée supporté par les poteaux. 1 & 2, 10, 9, 9, 10 la hotte de la cheminée. T & X les deux chaudieres où les ouvriers travaillent.

Fig. 1. Ouvrier qui après avoir puisé le salpêtre dans la chaudiere avec la cuiller nommée puisoir, le verse dans une bassine pour être transporté par deux autres ouvriers dans les bassins de l'attelier de la crystallisation, c'est pour cela que la bassine a deux anses, elle est posée sur un baquet ou autre support convenable.

2. Ouvrier qui ayant enlevé avec l'écumoire le sel marin crystallisé au fond de la chaudiere, le verse dans le panier qui est au-dessus pour qu'il s'égoutte dans la chaudiere ; l'opération d'écumer se fait de même avec l'écumoire, mais on verse les écumes dans le baquet, d'où on les transporte sur une ci-viere ou brouette sur les terres des fosses de la salpêtrerie, pour y étant mêlées servir à les amander.

Bas de la Planche.

1. Rable de fer servant à débraiser le fourneau. c a b crochet du rable. c d la tige. d la douille qui reçoit le manche de bois d e.

2. Fourche de fer ou pincette servant à attiser le feu & à enfoncer le bois. a c les deux fourchons. b e l la tige. d la douille. d e manche de bois qui y est reçu.

3. Pelle de fer, a c b la pelle. b d la tige. d la douille qui reçoit le manche d e qui est de bois ; ces trois outils qui servent aux tisarts des fourneaux sont dessinés sur une échelle double.

4. Puisoir dont se sert l'ouvrier fig. 1. de la vignette, cet outil est de cuivre rouge & il est emmanché de bois.

5. Ecumoire dont se sert l'ouvrier fig. 2. de la vignette, elle est aussi de cuivre rouge & emmanchée de bois.

6. Bar servant à porter l'eau de la pompe ou réservoir dans les chaudieres ; cet instrument est de bois.

7. Bassine servant à transporter le salpêtre dans les bassins où on le laisse crystalliser, ce vase est de cuivre rouge.

8. Bassin de cuivre rouge dans lequel on transvuide les bassines, on recouvre les bassins avec des ronds de bois pour laisser refroidir lentement ce qui favorise la crystallisation.

PLANCHE IV.

Bibliothèque Mazarine, exemplaire 2° 3442, numérisé par l’ENCCRE. Licence CC BY-NC-ND 3.0 France — pas d’utilisation commerciale, pas de modification. Le texte de ce site est sous une autre licence, CC BY-SA 3.0.

Plans & Coupes d'un des Fourneaux.

1. & 2. Plans du fourneau.

La fig. 1. représente la moitié du plan du fourneau au niveau de son âtre, par lequel on voit qu'il est construit en briques. A C B C le tisart par lequel on met le bois. A B largeur du tisart de quatorze pouces. B D ou A C sa longueur. DGEFC circonférence du foyer ou de l'âtre. E i k h projection d'une des ventouses ou soupiraux.

La fig. 2. représente la moitié du plan au niveau de l'ouverture qui reçoit la chaudiere. F I K H projection d'une des ventouses, cheminées ou soupiraux pour diriger la flamme autour de la chaudiere ; il y a des fourneaux qui n'en ont qu'une. 2 est le plan d'un des deux poteaux qui soutiennent la hotte de la cheminée qui recouvre les chaudieres.

3. Coupe verticale du fourneau par un plan perpendiculaire qui passe par le milieu du tisart. X niveau du sol au-devant des tisarts. A C G niveau de l'âtre. A a, C c hauteur du tisart de vingt pouces. C c, G g hauteur du foyer. c d, g f hauteur de la capacité elliptique qui environne la chaudiere sans y toucher, comme la ligne ponctuée le fait connoître. d l f m hauteur de la partie conique renversée qui s'applique à la chaudiere & lui sert de support. n n niveau du sol de la raffinerie. F I K H ventouse, cheminée ou soupirail, par lequel sort la fumée qui est conduite au-dehors par la cheminée 5, 7 dans la fig. 1. de la Planche II.

PLANCHE V.

Bibliothèque Mazarine, exemplaire 2° 3442, numérisé par l’ENCCRE. Licence CC BY-NC-ND 3.0 France — pas d’utilisation commerciale, pas de modification. Le texte de ce site est sous une autre licence, CC BY-SA 3.0.

1. Chaudiere du fourneau représenté dans la Planche précédente avec ses appartenances ; la chaudiere a intérieurement six piés de diametre & cinq de profondeur, elle est de cuivre rouge. a b c d les quatre anneaux rivés qui servent à enlever & à placer ou déplacer la chaudiere sur son fourneau. A B, C D les deux barres de fer que l'on met en travers sur la chaudiere pour supporter le baquet aux écumes E & le panier au sel E.

2. Fragment du sol de l'attelier M M M Planche premiere où se fait la crystallisation. On place sur le sol des bassins de cuivre rouge, dans lesquels on transvuide le salpêtre qui est apporté dans la bassine, on couvre ensuite ces bassins avec des ronds de bois composés de doubles planches, dont le fil s'entre-croise pour plus de solidité ; on charge ces ronds avec d'autres bassins que l'on recouvre de même, & ceux-ci d'un troisieme & dernier rang aussi recouverts de ronds de bois, ce qui fait la hauteur à laquelle les ouvriers peuvent porter commodément leur bassine ; on étouffe soigneusement les joints pour conserver la chaleur de la dissolution concentrée, & favoriser par un refroidissement insensible l'arrangement des parties du salpêtre qui se crystallise par refroidissement.

3. Fragment de l'attelier O O O de la Planche premiere nommé égouttoir, on voit les bassins dont on a décanté l'eau-mere couchés deux-à-deux sur les recettes, dans lesquelles on les laisse s'égoutter, ils sont chacun soutenus par un coin de bois ; les recettes qui sont des baquets enterrés au niveau du sol, sont quelquefois doublés de cuivre. On voit en A une recette vuide, & en B la cuiller qui sert comme d'une écope pour relever la liqueur qui s'y est écoulée.

4. Fragment du sol de l'attelier Q R S S Planche premiere, dans lequel on arrange les pains de salpêtre au sortir des bassins pour les faire sécher ; ces pains ont à l'extérieur la forme de l'intérieur des bassins d'où ils sortent, & l'intérieur est creux, traversé d'aiguilles de salpêtre en différens sens, comme le comporte l'arrangement spontané de la crystallisation ; les pains de salpêtre, après avoir séché, sont mis dans des tonneaux pour être portés aux moulins à poudre, & être employés à sa fabrication que l'on trouvera dans les Planches suivantes.