Planches:HISTOIRE NATURELLE, SUITE DU REGNE ANIMAL, OISEAUX (volume VI)
HISTOIRE NATURELLE.
SUITE DU REGNE ANIMAL.
OISEAUX.
PLANCHE XXX.

ON a fait mention dans le corps de cet Ouvrage de toutes les différentes distributions méthodiques des oiseaux qui étoient connues jusqu'alors, & on a rapporté au mot Oiseau les caracteres génériques de chacune de ces méthodes. J'aurois employé pour l'explication des Planches d'oiseaux qui sont dans ce volume, les caracteres génériques de la méthode de M. Linaeus ; mais comme M. Brisson vient d'en donner une nouvelle qui renferme un plus grand nombre d'oiseaux qu'aucune autre, & dont les caracteres sont mieux suivis & plus faciles à saisir, je me servirai des caracteres de cette méthode pour la division des oiseaux qui sont représentés dans les Planches suivantes.
Fig. 1. L'Autruche ; c'est le plus grand de tous les oiseaux, à l'exception du Coutur ou Condor dont nous parlerons dans la suite ; elle a le cou & les jambes longues, le bec droit, applati, & terminé par un ongle arrondi, le dessus de la tête chauve & calleux, les ailes très-petites à proportion de sa grosseur, & trop foibles pour qu'elle puisse voler. Ces caracteres ne suffisent pas pour la faire distinguer de toutes les autres especes d'oiseaux ; on pourroit encore la confondre avec le Thouyou, le Casoar & le Dronte, qui ont la plûpart de ces caracteres communs avec elle. L'Autruche en a un particulier & par lequel elle differe essentiellement de ces trois autres especes d'oiseaux, c'est qu'elle n'a que deux doigts à chaque pié, & ces deux doigts sont dirigés en avant: l'Autruche est un oiseau particulier à l'Afrique.
Le Thouyou est un oiseau du nouveau continent, & on le trouve principalement à la Guiane, il est un peu moins grand que l'Autruche, il a comme elle le bec droit, applati horisontalement, & les ailes trop petites pour qu'il puisse voler, mais il en differe principalement en ce qu'il a trois doigts à chaqué pié, tous dirigés en avant, il n'a point de doigt de derriere, on y voit seulement à la place une callosité.
Fig. 2. Le Casoar ; cet oiseau a de commun avec l'Autruche, le Thouyou & le Dronte, les ailes petites & trop foibles pour qu'il puisse voler, mais il est aisé à distinguer de ces trois autres especes d'oiseaux par le bec qui est droit & presque conique, & par une substance dure & analogue à celle de la corne qui s'éleve sur sa tête environ à trois pouces de hauteur, & dont la figure ressemble en quelque maniere à celle d'un casque, le Casoar differe encore en ce qu'il a au cou deux membranes charnues, longues d'un pouce & demi, larges de neuf lignes, & arrondies à l'extrémité. Il a le corps à-peu-près aussi gros que l'Autruche, mais ses jambes & son cou sont beaucup plus courts, ses plumes ressemblent au premier coup-d'œil à du poil de Sanglier, parce que les barbes sont fines & toutes séparées les unes des autres: on trouve le Casoar en Asie.
Le Dronte est à-peu-près de la grosseur du Casoar & du Thouyou, en ce qu'il a quatre doigts à chaque pié, dont trois dirigés en avant & un en arriere, & par le bec qui est long, fort & crochu à l'extrémité. Il a encore un caractere qui le fait distinguer aisément de ces trois especes d'oiseaux, c'est une membrane qui est disposée en forme de capuchon sur sa tête ; on trouve le Dronte en Afrique.
Fig. 3. Le Pélican ; cet oiseau a quatre doigts à chaque pié, tous réunis les uns aux autres par une membrane qui s'étend jusqu'au bout de chaque doigt, le bec est très-long & applati horisontalement, ses narines ne sont pas apparentes ; mais ce qui caractérise le mieux les oiseaux de ce genre, c'est une poche membraneuse qu'ils ont sous la gorge & qui leur sert de réservoir pour mettre les poissons qu'ils prennent le matin & qu'ils emportent sur les montagnes voisines, où il passent la plus grande partie de la journée. Il y a plusieurs especes de Pélicans qui different entre elles par la grosseur, par la couleur, & même par le bec, qui est garni de dents dans quelques especes. Le Pélican qui se trouve sur nos côtes est d'un beau blanc mêlé d'une teinte de couleur de chair ; celui qui est représenté à la fig. 3. se trouve dans les îles Philippines, il a derriere la tête une espece de hupe formée par de longues plumes, le dos & les ailes sont d'un gris plus ou moins foncé & mêlé de blanc, le reste des plumes ont une couleur blanche.
Fig. 4. Le Flamant ; cet oiseau a le bec conformé d'une façon si singuliere, que ce seul caractere suffit pour le faire distinguer de tous les autres oiseaux. On ne connoît qu'une seule espece de Flamant ; il a quatre doigts à chaque pié, dont trois dirigés en avant & un en arriere. Les trois antérieurs sont réunis les uns aux autres par une membrane qui s'étend jusqu'au bout des doigts, & celui de derriere est isolé. Les jambes & le cou sont très-longs, aussi cet oiseau a-t-il six piés de hauteur, quoiqu'il ne soit à-peu-près que de la grosseur d'une Oie ; le Flamant varie en couleur selon son âge, il est dans sa jeunesse d'un blanc mêlé de gris, & à mesure que son âge augmente, le gris disparoît peu-à-peu & se change en couleur de rose, premierement sur les ailes, & ensuite sur toutes les plumes des autres parties du corps ; à l'exception de la plûpart des grandes plumes des ailes qui restent noires dans tous les âges.
PLANCHE XXXI.

La Pintade, fig. 1. a quatre doigts à chaque pié, dont trois sont dirigés en avant & un en arriere, les trois doigts antérieurs unis ensemble seulement à leur origine, par une membrane qui ne s'étend au plus que jusqu'à la premiere articulation, les jambes couvertes de plumes jusqu'au talon, & le bec fait en cone courbé. Tous ces caracteres sont communs à beaucoup d'oiseaux dont on a fait six genres, qui different les uns des autres par des caracteres particuliers que je vais rapporter.
1°. Le genre du Coq. Les oiseaux de ce genre ont pour caracteres distinctifs sur la tête une crête charnue & membraneuse, & sous la gorge deux autres membranes d'une substance semblable à celle de la crête.
2°. Celui du Dindon. Les oiseaux de ce genre n'ont sous la gorge qu'une membrane charnue qui est pendante ; les mâles des oiseaux de ces deux genres ont un ergot à chaque pié, & les femelles n'en ont pas.
3°. Celui de la Pintade. On ne connoît qu'une espece de Pintade ; elle a deux membranes charnues sous le bec, & un tubercule osseux sur le devant de la tête, qui ressemble en quelque maniere à une corne, parce qu'il est conique & un peu courbé en arriere.
4°. Celui de la Gélinotte. Les oiseaux de ce genre n'ont point de membranes charnues ni sur la tête ni sous la gorge, on les reconnoît par les piés qui sont entierement couverts de plumes.
5°. Celui de la Perdrix. Les oiseaux de ce genre n'ont point de membranes charnues sur la tête ni de plumes sur les piés ; leur caractere distinctif se trouve dans la queue qui est toujours fort courte.
6°. Enfin celui du Faisan. Les oiseaux de ce genre n'ont, comme la Perdrix, ni de membranes charnues à la tête, ni de plumes sur les piés, mais leur queue est longue. Le Faisan couronné, fig. 2. & le Hoco, fig. 3. sont deux especes de ce genre. Le premier de ces deux oiseaux est presque en entier d’un cendré bleuâtre avec quelques taches de couleur de marron pourpré qui se trouvent sur les ailes ; il a sur la tête une belle hupe formée de longues plumes, dont les barbes sont toutes séparées les unes des autres ; on le trouve dans l’île de Banda.
Le Hoco ou le Coq Indien, fig. 3. est en entier d’un beau noir, à l’exception des plumes du bas du ventre qui sont blanches. Il a une espece de petite hupe formée de plumes étroites qui ont plus de longueur que celles du reste du cou, & dont l’extrémité est contournée de façon que ces plumes semblent être frisées ; cette hupe s’étend depuis le milieu de la tête jusqu’à la moitié de la longueur du cou ; le Hoco est fort commun en Amérique.
La Poule Sultane, fig. 4. n’a aucune ressemblance ni même aucun rapport avec le Coq & la Poule, comme son nom semble l’indiquer. Les oiseaux de ce genre ont pour caracteres quatre doigts à chaque pié, dont trois dirigés en avant & un en arriere, tous séparés les uns des autres en entier, le bec conique applati sur les côtés, & le front dégarni de plumes. La Poule Sultane qui a servi de modele pour la fig. 4. se trouve dans les Indes orientales, & même en Amérique, elle a toute la face supérieure du corps d’un verd foncé & luisant, & la face inférieure d’un très-beau violet: la partie antérieure de la tête est dégarnie de plumes, & couverte d’une peau d’un beau rouge.
PLANCHE XXXII.

La Pie-griesche, fig. 1. a pour caracteres génériques quatre doigts à chaque pié, dont trois dirigés en avant & un en arriere, les jambes couvertes de plumes jusqu’au talon, le bec droit, convexe en dessus, & aussi épais que large, les bords de la piece supérieure du bec échancrés vers le bout qui est crochu.
La Pie-griesche qui est représentée fig. 1. se trouve à Madagascar ; c’est un des beaux oiseaux que l’on puisse voir ; toute la face supérieure du corps est d’un très beau bleu, & la face inférieure d’un blanc de neige ; les grandes plumes des ailes sont presque entierement noires ; les deux plumes du milieu de la queue ont une belle couleur bleue, & les autres sont en partie noires & en partie bleues ; la base du bec est entourée de plumes noires.
Le Tangara, fig. 2. a pour caracteres génériques qua-tre doigts à chaque pié, dont trois dirigés en avant & un en arriere, tous séparés les uns des autres environ jusqu’à leur origine, les jambes couvertes de plumes jusqu’au talon, le bec en cone racourci, les deux pieces du bec droites, les bords de la piece supérieure échancrés vers le bout.
Le Tangara qui est représenté fig. 2. se nomme le Cardinal, & se trouve au Brésil, à Cayenne, &c. il est d’un beau rouge éclatant couleur de feu, à l’exception des grandes plumes des ailes & de la queue, & de celles des cuisses, qui sont d’un noir luisant. La couleur de la femelle est beaucoup moins vive que celle du mâle.
Le Moineau, fig. 3. a tous les mêmes caracteres génériques du Tangara, à l’exception de ceux du bec qui est en cone racourci, moins large à sa base que la tête, & point échancré à l’extrémité
Le Moineau qui est représenté fig. 3. se nomme la Veuve à quatre brins, & se trouve en Afrique, elle est noire en dessus & roussâtre en dessous, les plumes des ailes & de la queue sont noires ; les quatre plumes du milieu de la queue sont beaucoup plus longues que les autres, & n’ont de barbes que vers l’extrémité: ces plumes tombent & se renouvellent tous les ans dans le tems de la mue.
Le Manakin, fig. 4. a pour caracteres génériques qua-tre doigts à chaque pié, dont trois dirigés en avant & un en arriere, celui du milieu étroitement uni au doigt extérieur jusqu’à la troisieme articulation, & au doigt intérieur jusqu’à la premiere, le bec court & comprimé par les côtés vers l’extrémité ; ce genre d’oiseau ne differe de celui du Coq de Roche, qu’en ce que celui-ci a une hupe longitudinale sur la téte.
Le Manakin qui est représenté, fig. 4. se trouve à Cayenne, il a trois pouces & demi de longueur depuis la pointe du bec jusqu’à l’extrémité de la queue ; la tête, la face supérieure & les côtés du cou, la poitrine, & une partie du ventre, ont une très-belle couleur rouge, plus ou moins foncée dans certains individus ; la gorge & la face inférieure du cou sont d’un bel orangé, l’endroit du pli de l’aile est aussi de la même couleur orangée ; les plumes des ailes & de la queue sont noires ou noirâtres.
PLANCHE XXXIII.

Les cinq oiseaux de cette Planche ont été dessinés de grandeur naturelle. Le Gros-bec, fig. 1. a pour caracteres génériques quatre doigts à chaque pié, dont trois dirigés en avant, & un en arriere, les jambes couvertes de plumes jusqu’au talon, le bec en cone racourci & gros à l’extrémité.
Le Gros-bec qui est représenté, fig. 1. se trouve à Java. Il a environ quatre pouces un quart de longueur depuis la pointe du bec jusqu’à l’extrémité de la queue. La tête, le col, & le commencement de la poitrine sont d’un beau noir ; le reste de la face inférieure du corps est blanc, & la face supérieure a une couleur de marron plus ou moins foncée sur les diverses parties.
Le Bruant, fig. 2. a tous les mêmes caracteres génériques que le Gros bec, & il n’en differe qu’en ce que les bords du bec dans tous les oiseaux de ce genre rentrent en dedans.
Le Bruant qui est représenté fig. 2. se trouve au Canada. Il est en entier d’un blen mêlé d’une teinte de roux plus ou moins foncée sur les diverses parties du corps ; cette couleur rousse est fort claire sous le ventre ; les plumes des ailes & de la queue sont brunes.
Le Bouvreuil, fig. 3. a aussi comme le Bruant, beaucoup de caracteres génériques communs avec le Gros-bec ; il n’en differe que par le bec qui est un cone racourci & convexe en dessus & en dessous, & dont la piece supérieure est crochue.
Le Bouvreuil qui est représenté fig. 3. se trouve sur les côtes d’Afrique. Il a toute la face supérieure du corps d’un noir changeant & qui paroît verd à certains aspects, à l’exception d’un tache blanche qui se trouve sur le devant de la tête ; toute la face inférieure du corps est d’un beau blanc, à l’exception d’une bande noire qui entoure le cou en partie.
La Mésange, fig. 4. a pour caracteres génériques quatre doigts à chaque pié, dont trois dirigés en avant, & un en arriere, les jambes couvertes de plumes jusqu’au talon, & le bec fait en forme d’alene.
La Mésange qui est représentée fig. 4. se trouve au Canada. Elle a beaucoup de ressemblance avec la Mésange à tête noire de ces pays-ci par les couleurs & par la forme ; elle est seulement un peu plus grande, elle a le dessus, le derriere de la tête & la gorge noirs, tout le reste de la face inférieure & les côtés de la tête sont blancs ; la face supérieure est d’un cendré plus ou moins foncé. Tous les oiseaux de ce genre grimpent sur les troncs & les branches des arbres comme les Pics.
L’Hirondelle, fig. 5. a pour caracteres génériques quatre doigts à chaque pié tous séparés les uns des autres, dont trois dirigés en avant, & un en arriere, les jambes couvertes de plumes jusqu’au talon, la queue fourchue, le bec très-petit, applati en dessus à sa base, & crochu à l’extrémité.
L’Hirondelle de la fig. 5. est la plus petite espece d’Hirondelle que l’on connoisse ; elle se trouve à la Cochinchine, les Chinois sont très-friands de son nid. Elle a toute la face inférieure du corps blanchâtre, & la face supérieure noirâtre, à l’exception des grandes plumes des ailes & de la queue, qui ont l’extrémité blanchâtre.
PLANCHE XXXIV.

Le Rollier, fig. 1. a pour caracteres génériques quatre doigts à chaque pié, dont trois dirigés en avant, & un en arriere, & tous séparés les uns des autres environ jusqu’à leur origine, les jambes couvertes de plumes jusqu'au talon, le bec en un cone alongé, droit dans toute sa longueur, à l'exception de la pointe qui est un peu courbée en dessous, & les plumes de la base du bec dirigées en arriere.
Il y a plusieurs genres d'oiseaux, comme le Geai, la Pie, le Corbeau, le Coracias, & le Cassenoix, qui ont presque tous les caracteres du Rollier ; ils ne different même entre eux que par un caractere particulier. Je n'ai pas cru devoir donner la figure d'un oiseau de chacun de ces genres à cause de leur ressemblance, d'autant plus qu'ils sont tous très-bien connus ; je me suis contenté de rapporter seulement le caractere distinctif des genres pour lesquels je n'ai point donné de figures.
Le Cassenoix ne differe du Rollier par les caracteres génériques, qu'en ce que les plumes de la base du bec, sont dirigées en avant & cachent les narines ; il a aussi la piece supérieure du bec un peu plus longue que l'inférieure, & ces deux pieces sont entierement droites.
Le Coracias ne differe du Rollier qu'en ce que les plumes de la base du bec sont dirigées en avant, & que le bec est un peu courbé en arc.
Le Corbeau ne differe du Rollier qu'en ce que les plumes de la base du bec sont dirigées en avant, il a les plumes de la queue d'égale longueur, ce qui le distingue de la Pie.
La Pie ne differe du Rollier qu'en ce que les plumes de la base du bec sont dirigées en avant ; elle a les deux plumes du milieu de la queue beaucoup plus longues que les autres, ce qui distingue les oiseaux de ce genre de ceux du genre du Corbeau.
Le Geai ne differe du Rollier qu'en ce que les plumes de la base du bec sont dirigées en avant ; il a le bec droit dans toute sa longueur comme le Cassenoix dont il differe, parce que les deux pieces du bec sont de même longueur.
Le Rollier qui est représenté fig. 1. se trouve à la Chine, & a près d'un pié de longueur, depuis la pointe du bec jusqu'à l'extrémité de la queue. La face supérieure de cet oiseau est verte, & l'inférieure d'un blanc jaunâtre mêlé d'une teinte de verd ; il a de chaque côté de la tête une large bande noire, les grandes plumes des ailes sont d'un brun olivâtre, à l'exception de quelques taches de couleur de marron, & les trois plumes intérieures ont l'extrémité blanche, les deux plumes du milieu de la queue sont vertes en entier & plus longues que les autres dont les barbes extérieures ont une couleur verte, les barbes intérieures sont d'un gris-blanc. Ces couleurs ne s'étendent qu'environ jusqu'aux deux tiers de la longueur des plumes, le reste est noirâtre, à l'exception de l'extrémité qui a une couleur grise-blanchâtre.
Le Troupiale, fig. 2. a tous les mêmes caracteres du Rollier ; il n'en differe qu'en ce qu'il a le bec très-droit & tres-pointu, au lieu que celui du Rollier est courbé en dessous vers la pointe.
On a donné le nom de Cassique rouge à l'espece de Troupiale qui est représenté fig. 2. On trouve cet oiseau à Cayenne ; il a onze pouces de longueur depuis la pointe du bec jusqu'à l'extrémité de la queue, il est entierement noir, à l'exception des plumes du dessus & du dessous de la queue qui sont rouges.
Le Merle, fig. 3. a pour caracteres génériques quatre doigts à chaque pié, dont trois dirigés en avant & un en arriere, tous séparés les uns des autres environ jusqu'à leur origine, les jambes couvertes de plumes jusqu'au talon, le bec droit, convexe en dessus, & aussi épais que large, les bords de la piece supérieure du bec échancrés vers le bout.
Le Merle qui est représenté fig. 3. se trouve aux Indes orientales. On lui a donné le nom de Mainats ou Moinate ; il a dix pouces & demi de longueur depuis la pointe du bec jusqu'à l'extrémité de la queue, il est en entier d'un noir plus ou moins brillant sur les diverses parties de son corps, & mêlé d'une teinte de verd en quelques endroits ; mais ce qui fait la singularité de cet oiseau, c'est qu'il a les côtés & le derriere de la tête sans plume & recouverts par une membrane jaune & flottante. Cet oiseau a une très-grande facilité pour imiter tous les bruits qu'il entend plusieurs fois ; il contre-fait parfaitement les cris & les ris des enfans, & il apprend à parler aussi aisément que les Perroquets.
Le Cotinga, fig. 4. a tous les mêmes caracteres génériques du Merle, il n'en differe que par le bec qui est plus large qu'épais à sa base, au lieu que celui du Merle a autant d'épaisseur à sa base que de largeur.
Tous les oiseaux que l'on connoît de ce genre, ont de très-belles couleurs. Celui qui est représenté fig. 2. se trouve à Cayenne ; il a environ huit pouces de longueur depuis la pointe du bec jusqu'à l'extrémité de la queue, il est d'un bleu éclatant, à l'exception de la gorge & de la face inférieure du col qui sont d'un très-beau violet pourpré, les plumes des ailes, des épaules, & de la queue sont presque entierement noires, elles ont seulement pour la plupart le bord des barbes d'un beau bleu pareil à celui du reste du corps.
PLANCHE XXXV.

Les figures 1. & 2. ont été dessinées de grandeur naturelle ; les trois autres ont été réduites, & l'échelle de proportion de cette Planche ne sert que pour les trois figures indiquées sous les numéros 3. 4. & 5.
Le Bec-croisé, fig. 1. a pour caracteres génériques quatre doigts à chaque pié, dont trois dirigés en avant & un en arriere, tous séparés les uns des autres environ jusqu'à leur origine, les jambes couvertes de plumes jusqu'au talon, le bec en cone racourci, & les deux pieces du bec crochues, l'une en haut & l'autre en bas, de sorte qu'elles se croisent.
Le seul caractere du bec de cet oiseau suffit pour faire distinguer ce genre d'oiseau de tous les autres ; on n'en connoît qu'une seule espece. Voyez le mot Bec-croisé.
Le Torcol, fig. 2. a pour caracteres génériques quatre doigts à chaque pié, dont deux dirigés en avant & deux en arriere, tous séparés les uns des autres, les jambes couvertes de plumes jusqu'au talon, le bec droit & pointu, la langue très-longue, & les plumes de la queue flexibles.
Ce genre d'oiseaux ressemble beaucoup par les caracteres ci-dessus au genre de Pie, qui n'en differe qu'en ce qu'il a les plumes de la queue roides & le bec en forme de coin. On ne connoît aussi qu'une seule espece de Torcol. Voyez le mot Torcol.
L'Alouette, fig. 3. a pour caracteres génériques qua-tre doigts à chaque pié, dont trois dirigés en avant & un en arriere, tous séparés les uns des autres environ jusqu'à leur origine, les jambes couvertes de plumes jusqu'au talon, le bec en alene, l'ongle du doigt de derriere plus long que le doigt même.
L'espece d'Alouette qui est représentée fig. 3. se nomme la Calandre. Voyez le mot Calandre.
Le Coulon-chaud, fig. 4. a pour caracteres génériques quatre doigts à chaque pié, dont trois dirigés en avant, & un en arriere, & tous séparés les uns des autres, la partie inférieure des jambes dégarnie de plumes, le bec plutôt un peu courbé en haut que droit, & comprimé en dessus. La Perdrix de mer dont on a fait un genre particulier, ne differe du précédent qu'en ce qu'elle a le bec convexe & courbé en dessous & applati sur les côtés près de l'extrémité.
Le Coulon-chaud, fig. 4. a environ neuf pouces de longueur depuis la pointe du bec jusqu'à l'extrémité de la queue, & un pié cinq pouces & demi d'envergure ; les plumes qui entourent le bec, & celles de la gorge sont blanches ; les côtés de la tête ont une couleur brune cendrée, le reste de la tête & toute la face supérieure du col, & le dos sont d'un gris-brun ; la face inférieure du col & la poitrine ont une couleur brune foncée & presque noirâtre. Il y a des plumes de la poitrine dont l'extremité est blanchâtre. Les côtés du corps, le ventre, le croupion, & le haut des jambes sont blancs, les dix premieres grandes plumes des ailes sont blanches en entier, les autres n'ont de blanc que leur origine & l'extrémité, & le reste est brun. La plume extérieure de chaque côté de la queue est presqu'entierement blanche, elle n'a qu'une tache brune près de l'extrémité ; les autres ont d'autant plus de brun, qu'elles approchent plus des plumes du milieu, lesquelles sont presqu'entierement brunes.
Le Rale a pour caracteres génériques quatre doigts à chaque pié, dont trois dirigés en avant & un en arriere, & tous séparés les uns des autres, la partie inférieure des jambes dégarnie de plumes, le bec droit & comprimé par les côtés, & le corps applati sur les côtés.
Le Rale, fig. 3. se trouve aux Philippines ; il a environ huit pouces de longueur depuis la pointe du bec jusqu’à l’extrémité de la queue, & un pié un pouce six lignes d’envergure ; le dessus de la tête, la face supérieure du col, le dos, & le croupion sont d’un brun noirâtre, à l’exception du bord de chaque plume qui a une couleur roussâtre. Il a de chaque côté de la tête une bande blanche qui s’étend depuis les coins de la bouche jusque sur le derriere de la tête, & au dessous de cette bande une autre bande plus large de couleur de marron brun. La face inférieure du cou est d’un gris blanchâtre, la poitrine, le ventre, les cuisses, & les côtés du corps sont gris avec des taches transversales brunes, les petites plumes des ailes sont brunes, & ont des taches les unes brunes & les autres rougeâtres, les grandes plumes sont rayées tranversalement de roussâtre, les plumes de la queue ont une couleur noirâtre, à l’exception des bords qui sont d’un gris roussâtre.
PLANCHE XXXVI.

L’échelle de réduction qui est au bas de cette Planche, ne sert que pour les oiseaux des figures 1. & 5. parce qu’- ils sont beaucoup plus grands que ceux des trois autres figures qui ont été dessinées de grandeur naturelle.
Le Pomerops, fig. 1. a pour caracteres génériques quatre doigts à chaque pié, dont trois dirigés en avant, & un en arriere, tous séparés les uns des autres jusqu’à leur origine, les jambes couvertes de plumes jusqu’au talon, & le bec courbé en arc. Le Pomerops de la figure 1. se trouve au Cap de Bonne-Espérance. Toute la face supérieure du corps de cet oiseau est brune, à l’exception du croupion qui a une couleur verdâtre ; la gorge & le ventre sont blancs, & la poitrine est roussâtre, les plumes de la queue sont d’inégales longueurs, les deux extérieures n’ont guere que deux pouces, les autres augmentent successivement de longueur, & les six du milieu sont très-longues.
L’oiseau qu’on nomme la Hupe, a tous les mêmes caracteres génériques que le Pomerops ; on en fait cependant un genre particulier à cause de la hupe qu’il a sur la tête, & qui est composée d’un double rang de plumes.
Le Guêpier, fig. 2. a beaucoup de ressemblance avec le Pomerops, & on les confond souvent ensemble ; ils se ressemblent par le nombre & la position des doigts, & par tous les autres caracteres génériques que je viens d’indiquer pour le Pomerops ; ils different seulement par le doigt du milieu qui dans le Guêpier est uni au doigt extérieur jusqu’à la troisieme articulation ; & au doigt intérieur jusqu’à la premiere, au lieu que dans le Pomerops il est entierement séparé comme je l’ai déjà dit. Le Guêpier qui est représenté fig. 2. se trouve à Madagascar. Il a toute la face supérieure du corps d’un verd doré, & la face inférieure d’un verd bleuâtre. Il a de chaque côté de la tête une bande longitudinale noire qui s’étend depuis l’origine du bec jusqu’au-delà des yeux, & une autre bande demi-circulaire sur la gorge, qui forme une sorte de collier ; les deux plumes du milieu de la queue sont plus longues & plus étroites que les autres.
Le Martin-Pêcheur, fig. 3. & le Todier, fig. 4. ont tous les deux les caracteres génériques du Guêpier, à l'exception de ceux du bec qui est droit, gros, long, & pointu dans le Martin-Pêcheur, au lieu d'être mince & courbé en arc comme dans le Guêpier. Le bec du Todier ne differe de celui du Martin-Pêcheur, qu'en ce qu'il est obtus à l'extrémité & applati en dessus & en dessous: ainsi ces trois genres d'oiseaux ne different que par la conformation du bec. Le Martin-Pêcheur, fig. 3. se trouve aux Philippines, il a de très-belles couleurs comme la plûpart des animaux de ce genre ; les plumes du contour de la tête sont plus longues que les autres, & forment une petite hupe peu apparente, le dessus de la tête & la face supérieure du col sont d'un verdpré avec des bandes noires transversales ; toute la face inférieure de l'oiseau est d'un roux plus ou moins foncé en différens endroits. Il a de chaque côté de la tête une bande d'un beau bleu mêlé d'une teinte de violet qui s'étend depuis l'œil jusque sur le cou ; la face supérieure du corps est d'un beau bleu éclatant, les ailes sont brunes en entier, à l'exception de petites taches d'un beau bleu qui se trouvent sur l'extrémité des petites plumes des ailes.
On ne connoît qu'une espece de Todier, fig. 4. qui se trouve à Saint-Domingue, à la Martinique, &c. toute la face supérieure de cet oiseau est d'un joli verd clair, & la face inférieure d'un blanc jaunâtre mêlé d'une teinte de couleur de rose, à l'exception de la gorge qui est rouge ou rougeâtre.
Le Pic, fig. 5. a quelque rapport avec le Martin-Pêcheur & le Todier, mais il en differe assez, comme on peut le voir, pour en faire un genre particulier. Les Pics ont pour caracteres génériques quatre doigts à chaque pié, dont deux dirigés en avant & deux en arriere, le bec droit & en forme de coin, la langue terminée par une substance dure & analogue à de la corne, enfin les plumes de la queue fort roides. Ce genre renferme un très-grand nombre d'especes d'oiseaux. Le Pic qui est représenté fig. 5. se trouve à Cayenne ; il a une hupe formée par les plumes du sommet de la tête, qui sont plus longues que les autres ; ces plumes & toutes celles du devant de la tête ont une très-belle couleur rouge, il a aussi de chaque côté de la gorge une bande de pareille couleur: tout le reste de la face supérieure est noir, & l'inférieur roussâtre plus ou moins foncé, avec des taches noires qui forment des sortes de bandes transversales ; il a de chaque côté de la tête une bande blanche qui commence vers les coins de la bouche, & se prolonge jusque sur le milieu du dos en prenant sur les côtés du cou.
PLANCHE XXXVII.

On a fait deux divisions principales des oiseaux de proie ; on a mis dans la premiere ceux qui volent le jour, & dans la seconde ceux qui ne volent que la nuit ; on a soudivisé les premiers en trois genres qui sont l'Aigle, le Vautour & l'Epervier ; & les seconds sont compris sous deux genres, sçavoir le Hibou & le Chat-huant.
L'Aigle a pour caracteres génériques quatre doigts à chaque pié, dont trois dirigés en avant & un en arriere, les jambes garnies de plumes jusqu'au talon, le bec court, crochu & couvert à sa base par une peau nue, & la courbure du bec ne commençant qu'à quelque distance de son origine.
L'Aigle qui est représenté fig. 1. se nomme le grand Aigle de mer, parce qu'il se trouve ordinairement sur le bord de la mer. Il a environ trois piés cinq pouces de longueur depuis la pointe du bec jusqu'à l'extrémité de la queue, & près de six piés d'envergure. On le confond souvent avec l'Aigle doré, parce qu'il lui ressemble beaucoup par les couleurs ; il en differe par un caractere qui le fait aisément distinguer ; les jambes, au lieu d'être couvertes de plumes, comme dans l'Aigle doré, jusqu'au talon, sont nues à leur partie inférieure sur environ le tiers de leur longueur.
Le Vautour a tous les mêmes caracteres génériques de l'Aigle, il n'en differe seulement que par la tête qui au lieu d'être recouverte de plumes comme dans l'Aigle, est nue en entier dans certaines especes, ou recouvertes seulement de duvet dans d'autres especes.
Le Vautour qui est représenté fig. 2. se trouve sur les Alpes. Voyez la description dans le corps de cet Ouvrage.
L'Epervier ne differe de l'Aigle & du Vautour qu'en ce que la courbure du bec commence dès son origine. Ce genre renferme un grand nombre d'especes.
L'Epervier qui est représenté fig. 3. se nomme le Milan Royal ; il a deux piés de longueur depuis la pointe du bec jusqu'à l'extrémité de la queue, & quatre piés huit pouces d'envergure. La face supérieure du corps est d'un brun mêlé de roux dans quelques endroits, & la plûpart des plumes ont les bords blanchâtres ; la tête, la gorge & la partie supérieure du cou sont d'une couleur blanchâtre avec des taches brunes longitudinales, tout le reste de la face inférieure est roux, & chaque plume a une tache longitudinale brune. Les grandes plumes des ailes sont noires à l'exception des dernieres dont la couleur est mêlée de roux, de brun & de blanc, la queue est fourchue, les deux plumes du milieu sont plus courtes que toutes les autres qui augmentent successivement de longueur jusqu'à la plume extérieure de chaque côté, elles ont toutes une couleur rousse, excepté la premiere dont les barbes extérieures sont noires.
Tous les oiseaux de nuit ont pour caracteres génériques quatre doigts à chaque pié, dont trois dirigés en avant & un en arriere, tous séparés les uns des autres environ jusqu'à leur origine, les jambes couvertes de plumes jusqu'au talon, le bec court, crochu & couvert à sa base de plumes dirigées en avant ; ils ne different entre eux que par de longues plumes sur la tête qui ressemblent à des oreilles ou à des cornes ; les oiseaux de nuit qui ont de ces sortes de plumes, sont du genre du Hibou, & les autres du Chat-huant.
Le Hibou de la fig. 4. se nomme le grand Duc. Voyez dans le corps de cet Ouvrage le mot Duc.
PLANCHE XXXVIII.

Les Perroquets ont une conformation particuliere dans le bec & dans les pattes, qui les fait aisément distinguer des autres oiseaux. Je vais rapporter leurs caracteres génériques pour les comparer avec ceux des oiseaux de proie, tels que les Aigles, les Vautours, les Eperviers, &c. qui sont les seuls oiseaux avec qui on pourroit les confondre. Les Perroquets ont quatre doigts à chaque pié, dont deux dirigés en avant & deux en arriere, les jambes couvertes de plumes jusqu'au talon, le bec court, crochu, plus épais que large & convexe sur la face supérieure. Les oiseaux de proie ont aussi quatre doigts à chaque pié, mais il y en a trois dirigés en avant & un arriere, & le bec differe principalement de celui des Perroquets en ce que la base est couverte d'une peau unie.
Il y a un très-grand nombre de différentes especes de Perroquets, on en a fait cinq divisions particulieres connues sous les noms d'Aras, de Perruches, de Kaka-toes, de Lorys, & de Perroquets simplement dits. Les Aras sont les plus grands oiseaux de ce genre qui ont la queue longue ; les autres plus petits qui ont aussi la queue longue, sont connus sous le nom de Perruche. On a aussi donné le nom de Perruche aux très-petits Perroquets dont la queue est courte. Les Kakatoes ont une hupe mobile au gré de l'oiseau ; on appelle Lory ceux qui sont en entier ou en grande partie d'un beau rouge couleur de feu. Enfin on a donné simplement le nom de Perroquets à tous ceux qui ont la queue courte, & qui sont variés de plusieurs couleurs ; ordinairement le verd ou le gris sont les couleurs qui dominent le plus dans ces oiseaux.
La fig. 1. représente l'Ara bleu & jaune du Brésil. C'est la plus grande de toutes les especes de Perroquets ; en général les Aras ont, comme je l'ai déjà dit, la queue très-longue, ils ne different entre eux que par les couleurs.
On voit à la fig. 2. un Kakatoes ou Katakoes de la petite espece ; il est entierement blanc, à l'exception des plumes de la hupe, qui sont à leur origine les unes jaunes & les autres d'un rouge pâle ; ces couleurs ne sont apparentes que quand l'oiseau releve sa hupe en haut, comme elle est représentée dans la fig. 2. car ordinairement les plumes qui la composent tombent en arriere, de sorte que la hupe n'est presque pas apparente. Il y a plusieurs especes de Kakatoes qui ne different pour la plûpart que par la grandeur du corps & par la couleur de la hupe.
La fig. 3. représente une Perruche qui se trouve à Amboine ; elle a le dessus du corps d'un très-beau bleu éclatant mêlé d'une teinte de violet, la tête, le cou & tout le dessous du corps sont d'un beau couleur de feu éclatant. Les plumes de la queue ont le côté extérieur du tuyau d'un violet foncé, & le côté intérieur noirâtre, à l'exception des deux plumes du milieu qui sont en entier d'un bleu foncé, & qui ont un peu plus de longueur que les autres ; les plumes des ailes sont en partie vertes, & en partie noirâtres.
On voit à la fig. 4. un Lory des Philippines ; il a les côtés de la tête, la gorge, la face antérieure, & les côtés du cou, & le commencement de la poitrine d'un rouge clair ; la partie inférieure du dos, le croupion, les côtés de la poitrine & de tout le corps, & le bord des ailes ont une belle couleur de feu éclatant, les plumes de la queue sont de cette même couleur depuis leur origine jusqu'à la moitié de leur longueur, & le reste a une couleur verte foncée ; le dessus de la tête d'un beau noir, la face postérieure du cou, la partie supérieure du dos, le bas de la poitrine, & le ventre ont une couleur violette, les ailes sont presqu'en entier d'un verd foncé, à l'exception des barbes intérieures de la plûpart des grandes plumes qui ont une couleur jaune.
PLANCHE XXXIX.

Les quatre oiseaux représentés dans cette Planche ont le bec conformé si singulierement, que cette seule partie suffiroit pour les faire distinguer de tous les autres. Je vais cependant rapporter les caracteres génériques de chacun d'eux, pour qu'il soit plus aisé de les reconnoître. Le Toucan, fig. 1. a le bec long, mince, très-léger, dentelé comme une scie sur toute sa longueur, crochu à l'extrémité, & aussi gros que la tête de l'oiseau, quatre doigts à chaque pié, dont deux dirigés en avant & deux en arriere, tous séparés les uns des autres environ jusqu'à leur origine, & les jambes couvertes de plumes jusqu'au talon ; ce genre ne renferme qu'un petit nombre d'especes. Le Toucan de la fig. 1. se trouve à Cayenne ; il est en grande partie d'un verd très-foncé & presque noir, ou plûtôt d'un noir changeant qui paroît verd à certains aspects ; il a la gorge, les côtés du cou, & le commencement de la poitrine blancs, cette couleur est séparée de la couleur noire de la poitrine par une bande transversale d'un beau rouge, les plumes du dessous de la queue sont de la même couleur que la bande rouge de la poitrine, & celles du croupion ont une couleur jaune claire ; la queue n'est composée que de dix plumes comme dans tous les oiseaux de ce genre.
Le Calao, fig. 2. a pour caracteres génériques le bec gros, plus ou moins courbé en maniere de faux, & denté comme une scie, quatre doigts à chaque pié dont trois dirigés en avant & un en arriere, celui du milieu des doigts de devant étroitement uni au doigt extérieur jusqu'à la troisieme articulation, & au doigt intérieur jusqu'à la premiere, & les jambes couvertes de plumes jusqu'au talon. Le Calao de la fig. 2. se trouve aux Moluques ; il a sur le bec une excroissance plate & de même substance que le bec, qui se prolonge sur le devant de la tête. Il est en partie brun & en partie noir, il a sur la gorge une bande blanchâtre en forme de croissant.
Le Bec-en-ciseaux, fig. 3. a les pieces du bec droites & si applaties sur les côtés, qu'elles ressemblent en quelque maniere à des lames de ciseaux, ce qui a fait donner à cet oiseau le nom de Bec-en-ciseaux. La piece supérieure du bec est beaucoup moins longue que l'inférieure, de façon qu'elle semble avoir été cassée, la partie inférieure des jambes est dégarnie de plumes ; les doigts sont au nombre de quatre, dont trois dirigés en avant & réunis ensemble par une membrane qui s'étend jusqu'au bout des doigts ; le quatrieme est dirigé en arriere & séparé des autres. On trouve cet oiseau à Cayenne.
L'Avocette, fig. 4. a quatre doigts à chaque pié dont trois dirigés en avant & réunis les uns aux autres par une membrane qui s'étend jusqu'au bout des doigts, le quatrieme est dirigé en arriere & séparé des autres ; la partie inférieure des jambes dégarnie de plumes, & le bec très-mince, applati sur ses faces supérieure & inférieure, & courbé en haut de façon que cet oiseau ne peut pas ramasser sa nourriture comme les autres en baissant simplement la tête, il est obligé de la pencher de côté pour pouvoir la saisir avec les bords latéraux de son bec, & non pas avec la pointe.
Le Coureur ressemble beaucoup à l'Avocette par le nombre, la forme, & la position des doigts, & en général par tous les caracteres que je viens d'indiquer pour l'Avocette, à l'exception de ceux du bec qui est court & droit dans le Coureur ; cette différence en a fait faire un genre particulier. On a donné à cet oiseau le nom de Coureur, parce qu'il court extrêmement vîte, il se trouve en Italie.
PLANCHE XL.

Le Pigeon, fig. 1. a pour caracteres génériques qua-tre doigts à chaque pié, dont trois dirigés en avant & un en arriere, tous séparés les uns des autres environ jusqu'à leur origine, les jambes couvertes de plumes jusqu'au talon, le bec droit, & le bout de la piece supérieure un peu renflé & courbé.
Le Pigeon qui est représenté, fig. 1. se trouve à Amboine ; il a environ dix pouces & demi de longueur depuis la pointe du bec jusqu'à l'extrémité de la queue, il est presque en entier d'un verd d'olive plus ou moins foncé, & même jaunâtre sur le cou & la poitrine ; le dessus de la tête a une couleur grise, les grandes plumes des ailes & de la queue sont noirâtres, les moyennes des ailes ont la même couleur & sont bordées de jaunâtre, ce qui forme une bande transversale de cette couleur sur l'aile quand elle est pliée.
Le Coq de Roche, fig. 2. a pour caracteres génériques quatre doigts à chaque pié, dont trois dirigés en avant & un en arriere, celui du milieu étroitement uni au doigt extérieur jusqu'à la troisieme articulation, & au doigt intérieur jusqu'à la premiere, le bec court & comprimé par les côtés, vers le bout de la tête orné d'une hupe longitudinale.
On ne connoît qu'une seule espece de ce genre d'oiseau qui est représentée fig. 2. elle se trouve dans l'Amérique méridionale ; c'est un très-bel oiseau par sa hupe & par la figure de ses plumes, qui pour la plûpart semblent avoir été coupées quarrément. Il a environ onze pouces de longueur depuis la pointe du bec jusqu'à l'extrémité de la queue, il est presque entierement d'un beau jaune orangé ; les plumes de la hupe sont de la même couleur, à l'exception d'une bande d'un rouge pourpré qui se trouve près de l'extrémité de chaque plume: les plumes des ailes sont en partie brunes & en partie blanches: celles de la queue ont une belle couleur orangée depuis leur origine environ jusqu'à la moitié de leur longueur, le reste est brun, à l'exception de l'extrémité qui a une couleur orangée.
La Barge, fig. 3. a pour caracteres génériques quatre doigts à chaque pié, dont trois dirigés en avant & un en arriere, tous séparés les uns des autres, la partie inférieure des jambes dégarnie de plumes, le bec menu, très-long, recourbé en haut, & lisse & obtus à l'extrémité.
Le Bécasseau & la Bécasse sont deux autres genres d'oiseaux qui ne different de celui de la Barge que par le bec. Le Bécasseau a le bec de moyenne longueur, & obtus & lisse à l'extrémité ; celui de la Bécasse est droit dans toute sa longueur, & obtus & raboteux à l'extrémité.
La Barge qui est représentée, fig. 3. se trouve sur le bord de la mer, elle a environ onze pouces & demi de longueur depuis la pointe du bec jusqu'à l'extrémité de la queue ; toutes les plumes de la face supérieure du corps de cet oiseau sont d'un brun foncé & presque noiratre dans quelques endroits, à l'exception du bord de chaque plume qui a une couleur blanchâtre ; les plumes de la face inférieure sont cendrées, celles du ventre ont les bords blancs, le croupion est blanc en entier.
La Foulque, fig. 4. a pour caracteres génériques qua-tre doigts à chaque pié, dont trois dirigés en avant & un en arriere, & garnis tous séparément d'une membrane qui s'étend jusqu'au bout des doigts, & qui est fendue & comme festonnée ; le bec en cone & applati sur les côtés.
La Foulque qui est représentée, fig. 4. se nomme la Macroule, elle a près d'un pié trois pouces de longueur depuis la pointe du bec jusqu'à l'extrémité de la queue ; elle est d'un cendré plus ou moins foncé sur les diverses parties du corps, & mêlé d'une teinte de verdâtre sur le dos: la tête & le cou sont noirâtres, & le bord des ailes est blanc ; le front n'a point de plumes, il est recouvert par une membrane blanche.
PLANCHE XLI.

Le Barbu, fig. 1. a pour caracteres génériques quatre doigts à chaque pié, dont deux dirigés en avant & deux en arriere, les jambes couvertes de plumes jusqu'au talon, le bec courbé un peu en arc, convexe en-dessus & comprimé par les côtés, & la base du bec garnie de plumes roides en forme de poils, ce qui a fait donner le nom de Barbus aux oiseaux de ce genre ; celui dont on a donné ici la figure se trouve à Cayenne, il a environ sept pouces de longueur depuis la pointe du bec jusqu'au bout de la queue ; le derriere de la tête & la gorge sont rouges, toute la face supérieure du corps est en partie noire & en partie d'un gris doré, & la face inférieure d'un blanc jaunâtre ; il y a de chaque côté de la tête une bande blanchâtre qui passe sur les yeux, & qui se prolonge jusque derriere la tête. Les plumes de la queue sont au nombre de dix, comme à la plûpart des especes de ce genre, elles ont une couleur brune olivâtre en dessus, & cendrée en dessous ; la plume extérieure de chaque côté est la plus courte, les autres augmentent de longueur par degrés jusqu'à celles du milieu qui sont les plus longues.
Le Coucou, fig. 2. a tous les mêmes caracteres génériques que le Barbu, à l'exception des plumes roides de la base du bec qui lui manquent: le Coucou qui est représenté fig. 2. se trouve à la Chine, il a environ treize pouces de longueur depuis la pointe du bec jusqu'à l'extrémité de la queue ; toute la face supérieure de cet oiseau est d'un très-beau bleu, plus ou moins foncé, avec une tache blanche sur l'extrémité de chacune des plumes qui recouvrent la queue, & de celles de la queue: la face inférieure est d'un beau blanc ; le sommet de la tête a une couleur blanche mêlée de petites taches bleues ; le derriere de la tête & la gorge sont noirs, & il y a de chaque côté de la tête, derriere l'œil, une tache blanche. Les plumes de la queue sont au nombre de dix, les deux du milieu sont très-longues, les autres diminuent successivement de longueur jusqu'à l'extérieure de chaque côté, qui est la plus courte, & qui n'a qu'un pouce neuf lignes de longueur.
Le Couroucou, fig. 3. a pour caracteres génériques quatre doigts à chaque pié, dont deux dirigés en avant & deux en arriere, comme dans le Coucou & le Barbu, les jambes couvertes de plumes jusqu'au talon, & le bec court, crochu, & plus large qu'épais.
Le Couroucou qui est représenté, fig. 3. se trouve à Cayenne, il a environ onze pouces & demi de longueur depuis la pointe du bec jusqu'à l'extrémité de la queue, la face supérieure du corps de cet oiseau est d'un beau verd doré, & la face inférieure d'un beau jaune orangé. Le dessus de la tête & le cou ont une belle couleur violette, qui paroît à certains aspects d'un verd doré, les côtés de la tête, la gorge & une partie de la poitrine sont noirs ; la queue est composée de douze plumes, les deux du milieu sont les plus longues, les autres diminuent successivement de longueur jusqu'à l'extérieure de chaque côté qui est la plus courte ; les piés sont couverts de plumes noires jusqu'à l'origine des doigts.
Le Bout-de-Petun, fig. 4. a pour caracteres génériques, comme le Couroucou, quatre doigts à chaque pié, dont deux dirigés en avant & deux en arriere, & les jambes couvertes de plumes jusqu'au talon ; mais les oiseaux de ce genre differen de ceux du Couroucou par le bec qui est court, crochu, plus épais que large, & tranchant en dessus, & par les plumes de la queue qui ne sont qu'au nombre de dix.
Le Bout-de-Petun de la fig. 4. se trouve à Cayenne, il a près de quatorze pouces de longueur depuis la pointe du bec jusqu'à l'extrémité de la queue. Il est en entier d’un noir tirant sur le violet, & chaque plume a le bord des barbes d’un verd obscur & changeant, les grandes & les moyennes plumes des ailes & celles de la queue sont entierement noires & n’ont point de verd sur le bord des barbes ; les deux plumes du milieu sont plus longues que les autres, qui diminuent par degrés jusqu’à l’extérieure de chaque côté. Il y a sur la base du bec des plumes roides en forme de poils, qui sont dirigées en avant. Les oiseaux de cette espece pondent & couvent en société dans le même nid, où on en trouve quelquefois jusqu’au nombre de cinquante.
PLANCHE XLII.

On n’a pas mis d’échelle de réduction pour cette Planche, parce que les six oiseaux qui y sont représentés ont été dessinés de grandeur naturelle.
Le Grimpereau, fig. 1. & le Colibri, fig. 2. sont deux genres d’oiseaux qui se ressemblent beaucoup, & qui sont souvent confondus ensemble ; les oiseaux de ces deux genres ont pour caracteres génériques quatre doigts à chaque pié, dont trois dirigés en avant & un en arriere, tous séparés les uns des autres environ jusqu’à leur origine, les jambes couvertes de plumes jusqu’au talon, & le bec alongé & courbé en arc. Ces deux genres ne different entre eux, qu’en ce que le bec du Grimpereau diminue insensiblement de grosseur depuis la racine jusqu’à l’extrémité, & se termine par une pointe très-aiguë, au-lieu que le bec du Colibri est presque de la même grosseur dans toute son étendue, & un peu renflé vers l’extrémité ; d’ailleurs les Colibris ont les piés très-courts, & ceux des Grimpereaux sont longs en comparaison.
Le Grimpereau, fig. 1. se trouve à Cayenne ; il est en entier d’un bleu luisant à l’exception de la gorge, des ailes & de la queue qui sont noirs: il y a aussi sur les côtés de la tête une bande noire qui s’étend depuis le bec jusqu’aux yeux, & qui se prolonge un peu au-delà. On a donné le nom de Grimpereaux aux oiseaux de ce genre, parce qu’ils grimpent comme des Pics le long des arbres pour chercher des petits insectes dont ils se nourrissent.
Le Colibri, fig. 2. se trouve aussi à Cayenne ; il a différentes couleurs changeantes ; il est en partie d’un beau noir, qui paroît violet à certains aspects, & en partie d’un violet pourpré changeant.
L’Oiseau mouche a beaucoup de caracteres génériques communs avec le Colibri, auquel il ressemble par le nombre & la position des doigts, & même par la brieveté des piés ; mais il en differe principalement par le bec qui est droit, applati en dessus & en dessous, & un peu reuflé vers le bout, & non pas courbé comme celui du Colibri. L’Oiseau-mouche a aussi, comme le Colibri, les jambes couvertes de plumes jusqu’au talon ; tous les oiseaux de ces deux genres n’ont que dix plumes dans la queue, & se nourrissent du miel des fleurs, qu’ils pompent par le moyen de deux tuyaux cylindriques, dont est composée leur langue.
Les fig. 3. & 4. représentent deux différentes especes d’Oiseaux-Mouchez ; celui de la fig. 3. est le plus petit de tous les oiseaux connus, il a toute la face supérieure du corps d’un beau verd doré changeant, & toute la face inférieure d’un gris blanchâtre. Les grandes plumes des ailes ont une légere teinte de violet, & celles de la queue sont d’un noir changeant.
L’Oiseau-Mouche de la fig. 4. a sur la tête une hupe d’un beau verd doré, tout le reste de la face supérieure de cet oiseau est d’un verd doré qui change de couleur à différens aspects, & la face inférieure a une couleur cendrée brune, il y a seulement un peu de verd doré sur la poitrine ; les plumes des ailes & de la queue ont un peu de violet: on trouve ces deux especes d’oiseaux dans l’Amérique méridionale.
Le genre du Bec-figue, fig. 5. renferme un très-grand nombre d’especes d’oiseaux, qui ont pour caracteres génériques quatre doigts à chaque pié, dont trois dirigés en avant & un en arriere, & tous séparés les uns des autres environ jusqu’à leur origine, les jambes couvertes de plumes jusqu’au talon, le bec pointu & fait en quelque façon comme une alêne, l’ongle du doigt de derriere courbé en arc est moins long, ou tout-au-plus aussi long que le doigt auquel il est attaché.
Les Alouettes ont la plûpart de tous ces caracteres génériques, mais il est aisé de les distinguer des Bec-figues, parce qu’elles ont toutes l’ongle du doigt de derriere toujours plus long que le doigt même.
Le Bec-figue de la fig. 5. se trouve à Saint-Domingue, où il est appellé Figuier, il a une couleur grise blanchâtre mêlée de petites taches noires placées fort près les unes des autres, les grandes plumes des ailes & de la queue ont une couleur noirâtre, & les petites des ailes sont en partie noires & en partie blanches, de sorte qu’on voit sur l’aile quand elle est pliée une bande transversale noire au milieu d’un espace blanc, qui forme de même deux bandes blanches ; une de chaque côté de la bande noire.
La fig. 6. représente un Torchepot du Canada, il est d’une couleur cendrée en-dessus, & d’un roux clair en-dessous, les côtés de la tête sont blancs, & il y a derriere les yeux une bande noire qui descend sur le cou & qui se réunit en cet endroit à une autre bande du dessus de la tête ; les oiseaux de ce genre ont beaucoup de rapport avec les Pics par la forme du bec & par leur maniere de grimper sur les arbres ; on les distingue aisément par la direction des doigts qui sont au nombre de quatre dans les uns & dans les autres ; les Pics en ont deux dirigés en avant & deux en arriere, au-lieu que dans les Grimpereaux il n’y en a qu’un dirigé en arriere, les trois autres le sont en avant.
Le Torchepot a pour caracteres génériques quatre doigts à chaque pié, comme je viens de le dire, dont trois dirigés en avant & un en arriere, tous séparés les uns des autres environ jusqu’à leur origine, les jambes couvertes de plumes jusqu’au talon, & le bec fait en forme de coin.
PLANCHE XLIII.

On n'a pas pu réduire les quatre oiseaux de cette Planche en proportion de leur grandeur relative ; on les a dessinés d'après deux échelles différentes, parce que le Paon de mer est beaucoup plus gros que les trois autres ; on a fait pour lui une échelle particuliere que l'on a placée sous ses pattes, l'autre échelle sert pour le Gobe-mouche, le Pique-bœuf & l'Etourneau.
Le Gobe-mouche, fig. 1. on a donné ce nom aux oiseaux de ce genre, parce qu'ils se nourrissent d'insectes, & principalement de mouches: ils ont pour caracteres génériques le bec à-peu-près triangulaire & applati à son origine, la piece supérieure échancrée sur les bords vers l'extrémité, quatre doigts à chaque pié, dont trois dirigés en avant & le quatrieme en arriere, tous séparés les uns des autres environ jusqu'à leur origine, & les jambes couvertes de plumes jusqu'au talon. Ce genre renferme un grand nombre d'especes qui different plus par la couleur que par la grandeur. Le Gobe-mouche représenté, fig. 1. se trouve à Madagascar, il est d'un noir luisant mêlé d'une teinte de verdâtre, il a sur le devant de la tête, à la racine du bec, une jolie hupe de plumes, qui quoique très-étroites & assez longues, s'élevent presque perpendiculairement, l'extrémité est seulement un peu courbée en avant ; les plumes de la queue n'ont pas toutes la même longueur, l'extérieure de chaque côté est la plus longue, les autres diminuent successivement de longueur jusqu'à celles du milieu qui sont les plus courtes, ce qui fait paroître la queue fourchue.
Le Pique-bœuf, fig. 2. est un des oiseaux le plus singulier par l'instinct qu'il a pour chercher sa nourriture. Il y a une espece de mouche qui dépose ses œufs sur le dos des Bœufs & autres ruminans, entre l'épiderme & la peau, les vers qui éclosont de ces œufs occasionnent bientôt en rongeant une tumeur qui grossit de plus en plus jusqu'à ce qu'elle suppure, ce qui arrive ordinairement lorsque ces vers ont pris leur accroissement & qu'ils cherchent une issue pour aller se cacher dans la terre, où ils se transforment bientôt en chrysalide. L'oiseau dont il est ici question est très-friand de ces sortes de vers ; il suit les troupeaux de Bœufs, & lorsqu'il apperçoit de ces tumeurs, il les frappe à grands coups de bec jusqu'à ce qu'il en ait fait sortir les vers qui y sont renfermés.
Le Pique-bœuf a pour caracteres génériques quatre doigts à chaque pié, dont trois dirigés en avant & un en arriere, tous séparés les uns des autres environ jusqu'à leur origine, les jambes couvertes de plumes jusqu'au talon, le bec droit & presque quadrangulaire, un peu convexe en-dessus & anguleux en dessous: on ne connoît qu'une espece de Pique-bœuf ; toute la face supérieure de cet oiseau est d'un gris brun, & la face inférieure d'une couleur jaunâtre mêlée d'une teinte de brun ; on le trouve au Sénégal.
L'Etourneau, fig. 3. a tous les caracteres génériques du Pique bœuf, à l'exception de ceux du bec qui est droit, convexe, un peu plus large qu'épais à son extrémité, & dont les angles sont obtus. On trouve l'Etourneau qui a servi de modele pour la figure 3. au cap de Bonne-Espérance. Il a toute la face supérieure du corps noire, & l'inférieure d'un blanc sale, à l'exception du cou qui est noir en entier: il y a de chaque côté de la tête une tache blanchâtre, & sur les ailes une bande blanche.
La fig. 4. représente un Paon de mer mâle ; cet oiseau est du genre du Bécasseau, qui a pour caracteres génériques quatre doigts à chaque pie, dont trois dirigés en avant & un en arriere, & tous séparés les uns des autres, la partie inférieure des jambes dégarnie de plumes, le bec mince, de moyenne longueur, droit, obtus & lisse à l'extrémité. Le Paon de mer varie beaucoup pour les couleurs ; ils ont ordinairement plusieurs couleurs mêlées, telles que le gris, le brun, le noir, le fauve & le blanc. Il y en a aussi qui sont presque entierement blancs, les mâles ont sur la partie antérieure de la tête de petits mamelons charnus de couleur de chair, & les plumes du bas du cou s'alongent au printems beaucoup plus que les autres, & forment une espece de cravate, qui ne dure que pendant qu'ils sont en amour, la mue vient ensuite, les plumes tombent & la cravate disparoît entierement ; alors les mâles ne different plus des femelles que par leurs mamelons charnus. On a donné au Paon de mer le nom de Combattant, parce que les mâles se font continuellement la guerre entre eux tant qu'ils sont en amour. On trouve cet oiseau sur nos côtes.
PLANCHE XLIV.

L'Oiseau de Paradis, fig. 1. a pour caracteres génériques quatre doigts à chaque pié, dont trois dirigés en avant & un en arriere, tous séparés les uns des autres, le bec en cone alongé, droit, pointu & comprimé sur les côtés, les plumes de la base du bec dirigées en arriere, de sorte que les narines sont à découvert, enfin deux très-longues plumes qui prennent leur origine au-dessus de la queue, & qui n'ont de barbes qu'à leur origine & à leur extrémité. Ce dernier caractere suffiroit pour le faire distinguer de tous les autres oiseaux. On ne connoît que deux especes d'Oiseaux de Paradis ; celui-ci, fig. 1. est le plus grand & le plus commun, & se trouve aux Moluques ; l'autre est plus petit & beaucoup plus rare, & se trouve dans l'île d'Amboine, il a, comme le premier, deux très-longues plumes au-dessus de la queue, mais celles qui composent la queue, sont si courtes que les ailes s'étendent au-delà de leur extrémité, lorsqu'elles sont pliées.
Le Paille en-queue ou Paille-en-cul, fig. 2. a quelque ressemblance avec l'Oiseau de Paradis, en ce qu'il a les deux plumes du milieu de la queue beaucoup plus longues que les autres ; mais il en differe en ce qu'elles sont garnies de barbe sur toute leur longueur. D'ailleurs le Paille-en-queue a les doigts joints ensemble par une membrane qui s'étend jusqu'au bout des doigts, les bords du bec légérement dentés, le bec très-pointu & un peu courbé vers l'extrémité: la membrane qui tient les doigts unis ensemble, déborde un peu le doigt extérieur sur toute sa longueur. On ne connoît que trois especes de Paille-en-queue, qui ne different les unes des autres que par la couleur ; on les trouve toutes trois entre les deux Tropiques, ce qui leur a fait donner le nom d'Oiseaux du Tropique.
La Corneille-mantelée ou la Corneille-émantelée, fig. 3. Les oiseaux de ce genre ont pour caracteres quatre doigts à chaque pié, dont trois dirigés en avant & un arriere, tous séparés les uns des autres environ jusqu'à leur origine, les jambes couvertes de plumes jusqu'au talon, le bec en cone alongé & droit sur toute sa longueur, à l'exception de l'extrémité qui est un peu courbée en bas, les plumes de la base du bec dirigées en avant sur les narines, enfin les plumes de la queue à-peu-près d'égale longueur. La plûpart de ces caracteres sont communs à beaucoup d'autres oiseaux dont on a fait quatre genres, sçavoir, celui des Coracias, celui de la Pie, celui du Geai, & celui du Cassenoix. Le caractere distinctif de chacun de ces genres consiste dans la forme du bec ou dans les plumes de la queue. Je vais tous les rapporter en comparant chacun de ces genres à celui du Corbeau.
Le Coracias ne differe du Corbeau ou de la Corneille, qu'en ce qu'il a le bec un peu courbé en arc presque sur toute sa longueur, au lieu que celui du Corbeau ne l'est qu'à l'extrémité. La Pie a le bec fait comme le Corbeau ; mais au-lieu d'avoir toutes les plumes de la queue d'égale longueur, les deux plumes du milieu sont beaucoup plus longues que les autres. Le Geai differe du Corbeau en ce qu'il a le bec droit dans toute sa longueur, & les deux pieces également longues. Enfin le Cassenoix a le bec droit comme le Geai ; mais la piece supérieure est un peu plus longue que l'inférieure. Toutes les différentes especes d'oiseaux de ces cinq genres ont le doigt du milieu étroitement uni avec l'extérieur jusqu'à la premiere articulation: c'est le genre de Geai qui renferme le plus grand nombre d'especes.
PLANCHE XLV.

La Cigogne a pour caracteres génériques quatre doigts à chaque pié, dont trois dirigés en avant & un en arriere, & tous séparés les uns des autres, la partie inférieure des jambes dégarnie de plumes, le bec gros, long, droit, pointu & lisle.
Les fig. 1. & 2. représentent deux especes de Cigognes: celle de la fig. 1. se nomme la Grue ; elle a environ trois piés de longueur depuis la pointe du bec jusqu'à l'extrémité de la queue ; elle est presqu'en entier d'une couleur cendrée plus ou moins foncée sur les diverses parties du corps, à l'exception des grandes plumes extérieures des ailes, la plûpart des moyennes qui sont noires ; les plumes de la queue ont aussi une couleur noirâtre sur environ le tiers de leur longueur vers leur extrémité ; les plumes du dessus de la tête sont noires, les côtés de la tête & la partie supérieure du cou ont une couleur blanche.
La Cigogne de la fig. 2. se nomme la Demoiselle de Numidie. Elle est moins grosse & plus alongée que la Grue, elle a environ trois piés quatre pouces de longueur depuis la pointe du bec jusqu'à l'extrémité de la queue, elle est presque en entier d'un cendré bleuâtre, à l'exception des grandes plumes des ailes qui ont une couleur noirâtre à leur extrémité sur environ la moitié de leur longueur ; les côtés & le derriere de la tête, la gorge & le dessus du cou sont noirs: il y a de chaque côté de la tête de longues plumes blanches & très-flexibles, qui forment une espece de hupe ; tout le bas de la face inférieure du cou est couvert de très-longues plumes noires qui s'étendent presque sur la poitrine. On trouve cet oiseau en Numidie.
Le Héron, fig. 3. a tous les mêmes caracteres génériques que la Cigogne, il n'en differe qu'en ce qu'il a une rainure longitudinale de chaque côté sur la piece supérieure du bec qui est dentelé vers son extrémité, le doigt du milieu est aussi dentelé comme une scie sur le côté intérieur seulement.
L'espece de Héron qui est représenté fig. 3. ne se trouve que très-rarement en France, il est beaucoup plus commun en Allemagne ; il a près de trois piés de longueur depuis la pointe du bec jusqu'à l'extrémité de la queue, le dessus de la tête est couvert de longues plu-mes d'un beau noir qui forment une espece de hupe, & dont il y en a deux beaucoup plus longues que les autres qui sont flottantes ; la face supérieure du cou est rousse jusqu'à la moitié de sa longueur avec trois bandes longitudinales noires, le reste de cette face du cou a une couleur cendrée, & la face inférieure est d'un blanc roussâtre avec des taches oblongues noires, il y a de longues plumes qui s'étendent jusque sur la poitrine: la partie antérieure du dos a une couleur verdâtre, & la postérieure est d'un cendré foncé, la poitrine & le ventre ont une couleur de marron pourpré, ce qui a fait donner à cet oiseau le nom de Héron pourpré ; les grandes plumes des ailes sont d'un cendré noirâtre, & celles de la queue ont une couleur cendrée foncée.
L'Oiseau Royal, fig. 4. a pour caracteres génériques quatre doigts à chaque pié dont trois dirigés en avant & un en arriere, la partie inférieure des jambes dégarnie de plumes, le bec court, droit & conique vers l'extrémité, & la tête ornée d'une hupe composée de longues plumes très-déliées qui ressemblent à du crin.
On ne connoît qu'une seule espece d'Oiseau Royal dont on peut voir la description dans le corps de cet Ouvrage à l'article Oiseau Royal.
PLANCHE XLVI.

L'Echasse, fig. 1. a pour caracteres génériques trois doigts à chaque pié, tous dirigés en avant, la partie inférieure des jambes dégarnie de plumes, & le bec droit très-long, cylindrique, & renflé près de l'extrémité. On a donné aux oiseaux de ce genre le nom d'Echasse, parce qu'ils ont les jambes très longues. Celui qui a servi de modele pour cette figure avoit toute la face inférieure du corps blanche, & la face supérieure noire ; cet oiseau fréquente le bord de la mer, & on le trouve sur nos côtes.
L'Huitrier ou la Pie de mer a tous les mêmes caracteres que je viens d'indiquer pour l'Echasse, il n'en differe que par la forme du bec qui est applati sur les côtés, au-lieu que celui de l'Echasse est cylindrique, d'ailleurs l'Huitrier n'a pas les jambes à beaucoup près aussi longues. On lui a donné le nom d'Huitrier, parce qu'il se nourrit principalement d'huitres, dont il est fort avide ; on le trouve aussi sur nos côtes.
La fig. 2. représente un Pluvier du Sénégal ; les oiseaux de ce genre ne different de ceux des deux genres dont on vient de parler que par le bec, qui est beaucoup moins long, ils ont trois doigts à chaque pié, tous dirigés en avant, la partie inférieure des jambes dégarnie de plumes, & le bec court, droit & renflé dans le milieu. Il y a un grand nombre de différentes especes de Pluviers, celui-ci est en partie noir & en partie gris ; il a sur le derriere de la tête une hupe formée de plumes fort étroites & beaucoup plus longues que celles du cou ; les ailes ont chacune un éperon fort pointu, & d'une substance semblable à de la corne ; c'est à cause de cet éperon qu'on lui a donné le nom de Pluvier armé.
Le Vanneau, fig. 3. & le Jacana, fig. 4. sont deux genres d'oiseaux qui se ressemblent par plusieurs caracteres ; ils ont l'un & l'autre quatre doigts à chaque pié, dont trois dirigés en avant & un en arriere, & tous séparés les uns des autres, la partie inférieure des jambes dégarnie de plumes, & le bec droit & renflé vers son extrémité. Ces deux genres ne different l'un de l'autre que par la longueur des ongles qui sont très-courts dans le Vanneau, & très-longs dans le Jacana ; on en peut voir la différence dans les fig. 3. & 4. La fig. 3. représente un Vanneau de la Louisiane qui a un éperon aux ailes comme le Pluvier dont je viens de parler, ce qui lui a fait donner aussi le nom de Vanneau armé. Cet oiseau est d'un gris-brun sur toute la face supérieure, à l'exception du dessus de la tête & des grandes plumes des ailes qui sont noires ; celles de la queue ont le bord de l'extrémité d'un blanc fauve, elles sont ensuite noires sur environ le tiers de leur longueur, & le reste est de la couleur du dos. Cet oiseau a de chaque côté, à la base du bec, une membrane mince & d'un jaune orangé, qui s'étend au-delà des yeux, & qui pend sous la gorge d'environ huit lignes en se terminant en pointe.
On voit à la fig. 4. un Jacana d'Amérique qui ressemble beaucoup au Vanneau de la fig. 3. non-seulement par plusieurs caracteres que nous avons rapportés plus haut, mais encore en ce qu'il a une membrane fort mince & d'un rouge orangé à la racine du bec & un éperon aux ailes, ce qui lui a fait aussi donner le nom de Jacana armé. Cet oiseau a les ongles excessivement longs ; toute la face supérieure de son corps est d'un châtain pourpré, à l'exception de la tête & du cou qui sont comme la face inférieure de l'oiseau, d'un noir tirant sur le violet ; les grandes plumes des ailes sont pour la plûpart d'un verd clair, les autres sont d'un marron pourpré.
PLANCHE XLVII.

Le Courly, fig. 1. a pour caracteres génériques quatre doigts à chaque pié, dont trois dirigés en avant & un en arriere, & tous séparés les uns des autres, la partie inférieure des jambes dégarnie de plumes, le bec courbé en arc & obtus à l'extrémité.
L'espece de Courly qui est représenté fig. 1. se nomme l'Ibis, elle se trouve en Egypte. Voyez en la description dans le corps de cet Ouvrage au mot Ibis.
La Spatule, fig. 2. a tous les mêmes caracteres génériques du Courly, excepté ceux du bec qui est plat, droit & large, & arrondi à l'extrémité comme une spa-tule ; ce seul caractere suffit pour faire distinguer la Spatule de tous les autres genres d'oiseaux. Voyez-en la description au mot Spatule.
L'Huitrier, fig. 3. a pour caracteres génériques trois doigts à chaque pié, & tous trois dirigés en avant, & séparés les uns des autres, la partie inférieure des jambes dégarnie de plumes, le bec droit très-long, & applati sur les côtés, & renflé vers l'extrémité.
On a donné le nom de Pie de mer à l'espece d'Huitrier qui est représenté fig. 3. par la ressemblance de ses couleurs avec la Pie. Sa longueur est d'un pié quatre pouces depuis la pointe du bec jusqu'à l'extrémité de la queue, & il a près de deux piés huit pouces d'envergure, le cou, les épaules & le dos sont d'un beau noir ; il y a au-dessous de la tête une bande variée de noir & de blanc qui entoure presque le cou en entier ; la poitrine, le ventre, le croupion & les côtés du corps ont une belle couleur blanche: les petites plumes des ailes sont noites en entier, les moyennes ont beaucoup plus de blanc que de noir, & les grandes sont presque entierement noires, à l'exception d'une tache blanche qui se trouve près de l'extrémité de chaque plume ; les plumes de la queue sont blanches à leur origine sur la plus grande partie de leur longueur, & noires à l'extrémité.
Le Goiland ou Goeland, fig. 4. a pour caracteres génériques quatre doigts à chaque pié, dont trois dirigés en avant & réunis les uns aux autres par une membrane qui s'étend jusqu'au bout des doigts, le quatrieme doigt est dirigé en arriere & séparé des autres, les jambes plus courtes que le corps, le bec applati sur les côtés, crochu à l'extrémité, & sans dentures.
Le Goiland qui est représenté fig. 4. se nomme le Grisard, il a un pié neuf pouces de longueur depuis la pointe du bec jusqu'à l'extrémité de la queue, & quatre piés trois pouces & demi d'envergure. Cet oiseau est varié de taches blanches & de taches grises plus ou moins foncées sur les diverses parties de son corps.
PLANCHE XLVIII.

Le Grebe, fig. 1. a pour caracteres génériques le bec droit & pointu, quatre doigts à chaque pié, dont trois dirigés en avant & réunis les uns aux autres par une membrane qui est fendue environ sur la moitié de sa longueur, de façon qu'elle semble être divisée en trois parties, le quatrieme doigt est dirigé en arriere & séparé des autres. Tous les oiseaux de ce genre ont encore un caractere qui les fait distinguer très-aisément, c'est qu'ils n'ont point de queue, & que leurs ongles sont plats à-peu-près comme ceux de l'homme. Il y a cependant quelques especes qui semblent avoir une queue, parce que les plumes des épaules s'étendent un peu au-delà du croupion, comme on peut le voir au Grebe représenté à la fig. 1. On a donné à cet oiseau le nom de Grebe hupé, parce qu'il a une hupe sur le sommet de la tête ; les plumes des joues & des côtés du dessus du cou sont aussi plus longues que les autres. Au reste il ressemble beaucoup au Grebe dont on a donné la description dans le corps de cet Ouvrage ; on trouve cet oiseau dans toute l'Europe, sur les grandes rivieres & sur les lacs.
Le Guillemot, fig. 2. le Macareux, fig. 3. & le Pinguin ou Pingouin, fig. 4. sont trois genres d'oiseaux qui se ressemblent par un caractere qui les fait aisément distinguer des autres, c'est qu'ils n'ont à chaque pié que trois doigts, tous dirigés en avant, & réunis par une membrane qui s'étend jusqu'au bout des doigts. Ces trois genres d'oiseaux ne different entre eux que par le bec qui est droit, mince & pointu dans le Guillemot. Les oiseaux des deux autres genres ont le bec beaucoup plus fort: dans le Macareux il est aussi épais que long, applati sur les côtés, & cannelé transversalement: le bec du Pingouin ne differe de celui du Macareux qu'en ce qu'il est moins épais que long ; au reste il a aussi des cannelures transversales, & il est de même applati sur les côtés.
Le Guillemot, le Macareux, & le Pingouin qui sont représentés dans cette Planche, fig. 2. 3. & 4. se trouvent tous les trois sur la mer du Nord ; ils ont la face supérieure du corps brune ou noirâtre, & la face inférieure blanche, comme presque tous les oiseaux aquatiques.
PLANCHE XLIX.

Le Plongeon, fig. 1. a pour caracteres génériques quatre doigts à chaque pié, dont trois en avant, & réunis les uns aux autres par une membrane, le qua-trieme dirigé en arriere & séparé des autres, le bec droit & pointu, le pié fort applati par les côtés, & le doigt interne garni d'une membrane sur le côté intérieur seulement.
Le Plongeon représenté fig. 1. se trouve sur les mers du Nord, il a deux piés six pouces de longueur depuis la pointe du bec jusqu'à l'extrémité de la queue ; toute la face inférieure est blanche, & la face supérieure noire avec des taches blanches, la tête & le cou sont d'un noir changeant, qui paroît verd à certains aspects, & quelquefois violet ; il y a de chaque côté du cou de petites bandes longitudinales blanches & noires alternativement, qui toutes ensemble ont la figure d'un triangle.
L'Oie, fig. 2. a pour caracteres génériques quatre doigts à chaque pié, dont trois dirigés en avant, & réunis les uns aux autres par une membrane qui s'étend jusqu'au bout des doigts ; le quatrieme doigt dirigé en & séparé des autres, le bec denté comme une , convexe en-dessus, applati en-dessous, aussi épais que large, & terminé par un ongle obtus.
L'Oie qui est représentée fig. 2. se nomme l'Eiden, elle se trouve sur les mers du Nord ; c'est d'elle que l'on tire ce duvet si précieux, si recherché, & connu sous le nom d'ederdon, on en trouve beaucoup dans le nid de cet oiseau, qui s'en dépouille dans le tems de sa ponte, pour tenir ses petits plus mollement.
L'Eiden a un pié dix pouces & demi de longueur depuis la pointe du bec jusqu'à l'extrémité de la queue, le sommet de la tête, le bas de la poitrine, le ventre & le croupion sont noirs, tout le reste du corps est blanc, à l'exception d'une grande tache d'un verd clair, qui se trouve sur la face supérieure du cou au-dessous des plumes noires de la tête: les grandes plumes des ailes sont toutes noires, à l'exception des six ou sept intérieures qui sont blanches, la queue est noire en entier.
La femelle differe beaucoup du mâle par les couleurs, elle est d'un brun roussâtre mêlé de taches transversales noires, le ventre est entierement brun, sans taches.
Le Fou, fig. 3. a pour caracteres génériques quatre doigts à chaque pié, dont trois dirigés en avant & réunis par une membrane qui s'étend jusqu'au bout des doigts, le quatrieme dirigé en arriere & séparé des autres, le bec droit, conique, & crochu vers l'extrémité, l'ongle du doigt du milieu denté comme une scle, seulement du côté intérieur.
Le Fou représenté, fig. 3. se trouve aux environs de l'île de Java, il a deux piés neuf pouces de longueur depuis la pointe du bec jusqu'à l'extrémité de la queue, la tête, le cou en entier, & toute la face supérieure du corps, les ailes & la queue sont d'un cendré noirâtre, & la face inférieure est d'un très-beau blanc. Les deux plumes du milieu de la queue sont les plus longues, les autres diminuent successivement de longueur jusqu'à l'extérieure qui est la plus courte, le bec est denté comme une scie, & les dents sont éloignées les unes des autres.
Le Cormoran, fig. 4. a pour caracteres génériques quatre doigts à chaque pié, tous réunis les uns aux autres par une membrane qui s'étend jusqu'au bout des doigts, le bec droit, presque cylindrique, & crochu vers l'extrémité, & l'ongle du doigt du milieu denté comme une scie, sur le côté intérieur seulement.
Le Cormoran qui est représenté fig. 4. se trouve sur nos côtes, il a deux piés sept à huit pouces de longueur depuis la pointe du bec jusqu'à l'extrémité de la queue. Les plumes du derriere de la tête sont plus longues que les autres, & forment une petite hupe ; la tête & la partie supérieure du cou ont une couleur noire verdâtre, mêlée de petites taches oblongues, il y a seulement au coin de la bouche une tache blanche en demi-cercle, tout le reste du corps est d'un brun noirâtre, plus ou moins foncé, & mêlé d'une teinte de verdâtre, les plumes du dos, des épaules & du dessus des ailes ont une couleur brune beaucoup plus claire, & chaque plume est bordée à l'extrémité des barbes, sur toute sa circonférence, d'un noir verdâtre.
PLANCHE L.

Le Harle, fig. 1. a pour caracteres génériques quatre doigts à chaque pié, dont trois sont dirigés en avant & réunis les uns aux autres par une membrane qui s'étend jusqu'au bout des doigts, & le quatrieme dirigé en arriere & séparé des autres, la partie inférieure des jambes dégarnie de plumes, le bec cylindrique & denté comme une scie ; mais ce qui caracterise le mieux les oiseaux de ce genre, c'est qu'ils ont la piece supérieure du bec crochue à l'extrémité, & une petite membrane qui s'étend tout le long du côté interne du doigt intérieur. Il y a beaucoup de différentes especes de Harles, parmi la plûpart les mâles different des femelles par les couleurs. Le Harle de la fig. 1. se trouve dans toute l'Europe sur les étangs & les rivieres ; on lui a donné le nom de Picte. La femelle n'a point de hupe, elle differe encore du mâle par ses couleurs qui sont plus pâles, moins brillantes, & même disposées autrement que dans le mâle.
Le genre des Canards renferme un très-grand nombre d'especes. Celui qui est représenté à la fig. 2. se nomme Canard-siffleur, parce qu'il siffle souvent & si fort, qu'il se fait entendre de très-loin. Le Canard a pour caracteres génériques quatre doigts à chaque pié, dont trois dirigés en avant & joints ensemble par une membrane qui s'étend jusqu'au bout des doigts, & le qua-trieme dirigé en arriere & séparé des autres ; la partie inférieure des jambes dégarnie de plumes, le bec denté comme une lime, convexe en dessus & applati en dessous, plus large qu'épais, & terminé par un ongle obtus. On trouve le Canard-siffleur dont il est ici question, sur le bord de la mer sur nos côtes ; il a le ventre & la poitrine d'un très-beau blanc, & le sommet de la tête d'un fauve clair, le devant du col est noirâtre, & le derriere est couleur de marron avec de petites taches noires, le dos & les côtés du corps ont de petites lignes noires en zigzag, & il y a sur les ailes une tache d'un joli verd doré. La femelle differe du mâle, comme dans la plûpart des autres oiseaux, en ce que ses couleurs sont plus pâles, la tache du verd doré des ailes est aussi beaucoup plus petite que dans le mâle, & peu apparente.
Le Petrel, fig. 3. & le Puffin, fig. 4. sont deux genres d'oiseaux qui ne different l'un de l'autre que par la forme du bec. Dans le premier la piece inférieure est comme tronquée, au-lieu que dans l'autre elle est crochue comme la piece supérieure ; ils ont tous les deux quatre doigts à chaque pié, dont trois dirigés en avant & réunis les uns aux autres par une membrane qui s'étend jusqu'au bout des doigts, le quatrieme dirigé en arriere & séparé des autres, la partie inférieure des jambes dégarnie de plumes, le bec sans dentelures & presque cylindrique, & une membrane qui s'étend tout le long du doigt interne sur le côté intérieur. Le Puffin a de plus que le Petrel une autre petite membrane au doigt externe seulement sur le côté extérieur.
Le Petrel de la fig. 3. se nomme Petrel cendré, parce qu'il a le dos, les ailes & la queue de couleur cendrée plus ou moins foncée & presque noirâtre sur l'extrémité de quelques grandes plumes des ailes ; les autres parties du corps sont blanches.
Le Puffin de la fig. 4. a toute la face inférieure du corps & la queue blanches, & la face supérieure de couleur cendrée, ce qui lui a fait aussi donner le nom de Puffin cendré. Le Petrel & le Puffin ont le bec conformé de façon qu'il semble être composé de pieces articulées ensemble. On trouve ces deux oiseaux dans la mer du Nord.
PLANCHE L. bis.

Connoissance des Oiseaux par le bec & par les pattes.
La fig. 19. représente le pié d'un oiseau dont les doigts tiennent les uns autres par une membrane. On a donné le nom de Palmipedes à tous les oiseaux de cette classe.
20. Pié dont les doigts ne sont que bordés par une membrane.
21. Pié dont les doigts sont entierement séparés les uns des autres.
22. Pié dont les doigts ne sont pas entierement séparés les uns des autres.
23. Bec en toit.
24. Bec en hameçon.
25. Bec en faux.
26. Bec partie en faux, partie en hameçon.
27. Bec courbe.
28. Bec en sautoir ou bec croisé.
29. Bec en forme d'alêne.
30. Bec en forme de couteau.
31. Bec en forme de couteau & voûté.
32. Bec en forme de spatule.
33. Bec conique.
34. Bec conique & courbé.