Planches:IMPRIMERIE EN CARACTERES (volume VII)
IMPRIMERIE EN CARACTERES,
Contenant dix-neuf Planches.
PLANCHE Iere.

LA Vignette représente l’intérieur d’une chambre, dans laquelle sont les casses, & plusieurs compositeurs occupés à composer. Cette chambre communique à une seconde piece dans laquelle sont les presses, elle sera représentée dans une des planches suivantes. On voit dans le fond du tableau la porte qui communique à cet attelier, & différentes tablettes sur lesquelles sont placés les casseaux des différents caracteres dont une Imprimerie doit être assortie. Au-dessous de ces tablettes sont des armoires qui contiennent des paquets de lettre, vignettes, & les différentes garnitures & ustensiles dont l’Imprimerie doit être fournie. On voit aussi près le plancher les différentes cordes sur lesquelles on étend le papier imprimé pour le faire sécher.
Fig. 1. Compositeur qui place dans le composteur qu’il tient de la main gauche, une lettre qu’il a levée de la main droite ; il paroît fixer la vue sur la copie qui est tenue sur le visorion par le mordant qui l’embrasse.
2. Autre compositeur qui transporte la ligne justifiée de son composteur dans la galée, qui est placée sur les petites capitales de sa casse.
3. Autre ouvrier, qui après avoir imposé deux pages in-folio dans le chassis, les taque avec le taquoir qu’il tient de la main gauche, pour abaisser toutes les lettres également. Il frappe sur le taquoir, qui est un quarré de bois, avec l’extrémité du manche du marteau qu’il tient de la main droite. Le marbre ou pierre très-unie sur laquelle il impose, est porté par une espece de table (pié du marbre) dans la-quelle sont pratiqués différens tiroirs qui contiennent les choses qui sont à son usage. Près d’un des angles de cette espece d’armoire on voit un chassis in folio, & de l’autre côté un chassis sans traverse (barre), que l’on nomme Ramette, dans lequel on impose les affiches & autres ouvrages qui ne sont point divisés en pages.
Bas de la Planche.
4. Contenant sept objets. a quadratin servant à remplir le blanc des lignes vu du côté du cran, que l’on tourne en-dessous, de même qu’à toutes les autres pieces, en le plaçant dans le composteur ; sa longueur dans le sens du cran est égale à l’épaisseur, ensorte que la base est un quarré parfait. b la lettre S du mot Salut, qui fait partie de la troisieme ligne de l’exemple fig. 6. au bas de la Planche. On voit que la lettre qui a 10 lignes & demie de hauteur, est plus élevée que toutes les autres pieces d’environ 2 lignes & demie: les quadrats, quadratins & espaces n’ayant qu’environ 8 lignes de hauteur ; le cran qui est près le pié de la lettre se place en-dessous dans le composteur, comme on voit dans la figure suivante. c quadrats servant aussi à remplir le blanc des lignes ; sa longueur dans le sens du cran est double de celle du quadratin, ou double de son épaisseur, le cran n’occupe que la moitié de la longueur de cette piece. Il y a des quadrats dont la longueur porte 3, 4, 5, & 6 fois l’épaisseur du corps. d demi-quadratin dont la longueur dans le sens du cran est la moitié de celle du quadratin a, c’est-à-dire, égale à la moitié de l’épaisseur du caractere. e espace dont l’épaisseur n’est que la moitié de celle du demi-quadratin. f espace moyenne. g espace fine, servant les unes & les autres à séparer les mots & à justifier les lignes ; pour la facilité de la justification, on a encore des espaces moyennes entre celles représentées dans la figure, & de plus minces, que celle représentée
g
5. Composteur dans lequel on voit une partie de la troisieme ligne de l’exemple qui est au-dessous. a quadratin. b la lettre S qui commence le mot de Salut. e espace qui sépare le mot Salut du mot aux, après lequel est une autre espace pour séparer le mot Armes. f la lettre A le cran tourné en-dessous ; cette lettre doit être approchée de l’espace e, & être suivie des lettres rmes, qui complettent le mot Armes, d’un point, & du nombre de demi-quadratins & espaces fines, moyennes, ou grosses, nécessaires pour remplir entiérement le composteur ; en cet état la ligne est justifiée comme on le voit dans la troisieme ligne 3, 3 de la figure suivante.
6. Représentation d’une partie de forme de caractere de gros canon romain & italique en perspective, où on voit distinctement la partie en relief de chaque lettre, partie qui reçoit l’encre & la rend sur le papier: on a placé ici cet exemple pour qu’il se rencontrât vis-à-vis de l’épreuve des caracteres qui ont servi de modèle à ce dessein, & à imprimer l’épreuve qui est au verso du dernier feuillet de cette explication, pour que le lecteur pût voir en même tems & la forme & l’épreuve qui semble naître de ce dessein en ouvrant le livre. La premiere ligne contient ces mots Gloire à DIEU. Le G qui commence le premier mot est une lettre d’un des corps des capitales destinés aux affiches, &c. nommé petites de fonte ; les suivantes sont des petites capitales du corps de gros canon romain ; à est du bas de casse romain, & est séparé du mot précédent par une espace grosse & une fine, & du mot suivant DIEU, qui est de grandes capitales, par une grosse espace ; un demi-quadratin complette la ligne & lui sert de justification. Comme l’épaisseur du G est plus grande que celle du corps dont on s’est servi pour composer cet exemple, on a ajouté au-dessus de la ligne une ligne de quadrats du corps de saint-augustin, ce qui avec l’épaisseur du corps de l’exemple, forme l’épaisseur de la lettre de petites de sonte. La seconde ligne con-tient ces mots Honneur au roi, en lettres italiques ; la ligne commence par un quadratin & une fine espace, qui n’a été ajoutée que pour que l’œil de la lettre G répondît verticalement au-dessus de l’œil de la lettre H ; cette lettre H portant avant l’œil un blanc qui l’auroit fait paroître enfoncée dans la ligne, si l’on n’eût employé cette espace. Suit la lettre H qui est crénée. On entend par lettre crenée une lettre dont une partie est en faillie sur la lettre suivante ; tel est le haut du second jambage de la lettre H, qui semble anticiper sur le corps de la lettre o, ce que l’on fait ainsi pour que les lettres s’approchent davantage & pour éviter un blanc entre deux lettres d’un même mot, ce qui le couperoit & sembleroit en faire deux mots séparés, comme on le peut voir dans les deux exemples suivans, Honneur, Honneur. Dans le premier la lettre H est crenée, & dans le second elle ne l’est pas ; ainsi on apperçoit dans ce dernier exemple que la lettre H est trop éloignée du reste du mot dont elle est le commencement. Pour fondre les lettres crenées on se sert du même moule & de la même matrice que pour les fondre non crenées ; il suffit pour cela d’écarter le registre E fig. 3.Pl. II. de la Fonderie des caracteres, ou le registre de l’autre moitié du moule, fig. 2. même Planche, ensorte que les blancs C du moule recouvrent l’empreinte de la matrice M autant que l’on veut que la lettre crenée porte sa saillie au-dehors de son corps prisma-tique ; le moule en cet état, la lettre fondue sera ce que l’on appelle crenée, & pourra porter son empreinte sur le papier plus près de celle de la lettre suivante, que si elle étoit fondue plus épaisse, ce que l’auteur de ces explications avoit négligé d’observer en composant l’art de la Fonderie des caracteres.
Le mot Honneur est séparé du mot au par une grosse espace, & celui-ci l’est de même du mot ROI, qui est de grandes capitales ; la justification de la ligne est faite par un quadrat ; la lettre I qui termine cette ligne est aussi une lettre crenée.
La troisieme ligne contient les mots Salut aux Armes en caractere romain, la ligne commence comme la précédente par un quadratin & une fine espace ; suit l’S qui est capitale, & les lettres alut qui sont du bas de casse romain, ce mot est séparé du suivant aux par une grosse espace. Une semblable sépare le mot suivant Armes, dont la premiere lettre est de grandes capitales & les suivantes RMES de petites ; enfin après le point la justification de la ligne est faite par deux fines espaces & un demi-quadratin ; on voit distinctement dans cette figure la hauteur du caractere & les biseaux qui sont au bas de la lettre ; le cran de toutes ces pieces est tourné du côté de la ligne supérieure.
PLANCHE II.

Suite de la Casse.
Fig. 1. Composteur démonté. a b partie du composteur à laquelle s’applique le pié de la lettre. e d partie du composteur sur laquelle on applique le côté du cran de la lettre. b c tête du composteur ; la partie inférieure est percée de différens trous pour pouvoir y placer la vis des coulisses, & varier par ce moyen les justifications. f g coulisse supérieure. h k coulisse inférieure.
2. Le composteur monté de ses deux coulisses. c h justification du texte d’un ouvrage. h f justification des additions (notes marginales) entre les deux coulisses du composteur. m la vis qui tient les coulisses en état ; le composteur est de cuivre ou de fer.
3. Composteur de bois: il y en a de différentes grandeurs. On prend la justification dans cette espece de composteur, en ajoutant des quadrats dans le blanc que laisse la ligne, en tête du composteur.
4. Ecrou de la vis du composteur en perspective.
5. Vis du composteur en perspective.
6. Ecrou du composteur en profil.
7. Vis du composteur en profil.
8. Visorion ; la pointe inférieure entre dans des trous pratiqués aux barres de la casse, comme on voit, fig. 1. Planche précédente.
9. Le visorion ou visorium sur lequel la copie ou manuscrit est fixé par deux mordans.
10. Fourreau du visorion ; c’est du papier qui l’entoure, pour empêcher la partie postérieure du mordant de glisser, & pour donner au visorion l’épaisseur que l’on veut.
11. Mordant en perspective.
12. Mordant en géométral.
13. Galée in-folio. A sa coulisse qui est en partie tirée hors de la galée.
14. Galée in-quarto posée obliquement, ainsi qu’elle doit être placée sur les petites capitales de la casse de romain ; elle est chargée de ces trois lignes de composition,
ALMANACH
ROYAL
M. DCC. LXVII.
On voit que la premiere lettre de la premiere ligne occupe l’angle inférieur b de la galée.
15. Galée in-douze. Cette galée n’a point de coulisse ; elle sert aussi aux in-8°. & aux formats plus petits. Les galées sont retenues sur le plan incliné de la casse par deux chevilles placées postérieurement aux angles a & b ; ces chevilles entrent dans les casfetins & sont arrêtées par les reglets de bois qui les forment, ensorte que la galée ne peut glisser du haut vers le bas de la casse.
PLANCHE III.

Fig. 1. Casseau de lettres romaines disposé de la maniere qui est le plus en usage à Paris, la partie ou casseau supérieur A B b a que l’on nomme haut de casse, contient les grandes & les petites capitales & les différens caracteres dont l’usage est le moins fréquent. La partie inférieure appellée bas de casse, contient les lettres minuscules qui se rencontrent plus fréquemment dans la composition des livres. La casse des lettres italiques a la même disposition que celle de romain.
2. La casse de romain & celle d’italique montées sur le rang de casses, en forme de pupitre. A B E D les deux casseaux de romain. B C F E les deux casseaux d’italique ; les deux planches G H, g g h h qui sont au-dessous reçoivent les pages à mesure qu’elles sont composées. Pour la façon de les lier, voyez l’art. Imprimerie.
PLANCHE IV. & V.


La grande casse grecque composée de six casseaux rangés en trois parties sur deux en hauteur & trois en longueur, comme les quatre casseaux de la figure précédente qui est composée de deux parties, la partie romaine & la partie italique.
Fig. 1. Pl. IV. premiere partie de la casse grecque composée de deux casseaux. Le casseau supérieur contient les lettres capitales, & les ligatures des lettres my, cappa & thêta. La partie inférieure contient les ligatures ou liaisons des lettres epsilon, delta, gamma & alpha.
2. Casseau supérieur de la seconde partie ; ce casseau contient les liaisons ou ligatures des lettres sigma-sigma, sigma-thêta, sigma & pi.
Pl. V. suite de la fig. 2. ou casseau inférieur de la seconde partie ; ce casseau contient les lettres simples & quelques abréviations, les espaces, accens, esprits, &c. qui se rencontrent dans les livres grecs ; cette partie est proprement le bas de casse vis à-vis laquelle le compositeur se tient ordinairement placé.
3. Pl. V. Troisieme partie de la casse grecque qui se place à côté des deux précédentes ; le casseau supérieur de cette partie contient les ligatures ou liaisons du chi-thêta, du sigma-chi, du psi & du chi. Le casseau inférieur contient celle du tau, du sigma-tau, du sigma-pi, & plusieurs autres, ainsi que les quadrats & autres pieces nécessaires pour justifier les lignes. Presque toutes les lettres de la casse grecque occupent chacune deux cassetins, un supérieur & un inférieur, qui dans la fig. ne sont séparés que par une ligne ponctuée dans le cassetin supérieur destiné aux lettres crenées (nous avons expliqué ci-devant ce que c’est que lettre crenée). Nous avons fait graver la forme de la lettre grecque ou de la liaison d’après les caracteres de Robert Etienne, & dans le casseau inférieur qui contient la même lettre non-crenée, sa valeur en caracteres vulgaires: celles des lettres crenées qui ne sont pas placées au dessus de la même lettre non-crenée, le sont en ligne horizontale, & le caractere grec précede toujours le cassetin dans lequel la valeur est écrite. Il n’y en a qu’un seul dans le casseau inférieur de la seconde partie, dans lequel nous n’avons pas pu écrire la valeur, ce cassetin étant rempli par deux ligatures qui sont ouka & ouk au-dessus d’einai dans le quatorizeme cassetin du second rang.
Exemples de l’emploi des lettres grecques crenées, & des mêmes lettres non crenées.
Mηδείς ’αγεωμέτρητος ’ειςείτο. Premier exemple.
Mηδείς ’αγεωμέτρητος ’ειςείτο. Second exemple.
Cette inscription qui étoit à la porte de l’Académie à Athènes, où Platon donnoit ses leçons, signifie: On n’est point admis ici sans être Géometre. On voit par le premier exemple que les lettres de chaque mot sont autant rapprochées l’une de l’autre qu’il convient ; & par le second, que chaque mot semble être coupé en plusieurs.
PLANCHE VI.

Des impositions.
Fig. 1. Chassis in-folio. a b c d le chassis. f e g la barre percée de deux mortoises f & g destinées à recevoir les pointures du timpan de la presse, comme il sera dit ci-après ; le parallelograme qui environne le chassis représente le marbre sur lequel se fait l’imposition ; il est marqué de même à toutes les figures suivantes.
2. Chassis in-douze ; il differe du précédent en ce que la barre e e est en travers & qu’elle n’est pas percée par des mortoises, les pointures du timpan ne devant jamais la rencontrer ; il n’y a que deux manieres de retourner la feuille de papier pour la retiration, l’une en la retournant verticalement selon la ligne ou barre f e g, fig. 1. ensorte qu’à la retiration, la rive du papier qui étoit étendue le long du côté b d d’une premiere forme, se trouve après être retourné le long du côté a c de la seconde forme ; la seconde maniere est de le retourner horizontalement selon la ligne ou barre e e, fig. 2. ensorte qu’à la retiration la rive du papier étendu le long du côté c d du chassis, le soit le long du côté a b de la forme de retiration.
3. & 4. Imposition d’un in-folio d’une feuille ; ces deux figures comprises par une accollade, repré-sentent, la premiere, l’imposition de la premiere forme in-folio, contenant les pages 1 & 4. La seconde, représente la seconde forme ou retira-tion qui contient les pages 2 & 3, si on conçoit que l’estampe soit ployée verticalement dans le milieu du blanc qui sépare les deux formes, fig. 3. fig. 4. les points a b c d de la forme de retiration s’appliqueront sur les points a b c d de la premiere forme, & le chiffre 2 de la seconde page s’appliquera sur le chiffre 1 de la premiere forme, ainsi que le chiffre 3 de la retiration sur le chiffre 4 de la premiere ; si de plus on imagine une feuille de papier placée entre les deux formes, & qu’elle en reçoive l’empreinte, on aura la feuille imprimée de deux côtés en un seul coup, ce que cependant on fait successivement.
On a observé dans toutes les figures suivantes, de placer les quatre lettres angulaires a b c d des chassis à la premiere forme & à sa retiration, ou la seconde forme, de maniere à faire connoître de quel sens il faudroit retourner cette seconde forme, ou plutôt la feuille qui en porte l’empreinte, pour que les pages convenables soient imprimées au verso de celles qui doivent les précéder & leur servir de recto.
La garniture de chacune des formes in-folio est composée de plusieurs bois dont l’épaisseur au-dessus du marbre est moindre d’environ deux lignes & demie que la hauteur du caractere ; les bois h h sont les têtieres, parce qu’elles se placent en tête des pages ; les bois i i avec la barre de fer f e g forment le fond du cahier, & par cette raison sont nommés bois de fond, la partie de la feuille qui leur répond étant en effet au fond du livre, lorsqu’il est relié ou broché. k k les grands biseaux qui répondent aux marges extérieures. l l les petits biseaux qui répondent aux marges inférieures : chacun des grands biseaux est serré par trois coins m m m, & chacun des petits par deux autres coins m m semblables aux précédens.
Pour ployer cette imposition on doit tenir la feuille de maniere que la signature A ou B, ou telle autre lettre, pag. 1. fig. 3. soit posée la face contre la table sur laquelle on plie, & du côté de la main gauche le bas des pages devant soi, ensuite on prend le bout de la feuille du côté de la main droite pour faire rencontrer le chiffre de la page 3 sur le chiffre de la page 2 ; on plie ainsi la feuille par le milieu en donnant un coup de plioir par-dessus.
L’in-folio en deux feuilles dans un cahier s’impose de la maniere suivante. La premiere forme de la premiere feuille contient la signature A dans la page 1, & la page 8 au lieu des pages 1 & 4 de la fig. 3. Sa retiration contient la page 7 au lieu de la page 3, & la page 2 au même lieu où elle est dans la fig. 4.
La seconde feuille est composée de pages 3 & 6 dans la premiere forme, fig. 3. avec la signature A 2, dans la page 3 qui répond à la page 1 ; dans la seconde forme, sont les pages 5 & 4 au lieu des pages 3 & 2 de la retiration, comme on voit dans la table suivante.
In-folio de deux feuilles dans un cahier.
Premiere feuille.
Seconde feuille.
In-folio de trois feuilles dans un cahier.
Premiere feuille.
Seconde feuille.
Troisieme feuille.
Fig. 5. & 6. Imposition d’un in-quarto d’une feuille dans un cahier ; les lettres angulaires a b c d font connoître qu’il faut tourner le papier à la retiration comme à l’imposition précédente. La premiere forme, fig. 5. contient les pages 1, 4, 5, 8, avec la signature A dans la page 1 ; & la seconde ou retiration, fig. 6. contient les quatre autres pages, 2, 3, 6, 7. La garniture de chacune de ces deux formes est composée des bois k k qui revêtent la barre f e g, dont les trous reçoivent les pointures, des bois de fond i i, des bois de marge h h, des grands biseaux l l qui sont serrés par trois coins n n n, & enfin des petits biseaux m m qui sont aussi serrés chacun par deux coins n n.
L’in-quarto de deux feuilles en un cahier s’impose de cette maniere.
Premiere feuille.
Premiere forme. Seconde forme ou retiration. 1, 4, 13, 16. 2, 3, 14, 15. 1, 4, 5, 8. 2, 3, 6, 7.
Au lieu des nombres qui sont au-dessous & qui représentent les numéros des pages de la précédente imposition, la signature A se trouve dans la premiere page, & la signature A 2 dans la page 3.
Seconde feuille.
Premiere forme. Seconde forme ou retiration. 5, 8, 9, 12. 9, 7, 10, 11. 1, 4, 5, 8. 2, 3, 6, 7.
Au lieu des nombres qui sont au-dessous, la signature A 3 se trouve dans la page 5, & la signature A 4 dans la page 7.
On ploye ces impositions par le milieu de la feuille aux trous des pointures qui répondent aux mortoises f & g de la barre du milieu du chassis, on ploye ensuite de maniere que la signature A soit en-dehors, ce qu’on observe à toutes les autres impositions.
7. Imposition de l’in-quarto par demi-feuille. Toutes les impositions par demi-feuille ont cette propriété, qu’avec une seule forme on fait le premier tirage & la retiration ; pour ployer cette imposition on coupe la feuille en deux par le milieu des trous des pointures, on plie ensuite chaque demi-feuille comme un in-folio. Les bois de la garniture de cette forme sont les mêmes que ceux des deux formes précédentes.
8. Imposition in-octavo par demi-feuille. On retourne le papier à cette imposition comme à l’in-folio ou à l’in-quarto, ensorte que la rive du papier, qui au premier tirage étoit le long du côté b d du chassis, se trouve au second ou à la retiration le long du côté a c, & la feuille contient deux exemplaires ; pour ployer cette imposition, on commence par couper la feuille par le milieu des pointures qui répondent aux mortoises f & g de la barre du chassis, on plie ensuite la demi-feuille comme un in-quarto. Les bois de la garniture de cette forme sont les mêmes & ont les mêmes noms que ceux de la garniture des deux formes suivantes.
PLANCHE VII.

9. & 10. Imposition in-octavo par feuille entiere. La fig. 9. est la premiere forme, & la fig. 10. sa retiration. Les quatre lettres angulaires a b c d des chassis de la retiration font connoître comment il faut tourner le papier à la retiration pour que les pages qui doivent être opposées se rencontrent vis-à-vis l’une de l’autre, c’est-à-dire, au recto & au verso d’un même feuillet. La barre f e g avec les deux bois l l servent de marge, ainsi que les tétieres h h, les grands biseaux m m, & les pe- tits biseaux n n, ces boiseaux sont serrés par les coins o o o o o o o o o o, trois pour chacun des grands, & deux seulement pour chacun des petits. k, k, k, k bois de fond. i i i i bois des têtes.
Pour ployer cette imposition on pose la feuille de maniere qu’on ait les pages en longueur devant soi, & la signature seule à main gauche ; on ploye la feuille par les trous des pointures comme à l’in-folio, on prend ensuite le bout de la feuille du côté des pointures, pour faire rencontrer l’extrémité de la derniere ligne de la page 12 sur l’autre extrémité de la page 13, après quoi on passe le plioir par-dessus la feuille, qui est pour lors pliée in-quarto, cela fait on prend derechef le bout de la feuille du côté des chiffres pour poser la page 8 contre la page 9, en observant de faire glisser un peu le cahier vers soi, afin qu’on puisse ployer avec plus de facilité, observant de laisser la signature en-dehors.
11. & 12. Imposition de l’in-douze par feuille entiere le carton dedans, & de sa retiration dans le chassis à la françoise ; les quatre lettres angulaires a b c d font connoître qu’à cette imposition il faut, à la retiration, tourner le papier suivant la ligne horizontale ou la barre e du milieu du chassis, ensorte que la rive du papier qui se trouvoit le long du côté c d du chassis, fig. 11. se trouve le long de c d, fig. 12. qui est la retiration. Les bois qui com-posent la garniture de cette imposition, sont deux reglettes le long de la barre du chassis, les bois de marge f f, les grands biseaux m m, & les petits biseaux l l qui tiennent aussi lieu de bois de marge extérieure, ainsi que la barre du chassis & les reglettes qui l’accompagnent, les bois de carton g g g g, les bois de tête h h h h, & en dernier lieu des bois de fond i i i, i i i, qui forment la marge intérieure. Les grands biseaux m m sont chacun assujettis par trois coins n n n, & les petits biseaux l l seulement par deux marqués o o.
Pour ployer cette imposition on pose la feuille de maniere que les pages soient en longueur devant soi & la premiere page à main gauche, ensuite on coupe le carton directement aux trous des pointures qui répondent à la ligne g g g g dans les deux figures ; le carton contient les pages 9 jusqu’à 16: on ploye la feuille en deux par le milieu de sa longueur, & ensuite le carton en deux, observant de bien faire rencontrer les chiffres les uns sur les autres, & de laisser en-dehors la signature A 5 ; la grande partie de la feuille doit être ployée comme un in-octavo, ce qui forme un cahier nommé grand carton, dans le milieu duquel on place le cahier formé par le carton qui commence par la signature A 5, que l’on nomme petit carton.
13. & 14. Imposition in-douze par feuille entiere, le carton dehors, le chassis à la holandoise. Ce chassis differe des précédens en ce que la barre r s n’est point au milieu, elle sert avec les bois g g à séparer le carton du reste de la feuille, que l’on retourne horizontalement à la retiration, ainsi que les lettres angulaires a b c d des chassis le font connoître, de même que les lettres r & s qui sont placées aux extrémités de la barre dont les mortoises reçoivent les pointures du timpan. s s bois de marge extérieurs. m m grands biseaux serrés par trois coins n n n, n n n. l l petits biseaux serrés par les coins o o o, o o, qui servent aussi de bois de marges extérieures, ainsi que les bois e e. i i i, i i i bois de fond servant de marge intérieure. h h h h bois de têtieres ; cette imposition se coupe & se ploye comme la précédente, on doit seulement observer de ne point mettre le cahier formé par le carton, en-dedans du cahier formé par le reste de la feuille, cette im position formant deux cahiers séparés qui ont des signatures différentes. Le grand cahier formé de huit feuilles a pour signature la lettre A, & le cahier du carton composé de quatre feuilles seulement a pour signature B, ensorte qu’un livre im-posé de cette maniere a alternativement ses cahiers de huit & de quatre feuillets.
15. Imposition de l’in-douze par demi-feuille le carton dehors ; on a supprimé dans cette figure & la suivante les garnitures de bois qui sont semblables aux précédentes ; sur la même forme on fait la retiration en retournant le papier horizontalement, ensorte que la rive qui au premier tirage étoit le long du côté c d du chassis, soit à la retiration appliquée le long du côté a b ; pour ployer cette imposition on coupe premierement la feuille le long de la ligne horizontale qui sépare la forme en deux parties égales, on coupe & on ploye les deux cartons qui sont séparés du reste de la feuille par la barre du chassis. Les deux grandes parties de la feuille se ployent comme deux in-quarto, & forment chacune un cahier de deux feuilles, qui ont pour signature la lettre A. Le carton qui a pour signature la lettre B, forme un second cahier d’un seul feuillet.
16. Imposition de l’in-douze par demi-feuille, le carton dedans ; à cette imposition on retourne le papier comme à la précédente, c’est à dire, horizontalement, & on a de même deux exemplaires à la feuille. Pour ployer on commence par couper la feuille le long de la ligne qui sépare la forme en deux parties égales ; on coupe ensuite les cartons qui ont pour signature A 3, on les ploye comme un in-folio. Les grandes parties des demi-feuilles se ployent comme un in-quarto, ce qui forme un cahier de deux feuillets, dans lequel on met le cahier d’un seul feuillet formé par le carton.
PLANCHE VIII.

17. & 18. Imposition in-seize par feuille entiere d’un seul cahier, & sa retiration. Pour la retiration on retourne le papier horizontalement comme à l’in-douze, ainsi que le font connoître les lettres angulaires a b c d des chassis. Pour ployer cette imposition on commence par ployer la feuille par le milieu des pointures sans la couper, on ploye ensuite cette feuille ainsi doublée comme si c’étoit une feuille in-octavo, en observant de poser directement les chiffres des pages les uns sur les autres & de garder la signature en-dehors ; tous les bois qui composent la garniture de ces deux formes ont les mêmes noms que dans les figures précédentes, c’est ce qui fait qu’on s’est dispensé de les charger de lettres aussi bien que les garnitures des impositions suivantes.
19. Imposition in-seize par demi-feuille en un cahier, formant deux exemplaires sur la même feuille ; on retourne le papier comme à l’in-folio, ensorte que la rive de la feuille qui étoit le long du côté b d du chassis, se trouve à la retiration le long du côté a c. Pour ployer un in-seize par demi-feuille, on coupe la feuille par le milieu aux trous des pointures, après quoi on ploye les deux demi-feuilles comme deux cahiers in-octavo ; la garniture de cette forme est comme aux deux précédentes.
20. Imposition in-dix-huit par demi-feuille. Cette imposition est quelquefois nécessaire, comme lorsqu’un ouvrage finit par le même nombre de pages qu’elle contient, mais il faut observer qu’à la retiration où on retourne le papier comme à l’in-folio, il y a quatre pages à transposer, savoir les quatre pages d’en bas qui joignent la barre du chassis. Pour plus grand éclaircissement on a placé dans la figure au-bas de chacune de ces quatre pages la lettre R avec le chiffre de leur changement à la retiration, ensorte qu’on placera la page 7 où est la 11, la page 8 en place de la 12 ; on remettra ensuite la page 12 où étoit la 8, & la page 11 où étoit auparavant la 7. Pour ployer cette imposition, premierement on coupe la bande d’en-haut le long des têtieres, ainsi qu’il est marqué dans la figure par une ligne tracée horizontalement ; on sépare cette bande en quatre parties, savoir les deux bouts 5, 14 & 6, 13 de la bande de chacun de deux feuillets, comme on le voit indiqué par les lignes verticales ; on ploye ces parties comme des in-folio, les deux feuillets 9 & 10 du milieu se partagent encore en deux, ce sont deux feuillets volans qui se placent dans le milieu de chacun des deux cahiers dont cette feuille est composée. Secondement, pour le restant de la feuille on la sépare en trois parties, comme il est marqué sur la figure, savoir les deux bouts de la feuille en deux cahiers in-quarto. Les quatre pages 7, 8, 11, 12 qui restent au milieu doivent être séparées en deux par le milieu des têtieres, & former deux cahiers comme l’in-folio. On assemble ensuite les cartons pour les ranger l’un dans l’autre selon l’ordre des signatures A, A 2, A 3, A 4, A 5, & en former deux cahiers, de neuf feuillets chacun, ou de dix-huit pages.
21. & 22. Imposition de l’in-dix huit par feuille en deux cahiers, c’est celle qui est le plus en usage. La fig. 21. est la premiere forme, & la fig. 22. la seconde ou la forme de retiration, pour laquelle on retourne le papier comme pour l’in-folio, ainsi que les quatre lettres angulaires a b c d le font connoître. Pour ployer cet in dix-huit on coupe la premiere bande qui est à main droite, fig. 21. & à gauche, fig. 22. après on coupe les deux feuillets 9, 10, 11, 12 d’en-haut de cette bande, on les ploye comme un cahier in-folio, la signature A 5 en-dehors ; la partie inférieure de la même bande se ploye comme un in-quarto, laissant la signature B, fig. 22 en dehors, le surplus de la feuille se ploye comme l in-douze par feuille entiere ; les quatre pages supérieures qui ont la signature B forment un cahier, & les huit pages inférieures qui ont la signature A en forment un autre, dans lesquels on fait entrer les cartons de même signature, faisant partie de la bande qu’on a précédemment coupée.
23. 24. Imposition de l’in-vingt quatre par feuille entiere de deux cahiers séparés. On retourne le papier à la retiration, fig. 24. comme à l’in-folio, ainsi que le font connoître les quatre lettres angulaires a b c d des chassis. Pour ployer cette imposition on coupe la feuille par le milieu aux trous des pointures qui répondent aux mortoises de la traverse du chassis, on ploye ensuite chaque demi-feuille comme une imposition in-douze par feuille entiere.

25. Imposition d’un in-vingt-quatre par demi-feuille d’un cahier ; c’est sur la même forme que se fait la retiration, ainsi on a deux exemplaires à la feuille ; on retourne le papier à la retiration comme à l’in-folio, ensorte que la rive du papier qui étoit près du côté b d du chassis, soit du côté a c. Pour ployer cette imposition on sépare la feuille par le milieu aux trous des pointures, on tourne ensuite les deux demi-feuilles, de maniere que les signatures A soient sous la main gauche, ensuite on coupe le carton de quatre pages à main droite, lesquelles on ploye comme deux in-quarto, pour les encartonner dans le milieu des deux autres cahiers qui sont le restant de la feuille, lesquelles on ploye comme deux in-octavo.
26. Imposition in-vingt-quatre par demi-feuille de deux cahiers séparés ; c’est sur la même forme que se fait la retiration, pour laquelle on retourne le papier comme à l’in-folio, le côté b d sur le côté a c, & on a deux exemplaires composés chacun de deux cahiers. Pour ployer cette imposition on commence par séparer la feuille en deux par le milieu des pointures, ensuite on coupe la bande d’en-haut, les deux demi-feuilles ensemble, pour en faire deux cahiers séparés des signatures B, les deux restes de la feuille où sont les signatures A se ployent comme deux cahiers in-octavo, à chacun desquels, en-dehors, on ajoute un cahier de la signature B on trouve ainsi deux exemplaires dans la feuille.
27. & 28. Imposition de l’in-trente-deux par feuille entiere en quatre cahiers séparés ; on retourne le papier à la retiration, fig. 28. comme à l’in-folio, ainsi que les lettres a b c d le font connoître. Pour ployer cette imposition on commence par couper la feuille aux trous des pointures, secondement on sépare chaque demi-feuille en deux parties égales par le milieu du bas des pages. La feuille ainsi partagée en quatre parties égales, on ploye chaque partie comme un cahier in-octavo, observant de tenir les signatures simples A, B, C, D en-dehors, on assemble ensuite les cahiers dans le même or-dre pour former un exemplaire.
29. Imposition de l’in-trente-deux par demi-feuille de deux cahiers séparés ; c’est sur la même forme que se fait la retiration, en retournant le papier comme à l’imposition précédente. La feuille doit aussi être coupée & ployée de la même maniere pour for-mer deux exemplaires, chacun de deux cahiers in-octavo, l’un de la signature A, & l’autre de la signature B ; les lignes tracées entre les pages indi-quent où la feuille doit être coupée.
30. Imposition de l’in-trente six par demi-feuille de deux cahiers séparés ; c’est encore sur la même forme que se fait la retiration, pour laquelle on retourne le papier comme pour l’in-folio, la feuille doit aussi être coupée par le milieu des pointures, & après avoir placé la signature A sous la main gauche, on coupera le cahier de six pages qui sont à main droite, lequel on ployera comme un in-douze par demi-feuille ; cela fait on coupera la bande de l’autre cahier le long des têtieres, la-quelle on ployera comme le carton in-douze, & le reste de la feuille se ploye en deux cahiers in-octavo ; on place ensuite les cartons dans le mi-lieu des deux cahiers A & B, que l’on met à la suite l’un de l’autre pour former un exemplaire, y ayant deux exemplaires à la feuille, les lignes tra-cées dans la figure entre les pages, indiquent où la feuille doit être coupée.
31. & 32. Imposition de l’in-trente six de trois cahiers séparés. La fig. 31. représente la premiere forme, & la fig. 32. la seconde, on retourne le papier horizontalement à la retiration, comme on le voit par les lettres angulaires a b c d des chassis. Pour ployer cette imposition on pose la feuille de ma-niere que la signature A, fig. 31. soit sous la main gauche, ensuite on coupe la premiere bande à main droite, laquelle contient trois cartons in-quarto des signatures A 6, B 5, C 5, que l’on sé-pare les uns des autres, & que l’on ploye comme un in-quarto, ensuite on coupe le reste du papier, en travers en trois parties, des signatures A 3, B 2, C 2, que l’on ploye comme trois cahiers in-octavo, observant de tenir toujours les signatures simples A, B, C, en-dehors ; cela fait on place les trois petits cartons dans le milieu des trois cahiers in-octavo, observant de mettre ensemble les signa-tures de même espece: on arrange ensuite les cahiers à la suite les uns des autres, selon l’ordre alphabétique des signatures, pour former un exemplaire.
PLANCHE X.

33. & 34. Imposition de l’in-quarante-huit par feuille entiere de six cahiers séparés ; à la retiration, fig. 34. on retourne le papier comme à l’in-douze, c’est-à-dire que la partie du papier qui étoit au bas de la premiere forme du côté de c d, fig. 33. se trouve auhaut c d de la seconde forme, fig. 34. Pour ployer cette imposition il faut tourner la feuille de maniere que la signature A soit sous la main gauche, partager ensuite la feuille par le milieu de sa largeur, chaque demi-feuille sera encore partagée en trois parties égales, ainsi que les traits marqués entre les pages le font connoître, chacune de ces parties formera un cahier in-octavo, on les arrangera tous à la suite les uns des autres, selon l’ordre des lettres A B C D E F qui leur servent de signature.
35. Imposition de l’in quarante-huit par demi-feuille ; c’est sur la même forme que l’on fait la retiration, & il en est de même pour toutes les figures sui-vantes ; on tourne le papier à la retiration comme à l’imposition précédente, on coupe & on ploye aussi la feuille de la même maniere, & on a deux exemplaires à la feuille, chacun composé de trois cahiers des signatures A, B, C.
36. Imposition de l’in-soixante quatre par demi-feuille de quatre cahiers séparés ; à la retiration sur la même forme on tourne le papier comme à l’in-folio, ensorte que la partie de la feuille de la droite soit à gauche. Pour ployer cette imposition on coupe premierement la feuille par le milieu des pointures ; secondement on coupe en deux chaque demi-feuille, ensuite on tourne ces quatre parties de maniere que la signature A soit sous la main gauche, on les coupe toutes quatre ensemble par le milieu, ainsi que les lignes tracées entre les pages l’indiquent ; on a par ce moyen huit parties, que l’on doit ployer chacune comme un in-octavo, ensuite on assortit les cahiers par leurs signatures A B C D, pour former deux exemplaires.
37. Imposition de l’in soixante-douze par demi feuille de trois cahiers séparés ; on retourne le papier à la retiration, qui se fait sur la même forme, comme on le retourne pour l’m-folio. Pour ployer cette imposition on sépare la feuille par le milieu des pointures, ensuite on coupe à main droite une bande selon la longueur de la demi feuille. Cette bande contient trois cartons in quarto, que l’on sépare les uns des autres, & que l’on ploye en commençant par la partie d’en-haut où est la signa-ture C 5 ; cela fai, on coupe le reste de la feuille en trois partties, en commençant par la partie d’en-haut où est la signature C, on ploye chacune de ces parties comme l’in octavo ; les trois cahiers A, B, C étant ainsi ployés, on place les trois cartons A 5, B 5, C 5 dans le milieu de chacun d’eux, & faisant la même opération sur l’autre demi-feuille, on a deux exemplaires. Les lignes tracées entre les pages indiquent comment le papier doit être coupé.
38. Imposition de l’in-quatre-vingt-seize par demi-feuille de six cahiers séparés ; on retourne le papier à la retiration comme à l’in-folio. Pour ployer cette imposition, la feuille ayant été séparée en deux par le milieu des pointures, on coupe chaque demi-feuille, qui forme un exemplaire, en deux parties égales par le milieu de sa longueur, selon les lignes tracées entre les pages, & on a deux bandes de trois parties chacune, que l’on sépare les unes des autres, & que l’on ploye en in-octavo. On place ces six cahiers à la suite les uns des au-tres, selon l’ordre de leurs signatures A B C D E F ; on fait la même opération à la seconde demi-feuille.
39. Imposition de l’in-cent-vingt-huit par demi-feuille de huit cahiers séparés: à la retiration, qui se fait sur la même forme, on tourne le papier comme à l’in-folio. Pour ployer cette imposition, après que la feuille est séparée en deux par le milieu des pointures, on coupe chaque demi-feuille par le milieu de sa longueur, & chacune des deux ban-des qui en résultent est séparée en quatre parties égales, ce qui forme huit cahiers que l’on ploye comme l’in-octavo, on les arrange ensuite suivant l’ordre des signatures A B C D E F G H: faisant la même opération sur l’autre demi-feuille on a deux exemplaires. On voit dans la figure des lignes pla-cées entre les pages, qui indiquent où la feuille doit être coupée ; ces lignes sont aussi rapportées sur chaque feuille que l’on imprime, au moyen de reglets que l’on place dans la garniture.
PLANCHE XI.

Imposition de l’in-vingt-quatre de quatre demi-feuilles en un seul cahier. Cette imposition a cela de particulier, que les bois de fond, ou les quadrats qui en tiennent lieu, sont de largeur inégale, & cela afin de compenser l’épaisseur du papier.
Fig. 1. Premiere forme de l’in-vingt-quatre. A B C D le chassis. F G les mortoises de la barre. H, H H les têtieres. K K les grands biseaux qui sont serrés par trois coins M M M. L L les petits biseaux qui sont chacun serrés par deux coins N N. Les vingt-qua-tre pages qui composent cette forme sont séparées en six parties, de quatre pages chacune, par des bois de marge. Au-lieu des bois de tête on a sé-paré les pages par des quadrats. Au-lieu aussi de bois de fond a a, b b, c c on a employé des qua-drats. Le fond a a est composé de deux lignes de gros romain ; celui b b d’un gros romain, d’un saint augustin & d’un feuillet (le feuillet est une reglette de bois, de l’épaisseur à-peu-près d’un quart de ligne). Le fond c c est composé d’un gros romain & d’un saint augustin. Cette forme con-tient trois cahiers des signatures A B C.
2. Seconde forme de l’in-vingt-quatre, dont la gar-niture est la même que dans la figure précédente. A B C D le chassis. Les vingt-quatre pages com-posent trois cahiers des fignatures D E F. Le fond d d est composé de deux saint augustin & d’un feuillet. Le fond e e l’est de deux saint augustin, celui f f d’un saint augustin, un cicero & un feuiller.
PLANCHE XII.

3. Troisieme forme de l’in-vingt-quatre, contenant trois cahiers des signatures G H I. Le fond g g est composé d’un saint augustin & d’un cicero. Le fond h h l’est de deux cicero & un feuillet. Celui i i de deux cicero.
4. Quatrieme forme de l’in-vingt-quatre, compre-nant quatre cahiers des signatures K L M. Le fond k k est composé d’un cicero, un petit romain & un feuillet. Le fond l l d’un cicero & un petit romain. Le fond m m de deux petits romains.
Les quatre feuilles dont la retiration se fait sar la même forme qui a servi à les imprimer, fournissent deux exemplaires. Pour ployer cette imposition on coupe la feuille en deux aux trous des pointures, cha-que demi-feuille est coupée ensuite en trois cartons au milieu des bois de marges dans lesquelles on a placé des reglets ; l’empreinte de ces reglets indique au Re-lieur où il doit couper la demi-feuille. Chaque carton contient huit pages que l’on ploye comme une feuille in-quarto: on place ensuite les cahiers les uns dans les autres, suivant l’ordre d leurs signatures A B C D E F G H I K L M.
PLANCHE XIII.

Contenant la Tremperie, où on trempe le papier & où se fait le lavage des formes.
La vignette représente l’intérieur de la tremperie, qui est un lieu couvert, & pavé de maniere à faire écouler facilement les eaux qui proviennent tant du papier trempé que du lavage des formes.
Fig. 1. Compagnon qui lave une forme placée dans le baquet: le trou du baquet communique par un tuyau avec la chaudiere de cuivre, dans laquelle est la lessive, composée de potasse, que les Impri-meurs appellent drogue. Tout cet appareil est re-présenté plus en grand au bas de la Planche. Près du même ouvriet on voit deux formes dressées près la muraille pour égoutter, après qu’elles ont été rincées.
2. Ouvrier ou compagnon Imprimeur qui trempe le papier pour le préparer à recevoir l’impression. A rames de papier posées sur une table, dont les mains ont été séparées de dix en dix. B bassine de cuivre dans laquelle est contenue l’eau claire dans laquelle il trempe le papier ; la bassine est portée par un pié de forme convenable, & elle a à sa partie inférieure un robinet pour évacuer l’eau qui y est contenue, pour la renouveller. Cautre table pour recevoir le papier trempé qui est étendu sur une maculature.
Bas de la Planche.
Fig. 1. Ais sur lequel on desserre les formes in-folio. in-quarto, & in-octavo, qui doivent être distri-buées ; cet ais est barré en-dessous par deux barres de bois, dont l’épaisseur est d’environ deux lignes plus grande que la hauteur du caractere, afin que l’oeil de la lettre ne soit point écrasé lorsqu’on met plusieurs ais chargés de pages à distribuer les uns sur les autres ; la longueur de cet ais est de deux piés, & sa largeur de dix-huit pouces.
2. Ais pour la distribution de l’in-douze par demi-forme ; sa largeur est de dix pouces & sa longueur de deux piés comme le précédent.
3. Autre ais pour recevoir les pages de distribution des formats in-folio, in-quarto, in-octavo, &c. par demi-forme ; sa longueur est de vingt pouces, & la largeur de douze pouces.
4. Appareil de la figure premiere de la vignette. A B la chaudiere de cuivre qui contient la lessive. C tuyau cylindrique dans lequel on fait un feu de charbon pour échauffer la lessive qui sert à net-toyer les formes: le fond de ce tuyau est occupé par une grille qui retient les charbons, au dessous on voit une poële à trois piés qui sert de cendrier. D partie mobile du couvercle, que l’on ouvre pour puiser la lessive avec la cuiller M qui est au-dessus & la jetter sur la forme qui est dans le baquet. E tuyau de communication du baquet à la chaudiere, que l’on ferme du côté du baquet avec un tam-pon, pour retenir la lessive sur la forme, on ou-vre ce tuyau pour laisser rentrer la lessive dans la chaudiere. F gargouille du baquet G H I K, qui est porté par deux tréteaux, le dessus du bord du ba-quet, qui est de pierre, est revêtu d’une bande de fer pour le garantir du frottement des chassis des formes, qui l’auroient bientôt détruit sans cette précaution. On voit dans le baquet une forme in-folio, & au-dessus en L la brosse dont on se sert pour la nettoyer.
PLANCHE XIV.

La vignette représente l’intérieur de l’attelier où sont les presses: cet attelier n’est point ordinairement séparé de celui de la composition que la vignette de la Plan-che premiere représente, & en ce cas les rangs de casse occupent la place la plus éclairée près les fenêtres de la salle où l’Imprimerie est établie, & les presses sont dans l’autre partie ; mais nous avons préféré avec raison de séparer ces deux atteliers qui n’auroient pu être repré-sentés sans confusion dans la même vignette. On voit dans le fond la porte qui communique à l’attelier des compositeurs, ainsi qu’il a été dit dans l’explication de la Planche premiere, & autour des murailles plusieurs tablettes sur lesquelles sont des rames de papier.
Fig. 1. Compagnon imprimeur qui étend une feuille de papier blanc sur le tympan de la presse, obser-vant de la bien marger sur celle qui est collée au tympan: la frisquette de cette presse est appuyée contre la muraille de l’attelier.
2. Autre ouvrier, compagnon du précédent, qui touche la forme avec les balles qu’il tient des deux mains pour encrer l’œil de la lettre, cette opération faite il s’éloigne, continuant de distribuer l’encre sur les balles, & le premier ouvrier abaisse la frisquette sur le tympan, & celui-ci sur la forme ; ensuite saisissant de la main droite le manche du barreau & de la gauche la manivelle, il fait glisser le train de la presse sous la platine qui foule le tympan, & par conséquent la feuille sur la forme, il imprime de cette maniere la premiere moitié de for-me, c’est là le premier coup ; ensuite ayant lâché le barreau presque jusqu’à son appui, il continue de tourner la manivelle pour faire glisser le train de la presse jusqu’à ce que la seconde moitié soit sous la platine, c’est le second coup, & la feuille est imprimée. Il déroule ensuite le tout, leve le tympan & la frisquette pour enlever la feuille imprimée qu’il dépose sur son banc à côté du papier blanc, ainsi qu’il sera dit dans l’explication du bas de la Planche.
On voit par la figure, que la presse est affermie dans la situation verticale par six étançons qui arc-boutent contre le plancher de l’attelier & contre le sommet des jumelles de la presse.
3. Ouvrier qui tire le barreau pour imprimer le pre-mier coup. Il tient le manche du barreau de la main droite le bras étendu, le corps penché en-arriere. Pour être plus en force il étend la jambe droite en-avant, le pié étant posé sur le plan incliné qui est au-dessous de la presse, pour qu’il y trouve un appui solide ; on nomme ce plan incliné marche-pié. La main gauche de l’ouvrier tient la manivelle ou poignée de la broche du rouleau, dont l’action est de faire avancer ou rétrograder le train de la presse.
4. Ouvrier, compagnon du précédent ; il distribue l’encre sur les balles, & en même tems examine la feuille qui vient d’être tirée, pour connoître si la teinte de l’impression se soutient toujours la même, & être en état de rectifier son travail, s’il s’ap-perçoit de quelqne inégalité dans la couleur des pages. Il doit aussi avertir celui qui tire le barreau des accidens ou défauts qui surviennent dans le courant du travail, pour y remédier.
Bas de la Planche.
Plan à vue d’oiseau de la presse, dont on trouvera les élévations perspectives & géométrales dans les deux planches suivantes. Le train de la presse représenté ou-vert, le coffre en plan, le tympan & la frisquette en racourci, ainsi que la fig. 3. de la Planche suivante l’exige.
B C, D E les jumelles de la presse de sept pouces & demi de largeur, sur trois pouces & demi d’épaisseur. a a, b b les deux vis de chaque côté à tête annulaire, qui assemblent les jumelles à l’entre-coise supérieure, comme on le voit fig. 4. Pl. XVII. H F M N train de derriere de la presse, sur lequel l’encrier est placé. H F G L l’encrier. L la palette avec laquelle on prend l’en-cre pour la rassembler dans le coin de l’encrier. G le broyon. K endroit de l’encrier sur lequel l’imprimeur étend & broye son encre avec le broyon ; c’est dans cet endroit qu’il pose une de ses balles pour prendre l’encre, qu’il distribue ensuite d’une balle à l’autre. O P Q R le coffre de la presse, dans lequel est enchâssé un marbre, & c’est sur ce marbre qu’est posée la forme dans son chassis. On voit que le chassis est arrêté aux quatre an-gles par des coins de bois placés entre les cornieres ou cantonnieres du coffre & le dehors du chassis, pour que la forme soit inébranlable sur le marbre. Q q, R r les couplets du tympan Q R T S qui assemblent à charniere le tympan avec le coffre ; le tympan paroît recouvert par une feuille qui a été imprimée sur la forme conte-nue dans le coffre, ainsi que les chiffres 1, 4, 5, 8, que l’on voit répétés, le font connoître. S T V X la fris-quette. S s, T t les couplets ou charnieres de la fris-quette qui servent à l’assembler avec le tympan ; les pa-ges posées sur le tympan & les ouvertures de la fris-quette paroissent beaucoup plus courtes que celles de la forme, quoiqu’elles leur soient cependant parfaitement égales, c’est un effet de la projection vertrcale de ces deux plans inclinés à l’horizon, ainsi qu’on peut le reconnoître par la fig. 3. où les mêmes parties sont signalées des mêmes lettres.
Le banc des imprimeurs, ou la table à laquelle ils ont donné ce nom, sur laquelle le papier blanc Y, & le papier imprimé Z sont placés, est quelquefois un coffre comme on le voit fig. 4. de la vignette, ou seulement une table soutenue par deux tréteaux ; dans l’un & l’autre cas elle est toujours placée à droite de l’imprimeur, le papier blanc Y plus près de la presse, presque vis-à- vis le lieu où s’arrête le tympan lorsque la presse est déroulée, afin que l’imprimeur puisse poser les feuilles sur le tympan avec plus de facilité. L’imprimeur prend la feuille par les deux points a & b, la main droite au point a & la gauche au point b, & la porte ainsi étendue sur le tympan Q R S T, observant d’en faire convenir les bords à ceux de la feuille qui est collée au tympan, c’est ce qu’on appelle marger.
Pour lever la feuille imprimée qui est sur le tympan l’imprimeur la prend par les deux angles de son côté c & d, & la porte sur son banc en Z, où il forme une pille de papier imprimé, en faisant passer successive-ment toutes les feuilles du tas Y au tas Z, à mesure qu’elles sont imprimées.
PLANCHE XV.

Fig. 1. Rouleau du train vu en plan. p o sa broche. a ma-nivelle. c d corde qui va s’attacher au crampon du coffre du côté de la manivelle. e f autre corde qui, après avoir traversé la table du coffre, va s’enrou-ler & s’attacher au rouleau du chevalet du tympan. Le rouleau e c a deux gorges & trois rebords ; celui du milieu empêche les deux cordes de se mêler ensemble.
2. Le sommier d’en-haut de la presse. X X le sommier vu par le devant & en-dessus. X X les doubles tenons qui sont reçus dans les mortoises des jumelles, comme on le voit dans la fig. 3. qui représente la presse vue du côté du dehors. 2, 4 trous pour passer les crochets qui suspendent l’écrou de la vis. 6 entonnoir par lequel on verse l’huile qui y est nécessaire ; au-dessous on voit le plan du même sommier vu par-dessous. x x, x x les doubles tenons: on a représenté la même presse dans la Planche suivante avec un sommier à simples tenons, y en ayant aussi de cette construction.
3. La presse en perspective vue du côté du dehors ; cette figure est l’élévation à laquelle est relatif le plan contenu dans la Planche précédente. b c, d e les patins de la presse, de trois pouces & demi de haut sur quatre de large. f g une des jumelles, de sept pouces & demi de large sur trois & demi d’épaisseur. N M la tablette du train de derriere la presse, sur laquelle est posé l’encrier. G la poignée du broyon. K un des deux montans de derriere, de trois pouces & demi d’équarrissage, sa distance à la jumelle est de quatorze pouces ; ce montant & son opposé parallele reçoivent les tenons de trois entre-toises, qui ont chacune trois pouces & demi d’équarrissage. i entretoise inférieure ; celle qui est au-dessus. & dont la face inpérieure est au niveau du dessus du sommier d’en-bas porte une des ex-trémités du barreau. L’entre-toise supérieure que l’on ne voit point dans la figure, est au niveau de l’entre-toise h, & sert à supporrer la tablette H M du train de derriere de la presse, à la hauteur de trois piés au-dessus du rez-de-chaussée.
Entre les deux jumelles on voit le sommier d’en-haut x, au-dessous duquel paroît le barreau, dont le manche est désigné par la lettre A ; plus bas est la tablette y, & au-dessous la platine z: on verra toutes ces parties plus distinctement dans l’élévation géométrale que l’on trouvera dans la Planche XVII.
O P Q R le coffre de la presse supporté par le berceau. r m un des battemens du berceau, qui est porté d’un bout sur l’entre-toise dont on a parlé ci-dessus, dans son milieu par le sommier d’en-bas, & l’autre bout par le pié n p. o extrémité de la broche du rouleau suspendue par un piton à patte, de même que l’extrémité opposée du côte de la manivelle. m marche-pié sur lequel l’imprimeur avance la jambe droite lorsqu’il tire le barreau, ainsi qu’on le voit dans la vignette précédente. q extrémité de la table du coffre sur laquelle est placé le chevalet du tympan. r un des tourillons du rouleau sur lequel s’enroule la corde e f, fig. 2. t chevalet du tympan. Q R S T le tympan sur lequel une feuille de papier est étendue pour être imprimée. S T V X la frisquette ; l’arc de cercle ponctué V u Q indique le chemin que parcourt la frisquette lors-qu’on l’abaisse sur le tympan ; & l’arc aussi ponctué S s P celui que parcourt le tympan pour être abaissé sur la forme in-quarto que l’on voit représentée sur le marbre qui est dans le coffre O P Q R de la presse.
PLANCHE XVI.

Cette Planche contient le plan du berceau & l’élévation perspective de la presse vue du côté du dedans ou du côté de l’imprimeur. La Planche suivante en con-tient l’élévation géométrale & les développemens. On a observé autant qu’il a été possible, de mettre les mêmes lettres aux mêmes parties, pour qu’on puisse en faire la comparaison avec plus de facilité.
Fig. 1. Coupe transversale du berceau. Q R les batte-mens formés chacun d’une piece de bois élégie par une feuillure. q q r r les deux petites poutres qui soutiennent les bandes de fer 1, 2.
2. Plan du berceau de la presse. F Q, R M les deux battemens ; ils sont assemblés l un à l’autre par deux entretoises Q R, F M, qui servent d’emboîtures aux deux petites poutres qui soutiennent les ban-des D E B C les deux jumelles éloignées l’une de l’autre d’environ un pié 9 ou 10 pouces, ce qui est la largeur du berceau ; le berceau est posé sur le sommier inférieur de la presse, on le voit par les trois ouvertures que laissent entre elles les deux battemens & les deux petites poutres. d c e f la corde du rouleau. p o broche du rouleau. a la poi-gnée de la manivelle.
3. Elévation perspective de la presse vue du côté du de-dans ou du côté de l’imprimeur. On voit dans cette figure le train de derriere de la presse sur lequel l’encrier est posé. b c d e les patins de trois pouces & demi de haut sur quatre pouces de large. B C, D E le naut des jumelles auquel on fixe les étan-çons qui affermissent la presse comme on le voit dans la vignette Pl. XIV. f g la jumelle du côté du dedans de la presse, de 3 pouces & demi d’épaisseur sur 7 pouces & demi de largeur, à laquelle sont fixées les chevilles & sur lesquelles l’imprimeur pose ses balles. k k les deux montans du train de derriere de la presse de 3 pouces & demi d’équaris-sage ; la distance entre ce montant & la jumelle du même côté est de quatorze pouces ; la hauteur de la table N N H au-dessus du sol est de trois piés ; les deux montans sont assemblés l’un à l’au-tre par le haut, & aux jumelles par trois entre-toises h h, qui affleurent le dessous de la table de l’encrier ; trois autres entre-toises i i i fortifient cet assemblage, les deux montans portent le faux sommier 1, 2, sur lequel porte une des extrémités du berceau M R, l’autre extrémité étant portée par le pié n n. P Q est le coffre qui contient la forme & le tympan. Près le point P on voit l’ex-trémité fermée de la gouttiere par laquelle s’écoule du côté du dehors de la presse l’eau superflue dont on s’est servi pour ramoitir le tympan ou la mar ge ; c’est dans cette même gouttiere, qui est de fer-blanc, que l’imprimeur dépose l’éponge dont il se sert. q t t le chevalet du tympan. r le rouleau pour bander la corde du rouleau. p extrémité de la broche du rouleau. a la manivelle ; on voit dans l’encrier le broyon G & la palette L.
PLANCHE XVII.

Développemens de la Presse contenue dans la Planche précédente
4. Elévation géométrale de la presse. b d les patins. gf gf les jumelles de trois pouces & demi d’épais-seur, leur longueur y compris les patins, est de cinq piés & demi. g g entre-toise inférieure, f f entre-toise supérieure, qui assemblent les deux ju- melles au moyen de quatre vis à pitons ; les écrous sont encastrés dans les jumelles qui ont trois à quatre pouces d’équarrissage. X X le sommier d’en-bas de six pouces d’épaisseur, sur une largeur égale à celle des jumelles ; au-devant on voit le pié qui soutient le berceau. p p chapeau du pié. n p, n p les deux montans. n n entre-toise. Q R les deux batte-mens du berceau qui servent de guides à la table du train de la presse, on a aussi supprimé dans cette figure le chevalet du tympan & la gouttiere, pour laisser voir les charnieres qui l’assemblent avec le coffre. z z l’enchâssure de la platine, elle est de bois ; aux quatre angles de cette enchâssure sont des pitons pour recevoir les cordes qui suspen-dent la platine à la boîte de l’arbre de la vis. y y la tablette qui sert de guide à la boîte de l’arbre de la vis. 3, 5 tête de l’arbre de la vis dans laquelle le barreau 3, 7, 8, A est passé & retenu par une cla-vette. 7 le chevalet du barreau. 8 A le manche du barreau. 2, 3: 4, 5 les crochets qui retiennent l’écrou dans le sommier. x x le sommier, dont les tenons traversent les jumelles ; le sommier a sept pouces d’épaisseur, sur une largeur égale à celle des jumelles.
5. Elévation géométrale de la jumelle qui porte le chevalet du barreau, vue du côté intérieur de la presse. d tenon qui s’assemble dans le patin. g g mortoise qui reçoit le tenon de l’entre-toise infé-rieure. X X, X X les deux mortoises qui reçoi-vent les doubles tenons du sommier inférieur ; dans quelques presses ces mortoises sont percées d’outre en outre. y y la tablette qui sert de guide à la boîte ; cette tablette est coupée par le milieu de l’ouverture 6 7 qui reçoit la boîte. 5 4 coin à queue d’aronde pour serrer la tablette & la fixer dans l’entaille de la jumelle qui la reçoit. 1, 2 le chevalet du barreau. x, x x la longue mortoise qui reçoit le tenon du sommier d’en-haut ; cette mortoise est percée d’outre en outre pour pouvoir garnir le tenon avec plus de facilité: dans quelques presses cette mortoise est double, comme on voit, fig. 3. Pl. XV. & en ce cas le sommier a de chaque côté un double tenon. On fait cette mor toise plus longue que le tenon qu’elle doit rece-voir, non-seulement pour pouvoir élever ou abaisser le sommier supérieur à volonté, & par ce moyen alonger ou racourcir le coup du barreau ; mais aussi pour qu’étant garnie de matieres élastiques, comme de morceaux de chapeaux, &c. le coup de barreau en soit plus doux. f f mortoise qui reçoit le tenon supérieur de l’entretoise d’en-haut.
6. Le sommier d’en-haut vu par dessous. x x les deux tenons. 3, 5 les deux crochets qui retiennent l’écrou de la vis: au-dessus on voit l’entretoise supérieure dont les tenons sont marqués par les lettres ff ff.
7. Le sommier d’en-bas vu par dessus. X X les doubles tenons qui sont reçus dans les mortoises des jumelles, au-dessous on voit l’entre-toise inférieure dont les tenons sont marqués par les lettres gg gg.
8. Les deux parties de la tablette qui sert de guide à la boîte de l’arbre de la vis. y y y y moitié de la tablette qui porte les deux tenons c, c. y y seconde moitie de la tablette: cette moitié a des mortoises qui reçoivent les tenons c, c, lorsque les deux par-ties sont réunies. c b ouverture qui reçoit la boîte ; cette ouverture est gainie d’un rebord, ainsi que les côtés extérieurs de la tablette, comme on le peut voir au profil, fig. 5.
9. Représentation perspective de la platine, de son enchâssure, de la boîte, de la vis & du barreau. z z z z l’enchâssure de la platine ; sa longueur z z est de seize pouces, sa largeur z y de dix pouces, & son épaisseur de deux pouces. Cette enchâssure est représentée séparément & en perspective, fig. 9 n°. 2. 1, 2, 3, 4 les quatre pitons à vis qui reçoivent les ficelles par le moyen desquelles l’enchâssure est suspendue aux quatre crochets de la boîte B C On voit dans cette figure le vuide qui reçoit la platine de cuivre ou de fonte ; le milieu de cette platine est la crapaudine qui reçoit la grenouille x fig. 10. l extrémité inférieure ou pivot de l’arbre qui traverse la boîte B C. f g tête de l’arbre laquelle reçoit le barreau coudé g f h i A. i A le manche du barreau. e e e la vis à quatre filets.
Au-dessus de la vis on voit l’écrou a c, il est de cuivre & a deux oreilles b & d, par le moyen desquelles il est suspendu dans le sommier au moyen des crochets 2, 3 ; 4, 5 terminés en vis, garnies d’écrous à leur partie supérieure.
10. Développemens de la vis, de sa boîte, &c. e vis à quatre filets représentée géométralement. f g tête de l’arbre percée de deux trous qui se rencontrent à angles droits, & sont destinés à recevoir le barreau. l goutte ou virole qui retient la boîte sur l’arbre. m clavette double qui traverse l’arbre & retient la rondelle. 1 pivot de l’arbre ; il est d’acier trempé. B C la boîte en perspective. n o, n o deux des quatre crochets par lesquels la platine est suspendue ; ces crochets sont placés dans les feuillures pratiquées aux faces antérieures & postérieures de la boîte, & y sont retenus par deux frettes, comme on le voit par la figure précédente. x crapaudine dans laquelle est le grain ou dé d’acier qui reçoit le pivot de l’arbre ; cette crapaudine s’encastre dans le vuide qui est au centre de la croisée de la platine. z y y z platine de cuivre ; la croisée & les anneaux sont fondus d’un même jet.
Pour fabriquer la vis, après que la piece est forgée dans les proportions convenables, on l’arrondit sur le tour, ensorte que la partie destinée à devenir la vis soit parfaitement cylindrique ; on trace ensuite les quatre filets qui doivent avoir quatre lignes de large & autant de profondeur en cette maniere.
Ayant pris une bande de papier, dont la largeur soit égale à la hauteur de la partie cylindrique, & la longeur égale à sa circonférence, ce que l’on trouvera en enveloppant le cylindre avec cette bande de papier représentée par la figure au bas de cette page, où la hauteur A B ou C D est de cinq pouces quatre lignes, & la longueur A C ou B D égale à la circonférence de la vis. Cela fait on divisera les hauteurs A B & C D en 16 parties égales B a, a b, b c, c d, d e, e f, f g, g h, h i, i k, k l, l m, m n, n o, o p, p A: D, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16 ; par les points h & 8, on tirera la ligne h 8 qui divisera le parallelograme A B C D en deux autres parallelogrames A h 8 C & h B D 8, dans le premier desquels on tirera la diagonale 16 h, & dans le second la diagonale B 8 ; ensuite par les points 9 & a: 10, b: 11, c: 12, d: 13, e: 14, f: 15, g, on tirera des lignes qui diviseront le parallelograme obli-que-angle C h B 8 en huit parallelogrames égaux ; on achevera de diviser les deux triangles A & C & B D 8 par des lignes paralleles aux lignes précédentes, les-quelles passeront pour le premier triangle par les points i, k, l, m, n, o, p, & pour le second par les points 1, 2, 3, 4, 5, 6 & 7, il ne restera plus pour terminer cette épu-re, qu’à remplir au pinceau avec une couleur quelcon-que, le vuide de quatre lignes de large qui se trouvera entre deux traits voisins, on laissera en blanc l’inter-valle des deux traits suivans, & on remplira le vuide entre ceux qui suivent, ainsi alternativement un espace coloré & un réservé en blanc ; cola fait, on enduira de colle de farine ou d’empoi le revers de la bande de papier, que l’on appliquera & collera sur la circonfé-rence du cylindre destiné à devenir une vis, faisant exa-ctement convenir le point D avec le point B, & le point C avec le point A.
Après que le papier aura séché sur la piece de fer, on fera passer l’empreinte des traits sur le cylindre, en se servant pour cela d’un ciseau d’acier & d’un marteau à main d’un poids convenable pour que les traits péne-trent d’environ un quart de ligne dans la surface du cylindre, on échopera ensuite avec des burins les parties qui doivent être enlevées pour former les quatre helices concaves, profondes de quatre lignes, les parties ré-servées formeront les quatre filets de la vis, on per-fectionne le tout avec des limes d’un grain & d’une forme convenables. Voyez aussi l’article Étau & les Planches qui y sont citées.
La vis entierement achevée, on fabrique l’écrou qui est de cuivre & fondu sur la vis même ; pour cela on fait en bois un modele de l’écrou que l’on place sur la vis même, on moule le tout en sable entre deux chas-sis ; le modele de l’écrou fait place dans le sable au mé-tal qui doit le former. On ouvre le moule pour retirer le modele & le séparer de la vis que l’on enduit d’une légere couche d’argile ou d’ocre ; on la fait ensuite chauffer avant de la replacer dans le moule que l’on referme dessus, & l’on verse le métal fondu, qui en remplissant le vuide qu’occupoit le modele & l’inter-valle des spires ou pas de la vis, forme l’écrou de cui-vre qu’il faut ensuite dévêtir de dessus la vis, pour que ces deux pieces aient le jeu nécessaire. C’est pour facili-ter cette opération, que l’on enduit les filets de la vis d’une légere couche d’argile employée au pinceau.
Pour dévêtir l’écrou on le forge à grands coups sur les quatre faces pour l’élargir un peu, ensuite on le place dans une ouverture quarrée pratiquée dans un fort bloc de pierre ou dans une forte presse, en sorte que le pivot de la vis soit en haut, & avec une clé ou tourne-à-gauche dont l’oeil reçoit le quarré de la vis, on la tourne avec force, & par ce moyen on dévêtit l’écrou de dessus sa vis, on nettoye la vis, on y met de l’huile, & on la fait rentrer à plusieurs fois dans l’écrou pour alezer l’un sur l’autre.
On construit des presses différentes de celle que l’on vient de décrire, en ce que la vis n’a point de boîte, mais un collet qui reçoit une traverse de cuivre en deux parties lui servant de collier. Les deux extrémités de cette traverse de cuivre sont terminées en tenons qui sont reçus & coulent dans de longues mortoises pratiquées aux faces internes & opposées des jumelles, en sorte que cette traverse & son collier suivent le mouvement vertical de la vis, mais ne sçauroient tourner: c’est aux bras de ce collier que de part & d’autre la platine de la presse est suspendue soit par quatre ou deux tiges verticales terminées en vis à leur partie supérieure, à la rencontre des bras qu’elles traversent, & au-delà desquels elles reçoivent les écrous qui servent à les fixer & à établir le parellelisme en tous sens avec le dessus du tympan ou le marbre sur lequel la forme est posée ; ces tiges tiennent lieu des cordes z C y C que la fig. 9. représente.
PLANCHE XVIII.

Cette Planche contient les développemens du train de la presse.
Fig. 1. Plan géométral du coffre & de la table q O P q qui lui sert de fond. O P Q R le coffre formé par quatre pieces de bois de deux pouces d’équarrissage. o O o ; p P p, q Q q, r R r les quatre cantonnieres ou cornieres du coffre. r r le chevalet du tympan.
1. n°. 2. Plan du dessous de la table. P q q O la table. P Q R O les rebords du coffre. 1, 2, 3, 4, 5, 6 ; 1, 2, 3, 4, 5, 6 les pattes au nombre de douze ; ce sont ces pattes qui glissent sur les deux bandes du berceau, fig. 2. Pl. XVI.
1. n°. 3. Profil du train pour faire voir comment la corde attachée d’un bout au coffre en A, passe sur le rouleau B, traverse la table, & va s’attacher au rouleau r du chevalet t du tympan.
2. Le coffre & la table vus en perspective. t t le chevalet du tympan. r un des tourillons du rouleau qui sert à bander la corde du train.
3. Le marbre de la presse. a b c d les quatre bouts des deux ficelles par le moyen desquelles on descend le marbre dans le coffre qui est au-dessous, dans lequel on a premierement répandu un lit de son pour lui donner une assiette solide ; les bouts des ficelles qui servent aussi à le relever, se couchent le long des côtés du coffre entre le marbre & les mêmes côtés, on remplit le vuide avec des reglettes de bois d’une épaisseur convenable.
4. Le tympan vu du côté opposé à celui de la fig. 3. Pl. XV. a, c les écrous des vis qui retiennent les pointures. b écrou de la vis qui sert à fixer le petit tympan dans le grand. Q R charnieres ou couplets du grand tympan, par lesquels il s’assemble avec le coffre. T e S traverse de fer du tympan du côté de l’entrée de la platine. d poignée du tympan servant à l’imprimeur pour le relever.
4. n°. 2. Plan géométral du tympan vu par le dessus ; le tympan est représenté garni de sa peau. a, c trous pour passer les vis des pointures. b trou pour passer la vis qui retient la piece servant à fixer le petit tympan dans le grand. R Q les couplets ou charnieres du tympan. S T sa traverse de fer.
5, Les blanchets qui se placent dans le tympan immé-diatement au-dessus de la peau ou parchemin qui y est collé & étendu, ce sont des morceaux d’une étoffe de laine connue sous le nom de moelleton, que l’on coupe de la grandeur de l’intérieur du tympan, pour former ce qu’on appelle des demi-blanchets & d’une grandeur double, que l’on ploye en deux pour former un blanchet.
6. La carte ou carton que l’on met dans le tympan par-dessus les blanchets ; la carte est composée de plusieurs feuilles de papier collées les unes aux autres ; on y applique en-dessous autant de pieces de papier & de la même grandeur qu’il y a de pages dans la forme que l’on veut imprimer ; ces pieces qui doivent répondre exactement aux pages, font qu’elles sont foulées avec plus de facilité par la platine de la presse ; on se sert aussi de cet expédient pour remédier à certains défauts, soit de la platine ou de quelques autres parties de la presse.
7. Le petit tympan garni de sa peau ; il s’enclave dans le grand, où il est arrêté d’un bout par trois languettes de fer rivées au-dessous de la traverse de fer du chassis, les trois autres côtés étant de bois, ou pour le mieux de bandes de fer posées de champ ; on introduit ces trois languettes sous la bande de fer e du grand tympan, fig. 4. L’autre extrémité du chassis du petit tympan est retenue & fixée dans le grand tympan par une piece que la vis b, même figure, assujettit. On trouvera cette piece à la fig. 10.
7. n°. 2. Plan géométral du petit tympan garni de sa peau. Dans cette figure relative à celle qui est au-dessous on distingue les trois languettes 1, 2, 3 qui entrent sous la barre T S du grand tympan. Le côté opposé b d est retenu au point a par la piece, fig. 10. La vis qui assujettit cette piece passe par le trou b de la figure inférieure.
8. T S V X la frisquette d’un in-folio. T, S petits cou-plets par lesquels la frisquette est attachée au grand tympan, fig. 4. & 4. n°. 2. en T & S, où il y a de semblables couplets. a b les ouvertures des pages.
8. n°. 2. Plan de la frisquette vue du côté qui s’applique à la feuille que l’on veut imprimer. T S les couplets de la frisquette, ils s’assemblent par des broches à ceux du grand tympan en T & en S ; le chassis T V X S de la frisquette est formé par des lames de fer ; c’est sur ces lames que l’on colle le papier, qui étant découpé ensuite selon la forme des pages, forme proprement ce qu’on appelle fris-quetce, qui préserve la feuille de papier étendue sur le tympan des atteintes de l’encre dont les garnitures de la forme sont couvertes. a & b l’ouverture des deux pages in-folio. 1 échancrure pour laisser passer la signature.
9. Elévation géométrale du chevalet du tympan. q q la table du coffre. r r le rouleau. t t le chevalet soutenu par deux montans.
10. a profil d’une des pointures avec son clou à vis & son écrou. b plan de la pointure. c clou à vis. d écrou. e clou à vis de l’arrêt du petit tympan. f l’arrêt du petit tympan. g écrou pour fixer cet arrêt.
PLANCHE XIX.

Cette Planche contient différens outils à l’usage de l’imprimeur, & la suite des opérations pour monter les balles.
Fig. 1. Marteau ; il n’a rien de particulier.
2. Taquoir ; il est de bois, on le frappe avec le manche du marteau pour faire enfoncer les lettres qui peuvent se trouver élevées dans une forme, avant de la serrer entierement ; c’est pour cela qu’on a représenté ces deux instrumens au-dessous l’un de l’autre. La fig. 3. de la Planche premiere fait voir comment on en fait usage.
3. Compas.
4. Vrille pour percer les bois de garnitures, & faire place aux pointures lorsqu’elles les rencontrent.
5. Pointe pour corriger.
6. Lime.
7. Clé pour serrer ou desserrer les écrous des pointu-res & de l’arrêt du tympan.
8. Pié-de-biche servant à monter & à démonter les balles ; il sert de marteau par la partie a pour en-foncer les clous, & de tenaille ou pié-de-biche par l’extrémité b, pour les arracher.
9. Ciseaux servant à découper les frisquettes ; ils n’ont rien de particulier.
10. Couteau pour ratisser les balles.
11. Décognoir pour desserrer les coins des formes.
12. Ebarboir, petit ciseau d’acier pour couper le plomb superssu du corps de quelques lettres, & empêcher par ce moyen que ces parties ne soient atteintes par les balles, & qu’elles ne rendent au papier l’encre qu’elles auroient reçue.
13. L’encrier vu du côté de l’ouvrier. G le broyon ; il est de bois. L la palette.
14. Coupe du bois d’une balle.
15. Plan du bois d’une balle vu par le dedans.
16. Profil du bois d’une balle.
17. Le bois de la balle vu en perspective & prêt à recevoir la laine cardée dont on l’emplit.
18. Pain de laine dont on remplit le bois.
19. Peau ou cuir servant de doublure.
20. Cuir servant de dessus.
21. Balle toute montée & prête à recevoir l’encre.
22. Les deux balles appliquées l’une à l’autre, comme celles que tient le compagnon, fig. 4. Pl XIV. occupé à distribuer l’encre de ses balles de l’une à l’autre, ou comme on les place l’une sur l’autre sur les chevilles de la presse représentées en &, fig. 3. de la Pl. XVI. les deux chevilles embrassant la poignée de la balle inférieure.
Si on joint à la lecture de ces explications celle des articles Imprimerie & Caracteres, & celle des explications des Planches de ce dernier art dans les Volumes précédens, on aura l’intelligence de l’art vraiment admirable de conserver & de multiplier les pensées des hommes, art qui a déja produit de grands changemens dans le monde, ainsi que l’invention de la poudre & de la boussole.
Epreuve des caracteres représentés au bas de la Planche ci-jointe, par laquelle on voit que ce sont les parties de relief, réservées en blanc dans ce dessein, qui ont rendu à cette Page-ci l’encre dont elles ont été couvertes par l’attouchement des balles, au lieu qu’à la gravure ce sont les parties concaves qui reçoivent l’encre pour la rendre au papier.
Gloire à DIEU. Honneur au ROI. Salut aux Armes.