Planches:LUTHERIE (volume V)
LUTHERIE.
Contenant trente-quatre Planches, dont une double.
CEs Planches sont divisées en deux suites qui commencent chacune par le numero premier. Les onze Planches de la premiere suite contiennent tout ce qui a rapport à la description & à la facture de l'orgue. Celles de la seconde suite contiennent ce qui a rapport aux autres instrumens que les Luthiers fabriquent.
Premiere suite. Orgue.
PLANCHE Iere.

Orgue en perspective & en coupe pour faire voir la disposition des mouvemens, &c.
PLANCHE II.

Sommier & ses développemens.
PLANCHE III.

Suite du sommier & de ses développemens.
PLANCHE IV.

Claviers & leurs développemens. Clavier de pédales.
PLANCHE V.

Fig. 19. Clavier de pédales en perspective.
20-21. Abrégé.
22. Bascules du positif.
PLANCHE VI.

Fig. 23. Soufflet en perspective.
24. Soufflet en plan. La table supérieure a été supprimée.
25. Gosier.
X. Demi-aisnes.
Y. Aisnes.
Z. Ronds.
26. Bascules brisées.
27. Porte-vent.
28. Fer à souder & ses deux poignées.
PLANCHE VII.

Fig. 29. Diapason. Voyez cet article.
30, 30, n°. 1. 30, n°. 2. Bourdon.
PLANCHE VIII.

Suite des jeux.
Fig. 31. n°. 1, 2, 3. Montre de seize piés.
32. Bourdon de quatre piés bouché. Il est de bois, & bouché par un tampon. A tuyau des basses. B tuyau des tailles. Il est bouché & à oreilles. C tuyau des dessus ; il est à cheminée & à oreilles.
33. Huit pié ouvert.
33 bis. Maniere de tracer les bouches des tuyaux.
34. Prestant.
35 (dont le numero a été omis) flûte. A tuyau des basses, il est bouché & à oreilles. B tuyau des tailles à cheminée & à oreilles. C tuyau des dessus, il est ouvert.
36. Gros nasard.
37. Double tierce.
38. Nasard.
39. Quarte de nasard. Les basses sont à cheminées & à oreilles, & les dessus sont ouverts.
PLANCHE IX.

Suite des jeux.
40 Doublette.
41. Tierce.
42. Larigot.
43. Cornet, cornet de récit, cornet d'écho.
44. Trompette au-dessous de laquelle on voit la boîte & le pié.
45. Clairon.
46. Trompette de récit.
47. Cromorne ; on voit au-dessous la boîte & son pié.
48. Voix humaine ; au-dessous est sa boîte &; son pié.
49. Différens accordoirs.
50. Bombarde.
50, n°. 2. Diapason des anches.
51. Pédale de quatre piés.
52. Tourniquet pour accorder.
53. Développement d'une anche. g E F f rasette. Anoix garnie de l'anche. B' languette. C anche. D coin, &c.
54. Etampoir des anches.
55. Fourniture.
56. Cimballe.
PLANCHE X.

Fig. 57. Tremblant fort.
58. Tremblant doux.
59. Maniere de couler les tables d'étain ou de plomb.
60. Rable.
61. Compas.
62. Marteau pour planer les tables.
63. Galere pour raboter les tables.
64. Brunissoirs.
65. Batte.
66. Pointe à gratter.
PLANCHE XI.

Fig. 67. Table du rapport des jeux de l'orgue
68. Partition.
Voyez dans l'Encyclopédie les articles relatifs à ces figures dont voici la liste.
A Cornet d'écho. Abrégé. Cornet de récit. Accordoirs. Cheminée. Accord. Cimballe. Aisnes. Cromorne. Anches. Contre-biseau. B Coins. Bagues. Croissans. Bascules du positif. Compas. Bascules brisées. D Billots. Denticules. Biseaux. Demoiselles. Blanc. Diapason. Bombarde. Double trompette. Bourdon de seize. Double tierce. Bourdon de huit ouvert. Doublette. Bourdon de quatre. E Boîte. Eclisses. Boursettes. Entailles. Brunissoirs. Etampoir. Bouche ronde. F Bouche en pointe. Face (plate.) C Fers à souder. Chape. Fourniture. Clavier. Flûte traversiere. Clairon. Flûte.
Frise. Plaques. Fût d'orgue. Porte-vent de bois. G Porte-vent de plomb. Galere. Positif. Gosier. Prestant. Grand cornet. Q Gravures. Quarré (bâton). Gros nasard. Quarte de nasard. Guide. R H Rable. Huit pié ouvert. Rabots. I Rasette. Jeux. Régistre dormant. L Régistre mobile. Languette. Ressorts. Laye. S Larigot. Sommier du grand orgue. M Sommier du positif. Marteau. Soudure. Montre de seize. Soufflets. Mouvemens. Soupapes. N T Nasard. Table du rapport & de l'étendue des jeux de l'orgue. Noyaux. O Cet article contient Oreilles. l'explication de la Planche XI. Ovale. Orgue. Talons. P Tampon. Partition. Targette. Pattes. Têtieres. Pédale de clairon. Tierce. Pédale de quatre. Tourelle. Pédale (clavier de). Tourniquet. Pédale de huit. Tremblant fort. Pédale de trompette. Tremblant doux. Pédale de bombarde. Trompette. Pieces gravées. Trompette de récit. Pieces d'addition. Tube. Pié. V Pioches. Voix angélique. Pilotes. Voix humaine.
Seconde suite.
PLANCHE Iere.

Instrumens anciens & instrumens étrangers.
Fig. 1. Flûte des sacrifices.
2. Lire.
3. Autre lire.
4. Cistre d'Isis.
5. Autre cistre.
6. Troisieme sorte de cistre.
7. Harpe.
8. Cithare.
9. Autre Cithare.
10. Lire de viole.
11. Instrument chinois.
12. Echelettes.
13. Régales.
14. Trompette marine chinoise.
15. Sifflet de Pan.
PLANCHE II.

Instrumens anciens & modernes de percussion.
Fig. 16. Tambour avec ses baguettes a, b.
17. Timballe avec ses baguettes c, d.
18. Tonnant avec ses baguettes e, f.
19. Cimballes dites de Provence g, h.
20. Cimballes des sacrifices.
21. Castagnettes.
22. Cimballes à tête.
23. Tambourin à cordes.
24. Cimballe triangulaire. l baguette.
25. Tambour d'airain. i l'instrument k sa baguette.
26. Tambourin de Provence. m le flûtet de ce tambourin.
27. Rebube appellée vulgairement guimbarde.
28. Tambour de Biscaye n, de basque o.
29. Sonnantes. p, q baguettes.
PLANCHE III.

Instrumens anciens, modernes & étrangers, à cordes & à pincer.
Fig. 1. Mandore.
2. Cistre.
3. Guitare.
4. Guitare simple.
5. Cistre turc.
6. Colachon.
7. Théorbe.
8. Luth.
9. Pandore en luth.
10. Harpe.
PLANCHE IV.

Instrumens qu'on fait parler avec une roue.
Fig. 1. Orpheon. a clé ou accordoir de l'instrument.
2. Serinette vue par derriere.
3. Autre face de la serinette.
PLANCHE V.

Suite des instrumens qu'on fait parler avec la roue.
Fig. 4. Vielle en guitare.
5. Vielle en luth.
6. Touche de sémi-ton.
7. Fond de la vielle.
8. Touche.
9. Clavier.
10. Cheville.
11. Trompillon.
12. Clé.
13. Tablature.
PLANCHE VI.

Instrumens à vent. Musette & cornemuse.
Fig. 1. Musette.
2. Soufflet.
3. Bourdon avec ses anches.
4. Soufflet vu par-dessus.
5 & 6. Chalumeaux.
7. Porte-vent.
8. Cornemuse.
PLANCHE VII.

Instrumens anciens, modernes, étrangers, à vent, à bocal, & à anche.
Fig. 1. Serpent.
2. Cor de chasse. a son bocal.
3. Trompette. b son bocal.
4, 5, 9. Anciens hautbois.
6. Cornet de chasse.
7. Double cornet.
8. Courteau.
10. Basse de cornet.
11. Dessus de cornet.
12. Cornet à bout.
13. Tournebout.
14. Saquebute.
15. Cornet à accords.
PLANCHE VIII.

Suite des instrumens à vent.
Fig. 1. Fifre suisse.
2. Autre fifre.
3. Fifre à bec.
4. Flûtet de tambourin.
5. Flageolet d'oiseau.
6. Parties du flageolet d'oiseau.
7. Gros flageolet.
8. Dessus de flûte traversiere.
9 & 10. Flûte d'accord & sa coupe.
11. Hautbois.
12. Coupe du hautbois.
13, 14, 15. Parties du hautbois.
16. Clarinette.
17, 18, 19. Parties séparées de la clarinette.
20. Chalumeau.
21 & 22. Parties du chalumeau.
23. Flûte à bec.
24, 25 & 26. Parties séparées de la flûte à bec.
27. Ton.
PLANCHE IX.

Suite des insirumens à vent.
Fig. 28. Flûte traversiere.
29. Coupe de la flûte traversiere.
30, 31, 32, 33. Les quatre parties séparées de la flûte traversiere.
34. Basse de flûte traversiere.
35, 36, 37, 38. Les quatre parties séparées de la basse de flûte traversiere.
39. Flûte traversiere à bec.
40. Basson vu par-dessus.
41. Basson vu par-dessous.
42. Grosse piece du basson.
43. Cul du basson.
44. Petite piece du basson.
45. Bonnet du basson.
46. Bocal du basson.
47. Troisieme & quatrieme clés du basson.
48. Premiere clé du basson.
49. Profil de la premiere clé du basson.
50. Anche du basson.
51. Seconde clé du basson.
52. Profil de la seconde clé du basson.
53. Tenon.
54. Soupape.
PLANCHE X.

Outils à l'usage de ceux qui font les instrumens à vent.
Fig. 1. Perce montée.
2, 3, 4, 5. Perces de différens calibres.
6. Equoine.
7. Perce-forêt.
8. Perce-bourdon.
9. Entailloir courbe.
9, n°. 2. Entailloir droit.
10. Coulissoire.
11. Autre perce.
12. Grattoir à anches.
13. Perce à main.
13, n°. 2. Autre coulissoire.
14. Evidoir.
15. Ecurette ou curette.
PLANCHE X. bis.

Tour à l'usage des faiseurs d'instrumens à vent, comme flûte, hautbois, musette, &c.
Le bas de la Planche représente un établi ou table fig. 1. A A, sur laquelle sont posées les poupées B M, C N, d'un tour en l'air, & leur support H. Ces poupées ont des queues M N qui entrent dans la coulisse F de la table. On peut placer sur cet établi d'autres poupées, lorsqu'on veut tourner entre deux pointes: telles sont les fig. 8 & 9.
Les fig. 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 13, 14, 15 & 16 concernent le tour en l'air ; & les fig. 9, 10 & 11 appartiennent au tour entre deux pointes, & le constituent. La fig. 12 est commune aux deux especes de tours, ainsi que l'établi.
Fig. 1. A A table de l'établi. F fla coulisse. a a les piés. b la pédale. c c les tourillons. d d la corde qui passe à-travers de la coulisse de la table, & fait deux ou trois tours sur l'arbre du tour en l'air. Il faut observer que quand on se sert des poupées à pointes, cette corde fait quelques tours sur l'objet que l'on veut tourner.
B M, C N les deux poupées du tour en l'air, dont les queues M N sont placées dans la coulisse de la table. B tête de la poupée qui contient la partie de l'arbre où sont formés des pas de vis. C tête de la poupée qui soutient l'autre extrémité de l'arbre contenue dans des collets. G l'extrémité de l'arbre terminé en vis, sur laquelle s'adapte le mandrin qui doit recevoir l'objet que l'on veut tourner en l'air. o, o clavettes des queues des poupées. E la poulie de l'arbre sur laquelle passe la corde d.
D support du tour en l'air. H vis du support. I L clavette de fer terminée en vis qui passe dans la coulisse de la table, & que l'on serre par-dessous avec un écrou. (Voyez la fig. 2.) Ce support ne sert que de point d'appui à l'outil dont se sert l'ouvrier soit pour tourner, soit pour évider.
2. Clavette du support terminée en forme de T par sa partie supérieure e. f la rondelle. g l'écrou qui se met après coup.
3. O N poupée à lunette. O la tête. N la queue. C la clavette. I lunette. G serre-lunette en forme de T. H la vis & l'écrou du serre-lunette. La poupée à lunette sert à tourner en l'air les parties qu'il faut évider, comme les corps de flûtes ou autres objets qui par leur longueur n'auroient point assez de stabilité, n'étant soutenus que par le mandrin, alors on place la poupée à lunette entre la poupée C N & le support D que l'on recule en f, voyez fig. 1. Cela étant fait, l'objet que l'on se propose d'évider, se trouve porté par une de ses extrémités sur un mandrin placé au point G de l'arbre, & son autre extrémité passe dans l'œil de la lunette qui sert de point d'appui à l'objet.
4. a c mandrin brisé. a son collet. b le collet séparé. La partie c se visse sur l'arbre à l'extrémité G. (Voyez fig. 1 & 8.
5. Poupée du tour en l'air vue séparément, sa boîte ouverte. E l'ouverture qui reçoit l'extrémité de l'arbre où sont formés des pas de vis. i clavette qui soutient l'arbre dans le cran de repos. o support de cette clavette. x queue de la poupée percée pour recevoir une clavette.
6. y couvercle de la boîte de la poupée taillée en chanfrin pour entrer dans la coulisse qui lui est propre. o est le support de la clavette de repos vue séparément.
7. n clavette pour la queue de la poupée.
8. E F l'arbre hors des poupées. E F les extrémités comprises dans des collets. H la poulie. G vis sur laquelle se montent les mandrins. i cran de repos. k, l, m, n pas de vis de différens calibres formés sur la tige de l'arbre. s, t, x, u collet de l'arbre.
9. & 10. A B poupées du tour à pointes. C C les clavettes. D E les pointes. F F les queues. G G appuis de la barre de support. Lorsque l'on fait usage de ces poupées pour tourner entre deux pointes, on les place sur l'établi au lieu & place du tour en l'air, en observant que les pointes soient en face l'une de l'autre.
11. Barre de support du tour à pointes. Cette barre ne sert que de point d'appui à l'outil dont l'ouvrier se sert pour tourner.
12. O perche attachée au plancher par deux crampons p, q. r la corde qui descend jusqu'à la pédale de l'établi où elle est attachée.
13. Perce ou perçoir en langue de serpent pour creuser les corps de flûtes.
14. Lunette vue séparément. Il y en a de différens diametres.
15 & 16. Peignes à vis. Il y en a de différens calibres.
L'explication de cette Planche a été fournie par M. Prevost.
PLANCHE XI.

Instrumens qui se touchent avec l’archet.
Fig. 1. Basse de viole.
2. Dessus de viole.
3. Pardessus de viole.
4. Sourdine.
5. Viole d’amour.
5, n°. 2. Manche de la viole d’amour.
6. Contre-basse.
7. Violon.
8. Archet.
9. Poche avec son archet.
10. Trompette marine.
PLANCHE XII.

Outils propres à la facture des instrumens à archet.
Fig. 11. Moule de violon.
12. Autre moule de violon.
13. Moule de violon monté d’éclisses.
14 & 15. Fausses tables.
16. Patron pour les ouies des violons.
17. Patron pour les ouies des dessus de viole.
18, 19, 20. Rabots.
21. Planche pour faire les voûtes.
22, 23. Ratissoires.
24. Fusil.
25 & 28. Patrons pour les violons.
26 & 27. Fers ronds.
29 & 29, n°. 2. Couteaux.
30. Fer plat.
31. Maillet.
32. Fer pour les éclisses des basses.
PLANCHE XIII.

Suite des outils propres à la facture des instrumens à archet.
Fig. 33. Rouet à filer les cordes.
34. Creusoir.
35. Compas d’épaisseur.
36 & 37. Compas des voûtes.
38. Filiere à filets.
39 & 40. Happes.
41. Presse.
42, 43, 44. Tire-filets.
45, 46. Emporte-pieces pour les ouies.
47. Scie pour les ouies.
48, 49, 50, 51 & 52. Filiere avec ses parties séparées.
PLANCHE XIV.

Instrumens à cordes & à touches.
Fig 1. Clavecin monté sur son pié sans son couvercle.
5. Pupitre du clavecin.
A. Sautereau sans languette.
E. Sautereau avec sa languette.
F, f, G, H, I. Sautereaux.
K, L. Languettes.
M. Fiche.
PLANCHE XV.

Suite des instrumens à cordes & à touches, & du clavecin.
Fig. 2. Intérieur du clavecin. Barrure de la caisse.
3. Table vue par-dessous.
4. Pié du clavecin.
PLANCHE XVI.

Suite des instrumens à cordes & à touches, avec le psaltérion, instrument à cordes & à baguettes.
Fig. 6. Epinette à l'italienne.
7. Psaltérion ou tympanon, a, b ses baguettes.
8. Double clavier du clavecin.
9. Chassis du clavier de l'épinette.
PLANCHE XVII.

Outils propres à la facture des clavecins.
Fig. 10. Tourniquet.
11. Presse.
12. Lissoire.
13. Languetoir.
14. Trace-sautereaux.
15. Fraisoir.
16. Double-frontal.
17. Frontal.
18. Longuet.
19. Cisailles.
20. Fraisoir à vis perdues.
21. Voie de sautereaux.
22. Arme ou scie à main.
23. Passe-partout.
24, 25, 29. Emporte-pieces.
26. Plumoir.
27. Accordoir.
28. Traçoir.
30. Scie à main.
31. Rabot à moulures.
PLANCHE XVIII.

La vignette représente l'attelier d'un Luthier, où sont plusieurs compagnons occupés à différens objets de cet Art.
Fig. 1. Compagnon qui rabote la table d'un instrument placée sur l'établi.
2. Compagnon occupé à faire la console d'une harpe. On voit qu'il perce les trous des chevilles.
3. Compagnon qui acheve un violon.
4. Autre compagnon qui vernit le bras & la console d'une harpe organisée. Le bras est enté pour la commodité de l'ouvrier sur un bâton à pié que l'on voit en a. On voit en b un corps de basse qui vient d'être collé, & qui est pressé par des happes à vis jusqu'à ce qu'il soit sec.
5. Corps sonore d'une harpe détaché du bras & de la console, que l'ouvrier fig. 4. vernit. c la table du corps sonore. d le crampon de fer qui unit le bras au corps sonore. e deux pitons ou chevilles de fer qui unissent la console au corps de la harpe.
6 Harpe organisée montée & toute finie.
7. f Vielle en luth toute finie. g l'étui de la vielle. Le surplus de l'attelier contient différens instrumens à cordes & à vent.
Bas de la Planche.
8. Marteau.
9. Lime.
10. Vrille.
11 & 12. Perçoirs à main de différens calibres ou alésoirs.
13. Ciseau.
14. Bec-d'âne.
15. Pinceau à vernir.
16. Petite scie à main. a porte-scie d'acier. b son manche. c lame de la scie.
17. Fausse équerre.
18. Equerre.
19. Petite happe en bois garnie de trois vis.
20. Happe simple en bois.
21. Vilbrequin de fer. d la meche ou le forêt.
22. Pinces plates.
23. Tourne-vis.
24. Etabli. e valet. f pot à la colle.
PLANCHE XIX.

L'Antiquité la plus reculée fait mention de la harpe, comme d'un instrument supérieur aux autres à tous égards. L'Histoire sacrée en fait l'instrument favori du fameux prophete roi ; & les Hébreux de ce tems le connoissoient sous les noms de nable, cythare ou hazur, & de kinnor, qui avoit alors la forme d’un triangle acutangle ou d’un *D, portant simplement neuf cordes. Les Grecs, c’est-à-dire les Syriens, les Phrygiens (Mém. des Insc. T. IV. p. 126.) l’employerent sous le nom de trigonon, à cause de sa figure, & le monterent d’un plus grand nombre de cordes, lesquelles étoient relatives à leur systême de musique. Voyez Lyre, Systeme, Echelle ou Gamme. Ensuite les Celtes, peres des Gaulois & des Germains, ainsi que les Anglo-Saxons, se distinguerent par leur goût pour la Musique, & prin-cipalement par la maniere de pincer cet instrument ; & si pendant plusieurs siecles écoulés la harpe paroît avoir été oubliée, elle a cela de commun avec tous les Arts en général, qui n’ont repris vigueur qu’après la renaissance des Lettres. Il étoit enfin réservé à nos jours de voir cet instrument porté à un degré de perfection qu’il n’a jamais pu avoir. C’est par cette raison que nous croyons nécessaire de nous étendre ici un peu, tant sur sa construction, son méchanisme, que sur son étendue & sur la maniere de le pincer. Nous pensons d’autant mieux encore le devoir faire, que cet instrument auquel nul autre n’est comparable, est le seul aujourd’hui qui triomphe à juste titre, & qui devient l’objet de l’amusement d’un sexe né sensible, qui, loin de se refuser aux émotions que la harpe sait exciter dans nos ames par la douceur de son harmonie & la fuavité de ses sons, lui prête encore des secours favorables, afin d’en augmenter le charme.
Description abrégée de la Harpe organisée.
Cet instrument haut environ de quatre piés, est de la figure à-peu-près d’un triangle scalene, c’est-à-dire à trois côtés inégaux. La harpe est composée de trois parties. Le corps principal, celui qui réfléchit le son des cordes, & qu’on appelle par cette raison le corps sonore, se construit de huit pans de bois assemblés & collés les uns près des autres, sur lesquels la table est posée. Cette table est de sapin, & a six ouies ou ouvertures faites en forme de treffle, de rosette ou autrement. Le corps supérieur qu’on appelle en Allemagne clavier, & en France console, à cause de sa figure, est percé d’autant de trous, & porte autant de chevilles de fer qu’il y a de cordes ; & le troisieme corps appellé bras, qni n’est considéré, relativement à la construction de la harpe, que comme un arcboutant nécessaire au soutien des autres corps, renferme intérieurement sept tringles mobiles correspondantes à autant de ressorts pratiqués dans le clavier, lesquelles sont dirigées dans l’angle le plus aigu, ou le pié de l’instrument, par des leviers attenant à sept pédales de fer destinées à l’action des piés. Par ce mouvement méchanique les ressorts agissent dans le clavier & font mouvoir des crochets par le moyen desquels les cordes sont attirées & fixées sur de petits sillets, en sorte que par la distance proportionnée de ces sillets aux chevilles, les cordes de même nom, octaves les unes des autres, & par ce moyen raccourcies d’un seizieme de leur longueur, deviennent plus aiguës, lorsqu’on les pince ; delà les demi-tons. Ce méchanisme très-ingénieux a été inventé, afin de rendre cet instrument susceptible de toutes les modulations possibles.
Les harpes organisées ont à-peu-près l’étendue d’un clavecin à grand ravalement ; elles sont montées ordinairement de 33 ou de 35 cordes diversement colorées, dont la plus grave est à l’unisson du premier si bémol des basses du grand clavier, & la plus aiguë à l’unisson du dernier fa ou du dernier la dans les dessus, c’est ce qu’indiquent dans la table générale du rapport de l’étendue des voix & des instrumens comparés au clavecin, Pl. XVIII. les nombres 33 & 1, termes extrêmes qui renfermant tous les intermédiaires, répondent aux autres cordes. Quelques harpes ont une corde au grave de plus, laquelle répond au la des basses du clavier: c’est ce qu’on indique dans la même table par une astérique ; d’ailleurs cette addition n’est pas générale. Quant à la diversité des couleurs qui regne entre ces cordes, elle est telle que toutes les cordes qui sonnent l’ut, sont rouges, & que toutes celles qui sonnent le fa, sont bleues ; les autres restent blanches, c’est-à-dire de la couleur qui leur est naturelle.
Ce qui devient une autorité de plus pour l’opinion que cet instrument étoit en usage chez les Grecs ; car ceux qu’ils employoient, comme nous l’avons déjà dit, sous le nom de trigonon & de simichon, étoient montés du tems de Timothée le Milésien selon son systême, c’est-à-dire chromatiquement, & les cordes répondoient aux caracteres peints colorés ou marqués, du mot chroma. Or ce systême portoit donc alors les cordes appellées mobiles de différentes couleurs ; celui de la harpe détermine exactement ces mêmes cordes de quatre en quatre, donc il ne differe aucunement à cet égard de l’ancien systême des Grecs. Ainsi, puisque les ut & les fa, appellés chez ces peuples hypaton chromatiqué, meson chromatiqué, synemmenon chromatiqué, diezeugmenon chromatiqué, hyperboleon chromatiqué, sont encore les mêmes cordes chromatiques ou colorées qui subsistent actuellement dans la harpe, cela sert à prouver plutôt l’ancienneté de cet instrument, que les moyens d’en faciliter la pratique, ainsi que le prétendent la plupart ; car il importe-roit fort peu d’ailleurs, pour l’exercice des doigts, que ces cordes fussent d’une seule couleur, ou qu’elles le fussent de plusieurs. Ne voit on pas même encore des claviers d’orgue & de clavecin, dont les touches ou marches sont aux uns de couleurs opposées à la couleur de celles des autres? Ce qui sert à prouver qu’il y a dans ce fait plus d’arbitraire que de nécessité.
L’accord général & diatonique de toutes les cordes à vuide de cet instrument est toujours dans le ton de b-fa-si bémol, comme celui qui est le plus commode, eu égard à la fonction des pédales, qui est de hausser toutes les cordes au moyen desquelles tous les si & les mi bémols deviennent naturels, & montent la harpe au ton de C-sol-ut, lorsqu’il s’agit de jouer dans ce ton, & ainsi du reste à l’égard des autres tons, quand il est nécessaire. La maniere d’accorder la harpe, est la même que celle dont on use pour accorder les clavecins, c’est-à-dire en altérant un peu chaque quinte jusqu’à ce que la derniere se trouve naturellement d’accord d’elle-même. Voyez Partition, Tempérament. Ainsi par ce moyen & celui des sept pédales, la harpe se trouve exactement accordée relativement à tous les sons ou modes possibles.
La harpe se pince des deux mains ; la main gauche est principalement destinée aux basses, & la droite aux dessus. On tient cet instrument entre les jambes, le corps sonore appuyé contre l’épaule droite, pour avoir la facilité d’agir de l’un & de l’autre côté, en observant toujours de pincer les cordes le plus près possible de la table, afin que les sons en soient plus moelleux, plus suaves.
Quant aux sept pédales, il y en a trois du côté du pié gauche, & quatre du côté du pié droit: les trois premieres portent le nom de pédales de si, d’ut, de re ; les quatre dernieres, celui de pédales de mi, de fa, de sol, & de la, du nom des cordes qu’elles alterent, & leur effet est tel qu’on le voit indiqué, Pl. XVIII. dans les cellules qui répondent au clavier par les trois lettres droites & les quatre penchées de la premiere octave au grave qui fait mouvoir en même tems les trois autres octaves à l’aigu, désignées par des petites lettres & des points correspondans.
Voici maintenant le développement de toutes les parties qui composent la harpe organisée.
Description de toutes les parties qui composent la Harpe organisée.
Fig. 1. Pl. XIX. A a b le corps sonore de la harpe, creux en dedans. A a la table. c c la bande où sont attachées toutes les cordes par le moyen d’autant de petits boutons. e e e les ouies. b le dos de la harpe.
B le bras ou montant, creux en dedans. Lorsque les harpes sont simples, c’est-à-dire sans pédales, & qu’on appelle petites harpes, ce bras est plein.
C console garnie de chevilles, sur lesquelles s’attachent toutes les cordes. f f f les chevilles qui tendent les cordes. g g crochets ou sabots, qui en pinçant les cordes, rendent les sons diesés ou bémols. Voyez la fig. 2.
D pié de la harpe, ou cuvette. s, u, r sont des pédales si, ut, re. Pour se servir des pédales, on les abaisse comme celle marquée u. Il y en a quatre autres de l’autre côté de cet instrument que l’on ne peut pas voir ici, & ces sept pédales répondent à sept tringles de fil d’archal renfermées dans le bras B, & montent jusqu’en haut ; ces tringles correspondent à sept ressorts qui sont renfermés dans la console C, & qui font mouvoir les crochets d d. On verra dans la Planche suivante le méchanisme des pédales développé en grand, afin de le faire mieux sentir.
La harpe que nous représentons ici, a 35 cordes. Les deux premieres grosses cordes & les trois dernieres petites ne sont pas diesées ici, c’est-à-dire qu’il n’y a point de pédales pour elles, attendu que l’usage en est très-rare, par rapport à la plupart des pieces de musique destinées pour cet instrument.
Le nombre des cordes est assez arbitraire dans les harpes. On peut monter ces instrumens depuis 30 cordes jusqu'à 36 ou 37, cela ne dépend que de celui qui les fait faire. On est dans l'usage, pour la facilité de jouer, suivant l'opinion commune, de teindre en rouge toutes les cordes ut, & en bleu toutes les cordes fa, & les autres à l'ordinaire. Voyez ce qui vient d'être dit plus haut à ce sujet.
2. Chaque corde est fixée par son extrémité inférieure sur la table par le moyen des boutons, voyez fig. 3. & son extrémité supérieure répond à une cheville qui traverse toute l'épaisseur de la console, & dont on ne voit ici que le bout f. Cette cheville sert à tendre la corde. h, 2 est le porte-corde qui est un piton de cuivre ; c'est entre le porte-corde & l'attachement inférieur que se fait la vibration de la corde i, i. q est un sillet de cuivre placé sous chaque corde à une distance 2, 3 donnée du porte-corde. Cette distance fait la seizieme partie de toute la longueur de la corde, prise depuis son attachement inférieur jusqu'au porte-corde h.
S T d le crochet. S T la queue de fer terminée en vis. d le sabot de cuivre vissé sur sa queue. Lorsque la queue est mue par une pédale, son mouvement est de reculer de T en S, alors le sabot venant à rencontrer la corde i i, il la serre de maniere qu'elle vient s'appuyer sur le sillet q, & la vibration de la corde se trouvant alors interceptée au point 3, lequel détermine la seizieme partie de la longueur de la corde, le son qu'elle rend, se trouve par ce moyen élevé d'un demi-ton, c'est-à dire que d'ut naturel, par exemple, qu'il étoit, il devient ut diese, & ainsi de tous ceux qui lui sont correspondans.
3. p, q, r boutons qui entrent juste dans les trous dont la bande de la table est percée. Chaque bouton a une rainure p q dans toute sa longueur ; cette rainure sert à loger la corde comme on le voit en i, r, i, on fait un nœud au bout de la corde, & on introduit le bouton dans le trou jusqu'à ce que sa tête affleure la bande représentée ici par la ligne s s.
4. La cheville de fer pour tendre les cordes. T u chevilles pour les sept ou huit premieres grosses cordes ; à l'extrémité u est un œil pour passer la corde. T x chevilles pour les moyennes & petites cordes. L'extrémité x est une rainure dans laquelle on fait entrer la corde, afin de la fixer.
5. Clé ou accordoir pour tourner les chevilles, monter les cordes, & mettre l'instrument d'accord.
On a représenté les fig. 2, 3, 4 & 5 de grandeur naturelle.
PLANCHE XX.

Développement & détail des pédales.
Fig. 1. A le plateau au fond du corps sonore vu pardessous, sur lequel sont attachés tous les leviers des pédales si, ut, re; mi, fa, sol, la.
E F levier qui a son point d'appui dans une châpe G. Ce levier est brisé au point K & au point M, comme on peut le voir dans les fig. 4 & 5.
F I autre levier qui communique son mouvement à une des tringles montantes dans le bras de la harpe. H est une châpe qui sert de point d'appui à ce levier. L est une cheville dont on verra l'usage fig. 3. M est le point où le bras E peut se relever perpendiculairement, comme on le voit fig. 5.
B platine de fer, sur laquelle sont rivées toutes les châpes H des pédales ; cette platine tient au plateau du fond A par des vis.
n, o, n crampon de fer qui passe dans l'épaisseur du plateau, & qui unit & assujettit le bras de la harpe au pié du corps sonore. n, n écroux qui serrent ce crampon. Voyez fig. 2.
C, C, les trois trous qui reçoivent les vis qui adaptent la cuvette ou double fond au pié de la harpe.
2. n, o, n crampon avec ses écroux p, p.
3. Une des pédales dans sa situation naturelle, le pié de la harpe étant supposé verticalement. A le pla-teau ou fond du corps sonore. b, b vis de la pla-tine. g vis de la châpe G. B le bras de la harpe coupé verticalement. d D d la cuvette ou doule fond. E F levier qui a son point d'appui dans la châpe G. Lorsque l'on pose le pié sur le bras E, l'extrémité F fait remonter l'extrémité f du levier f I qui se meut dans sa châpe au point H, & le point I est forcé de descendre ainsi que l'extrémité O de la tringle I O qui répond au levier coudé O P Q, dont le point d'appui est en P ; alors la branche P Q décrit l'arc du cercle Q r, en attirant à elle une autre tringle renfermée dans la console, comme on le verra dans la Planche suivante, fig. 1 & 2. On voit en M, K les points où le bras E F peut se briser, voyez fig. 4 & 5. L est la cheville sous laquelle on fait passer le bras E K, en le baissant jusqu'en y, afin que la note se soutienne toujours diésée, sans que le joueur soit obligé d'appuyer continuellement son pié sur la pédale ; c'est ce qu'on appelle accrocher la pédale.
4. E K F le premier levier mû horisontalement autour du point K. M charniere verticale représentée dans la fig. suivante.
5. e m k bras du premier levier représenté relevé de m en e, & dans la situation où il doit être, lorsque l'on ne veut pas s'en servir. Voyez Pl. I. fig. 2. deux pédales r s relevées.
6. D cuvette ou double fond qui s'adapte au pié de la harpe par le moyen de trois vis dont on voit un des trous c. Voyez les trous correspondans C, C, C dans la fig. 1. r, r, r piés de fer qui servent à garantir le fond de la cuvette du frottement qu'il éprouveroit étant posé à terre. La cuvette a quatre piés de cette espece, dont on ne peut ici en représenter que trois. Sur les faces latérales du dos de la cuvette sont représentées sept ouvertures par lesquelles passent les queues des pédales si, ut, re ; mi, fa, sol, la. Ces ouvertures se retournent d'équerre par en bas, comme on le voit en s, afin que la queue se loge sous le cran s, lorsque la pédale est accrochée.
7. q, q, q les vis de la cuvette.
PLANCHE XXI.

Console de la harpe ; détail des leviers & des ressorts qu'elle renferme.
Fig. 1. A A console d'une harpe organisée ouverte pour laisser voir les tirans des crochets contenus dans sa boîte D. B le bras de la harpe supposé coupé verticalement dans la partie inférieure pour laisser voir les tringles I o qu'il renferme.
On a vu dans la fig. 3. de la Pl. précédente comment chaque tringle I o agit sur un levier coudé o p q. Il y a sept leviers coudés qui se joignent chacun par une rivure à charniere q à une mince lame de fer q 1, q 2, q 3, q 4, q 5, q 6, q7. Chacune des lames est un tiran qui s'unit dans toute sa longueur avec les leviers des crochets des cordes ut ; le tiran 2 agit sur tous les leviers des cordes re, & ainsi des autres, parce qu'il y a sept tirans pour les sept cordes si, ut, re ; mi, fa, sol, la. On peut voir en grand ce méchanisme dans la fig. suivante.
C le dedans du corps sonore que l'on suppose coupé verticalement. e, e, e les boutons qui attachent les cordes sur la table du corps. a a a les têtes des chevilles à tendre les cordes ; & c'est de ce côté que se remonte l'instrument.
2. Q X un des tirans qui s'unit à charniere au point R avec un levier. R, r ce levier est fixé sur un arbre r Y qui se meut librement sur deux pivots. L'arbre a un bras Y Z qui reçoit en S la queue du crochet S T d. l, m, n, n les supports des arbres des leviers. o o les piés des supports qui sont rivés sur une platine de fer qu'on voit fig. 4.
T la queue du crochet. d le sabot qui se visse sur la queue. i, i la corde que l'on suppose être serrée par le crochet sur le sillet q.
3. D plan de la platine de fer qui s'adapte au fond de la boîte de la console par le moyen des vis e, e, e. On a supprimé ici tous les tirans qui sont dans la fig. 1. afin de laisser voir l'arrangement de chaque arbre avec son levier, qui répond à la queue du crochet qui est censé être de l'autre côté de la platine. r y, r y arbres. y s, y s leviers des queues des crochets. s, s, s, s trous par où passent les queues. 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, les ressorts qui ramenent les tirans, lorsque les piés du joueur n'appuient plus sur les pédales. Voyez ces ressorts, fig. 4.
4. Représentations en grand des ressorts. X ressort vu de côté, & qui est fixé sur un arbre z, autour duquel il se roule en spiral. Son extrémité V porte un crochet qui passe dans un œil pratiqué à l'extrémité du tiran, & qui lui est propre. Voyez la fig. 2. où le tiran Q X est percé pour recevoir le crochet du ressort au point X. x, x le même ressort vu en dessus. u son crochet. y, y les supports sur lesquels l'arbre du ressort est rivé par ses extrémités. Les supports sont rivés sur la platine.
5. Console coupée sur son travers. W est le côté des cordes & des crochets. A est le côté qui contient les tirans. b porte de la boîte. c la profondeur de la boîte. D la platine. e, i la cheville qui tend la corde. i i la corde. h le porte-corde. t la queue du crochet. d le sabot. q le sillet.
6. Porte de la boîte de la console. Cette boîte est toujours fermée afin de garantir toutes les pieces qu'elle contient de tout accident. a a languette ou chanfrein fort mince qui s'introduit dans une rainure pratiquée au haut de la boîte. b petite clé qui fait partie de la porte, & qui se met après coup pour assujettir la porte dans son lieu. c la clé vue séparément.
Les explications de ces dernieres Planches du méchanisme de la harpe ont été fournies par M. Prevost.
PLANCHE XXII.

Cette Planche qui est extraite du mémoire de M. Sauveur sur l'Acoustique, offre une table générale du rapport de l'étendue des voix & des instrumens de musique comparés au clavecin. Comme elle s'explique d'elle-même, nous n'exposerons simplement ici que quelques remarques particulieres sur quelques-uns des objets qu'elle contient.
Premierement, les voix étant susceptibles de plus ou de moins d'étendue, tant au grave qu'à l'aigu, on a marqué d'une part dans cette table, au moyen des lettres majuscules & minuscules, leur étendue fixe, la plus générale & telle que l'organe vocal la détermine naturellement. Quant à l'extension ordinaire que chacune d'elles peut encore avoir, elle y est aussi indiquée d'autre part aux deux extrémités de leur étendue par un prolongement ponctué de la ligne horisontale qui en fixe les termes. Voyez Étendue, Voix.
Secondement, on remarquera que les chiffres placés dans cette table au bout des lignes qui comprennent quelques instrumens à vent, ne désignent autre chose que le terme de l'étendue de ces mêmes instrumens du côté de l'aigu comparé au premier terme du côté du grave. Ainsi par exemple, indique que le second terme de l'étendue du dessus de flûte à bec à l'aigu est le fa double octave du au grave son premier terme, avec laquel il forme un intervalle de quinze degrés ou d'une quinzieme, &c. des autres.
Troisiemement, quant à l'étendue de la trompette & du cor, le son désigné dans cette table par le chiffre 1, comme premier terme de compararson, indique le son fondamental, celui de la totalité du corps sonore, & qu'on ne tire de ces instrumens qu'avec une très-grande difficulté, vu que leur longueur ne permet pas à la faculté humaine de faire ce qu'un soufflet produit dans l'orgue ; aussi ce son n'est-il jamais employé dans les parties qui leur sont destinées. Ensuite viennent les termes 2 qui en indique l'octave, & 3 qui en indique la douzieme ou double quinte, & ainsi du reste, suivant l'ordre naturel des nombres ou des parties aliquotes de la totalité.
On peut encore remarquer que les expressions, , 13½, , ne sont placées au-dessous de celles des sons harmoniques, exacts & naturels, eu égard aux touches du clavier auxquelles ces mêmes expressions répondent, que pour faciliter la comparaison que l'on peut faire de ces sons les uns aux autres, & faire voir en même tems combien cela répand de vice dans l'harmonie qui résulte de l'ensemble de ces instrumens avec ceux pour lesquels on use du tempérament. Voyez ce mot. D'un autre côté, le son si exprimé par le terme 15, n'est qu'un son factice qui participe plus de l'art que de la nature annexée aux sons de ces instrumens. A l'égard de l'étendue des cors & des trompettes à l'aigu au-dessus du terme 16, elle ne sçauroit être déterminée ; l'habileté plus ou moins grande de ceux qui en sonnent, en fixe seule les bornes. Voyez Cor, Trompette.
Quatriemement, par rapport aux timbales, on observera qu'elles sont ordinairement d'une grandeur inégale & proportionnelle entr'elles; qu'on les accorde à la quarte juste l'une de l'autre, c'est-à-dire que par la raison qu'elles servent de basse ou d'accompagnement aux trompettes, aux cors, & aux autres instrumens harmoniques, qui ne sont point soumis à la loi du tempérament en usage sur tous les instrumens à cordes, les timbales doivent y être conformément accordées. Or la plus petite sonne le C-sol-ut, à l'unisson de l'ut de la seconde octave des basses du clavecin, ou du quatre-piés dans l'orgue, & la plus grande, celui du G-re-sol ou sol sa dominante tonique, une quarte au-dessous ; alors les timbales sont réputées être montées ou accordées dans le ton de C-sol-ut. On peut encore accorder les timbales en D-la-re, en montant les deux peaux d'un ton plus haut (c'est ce qu'indiquent dans cette table les secondes lettres), & même encore en G-re-sol: mais dans ce cas il ne faut monter que la peau de la plus petite d'un ton, & laisser la grande qui sonne le sol, telle qu'elle se trouve ; ce dernier cas est rare.
L'explication de cette derniere Planche a été fournie par M. de Lusse.