Planches:MANEGE ET ÉQUITATION, Allures naturelles (volume VII)
MANEGE ET ÉQUITATION,
Contenant trente-trois Planches.
Allures naturelles.
LEs allures naturelles se distinguent en parfaites & en défectueuses.
Allures naturelles & parfaites.
PLANCHE Iere.

Cette Planche représente le pas & le trot.
Fig. 1. Ce dessein représente un écuyer menant un cheval au pas à droite dans l'intérieur d'un manège, où plusieurs spectateurs se trouvent présens.
Le pas est l'allure la plus lente & la plus douce dans un cheval.
On dit qu'une allure est à droite ou à gauche, lorsque le cheval va à droite ou à gauche. Alors le cavalier doit plier son cheval à la main où il va ; c'est-à-dire que s'il va, par exemple, à droite, il doit tourner la tête de son cheval tant soit peu à droite, & lui plier l'encolure de maniere qu'elle devienne convexe à gauche, & tant soit peu concave a droite.
Le pli pour être beau, doit prendre naissance du garrot, & le cheval ne doit pas paroître tiré par le bout du nez.
Le pas se fait en quatre tems ; si, par exemple, le cheval va à droite, la jambe droite de devant se levera & se portera en-avant, elle sera suivie de la gauche de derriere qui fera la même action, ensuite la gauche de devant subira le meme mouvement, & enfin la jambe droite de derriere mue à son tour d'un mouvement de progression, formera le quatrieme & dernier tems: de la continuité de ce mouvement résultera le pas.
2. Ce dessein représente le trot à droite.
Le trot est une allure plus rude & plus relevée que le pas.
Cette allure se fait en deux tems.
Le cheval qui va au trot leve en même tems les jambes opposées de devant & de derriere. S'il va à droite, il leve la jambe droite de devant & la jambe gauche de derriere en même tems, il les pose à terre toutes deux à la fois en se portant en-avant, leve ensuite les deux autres en même tems, la jambe gauche de devant & la droite de derriere, les pose à terre, & ainsi de suite.
PLANCHE II.

Cette Planche représente le galop uni à droite, & le galop faux à droite.
Fig. 3. Ce dessein represente le galop uni à droite.
Le galop est l'action que fait le cheval en courant ; c'est une continuité de sauts en-avant, à chacun desquels il y a un instant imperceptible où les quatre jambes du cheval sont en l'air.
Le galop se fait en trois tems. Dans le galop uni à droite, le cheval s'étant rassemblé sur les hanches & s'apprêtant à chasser le devant, pose le pié gauche de derriere à terre, ce qui forme ce premier tems ; le pié droit de derriere se pose ensuite plus avant que le pié gauche de derriere, & dans la même seconde le pié gauche de devant se pose aussi à terre, l'action réunie de ces deux dernieres jambes forme le second tems ; enfin la jambe droite de devant étant placée à terre plus avant que la jambe gauche de devant & sur la ligne de la jambe droite de derriere, acheve le troisieme & dernier tems.
Dans le galop uni à gauche, les piés se posent dans un ordre renversé, c'est-à-dire qu'au-lieu du pié gauche de derriere comme dans le galop à droite, c'est le pié droit de derriere qui se pose le premier ; ensuite le pié gauche de derriere qui se place plus avant que le pié droit de derriere, & se pose en même tems que le pié droit de devant, &c.
Lorsque la position des piés se fait telle que nous venons de le dire & dans l'ordre que nous venons d'établir, le galop est uni. Si cet ordre est altéré, alors le cheval galope faux ou désuni.
4. Ce dessein représente le galop faux à droite.
Un cheval galope faux, lorsqu'allant à une main la position des piés se fait dans l'ordre qui seroit convenable s'il alloit à l'autre main. Ainsi dans le galop faux à droite le cheval meut ses jambes comme s'il galopoit uni à gauche.
Lorsqu'un cheval galope faux ou sur le mauvais pié, son assiette n'est point sure, l'équilibre n'étant pas observé.
PLANCHE III.

Cette Planche contient le galop désuni du derriere à gauche & le galop désuni du derriere à droite.
Fig. 5. Ce dessein représente le galop désuni du derriere à gauche.
Le cheval ici representé galope désuni du derriere, parce qu'allant à gauche, & entamant le chemin de la jambe gauche de devant, la jambe gauche de derriere devroit suivre la jambe gauche de devant, & s'avancer sous le corps du cheval pour en soutenir le poids.
6. Ce dessein représente un cheval en liberté galopant désuni du derriere à droite.
Ce cheval galope désuni du derriere, parce que pour que le galop fût uni, il faudroit que la jambe droite de derriere avançât davantage, pour suivre la jambe droite de devant qui entame le chemin, & que la jambe gauche de derriere reculât un peu.
PLANCHE IV.

Cette Planche contient le galop uni à gauche & le galop faux à gauche.
Fig. 5. n°. 2. Ce dessein est expliqué dans la Planche II. Il représente le galop uni à gauche.
6. n°. 2. Dans ce dessein est représenté le galop faux à gauche.
Dans le galop faux à gauche le cheval meut les jambes comme s'il galopoit uni à droite. Il est en danger de tomber, puisque la jambe gauche de derriere ne s'avance pas sous le poids du corps pour établir l'équilibre.
PLANCHE V.

Cette Planche contient le galop désuni du devant à droite, & le galop désuni du devant à gauche.
Fig. 7. On voit dans ce dessein un cheval qui galope désuni du devant à droite.
Ce cheval galope désuni du devant, parce qu'allant à droite il entame le chemin de la jambe gauche de devant.
8. Ici se présente un cheval galopant désuni du devant à gauche.
Il galope désuni du devant, parce que portant les jambes de derriere régulierement pour la main où il va, il entame le chemin de la jambe de dehors de devant, & qu'allant à gauche il devroit entamer le chemin de la jambe de dedans ou de la jambe gauche de devant suivie de la jambe gauche de derriere.
Allures défectueuses.
PLANCHE VI.

Cette Planche retrace l'amble & l'aubin.
Fig. 9. Dans ce dessein on voit un cheval découvert qui va l'amble.
L'amble est une allure défectueuse. On appelle allure défectueuse celle que prend un cheval foible ou ruiné, ou à qui on a imprimé une mauvaise habitude.
Dans l'amble le cheval leve à-la-fois les deux jambes du même côté, celle de devant & celle de derriere & les porte en-avant, & dans le tems qu'il les pose à terre, les deux autres jambes du côte opposé se levent & opérent le même mouvement ; le cheval d'amble fait beaucoup de chemin & son allure est fort douce: elle est plus basse que celle du pas, & beaucoup plus alongée.
10. Ce dessein représente l'aubin.
L'aubin est une allure défectueuse que prend un cheval qui a les hanches foibles ou ruinées, ou qui est extrêmement fatigué après avoir longtems couru.
Dans cette allure un cheval galope du devant & trote du derriere.
Les chevaux de poste aubinent assez communément.
Des Allures artificielles.
Les allures artificielles sont celles que donnent les habiles écuyers aux chevaux qu'ils dressent à l'air qui convient à leur naturel. Ces airs prennent différens noms, selon la différence du mouvement & de la posture qui les constitue: on distingue les airs bas & les airs relevés.
Les airs bas sont ceux des chevaux qui manient près de terre.
Les airs relevés sont ceux dans lesquels les chevaux, par leur mouvement, se détachent davantage de terre.
Airs bas ou près de terre.
PLANCHE VII.

Fig. 11. Ce dessein représente le passage.
Le passage est un air près de terre dans lequel le cheval marche au pas ou au trot, plus écouté & plus raccourci que le pas ou le trot ordinaire. Il tient les jambes plus longtems en l'air & les pose naturellement par terre, ensorte qu'il fasse peu de chemin & n'avance pas plus d'un pié à chaque pas qu'il fait.
12. Ici on a représenté la galopade.
La galopade ou galop de manège est un galop en quatre tems, uni, raccourci du devant, actif & prompt des hanches, & dont les mouvemens s'exécutent dans une cadence réguliere & mesurée.
PLANCHE VIII.

Fig. 13. On voit dans ce dessein un exemple de la volte. Dans la volte le cheval va de deux pistes de côté. Les jambes de devant décrivent une circonférence, & celles de derriere une autre. Ces deux circonférences ont le même centre, on peut dire que dans la volte, le cheval allant de deux pistes de côté, décrit un quarré dont les coins sont arrondis.
On compte la volte ordinaire & la volte renversée.
Dans la volte ordinaire les hanches du cheval décrivent la circonférence la plus petite & la plus rapprochée du centre de la volte, & les épaules marchent sur la plus grande circonférence ou celle qui est la plus éloignée du centre.
C'est le contraire dans la volte renversée où les épaules sont tenues plus près du centre de la volte & décrivent le plus petit cercle, tandis que les hanches décrivent le plus grand.
On a représenté une volte ordinaire à droite.
14. On donne ici un exemple de pirouette à gauche.
La pirouette est une espece de volte dans la longueur du cheval ; dans cet air le pié de derriere de dedans du cheval reste au même point & n'a qu'un mouvement de rotation, le reste du corps du cheval tourne autour de ce point comme s'il se mouvoit sur un pivot. Les épaules du cheval décrivent donc une circonférence qui a pour rayon la longueur du cheval, & le pié de derriere de dehors en décrit une fort petite autour du pié de derriere de dedans.
PLANCHE IX.

Qui contient le Terre-à-Terre compris dans les Airs bas & la Pesade placée au rang des Airs relevés.
Fig. 15. Dans ce dessein se voit le terre-à-terre à droite.
Le terre-à-terre est un galop en deux tems, qui se fait de deux pistes, le cheval allant toujours en-avant & de côté: il leve les deux jambes de devant à-la-fois, & les pose à terre de même ; celles de derriere se levent ensuite & se posent aussi à terre en même tems. Le mouvement des jambes de devant qui se portent un peu en avant & de côté vers la main où va le cheval, forme le premier tems. Celui des jambes de derriere qui répetent la même opération forme le second tems. Ces mouvemens sont fort bas & très-peu détachés de terre.
Airs relevés.
Tous les sauts qui sont plus détachés de terre que le terre-à-terre, prennent le nom d'airs relevés.
Tous les sauts se font en deux tems. Le terre-à-terre composé d'une suite de petits sauts très peu détachés de terre, & placé par cette raison au rang des airs bas, est une préparation aux airs relevés, dans lesquels les sauts d'un cheval sont plus élevés de terre.
On compte d'abord parmi les airs relevés la pesade, qui n'est point formée par aucun saut, & ne se fait point en deux tems, elle dispose un cheval à sauter, & lui prépare le devant.
16. Ce dessein est un exemple de la pesade.
Dans cet air le cheval dans une place leve le devant haut, & tient les piés de derriere ferme à terre sans les avancer ou reculer, ni leur imprimer aucun mouvement.
PLANCHE X.

Fig. 17. C'est le mézair que l'on voit dans ce dessein.
Le mézair est un saut un peu plus relevé que le terre-à-terre, mais moins écouté & plus en-avant que la courbette ; il tient positivement le milieu entre l'un & l'autre de ces deux sauts.
18. Ici est représentée la courbette.
La courbette est un saut dans lequel le cheval se trouve plus relevé du devant, plus écouté & moins avancé que dans le mézair. Dans cet air les hanches opérent un mouvement bas & cadencé dans le moment que les piés de devant retombent à terre.
PLANCHE XI.

Fig. 19. Dans ce dessein se voit la croupade.
La croupade est un saut dans lequel le cheval s'éleve plus haut que dans la courbette ; il tient dans le haut du saut les jambes de derriere retirées sous le ventre à égale hauteur que celles du devant, & le plat des fers tournés vers la terre.
20. La ballottade est représentée dans ce dessein.
La ballottade est un saut dans lequel le cheval s'etant élevé & tenant ses piés de devant & de der-riere à hauteur égale, au-lieu de retirer ses jambes de derriere sous le ventre comme dans la croupade, il les porte en arriere seulement autant qu'il en est besoin pour montrer les fers, & former la moitié du mouvement qui completteroit une ruade parfaite.
PLANCHE XII.

Fig. 21. Ce dessein offre aux yeux un exemple de la capriole.
La capriole est le plus élevé de tous les sauts. Le cheval étant en l'air, à hauteur égale, tant du devant que du derriere, acheve le mouvement dont il n'avoit fait que la moitié dans la ballottade, mais c'est avec la plus grande violence qu'il commence & acheve ce mouvement, & il détache la plus vive ruade qu'il lui soit possible.
On compte encore parmi les airs relevés le pas & le saut. Nous n'en donnons point l'exemple dans un dessein. L'image de cet air, que l'on se représentera aisément dans l'esprit, ne pourroit pas se mettre sur le papier rassemblée en une seule figure, puisque cet air se forme en trois tems, qui doivent exister l'un après l'autre & s'effacer réciproquement.
Cet air est composé d'un tems de terre à terre qui forme le premier de ces trois tems, d'une courbette qui fait le second, & d'une capriole qui acheve le troisieme, & ainsi alternativement.
Nous allons donner un exemple de quelques leçons que les savans écuyers ont imaginées pour assouplir les ressorts des chevaux, leur donner toute la commodité & la sureté dont ils étoient susceptibles, & en tirer toute la grace, toute l'élégance & toute la pompe que l'on pouvoit en attendre.
22. Leçon du piafer dans les piliers.
Le piafer est l'action du trot ou du passage sans avancer, reculer ni se traverser.
C'est dans les piliers qu'il est plus aisé de dresser un cheval à cette cadence, qu'en liberté.
Cette leçon donne un beau pli au bras du cheval, lui dénoue les épaules en leur imprimant un mouvement relevé & hardi, lui rend les hanches liantes, & lui ennoblit toute la posture.
Dans le dessein on voit un écuyer monté sur un cheval qui est dans l'action du piafer dans les piliers ; derriere est un autre écuyer attentif aux mouvemens.
PLANCHE XIII.

Fig. 23. Ce dessein représente la leçon de l'épaule en dedans. La leçon de l'épaule en-dedans apprend à un cheval à croiser facilement une jambe par-dessus l'autre pour se mouvoir de côté.
Dans cette leçon un cheval ayant les hanches plus près de la muraille que les epaules environ d'un pié & demi ou deux piés, la tête tournée vers le centre du manege, à la main où il va, obeit aux aides de l'écuyer qui le secourt de la rêne & de la jambe de dedans, & passant les jambes de dedans par-dessus celles de dehors, marche en-avant dans une posture oblique le long de la muraille. Ses hanches décrivent une ligne & ses épaules une autre plus éloignée de la muraille que celle des hanches d'environ deux piés, comme nous l'avons dit.
Cette description deviendra plus sensible par l'application que nous allons en faire au plan de terre de l'épaule en-dedans.
PLANCHE XIV.

Fig. 24. Plan de terre de l'épaule en-dedans.
M Muraille du manège.
A Ligne des hanches.
B Ligne des épaules.
C Côté du manège dans lequel un cheval va à droite.
P 1 Pié de derriere de dehors du cheval.
P 2 Pié de derriere de dedans.
p a Pié de devant de dehors.
p b Pié de devant de dedaus.
p b 3 Position du pié de dedans de devant qui vient de passer circulairement par-dessus le pié de dehors de devant, lorsque le cheval a commencé à se porteren avant dans une posture oblique.
p 2 3 Position du pié de dedans de derriere qui a été croisé par-dessus le pié de dehors de derriere ; la continuation de ce mouvement produit l'épaule en-dedans.
D Côté du manège dans lequel un cheval va l'épaule en-dedans à gauche.
E Changement de main à droite.
PLANCHE XV.

La Croupe au mur.
Fig. 25. Dans la croupe au mur un cheval marche entiérement de côté, la croupe tournée vers la muraille & les épaules vers le centre du manège. La moitié des épaules doit marcher avant la croupe, ensorte que si le cheval va à droite, le pié gauche de devant doit se trouver sur la même ligne que le pié droit de derriere, & cette ligne est perpendiculaire à la surface du mur. Les deux lignes que les hanches & les épaules décriront seront paralleles & distantes l'une de l'autre de l'éloignement des piés de derriere du cheval aux piés de devant. Ces lignes seront dans une direction droite, la même que celle du pié du mur ; ce qui suppose que le cheval se portera uniformément de côté sans avancer ni reculer. La croupe sera placée à deux piés de distance de la muraille pour éviter le frottement de la queue contre le mur.
L'encolure du cheval doit former un beau pli du côté où il va.
PLANCHE XVI.

Fig. 26. Plan de terre de la croupe au mur.
m Muraille du manège.
A Ligne des hanches.
B Ligne des épaules.
C Côté du manège dans lequel le cheval va à droite
D Côté du manège dans lequel il va à gauche.
E Ligne du milieu du manège, sur laquelle, crainte qu'un cheval ne s'habitue à se jetter sur un talon ou sur l'autre, on le mene à la fin de chaque reprise & on le recule, droit d'épaules & de hanches, d'une piste & dans la balance des talons.
p Pié de derriere de dehors.
p 2 Pié de derriere de dedans.
p a Pié de devant de dehors.
p b Pié de devant de dedans.
p a 3 Place où se pose le pié de dehors de dehors, lorsque la jambe de dehors de devant passe par-dessus celle de dedans de devant.
p 1 3 Place du pié de dehors de derriere qui s'est avancé en se croisant par-dessus celui de dedans de derriere.
On remarque que dans la leçon de la croupe au mur, le mouvement que forment les jambes qui s'élevent pour chevaler par-dessus celles qui posent à terre, est le même que dans la leçon de l'épaule en-dedans, à l'exception que dans la croupe au mur ce mouvement est plus pénible étant nécessairement plus circulaire, puisque le cheval va parfaitement de côté, & presque droit d'épaules & de hanches.
On voit que ces deux dernieres leçons d'épaule en dedans & de croupe au mur, apprennent à un cheval à fuir les talons aisément & de bonne grace.
PLANCHE XVII.

Fig. 27. Plan de terre de la maniere de doubler. Il y a doubler large & doubler étroit.
Il faut concevoir le manège comme un quarré long. Mener un cheval sur un quarré plus grand ou plus petit, pris dans l'intérieur de ce quarré long, est ce qu'on appelle doubler large ou doubler étroit.
A Exemple de la maniere de doubler large à droite.
B Exemple de la maniere de doubler étroit à droite.
C Exemple de la maniere de doubler étroit à gauche.
d d Piés de derriere du cheval.
e e Piés de devant.
d F Piés de derriere du cheval sur lequel il doit se mouvoir comme sur un pivot, au bout de la ligne du quarré, pour se remettre à angle droit sans que la croupe se dérange & sorte de son point. Ce mouvement a lieu dans les angles du quarre qui répondent au milieu du manège.
Dans les angles du quarré qui répondent aux coins du manège, les hanches doivent passer précisément par où ont passé les épaules, ce qui s'appelle prendre les coins.
PLANCHE XVIII.

Fig. 28. Plan de terre des changemens de mains.
Le changement de main est la ligne que décrit le cheval en traversant le manège ou une partie du manège, lorsqu'il se transporte obliquement soit à droite, soit à gauche, d'une muraille à l'autre, ou du milieu du manège à l'une des deux murailles.
On compte le changement de main large, le changement de main étroit, le contre-changement de main & le changement de main renversé.
Tous ces différens changemens de main instruisent un cheval à se déterminer en vertu de la main & des talons, & non pas par routine ou de mémoire.
A Changement de main large à droite.
Dans le changement de main large le cheval va obliquement d'une muraille à l'autre, soit d'une piste, soit de deux pistes. Lorsqu'il va de deux pistes, il conserve la même position que dans la croupe au mur, excepté qu'à chaque pas qu'il fait, il doit se porter en avant.
B Changement de main étroit à droite.
Pour changer de main étroit à droite, il faut se servir de la proportion du doubler étroit, & partir de la fin de la premiere ligne du doubler étroit pour arriver à la muraille sur une ligne parallele à celle du changement de main de large.
Les hanches & les épaules doivent arriver en même tems à la muraille à la fin de chaque changement de main ; c'est ce qui s'appelle fermer le changement de main.
C Contre-changement de main.
Lorsque dans le changement de main large le cheval est arrivé au milieu du manège à la moitié de la ligne oblique sur laquelle il doit parvenir à l'autre muraille, si au-lieu de le continuer, on le fait marcher droit en avant deux ou trois pas, que l'on lui place la tête à l'autre main, & qu'on le conduise sur une ligne oblique pour arriver à la muraille que l'on vient de quitter, qu'ensuite on continue d'aller à la main où l'on étoit auparavant de commencer de changer large, cela s'appellera contre-changer de main.
D Changement de main renversé.
Pour former le changement de main renversé, on commencera le changement de main large, on passera ensuite au contre-changement de main, puis au milieu de la ligne oblique du contre-changement de main, au lieu de continuer d'aller à la muraille, on renversera l'épaule de son cheval pour se retrouver à l'autre main.
Le plan de terre rend sensible la marche de ces différens changemens de main, contre-changemens de main, changemens de main renversés.
PLANCHE XIX.

Fig. 29. Plan de terre des voltes,
Voyez la Pl. VIII. fig. 15. où la volte est décrite relativement au dessein qui la représente. Le plan de terre fournira quelques détails dans lesquels nous allons entrer.
A Quarré servant de principe pour les voltes à droite.
B Quarré servant de principe pour les voltes à gauche.
Pour préparer un cheval aux voltes, on le mene d'une piste droit d'épaules & de hanches sur les quatre lignes de ce quarré ; & à l'extrémité de chaque ligne on forme un demi-arrêt, on fixe les hanches du cheval, & on le retourne sur l'autre ligne en lui diligentant les épaules.
C Exemple de la maniere dont les hanches étant fixées à l'extrémité de chaque ligne ou à chaque coin du quarré, les épaules forment diligemment un quart de cercle.
D Exemple de la volte renversée à droite.
E Plan de la volte renversée à gauche.
F Quarré intérieur que décrivent les épaules à chaque coin duquel elles restent immobiles, tandis que les hanches décrivent un quart de cercle.
G Quarré extérieur que décrivent les hanches, & dont les coins sont arrondis.
H Plan de la volte ordinaire à droite.
I Plan de la volte ordinaire à gauche.
L Quarré intérieur décrit par les hanches.
M Quarré extérieur que les épaules décrivent.
Dans les voltes le cheval étant plié à la main où il va, doit passer la jambe de dehors par-dessus celle de dedans, comme dans la croupe au mur.
PLANCHE XX.

Fig, 30 Plan de terre des demi-voltes.
La demi-volte est une sorte de changement de main étroit de deux pistes, qui est fait dans la volte ou aux deux extrémités d'une ligne droite quelconque, qui prend quelquefois le nom de ligne de la passade, quand on y passe & repasse pour attaquer son ennemi. La demi-volte dans la volte se fait ainsi. Arrivé sur le milieu de la ligne du quarré intérieur, on retourne le cheval à la main où il va, comme si on vouloit la lui faire continuer d'une piste, on forme un demi-arrêt, & on le poste de côté vers le centre de la volte, où étant arrivé, on le tourne encore à la même main de la quantité d'un quart de cercle, on le porte ensuite de côté, & on arrive sur le milieu de la ligne extérieure du quarré, droit dans les talons, ce qui s'appelle fermer la demi-volte. On continue le cheval d'une piste jusqu'à ce qu'il arrive à l'un des coins, où l'on peut reprendre la volte à l'autre main.
La demi-volte qui se fait aux deux extrémités d'une ligne droite, se forme en trois tems. Dans le premier on porte son cheval de côté de la quantité de deux fois sa longueur, on le retourne sur une seconde ligne de même étendue, & sur une troisieme qui devient un peu plus longue, parce qu'on détermine son cheval un peu en-avant, & que si l'on considere les trois lignes comme étant droites, cette ligne au-lieu d'être perpendiculaire à la ligne d'où l'on est parti comme dans le premier tems, lui devient oblique: on doit arriver droit des quatre jambes.
La longueur de la ligne de la passade sera de cinq longueurs de cheval, la demi-volte ordinaire de deux longueurs, & la demi-volte de la passade d'une longueur.
A Plan de terre de la demi-volte au galop à droite.
B Plan de la demi-volte au galop à gauche.
C Plan de la demi-volte de la passade au galop à gauche.
D Plan de la demi-volte de la passade au galop à droite.
E Plan d'une pirouette au passage à droite.
F Plan d'une pirouette au passage à gauche. La définition de la pirouette est à la page 2 Pl. VIII. fig. 14.
G Ligne de la passade.
PLANCHE XXI.

Différentes sortes de selles.
Fig. 1. Selle à la royale. a bât de devant. b bât de derriere. c troussequin. d siege. e quartiers. f f entre-jambes. g contre-sanglots. h boucle du poitrail. 6 2 liege. 1 3 4 5 6 la piquure. i panneau. k le gabbe de devant.
2. Selle rase. K gabbe de derriere.
PLANCHE XXII.

Fig. 3. Selle à piquer. c le pommeau.
4. Selle angloise à Ratgotsi. a le liege. b le troussequin. d le quartier de dessus. e le quartier de dessous. g étrier ou porte-étrier.
5. Selle angloise. d boîte de l'arçon. e toile du panneau. f cuir du panneau. g clou à crampon. h clou.
PLANCHE XXIII.

Fig. 6. Selle angloise piquée. a liege. b clou à crampon. c cuir du panneau. d toile du panneau. e étrier ou porte-étrier.
7. Selle de poste. a l'éventouse. c le panneau.
8. Selle de postillon. h crampons de coussinet. i chape de croupiere. g étrier ou porte-étrier. e poches.
PLANCHE XXIV.

Représentant un arçon vu de trois côtés différens, une bride & quelques détails de la bride.
Fig. 1. A porte-étriviere. B platine à crochet. C laniere bredie dans l'œil demi-circulaire. D la même la niere bredie près de la boucle à ardillon. E l'œil de l'étrier.
2. Le tout considéré de profil.
3. Arçon vu de profil. b liege. c c c arçon de devant. d d arçon de derriere. e e bandes. g pointes de l'aiçon de devant. h mammelles. i pointes de l'arçon de derriere. k troussequin.
4. Arçon vu en dessus. n collet.
5. Arçon vu en dessous. l arcade du garrot. m le pont.
6. Brides ou mords garni de têtiere & de rênes. a mords. b têtiere. c rênes. d embouchure. e branches. f chaînettes. g gourmette. h bossettes.
7. Représentant un simple canon, & servant d'explication pour l'embouchure de la fig. 6. i liberté de la langue. k talon. l fonceaux. m montant de l'embouchure. n côté du trou. o côté du pli.
6. a Représentant une branche servant d'explication pour la fig. 6. p le banquet. q l'œil du banquet. n l'arc du banquet & sa broche, l'un & l'autre couverts par la bossette. s bossette. t oreilles. u gros de la branche. x bas de branches. y touret. z anneau 1 la gargouille.
6. b Représentant une gourmette servant d'explication pour la fig. 1.
2. S.
3. Crochet.
4. Maillons.
5. Mailles.
6. Muzerolle.
7. Devant de muzerolle.
8. Dessous de muzerolle.
9. Boucle de muzerolle.
10. Passant de muzerolle.
11. Porte-mords.
12. Passant des porte-mords,
13. Boucles des porte-mords.
14. Dessus de tête.
15. Frontal.
16. Sous-gorge.
17. Boucle de sous-gorge.
18. Passant de sous-gorge.
19. Montant droit.
20. Montant gauche.
21. Boucles & passans des montans.
22. Porte-rênes.
23. Boucles des porte-rênes.
24. Passans des porte-rênes.
25. Bout des rênes.
26. Bouton des rênes.
27. Bouton coulant.
8. Embouchure à gorge de pigeon.
9. Canon à trompe ou à canne.
PLANCHE XXV.

Cette Planche contient différens instrumens servans à dresser les chevaux.
Fig. 1. Caveçon de cuir pour mettre les chevaux entre les piliers. a dessus de tête rembourré. b muzerolle rembourrée. c fausse sous-gorge. d anneaux du caveçon. e cordes du caveçon.
2. a manche de la chambriere. b poignée de la chambriere. c charge de la chambriere.
3. a cavessine à deux longes. b têtiere. c c longes de la cavessine.
4. Cavessine portant martingale. a dessus de tête. b muzerolle. c dessous de muzerolle. d martingale.
PLANCHE XXVI.

Suite des mêmes instrumens.
Fig. 1. Lunettes.
2. Martingale.
3. Caveçon brisé servant à faire trotter les chevaux. a dessus de tête. b fausse sous-gorge. c dessous de muzerolle du caveçon. d caveçon. e anneau du milieu du caveçon. f longe du caveçon.
4. Bridon à la royale, appellé vulgairement filet. a têtiere. b rênes.
5. Bridon d'abreuvoir. a têtiere b frontal. c sous-gorge. d embouchure. e aîles du bridon. h rênes.
PLANCHE XXVII.

Contenant la suite des appartenances de la selle, & plusieurs meubles d'écurie.
Fig. 1. a étrier. b étriviere. c bouton coulant de l'étriviere. d arcade de l'étrier. e œil de l'étrier. f planche de l'étrier. g grille.
2. Les sangles. a sur-faix. b sangle. c branches des sangles. d boucles enchapées.
3. Mastigadour. a têtiere. b c d grand, moyen & petit pas-d'âne.
4. Bridon de main servant aussi à faire trotter les chevaux. a têtiere. b longe pouvant aussi faire l'office de rênes.
5. Peigne de cornes.
6. Eponge.
7. Brosse.
8. Poussette.
9. Etrille. a manche de l'étrille. b b couteaux. c marteau.
PLANCHE XXVIII.

Suite des meubles d'écurie.
a Sac à queue vu par-dessus. b sac à queue vu en-dessous. c trousse-queue vu par dehors. d trousse-queue vu par dedans. e fourche de bois. f fourche de fer. g vannette. h pelle de bois. i boule du licol. k bouchon de paille. l curepié.
PLANCHE XXIX.

Des desseins de détails de l'Equitation.
Fig. 1. 2. 3. Dépendances de la selle. a croupiere. 5 culeron de la croupiere. 6 cachepure. 7 contresanglot. 6 poitrail. 1 cœur. 2 contresanglot. 3 contre-sanglot. 4 bouquetot. C poitrail.
Le reste de la Planche représente la continuation des meubles d'écurie.
d balai de bouleau pour balayer l'écurie & l'urine des chevaux. c balai de jonc servant à nettoyer les harnois & équipages. f ciseaux pour faire les crins. g torche-nez pour assujettir un cheval. m corde du torche nez. Pour faire usage du torche-nez, on passe le bout du nez du cheval dans la corde du torche-nez, on tourne en moulinet l'extrémité n du bâton sur le centre o trou par lequel la corde est passée, & ce mouvement venant à diminuer, l'étendue de la circonférence que forme la corde autour du bout du nez du cheval, le serre au degré où on le juge nécessaire pour le contraindre dans les cas où il en est besoin. h pince à poil. La pince sert au palfrenier pour arracher le poil des chevaux qui en ont trop au fanon. i seau. k couteau de chaleur pour abattre la sueur des chevaux qui arrivent à l'écurie. l couteau à poinçon, dont doit être muni un palefrenier & surtout un postillon dans les voyages, pour couper & faire des trous aux courroies en cas de besoin.
PLANCHE XXX.

Partie du plan d'une écurie double. A B corridor pratiqué dans l'épaisseur du mur. E E E E puits ou couloirs pratiqués dans le massif des piliers battans, par lesquels on descend le fourrage qui est contenu dans le grenier au-dessus de l'écurie. F F F & fenêtres qui éclairent le corridor. G G G & ouvertures qui répondent à chaque ratelier. H H H ratelier. I I I I & poteaux auxquels se terminent les cloisons qui forment les stalles.
La partie opposée de l'écurie est entierement semblable. C D corridor découvert par lequel on va fermer les fenêtres qui éclairent l'intérieur de l'écurie. f f f fenêtres auxquelles on monte par trois ou quatre marches. e e e e puits pour la descente du fourrage dans le corridor inférieur. Ces puits renferment aussi les tuyaux de descente des eaux pluviales.
PLANCHE XXXI.

Coupe transversale d'une écurie double. c d C D coupe par le milieu des fenêtres. a b coupe par le milieu d'un des piliers battans ou contreforts. c e a le comble du fœnil construit en brique. c a chenaux pour conduire les eaux pluviales dans les tuyaux de descente. d b corridor pratiqué dans l'épaisseur de l'entablement. m une des fenêtres du fœnil. n une des ouvertures pratiquées dans les piliers battans pour jetter le fourrage dans le corridor inférieur par le moyen du puits ou couloir o p. f une des fenêtres de l'écurie. C A corridor extérieur, par lequel on ouvre ou on ferme les fenêtres de l'écurie. g fenêtre du corridor inférieur. h ouverture par laquelle on introduit le fourrage dans la niche derriere le ratelier. i l'auge qui est de pierre. B corridor inférieur. l volet que l'on ouvre pour jetter le fourrage sur la grille 2 ; il est retenu du côté de l'écurie par le ratelier k appuyé sur la partie postérieure de l'auge i. I poteau auquel se termine la cloison qui sépare les stalles unes des autres.
PLANCHE XXXII.

Coupe longitudinale, & élévation intérieure de l'écurie double. e e le faîte. m m m fenêtres du fœnil. f f f fenêtres de l'écurie. D D D & stalles en niches. k k k & rateliers. B stalles sans niches, aux rateliers desquels on sert le fourrage par le corridor qui est derriere. i i l auge. I I I I & poteaux auxquels s'assemblent les cloisons qui forment les stalles.
PLANCHE XXXIII.

Partie de l'élévation extérieure de l'écurie double. e e le faîte. m m m fenêtres du fœnil. f f f fenêtres de l'écurie. d d d fenêtres du corridor inférieur. Voyez l'article Ecurie dans le cinquieme Volume de l'Encyclopédie.