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PIÉ-CORNIER

De Encyclopédie

PIÉ-CORNIER, terme des Eaux & Forêts ; on appelle en style des eaux & forêts piés-corniers, les gros arbres qui sont dans les encognures des ventes qui se font dans les forêts, & qui se marquent par le garde-marteau.

Il est dit dans l’article 9. du titre de l’assiette, baillivage & martelage, &c. que les arbres de lisieres & de parois seront marqués du marteau du roi, & celui de l’arpenteur sur une face, à la difference des piés-corniers, qui le seront sur chaque face qui regardera la vente. Lorsque l’on vend quelques parties des forêts du roi, l’espace vendu est enfermé dans des lignes, que l’on tire suivant la situation des lieux. Ces lignes sont appellées parois, & les arbres que l’on laisse à côté ou au bout de la ligne entre deux piés-corniers, sont arbres de paroi ou de lisiere. Exemple.

Pié-cornier. Paroi.

Paroi.

Pié-cornier
Paroi. Paroi.
Pié-cornier Pié-cornier

On voit par cette figure, que les piés-corniers sont les arbres laissés & marqués aux extrémités de la vente. On voit encore qu’entre deux piés-corniers il y a une parois ou deux, eu égard aux distances des piés-corniers. Les piés-corniers doivent être marqués du marteau du maître, de celui du garde-marteau, & de celui du mesureur. Les places taillées sur les piés-corniers sont appellées miroirs, parce qu’elles sont tournées pour regarder & mirer la droite ligne qui conduit d’un pié-cornier à l’autre, & les côtés où les miroirs sont faits sont nommés faces.

La marque du maître est au-dessus des autres, celle du garde-marteau est ensuite, & en bas de l’arbre. Voyez sur cette matiere Rousseau sur les ordonnancesdes Eaux & Forêts, & Duchaufourt dans son instruction sur le fait des Eaux & Forêts. Aubert.

Pié de fief

Pié de fief, en terme de Coutumes, signifie un fief démembré. On dit en terme de Coutumes, que le pié saisit le chef ; ce qui veut dire, ou que la superficie appartient au propriétaire du sol, ou que le propriétaire du sol est en droit d’élever perpendiculairement son édifice si haut qu’il veut, & faire abattre les traverses ou chevrons des maisons voisines qui nuiroient à son élevation.

Pié de forêt

Pié de forêt, pes forestæ (Comm.) contient dix-huit pouces.

Notandum est quod pes forestæ usitatus tempore Ric. Oyssel. in arrentatione vassallorum factus est, signatus & sculptus in pariete cancellæ ecclesiæ de Edwinstone, & in ecclesiâ B. M. de Nottingham, & dictus pes continet in longitudine octodecim pollices, & in arrentatione quorumdam vassallorum pertica, 20, 21 & 24 pedum usa fuit, &c.

Pes monetæ, dans les anciennes archives, se dit d’un réglement juste & raisonnable de la valeur réelle de toute monnoie courante. Voyez Étalon & monnoie.

Pié fourché

Pié fourché, (Comm. de bétail.) les marchands de bétail appellent bestiaux à pié fourché ou fourchu, les animaux qui ont le pié fendu en deux seulement, comme sont les bœufs, vaches, cochons, chevres, &c.

Le pié fourché est aussi un droit qu’on leve aux entrées de quelques villes de France, sur les bestiaux à pié fourché qui s’y consomment, & dont il est fait une ferme.

Piés poudreux (Cour des)

Piés poudreux (Cour des) Jurisprudence, est le nom d’une ancienne cour de justice, dont il est fait mention dans plusieurs statuts d’Angleterre, qui devoit se tenir dans les foires, pour rendre justice aux acheteurs & aux vendeurs, & pour réformer les abus ou les torts réciproques qui pouvoient s’y commettre. Voyez Foire.

Elle a pris son nom de ce qu’on la tenoit le plus souvent dans la saison de l’été, & que les causes n’y étoient guere poursuivies que par des marchands qui y venoient les piés couverts de poussiere, & que l’on appelloit par cette raison, piés poudreux ; ou bien elle a été ainsi nommée, parce qu’on s’y proposoit d’expedier les affaires de son ressort, avant que la poussiere fût tombée des piés du demandeur & du défendeur.

Cette cour n’avoit lieu que pendant le tems que duroient les foires. Elle avoit quelque rapport avec notre jurisdiction de juges & consuls. Voyez Consul.

Piésente

Piésente, (Jurisprud.) est un sentier qui doit contenir deux piés & demi de largeur ; on ne peut y passer qu’à pié, & non y mener ni ramener des bêtes. Coutume de Boulenois, art. 166.

Pié d’alouette

Pié d’alouette, (Hist. nat. Bot.) delphinium, genre de plante à fleur polypétale, anomale & composée de plusieurs pétales inégaux ; le pétale supérieur se termine en une autre queue, & reçoit un autre pétale divisé en deux parties, & garni d’une queue comme le premier : le pistil occupe le milieu de ces pétales, & il devient dans la suite un fruit dans lequel il y a plusieurs gaînes réunies en forme de tête, qui s’ouvrent dans leur longueur, & qui renferment des semences, le plus souvent anguleuses. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez Plante.

Pié de chat

Pié de chat, (Botan.) cette plante qu’on emploie dans les pharmacopées, sous le nom équivoque de gnaphalium, est appellée par Tournefort, elichrysum montanum, flore majore, purpurascente. I.R.H.453.

Ses racines sont fibreuses & rampantes de tous côtés ; les feuilles sont couchées sur terre ; elles sont oblongues, arrondies vers la pointe, d’un verd gai, couvertes en dessous d’un duvet blanchâtre. Au sommet de ces tiges, sont plusieurs fleurs à fleurons, di- visées en maniere d’étoile, portées chacune sur un embryon, & renfermées dans un calice écailleux & luisant ; l’embryon se change en une graine garnie d’aigrettes.

Pié de chat

Pié de chat, (Mat. méd.) les fleurs de pié de chat sont la seule partie qui soit en usage. Ces fleurs tiennent un rang distingué parmi les remedes pectoraux : on en ordonne frequemment l’infusion, la légere décoction, sous forme de tisane, & le sirop simple, dans presque toutes les maladies chroniques des poumons, & sur-tout dans les plus légeres, telles que le rhume, soit récent, soit opiniâtre & invéteré ; ce crachement incommode & abondant est connu sous le nom vulgaire de pituite, &c.

On donne cette infusion ou cette décoction, soit seule, soit mêlée avec du lait, & ordinairement édulcorée avec le miel, le sucre, ou un sirop approprié.

Pié de coq égyptien

Pié de coq égyptien, (Botan. exot.) c’est le gramen dactylon ægyptiacum de E. B. & de Parkinson ; petite plante d’Egypte, à racine blanche, genouillée & rampante. Ses branches sont pareillement genouillées, & portent quatre épics, qui forment une croix ; cette plante est d’usage médicinal en Egypte.

Pié de griffon

Pié de griffon, (Botan.) c’est un nom vulgaire de l’ellebore noir, puant des botanistes, helleborus niger, fœtidus, qui a quelque usage dans la médecine des bestiaux. Voyez Ellebore noir, (Botan.)

Pié de liévre

Pié de liévre, (Botan.) espece de tréfle que les anciens botanistes ont nommé lagopus vulgaris ; ses fleurs ont une fausse ressemblance au pié d’un liévre ; elle croît parmi les blés ; sa graine est rougeâtre : quand elle est mêlée avec le blé, & écrasée au moulin, elle rend le pain rougeâtre, aussi le blé dans lequel elle se trouve, diminue considérablement de prix.

Pié de lion

Pié de lion, alchimilla, genre de plante dont la fleur n’a point de pétales ; elle est composée de plusieurs étamines soutenues par un calice en forme d’entonnoir, & profondément découpé. Le pistil devient dans la suite une, ou plusieurs semences renfermées dans une capsule qui a servi de calice à la fleur. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez Plante.

Ce genre de plante est connu des botanistes, sous le nom latin alchimilla, dont Tournefort compte treize especes : nous décrirons la plus commune, alchimilla vulgaris, C. B. P. 319. Clusii hist. 108. Tournefort I. R. H. 508. en anglois, the common ladies-mantle.

Sa racine se répand obliquement ; elle est de la grosseur du petit doigt, fibreuse, noirâtre & astringente ; elle pousse un grand nombre de queues longues d’une palme & demie, velues ; chaque queue porte une feuille qui approche de celle de la mauve, mais plus dure, ondée & partagée en huit ou neuf angles obtus. Cette feuille est crenelée symétriquement, & comme repliée avec autant de nervures qui viennent à la queue, & qui s’étendent jusqu’à l’extrémité ; du milieu des feuilles s’élevent quelques tiges grêles, velues, cylindriques, branchues, hautes de neuf pouces, garnies de quelques petites feuilles, portant à leur sommet un bouquet de fleurs sans pétales, composé de plusieurs étamines garnies de sommets jaunâtres ; ces fleurs sont contenues dans un calice d’une seule piece, en forme d’entonnoir, de couleur verte-pâle, partagé en quatre parties pointues, entre lesquelles il s’en trouve quatre autres plus petites.

Le pistil se change en une, ou deux menues graines jaunâtres, brillantes, arrondies, renfermées dans une capsule qui étoit le calice de la fleur. Cette plante se plaît parmi les herbes des Alpes, des Pirenées & des montagnes de la Provence. La plante est placée au rang des plantes vulnéraires astringentes ; onemploie son suc dans les ulceres internes, ainsi que pour arrèter les regles trop abondantes, les fleurs blanches, & la dyssenterie ; ce remede est fort utile dans le crachement de sang, le pissement de sang, le diabete & l’ulcere des poumons.

Quelques filles, au rapport d’Hoffman, savent se servir adroitement de la décoction de pié de lion, dont elles font un demi-bain pour réparer leur virginité. Elles tâchent aussi, par cette même décoction, d’affermir leurs mammelles ; pour cet effet, elles trempent un linge dans la décoction de cette plante, & elles l’appliquent sur leur sein.

Pié de loup

Pié de loup (Botan.) le vulgaire appelle ainsi l’espece de mousse terrestre nommée par Tournefort, moscus terrestris clavatus, parce qu’il a des pédicules qui s’élevent d’entre les rameaux, & qui représentent vers leur sommet une petite tête ; cette petite tête, quand on la touche en automne, jette une poudre jaune, subtile, qui étant séchée, s’enflamme & fulmine presque comme de la poudre à canon.

Pié d’oiseau

Pié d’oiseau, ornithopodium, genre de plante à fleur papilionacée. Le pistil sort du calice, & devient dans la suite une silique en forme de faucille, composée de plusieurs pieces jointes ensemble, & ordinairement plissée : chacune de ces pieces renferme une semence arrondie. Ajoutez aux caracteres de ce genre, que les siliques sont réunies plusieurs ensemble, & qu’elles ont quelque ressemblance avec le pié d’un oiseau. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez Plante.

Pié de pigeon

Pié de pigeon, (Botan.) par les botanistes, geranium columbinum. Voyez Bec de grue, (Botan.)

Pié de pigeon ou Bec de grue

Pié de pigeon ou Bec de grue, (Mat. med.) les feuilles de cette plante ont une saveur styptique & gluante. Tournefort recommande le sirop fait de leur suc pour la dyssenterie : son extrait a la même vertu. De quelque maniere que l’on donne cette plante, elle arrête d’une maniere surprenante le sang de quelque endroit qu’il coule. Geoffroi, mat. med. Cet éloge est trop général & trop positif ; il n’est pas même à la maniere de Geoffroi : il faudroit bien se garder de trop compter sur un pareil secours dans des hémorrhagies dangereuses.

Le pié de pigeon a beaucoup d’analogie avec une autre espece de geranium ou bec de grue, appellée herbe à Robert. On emploie indifféremment l’une ou l’autre de ces plantes. Voyez Herbe a Robert.

Pié de poule

Pié de poule, (Botan.) nom que le peuple donne à l’espece de gramen ou chien-dent, appelle par Tournefort, gramen dactylon, radice repente. Ce même nom de pié de poule, est encore donné par le vulgaire au lanium folio cautem ambiente minus, de Tournefort. Si l’on ne rejettoit pas les noms vulgaires des plantes, la Botanique deviendroit un chaos ; il faut apprendre les noms de l’art & s’y tenir.

Pié de veau

Pié de veau, (Bot.) genre de plante à fleur monopétale, anomale, & dont la forme ressemble à l’oreille d’un âne ou d’un lievre. Le pistil sort du fond de cette fleur, & il est entouré à sa base de plusieurs embryons qui deviennent dans la suite autant de baies presque rondes, dans chacune desquelles il y a une ou deux semences arrondies. Ajoutez aux caracteres de ce genre, que les feuilles ne sont pas divisées, ou qu’elles ont simplement de petites découpures. Tournefort. Inst rei herb. Voyez Plante.

Tournefort compte 34 especes de ce genre de plante, dont il suffira de décrire la plus commune qui est d’usage en Médecine. Elle est nommée arum vulgare, non maculatum. C. B. P. 195. I. R. H. 158 ; en anglois, the common wake-Robin, or, arum, wiht plain leaves ; & en françois, pié de veau sans taches.

Sa racine est tubéreuse, charnue, de la grosseur du pouce, arrondie, mais mal formée ; blanche, remplie d’un suc laiteux, garnie de quelques fibres. Ses feuilles sont longues de neuf pouces, presque triangulaires, semblables à une fleche, luisantes & veinées. Sa tige est environ de la hauteur d’une coudée, cylindrique, cannelée ; elle porte une fleur membraneuse d’une seule piece, irréguliere, de la figure d’une oreille d’âne ou de lievre, roulée en maniere de gaîne, d’un blanc verdâtre. Au fond de cette fleur est le pistil, d’un jaune pâle, à la naissance duquel plusieurs grains, comme ceux des raisins, ou plusieurs baies se trouvent rassemblées en une tête oblongue. Ces baies sont sphériques, de couleur de pourpre, molles, pleines de suc ; elles renferment une ou deux petites graines, un peu dures & arrondies. Toute la plante est d’une saveur fort âcre, & qui brule la langue.

Le pié de veau marqué de taches, arum maculatum, vulgare, maculis candidis vel nigris, C. B. P. 195. I. R. H. 158, ne differe de l’espece précédente, que par les taches blanches ou noires dont ses feuilles sont parsemées ; ces deux especes de pié de veau s’emploient en Medecine. Voyez Pié de veau, Matiere medicale.

L’arum montant d’Amérique, à grandes feuilles percées, arum hederaceum, amplis foliis perforatis, du P. Plumier s’attache au tronc des arbres de la même maniere que nos lieres ; cette espece d’arum étrangere est le bois des couleuvres d’Acosta, & du P. du Tertre. Hist. des Antilles.

L’arum d’Amérique à feuilles de sagittaire, & qui s’éleve en arbrisseau, arum americanum arborescens, sagittariæ foliis, du même P. Plumier, porte un fruit qui pique la langue, tandis que sa racine est douçâtre & d’un assez bon goût ; c’est l’arum esculentum, sagittariæ foliis viridi-nigrantibus, de Sloane Cat. Jam.

Pié de veau

Pié de veau, (Mat. méd.) c’est la racine de cette plante qui est principalement en usage en Médecine. Cette racine fraîche a une saveur âcre & brûlante, qui se dissipe en très-grande partie par la dessiccation & par la décoction. Elle tient un rang distingué parmi les stomachiques, les béchiques incisifs, & les fondans ou desobstruans purgatifs. On la regarde aussi comme un bon fébrifuge. Elle est très-recommandée dans l’asthme humide, la toux invéterée & suivie de crachats épais & gluans, les pâles couleurs, la cachexie, la jaunisse & les affections mélancholiques-hypochondriaques. La dose de cette racine seche est d’un demi-gros jusqu’à un gros & demi, en poudre & reduite sous forme d’opiat, avec un excipient convenable. C’est principalement avec le miel qu’on l’incorpore, lorsqu’on l’emploie contre l’asthme humide. On la fait entrer aussi dans les apozemes & les bouillons apéritifs & fondans.

La racine de pié de veau est de la classe de celles qui donnent une fécule voyez Fécule. Quelques auteurs ont cru retrouver dans cette fécule les vertus de la racine entiere, mais dans un degré plus mitigé. Ils se sont trompés, cette fécule est dépourvue de toute vertu médicinale.

La racine de pié de veau fraiche, adoucie par la cuite, dans l’eau ou dans le vinaigre, est donnée pour un bon diurétique, & un excellent vulnéraire. Van-helmont la recommande à ce dernier titre dans les chutes des lieux élevés.

Les feuilles pilées & reduites en forme de cataplasme, ou simplement battues & flétries entre les mains, sont dans plusieurs provinces, un remede populaire, fort efficace contre les brûlures, les écorchures, les coups aux jambes, aux coudes, &c. qui entament la peau, les ulceres récens, &c.

La racine de pié de veau entre dans l’eau générale, dans l’opiat mésentérique, dans l’emplâtre diabotanum, la poudre cachectique de Quercetan, &c.

Pié d’ane

Pié d’ane, (Conchyl.) nom vulgaire donné à une espece d’huitre, différente de l’huitre commune parun mamelon à sa charniere ; on l’appelle en latin spondylus, ainsi voyez Spondyle.

Pié du stile

Pié du stile, terme de Gnomoniq. c’est le point du plan sur lequel tombe une ligne abaissée du bout du stile ; perpendiculairement sur le plan du cadran.

Pié

Pié, (Hydr.) c’est la mesure de toutes les choses qui sont dans le commerce ; la toise & la perche sont composés de piés de roi, ainsi que l’aune qui contient 3 piés 8 pouces.

Il y a différentes sortes de piés ; savoir :

Le pié courant, qui est divisé en 12 pouces courans.

Le pié quarré a 144 pouces quarrés, en multipliant 12 pouces par 12 pouces, dont le produit est 144.

Le pié circulaire est de 144 pouces circulaires, en multipliant 12 par 12, dont le produit est 144.

Le pié cylindrique qui est un solide en la multiplication de la superficie d’un pié circulaire, contenant 144 pouces circulaires par sa hauteur 12, ce qui donne 1727 pouces cylindriques.

Le pié cube en la multiplication de la superficie d’un pié quarré, contenant 144 pouces quarrés par sa hauteur 12, ce qui donne 1727 pouces cubes.

Pié d’eau

Pié d’eau, (Hydr.) est un solide ou pié cube d’eau, qu’il ne faut pas confondre avec le pié cylindrique d’eau, qui n’est composé que de pouces circulaires multiplies par des pouces circulaires, qui produisent 1728 pouces cylindriques ; chacun de ces pié cylindriques n’a que 113 pouces 2 lignes quarrés, provenant de la proportion du pié quarré au pié circulaire, & ne pese que 55 livres ; au-lieu que le pié cube d’eau pese 70 livres. On évalue ce pié cube d’eau le huitieme du muid d’eau, ce que l’on a reconnu par l’expérience. Ainsi quand on compose le muid d’eau de 288 pintes mesure de Paris, le pié cube d’eau vaut 36 pintes, huitieme de 288 ; & quand le muid d’eau n’est évalué qu’à 280 pintes, le pié cube ne vaut que 35 pintes.

Pié de vent

Pié de vent, phénomene dont on trouve la description dans l’histoire de l’académie des Sciences de 1732. Il consiste dans un arrangement de nuages sur différentes lignes, qui étant prolongées concourroient à deux points opposés de l’horison, comme les méridiens d’un globe se réunissent aux poles. « Lorsque le ciel n’est pas tout-à-fait serein, ni entierement couvert, il est rare, quand on y fait bien attention, que les nuages ne paroissent pas affecter cette disposition plus ou moins sensiblement. C’est d’ordinaire au point de réunion vers l’horison, qu’elle est la plus remarquable, & quelquefois elle ne l’est pas ailleurs ; c’est pour cela qu’il faut, sur-tout lorsqu’on n’a pas pris l’habitude d’observer le phénomene, un horison fort étendu pour le voir distinctement. Souvent le point de réunion est très sensible, & les nuages qui en partent semblent s’écarter en tout sens, en forme d’éventail, ou d’un côté de l’horison seulement, tandis que l’autre côté est sans aucun nuage ; ou des deux côtés de l’horison à la fois, & alors un des deux centres est d’ordinaire plus apparent que l’autre. Ils ne sont pas toujours diamétralement opposés : quelquefois l’ordre des nuages se trouble & se confond, & l’on apperçoit pendant quelque tems, deux différens points de concours du même côté de l’horison, jusqu’à ce que l’un des deux disparoisse & cede, pour ainsi dire, la place à l’autre. Divers nuages, disposés parallelement les uns aux autres & à l’horison à perte de vûe, ce qui est l’arrangement naturel que le vent leur donne, doivent, suivant les regles de l’optique, nous paroître concourir à deux points opposés de l’horison. On ne doit pas regarder ce phénomene comme une autre sorte de météore ; mais on doit le ranger dans la classe des phénomenes que les nuées représentent par leur différente situation ». Essai de Phys. de Méth. page 751. §. 1524.

Pié

Pié, on appelle en terme de Blason, pié de l’écu, la pointe ou partie inférieure de l’écu ; & on dit qu’un animal est en pié, pour dîre qu’il est posé sur les quatre piés. Lorsqu’il ne paroît que les trois fleurons de lis, & que le pié qui est au dessous en est retranché, on dît pié coupé & pié nourri. On appelle pié fiché, celui qui est pointu & propre à ficher en terre.

Pié

Pié, (Chasse.) c’est par le pié qu’un bon chasseur peut connoitre les différentes bêtes & leurs différens âges.

Les vieux cerfs ont ordinairement la sole du pié grande & de bonne largeur, le talon gros & large, la comblette ouverte, la jambe large, les os gros, courts & non tranchans, la piece ronde & grosse, & ne sont jamais aucune fausse démarche, ce qui arrive souvent aux jeunes. Outre ce, les vieux cerfs n’avancent jamais le pié de derriere plus avant que celui de devant, au lieu que les jeunes le passent toujours. La biche a le pié fort long, étroit & creux, & le talon si petit, qu’il n’y a pas de cerf d’un an qui ne l’ait aussi gros.

On reconnoît dans les chevreuils les mâles des femelles au pié ; les mâles ont ordinairement plus de pié devant que les chevrettes, le tour des pinces en est plus rond, & le pié plus plein ; au lieu que les femelles les ont creux & les côtés moins gros que les mâles, qui ont aussi le talon & la jambe plus larges, & les os plus gros & tournés en-dedans.

La trace du sanglier se distingue d’avec celle d’une laie, en ce que lorsque la laie est pleine, elle pese beaucoup en marchant, va ordinairement les quatre piés ouverts, & a les pinces moins grosses que n’a le sanglier qui va la trace serrée ; elle a aussi les gardes, la soie & le talon plus larges, les côtés plus gros & plus usés, les allures plus longues & plus assurées, mettant les piés plus aisément dans une même distance. Dans la saison du rut, les laies ont les allures aussi longues que le sanglier ; mais la trace du mâle est plus ronde & mieux faite. Il y a aussi une différence entre le sanglier en son tiers an, & celui en son quart an ; celui en son tiers an a la sole moins pleine, & a les côtés de la trace plus tranchans, & les pinces moins grosses & plus tranchantes ; le sanglier en son quart an a les gardes plus larges, plus usées & plus près du talon ; les allures en sont plus longues, & le pié de derriere demeure plus éloigné que celui de devant, au-lieu que le sanglier en son tiers an rompt une partie de sa trace, & va les piés plus ouverts. Les vieux sangliers mirés ont encore les gardes plus larges & plus grosses & plus usées ; elles approchent plus aussi du talon, & sont plus bas jointées ; & ils vont les quatre piés plus serrés.

On distingue par le pié le sanglier du cochon domestique, en ce que les pourceaux privés vont toujours les quatre piés ouverts, & les pinces pointues & sans rondeur ; mais les bêtes noires vont les piés plus serrés, sur-tout ceux de derriere ; ils ont les pinces plus rondes & mieux faites, & le pié plus creux que ceux des porcs privés, qui l’ont ordinairement plein, & n’appuient pas du bout de la pince comme les sauvages, qui ont le talon, la jambe & les gardes plus larges, & qui s’écartent beaucoup plus que ceux d’un pourceau sauvage, qui a les gardes petites & piquantes, droites en terre.

On distingue les traces d’un vieux loup d’avec celles du chien, parce que le loup, quand il va d’assurance, a toujours le pié très-serré, au lieu que celui du chien est toujours fort ouvert, & qu’il a le talon moins gros & moins large que le loup, & les deux grands doigts plus gros, quoique les ongles du loupsoient plus gros & enfoncent plus avant en terre ; outre que les loups forment en-dessous trois petites fossettes, ce que celui du chien ne fait pas. Le loup a aussi plus de poil sur le pié que le chien, & les allures en sont bien plus longues, mieux reglées & plus assurées.

Le pié du loup differe de celui de la louve, en ce que celle-ci a les ongles moins gros que le loup. Les jeunes loups se connoissent aux liaisons des piés qui ne sont point si fortes que celles des vieux loups, ce qui fait que les jeunes ont le pié plus ouvert, des ongles plus petits & plus pointus, & que leurs allures ne sont pas si réglées ni si longues.

Le pié du blaireau differe beaucoup de celui des autres animaux qu’on chasse, ce qui en rend la connoissance aisée ; il a les doigts du pié tous égaux & le talon fort gros ; il pese du pié quand il marche, & le fait porter également à terre.

Pié

Pié, en Géométrie, (Arpentage, Commerce), &c. est une mesure convenue dans chaque royaume ou état gouverné par ses propres lois, pour évaluer ou déterminer des longueurs ; le pié françois contient douze pouces. Voyez Mesure & Pouce.

Les Géometres divisent le pié en dix doigts, le doigt en dix lignes, &c.

Les Anglois divisent leur pié comme nous, en douze pouces, & le pouce en douze lignes. Voyez Ligne.

Un pié quarré est une surface rectangulaire dont la longueur & la largeur sont égales à un pié ; ce pié contient 144 pouces quarrés. Voyez Quarré.

Le pié cube ou cubique a ses trois dimensions égales chacune à un pié ; il contient 1728 pouces cubes. Voyez Cube & Cubique.

Table de la proportion du poids de différens corps ou matieres réduites à la grosseur du pié cube.

Table.
Un pié cube d’or pese, 1368 liv.
Un pié cube d’argent, 744.
Un pié cube de cuivre, 648.
Un pié cube d’étain, 576.
Un pié cube de plomb, 829.
Un pié cube de vif-argent, 977 17.
Un pié cube de terre, 95 13.
Un pié cube de sable de riviere, 132.
Un pié cube de sable de terre & de mortier, 120.
Un pié cube de chaux, 59.
Un pié cube de plâtre, 86.
Un pié cube de pierre commune, 140.
Un pié cubede pierre de liais, 165.
Un pié cubede pierre de Saint-Leu, 115.
Un pié cube de marbre, 252.
Un pié cube d’ardoise, 156.
Un pié cube d’eau douce, 72.
Un pié cubed’eau de mer, 73 17.
De vin, 70 12.
D’huile, 66 13.
Enfin un pié cube de sel, 110.

Pié

Pié, (Mesure de longueur.) mesure prise sur la longueur du pié humain, qui est différent selon les lieux. On appelle aussi pié un instrument en forme de petite regle, qui a la longueur de cette mesure, & sur laquelle ses parties sont gravées.

On considere les piés comme antiques ou comme modernes, & c’est cette division que nous allons suivre en rapportant les piés usités selon qu’ils ont été déterminés par Suellius, Riccioli, Scammozzi, Petit, Picard, &c. Les uns & les autres sont réduits au pié de roi, qui est une mesure établie à Paris & en quelques autres villes de France ; elle contient 144 lignes. Ce pié est divisé en douze pouces, le pouce en douze lignes, & la ligne en douze points. Ainsi ce pié est divisé en 1728 parties. Six de ces piés font la toise. On se sert de palmes & de brasses au lieu de piés en quelques villes d’Italie. Toutes ces mesures sont principalement utiles pour l’intelligence des livres, des desseins, & des ouvrages d’Architecture de divers lieux.

Piés antiques par rapport au pié de roi.

pié d’Alexandrie, 13 pouces 2 lignes 2 points.

Pié d’Antioche, 14 pouces 11 lignes 2 points.

Pié arabique, 12 pouces 4 lignes.

Pié babylonien, 12 pouces 1 ligne & 6 points. Selon Capellus, 14 pouces 8 lignes & demie ; & selon M. Petit, 12 pouces 10 lignes & 6 points.

Pié grec, 11 pouces 5 lignes 6 points ; & selon M. Perrault, 11 pouces 3 lignes.

Pié hébreu, 13 pouces 3 lignes.

Pié romain. Selon Vilalpande & Riccioli, ce pié a 11 pouces 1 ligne 8 points ; Selon Lucas Poetus, au rapport de M. Perrault, & selon M. Picard, 10 pouces 10 lignes 6 points, qui est la longueur du pié qu’on voit au Capitole, & qui apparemment est la mesure la plus certaine du pié romain. Malgré ce témoignage, M. Petit pense que ce pié doit être de 11 pouces.

Piés modernes par rapport au pié de roi.

Pié d’Amsterdam, 10 pouces 5 lignes 3 points.

Pié d’Anvers, 10 pouces 6 lignes.

Pié d’Avignon & d’Aix en Provence, 9 pouces 9 lignes.

Pié d’Ausbourg en Allemagne, 10 pouces 11 lignes 3 points.

Pié de Baviere en Allemagne, 10 pouces 8 lignes.

Pié de Besançon en Franche Comté, 11 pouces 5 lignes 2 points.

Pié ou brasse de Bologne en Italie, 14 pouces selon Scammozzi, & 14 pouces 1 ligne suivant M. Picard.

Pié de Bresse, 17 pouces 7 lignes & 6 points, selon Scammozzi, & 17 pouces 5 lignes 4 points selon M. Petit.

Pié ou dérab du Caire en Egypte, 20 pouces 6 lignes.

Pié de Cologne, 10 pouces 2 lignes.

Pié de Franche Comté & Dole, 13 pouces 2 lignes 3 points.

Pié ou pic de Constantinople, 24 pouces 5 lignes.

Pié de Copenhague en Danemark, 10 pouces 9 lignes 6 points.

Pié de Cracovie en Pologne, 10 pouces 2 lignes.

Pié de Dantzick en Pologne, 10 pouces 4 lignes 6 points selon M. Petit, & 10 pouces 7 lignes selon M. Picard.

Pié de Dijon en Bourgogne, 11 pouces 7 lignes 2 points.

Pié de Florence, 20 pouces 8 lignes 6 points selon Maggi ; 21 pouces 4 lignes 6 points selon Lorini ; 22 pouces 8 lignes selon Seammozzi, & 21 pouces 4 lignes selon M. Picard.

Pié de Genes, 9 pouces 9 lignes.

Pié de Geneve, 18 pouces 4 points.

Pié de Grenoble en Dauphiné, 12 pouces 7 lignes 2 points.

Pié de Heidelberg en Allemagne, 10 pouces 2 lignes selon M. Petit, & 10 pouces 3 lignes 6 points suivant une mesure originale.

Pié de Léipsic en Allemagne, 11 pouces 7 lignes 7 points.

Pié de Leyden en Hollande, ou pié rhenan, 11 pouces 7 lignes. Ce pié sert de mesure à tout le septentrion ; sa proportion avec le pié romain est comme de 950 à 1000. Voyez Casimir, qui dans sa pyrothecnie a fait sa réduction au pié rhenan, de tous les autres piés des plus fameuses villes de l’Europe.

Pié de Liege, 10 pouces 7 lignes 6 points.

Pié de Lisbonne en Portugal, 11 pouces 7 lignes 7 points selon Suellius.

Pié de Londres & de toute l’Angleterre, 11 pouces 3 lignes, ou 11 pouces 2 lignes 6 points selon M. Picard, & suivant une mesure originale, 11 pouces 4 lignes 6 points. Le pouce d’Angleterre se divise en dix parties ou lignes.

Pié de Lorraine, 10 pouces 9 lignes 2 points.

Pié de Lyon, 12 pouces 7 lignes 2 points, selon M. Petit ; & 12 pouces 7 lignes 6 points, selon une mesure originale. Sept piés & demi font la toise de Lyon.

Pié de Manheim dans le Palatinat du Rhin, 10 pouces 8 lignes 7 points, selon une mesure originale.

Pié de Mantoue en Italie, 17 pouces 4 lignes suivant Scammozzi.

Pié de Mâcon en Bourgogne, 12 pouces 4 lignes 3 points. Il en faut sept & demi pour la toise.

Pié de Mayence en Allemagne, 11 pouces 1 ligne 6 points.

Pié de Middelbourg en Zélande, 11 pouces 1 ligne.

Pié de Milan, 22 pouces.

Pié de Naples, est une palme de 8 pouces 7 lignes selon Riccioli.

Pié de Padoue en Italie, 13 pouces 1 ligne selon Scammozzi.

Pié de Palerme en Sicile, 8 pouces 5 lignes.

Pié de Parme en Italie, 20 pouces 4 lignes.

Pié de Prague en Boheme, 11 pouces 1 ligne 8 points.

Pié du Rhin, 11 pouces 5 lignes 3 points selon Suellius & Riccioli ; 11 pouces 6 lignes 7 points selon M. Petit ; 11 pouces 7 lignes selon M. Picard, & 11 pouces 7 lignes & demi, suivant une mesure originale. On en a trouvé une seconde en fouillant les ruines d’Herculanum ; on dit que c’est une verge pliante de bronze, dans laquelle le pié romain est partagé en pouces & en lignes ; de cette maniere on saura définitivement l’étendue du pié romain.

Pié de Rouen, semblable au pié de roi.

Pié de Savoie, 10 pouces.

Pié de Sedan, 10 pouces 3 lignes.

Pié de Sienne en Italie, 21 pouces 8 lignes 4 points.

Pié de Stockholm en Suede, 12 pouces 1 ligne.

Pié de Strasbourg, 10 pouces 3 lignes 6 points.

Pié de Tolede, ou pié castillan, 11 pouces 2 lignes 2 points, selon M. Riccioli, & 10 pouces 3 lignes 7 points selon M. Petit.

Pié trévisan dans l’état de Venise, 14 pouces 6 points selon Scammozzi.

Pié de Turin ou de Piemont, 16 pouces selon Scammozzi.

Pié de Venise, 12 pouces 10 lignes, selon Scammozzi & Lorini ; 12 pouces 8 lignes selon M. Petit, & 11 pouces 11 lignes suivant M. Picard.

Pié de Verone, égal à celui de Venise.

Pié de Vicence en Italie, 13 pouces 2 lignes selon Scammozzi.

Pié de Vienne en Autriche, 11 pouces 8 lignes.

Pié de Vienne en Dauphiné, 11 pouces 11 lignes.

Pié d’Urbin & de Pezaro en Italie, 13 pouces 1 ligne selon Scammozzi.

Pié selon ses dimensions.

Pié courant ; c’est le pié qui est mesuré suivant sa longueur.

Pié quarré ; c’est un pié qui est composé de la multiplication de deux piés. Ainsi un pié étant de 12 pouces, un pié quarré est de 144 pouces, nombre qui provient de 12 multiplié par 12.

Pié cube : c’est un pié qui contient 1728 pouces cubes, nombre qui est formé du produit du pié quarré par le pié simple.

Comme nous écrivons pour tous les peuples, & qu’il pourroit y avoir des étrangers qui ignoreroient le rapport & la différence du pié qui est en usage chez eux au pié de roi, que nous avons pris ici pour regle, il convient d’ajouter encore une table qui puisse aider tout le monde à évaluer les différens piés à celui de Paris. Nous avons dit qu’il se divisoit en douze pouces, & chaque pouce en douze lignes. Si donc on suppose chaque ligne divisée en dix parties, on aura

parties.
Le pié de Paris, de 1440.
Le pié de Bologne, de 1682.
Le pié de Danemarck, de 1404.
Le pié de Rhin ou de Leyden, de 1390.
Le pié de Londres, de 1350.
Le pié de Suede, de 1316.
Le pié romain du capitole, de 1306.
Le pié de Dantzick, de 1272.
Le pié d’Amsterdam, de 1258.
Le palme de Naples, de 1169.
Le palme de Genes, de 1113.
Le palme de Palerme, de 1073.
Le palme romain, de 990.
La brasse de Bologne, de 2640.
La brasse de Florence à terre, de 2430.
La brasse de Parme & de Plaisance, de 2423.
La brasse de Reggio, de 2348.
La brasse de Milan, de 2166.
La brasse de Bresse, de 2075.
La brasse de Mantoue, de 2062.
Le pié de Rome, de 1320.
Le pié de Venise, de 1540.
Le pié de Constantinople, de 3140.
Le pié de Strasbourg, de 1282 34.
Le pié de Nuremberg, de 1346 34.
Le pié de Halle en Saxe, de 1320.
Le pié de Leipsic, de 1397.
Le pié de Cologne, de 1220.
Le pié de Baviere, de 1280.
Le pié d’Ausbourg, de 1313.
Le pié de Lisbonne, de 1397.
Le pié de Vienne en Autriche, de 1400.
Le pié de Prague, de 1338.
Le pié de Cracovie, de 1580.
Le pié de Savoie, de 1440.
Le pié de Geneve, de 2592.
Ancien pié, {   des Hébreux, de 1590.
des Grecs, de 1350.
des Romains, de 1306.

Quand les Allemands n’expriment point la sorte de pié dont ils se servent, il faut l’entendre du pié rhinlandique.

Piés droits

Piés droits, (Marine.) ce sont des étances passées sur le fond de cale & sous quelques baux, dans les plus grands vaisseaux où il y a des broches taillées comme celle d’une cremailliere, par où les matelots montent & descendent avec le secours d’une tirevieille.

Pié marin

Pié marin, (Marine.) avoir le pié marin, se dit d’un homme de mer qui a le pié si sûr & si ferme qu’il peut se tenir debout pendant le roulis d’un vaisseau.

Il se dit aussi de celui qui entend bien sa navigation, & qui est fait aux fatigues de la mer. Lorsqu’un officier a le pié marin, les gens de l’équipage ont bien plus de confiance dans sa conduite.

Pié fort

Pié fort, terme de Monnoie, ce mot se dit d’une piece d’or, d’argent, ou d’autre métal, plus forte ou plus épaisse que les monnoies ordinaires, quoique presque toujours frappée au même coin, mais qui n’a point de cours dans le commerce comme les autres especes.

Ce sont les Monétaires on Monnoyeurs qui les font frapper par curiosité, soit pour garder, soit pour les donner à leurs amis. On voit à Paris dansles cabinets des curieux, des piés fort de quatre louis d’or, de huit, de douze, & de seize, presque tous gravés par le célebre Varin, cet habile artiste, à qui la monnoie de France est redevable de sa perfection.

Outre les piés forts qui sont frappés sur de l’or, on en a aussi quantité d’argent & de cuivre gravés par cet excellent tailleur, qui égalent les beautés des médailles les plus estimées. Boisard.

Pié

Pié, s. m. (Manufacture.) ce mot se dit de la partie inférieure des rots, qui servent à la fabrique des étoffes & des toiles ; la partie supérieure s’appelle la tête.

Pié

Pié, (Mesure d’ouvriers.) mesure de cuivre, de fer, de bois, ou de quelqu’autre matiere que ce soit, qui sert à la plûpart des ouvriers, entre autres aux Charpentiers, Menuisiers, Maçons, Couvreurs, & autres semblables, pour mesurer les ouvrages.

Il y a de ces piés qui sont tout d’une piece, d’autres qui se plient & sont brisés, d’autres encore qui en s’ouvrant portent leur équerre. Ce sont les faiseurs d’instrumens de mathématiques qui font ordinairement lés piés de cuivre ; ils en font aussi d’argent pour mettre dans des étuis portatifs : les uns & les autres sont divisés en pouces, & le premier pouce en lignes.

Les piés de fer ou d’ouvrage commun se vendent par les quincailliers.

Pié droit

Pié droit, s. m. (Archit.) c’est la partie du trumeau ou jambage d’une porte ou d’une croisée, qui comprend le bandeau ou chambranle, le tableau, la feuillure, l’embrasure, & l’écoinçon ; on donne aussi ce nom à chaque pierre, dont le pié droit est composé.

Pié de fontaine

Pié de fontaine, s. m. (Archit.) espece de gros balustre, ou piédestal rond ou à pans, quelquefois avec des consoles ou des figures, qui sert à porter une coupe ou un bassin de fontaine, ou un chandelier. Il y a dans la colonade de Versailles trente-un piés, qui soutiennent autant de bassins de marbre blanc.

Pié de mur

Pié de mur, (Archit.) c’est la partie inférieure d’un mur, comprise depuis l’empattement du fondement jusqu’au-dessus, ou à hauteur de retraite.

Pié-de-chevre

Pié-de-chevre, terme d’ouvriers, espece de pince de fer, recourbée & refendue par le bout, dont les Charpentiers, Maçons, Tailleurs de pierre, & autres ouvriers, se servent pour remuer leurs bois, leurs pierres, & semblables fardeaux.

Piés de devant, de derriere

Piés de devant, de derriere. Voyez l’article Bas au métier.

Pié-de-chevre

Pié-de-chevre, (Charpent.) c’est une troisieme piece de bois, qui sert à en appuyer deux autres qui composent le montant de la machine qu’on appelle chevre, & qui est propre à élever des fardeaux : les Charpentiers ajoutent cette troisieme piece de bois pour servir de jambe à la machine appellée chevre, lorsqu’on ne peut l’appuyer contre un mur, pour enlever un fardeau de peu de hauteur, comme une poutre sur des tréteaux, pour la débiter, &c. Dans leur langage enter en pié-de-chevre, c’est une maniere d’assembler dont ils se servent pour alonger des pieces de bois.

Pié-cornier

Pié-cornier, (Charpent.) ce mot se dit des longues pieces de bois qui sont aux encoignures des pans de charpente ; on le dit aussi des quatre principales pieces qui font l’assemblage d’un bateau, d’un carrosse, qui soutiennent l’impériale ; où l’on attache les mains, où l’on passe les soupentes.

Pié de cire

Pié de cire, (Cirerie.) c’est ainsi qu’on appelle le sédiment ou ordure de la cire qui s’échappe à-travers la toile, ou par les trous du pressoir, & qui tombe au fond des moules, où l’on a jetté la cire étant encore chaude. On se sert d’un couteau ou d’un autre instrument fait exprès pour séparer la bonne cire d’avec le pié de cire, qui se trouve tou- jours au-dessous des pains, après qu’on les a retirés des moules ; moins la cire a de pié, & plus elle est estimée. Dictionnaire de Comm.

Pié d’étaple

Pié d’étaple, (Cloutier.) est un instrument de fer pointu par en bas, & enfoncé dans le bloc qui sert d’établi aux Cloutiers ; cet instrument a dix-huit pouces ou environ de hauteur, & quatre pouces de largeur ; il est quarré dans toute sa longueur, excepté par en haut, où il est plus long que large, & se termine en pince d’un côté. Le pié d’etaple a au côté opposé à la pince une ouverture dans laquelle on introduit la clouillere, qui de l’autre côte est posée sur la place. Voyez planches du Cloutier, & leur explic. vous y distinguerez le pié d’étaple, la place, le ciseau, & la clouillere garnie en-dessous de son ressort, & dans le trou de laquelle est un clou.

Pié

Pié, (Dentelle.) ce mot se dit d’une dentelle très-basse, qui se coud à une plus haute, engrelure contre engrelure.

Pié-de-chevre

Pié-de-chevre, (Ferblantier.) outil de ferblantier, c’est un morceau de fer qui est fait à-peu-près comme un tas, à l’exception qu’il est plus haut sur son pié, & moins large ; la face de dessus est fort unie. Il sert aux Ferblantiers pour former des plis & replis à leurs ouvrages. Voyez la figure planches du Ferblantier.

Pié

Pié, terme dont plusieurs artistes se servent, mais particulierement les Horlogers, les faiseurs d’instrumens de mathématiques ; il signifie une petite cheville cylindrique fixée à une piece qui doit tenir à vis sur une autre.

Il y a trois piés sous la potence d’une montre, lesquels étant juste dans des trous percés à la platine du dessus, empêchent que cette platine & la potence ne tourne sur la vis qui les tient pressées l’une contre l’autre. La fonction des piés est la même dans les autres pieces où ils sont ajustés ; tels sont le coq, les barettes, le petit coq, &c. On écarte, autant qu’il se peut, les piés les uns des autres, afin que par leur distance le jeu qu’ils pourroient avoir dans leur trou devienne moins sensible.

Pié-de-biche

Pié-de-biche, (Horlogerie.) se dit parmi les Horlogers, d’une détente brisée, dont le bout peut faire bascule d’un côté, mais non pas de l’autre ; il se dit aussi de tout ajustement semblable.

Pié de guide-chaîne

Pié de guide-chaîne, terme d’Horlogerie ; c’est une espece de petit pilier quarré rivé d, vers la circonférence de la platine de dessus d’une montre, entre le barillet & la fusée Ce pié est représenté vu en plan avec le guide-chaîne, en PI, fig. 42. Pl. X. de l’Horlogerie. Il a dans sa largeur une fente PI, dans laquelle entre la lame du guide-chaîne, & a de plus un trou à la moitié de sa hauteur qui le traverse de part en part, & qui est à angle droit. Avec cette fente ce trou sert à loger une goupille, qui passant à-travers un trou semblable percé dans la lame du guide-chaîne, l’empêche de sortir de cette fente, en lui laissant cependant la liberté de tourner sur la goupille & de s’approcher ou de s’éloigner un peu de la platine. Voyez Guide-chaîne.

Pié horaire

Pié horaire, (Horlogerie.) c’est la troisieme partie de la longueur d’un pendule qui fait ses vibrations dans une seconde. M. Huyghens est le premier qui ait déterminé cette longueur, & il a trouvé qu’elle est à celle du pié de Paris, comme 864 à 881. Ce mathématicien compte pour la longueur de ce pendule 3 piés de Paris, 8 lignes & demie. Voyez Horolog. Oscillat. part. IV. Prop. 25. Hug. opera, tom. I.

Pié

Pié, (Jardinage.) est le bas de la tige d’un arbre ; on dit encore le pié d’une pallissade.

Pié de chevre

Pié de chevre, terme d’Imprimerie, s’entend d’une espece de marteau particulier aux ouvriers de la presse ; c’est un morceau de fer arrondi, de la lon-gueur de sept à huit pouces, sur deux pouces de diametre, dont une des extrémités qui se termine en talon ou tête de marteau, leur sert pour monter leurs balles, & à proprement parler, à clouer les cuirs sur les bois de balle. L’autre extrémité qui est comme une pince aiguë, courbée, & refendue, leur tient lieu de tenailles, lorsqu’il s’agit de détacher les clous & démonter les balles. Voyez Balles, Bois de balles, Cuirs.

Pié de la lettre

Pié de la lettre, (Imprimerie.) est le bout ou extrémité opposée à l’œil ; on l’appelle pié, parce que c’est cette extrémité qui sert de point d’appui à la superficie & au corps de la lettre, qui peut être considérée dans son tout, comme ayant trois parties distinctes, l’œil, le corps, & le pié.

Piês de mouche

Piês de mouche, (Caractere d’Imprimerie.) ainsi figuré ¶. Il à faire connoître les remarques qu’un auteur veut distinguer du corps de sa matiere, afin que l’on sache pour quelle raison on s’en sert dans un ouvrage ; l’auteur doit en avertir le lecteur dans sa préface. Voyez table des Caracteres, figure 5.

Pié, huit piés, ouvert, ou huit piés en résonnance

Pié, huit piés, ouvert, ou huit piés en résonnance, (jeu d’orgue.) ce jeu qui est d’étain joue l’octave au-dessus du bourdon, & de la montre de 16 piés, & l’unisson du bourdon de quatre piés bouché. Voyez la table du rapport & de l’étendue des jeux de l’orgue, & la fig. 33. Pl. d’orgue. Ce jeu est ouvert, & a quatre octaves.

Pié

Pié, dans les orgues : on appelle pié, la partie inférieure c d e, fig. 31. n°. 2. Pl. d’orgue, de forme conique d’un tuyau. Le pié est ordinairement de la même étoffe que le tuyau, & y est soudé après que le biseau qui sépare le tuyau du pié a été soudé avec ce dernier. La levre inférieure de la bouche est prise dans le corps même du pié que l’on applatit en-dedans pour les tuyaux qui ont la bouche en pointe ; pour ceux qui l’ont ovale, c’est une piece de la forme d’un segment de cercle que l’on retranche du pié. La fleche de ce secteur, a fig. 33. est le quart de sa corde ; la piece retranchée d’un tuyau sert pour un autre de moindre grosseur.

On observe de donner aux tuyaux des montres d’orgue, des longueurs & des grosseurs symmétriques, en sorte que les bouches des tuyaux suivent des deux côtés d’une tourelle ou dans des plates faces correspondantes, des lignes également inclinées à l’horison. Cet arrangement donne plus de grace au fust d’orgue, que si les bouches étoient toutes sur une même ligne, ou qu’elles fussent disposées irrégulierement.

Pié dans le cheval

Pié dans le cheval, (Maréchal.) c’est la partie de la jambe depuis la couronne jusqu’au bas de la corne. Voyez Couronne. Il est composé de la couronne, du sabot, de la sole, de la fourchette, & des deux talons. Les défauts du pié sont d’être gros, c’est-à-dire, trop considérables à proportion de la jambe ; gros, c’est-à-dire, que la corne en est trop mince ; comble plat, ou en écaille d’huitre, est celui qui n’a pas la hauteur suffisante, & dont la sole descend plus bas que les bords de la corne, & semble gonflé ; dérobé, ou mauvais pié, est celui dont la corne est si usée ou si cassante, qu’on ne sauroit y brocher des clous. Pié encastelé, voyez Encastelure, cerclé, voyez Cerclé. Pié du montoir, c’est le pié gauche de devant & de derriere ; pié hors du montoir, c’est le droit ; pié sec, est celui qui se resserre, s’encastele & se cercle naturellement. Le petit pié, est un os qui occupe le dedans du pié, & qui est emboîté par la corne du sabot. Pié neuf, se dit d’un cheval à qui la corne est revenue après que le sabot lui est tombé ; & il n’est plus propre dans ce cas que pour le labour. Parer le pié d’un cheval, c’est rendre les bords de la corne unis, pour poser ensuite le fer dessus. Galoper sur le bord ou sur le mauvais pié, voyez Galoper. On me- sure les chevaux par pié & pouces ; le pié de la lance. Voyez Lance.

Pié de biche

Pié de biche, (Menuiserie.) est un morceau de planche, au bout duquel il y a une entaille en forme de pié de biche ; il sert à tenir l’ouvrage sur l’établi. Voyez les fig. Planches de la Menuiserie.

Pié de biche

Pié de biche, terme de Menuisier ; ils appellent pié de biche, une certaine façon de terminer les piés d’une table, d’une chaise, ou autre ouvrage en forme du pié d’une biche.

Pié de biche

Pié de biche, (Orfévrerie.) ce sont les piés qui supportent les caffetieres d’argent ou d’autres ouvrages de cette nature, qu’on appelle ainsi, parce qu’ils ont la forme du pié d’une biche.

Pié

Pié. On dit un tableau, un dessein réduit au petit pié, quand pour en copier un grand on proportionne toutes les parties par quarrés, suivant ceux qu’on a marqués sur l’original. C’est ce qu’on nomme aussi craticuler, ou faire un chassis ou treillis.

Piés-droits

Piés-droits, (Plomberie.) ce sont les plaques ou tables de plomb dont on couvre la charpente des lucarnes, pour empêcher que le bois ne pourrisse à la pluie. Les piés-droits se payent à tant le cent pesant mis en œuvre, plus ou moins, suivant le prix du plomb. Savary.

Pié de biche

Pié de biche, terme de Serrurier, c’est une barre de fer qui sert à fermer les portes cocheres ; cette barre est attachée à la muraille, & se divise à l’autre bout en deux crampons qui entrent dans les ferrures de la porte.

Pié

Pié, (Soyerie.) partie du métier. Il y a les piés de devant ; ce sont des piliers de bois de 15 pouces d’équarrissage jusqu’à la banque, & au-dessus de 7 à 8 pouces.

Il y a les piés de derriere ; ce sont des pieces de bois de 7 à 8 pouces d’équarrissage hautes de 6 piés ou environ : ceux de devant sont de la même hauteur.

Pié

Pié, (Teinture.) c’est la premiere couleur qu’on donne à une étoffe avant que de la teindre dans une autre couleur, comme le bleu avant que de le teindre en noir ; ce qui s’appelle pié de pastel ou de guede. On dit de même pié de garance, pié de gaude, pié de racine, & ainsi des autres drogues dont est composée une teinture.

Une seule étoffe a autant de piés de couleur qu’elle est successivenent teinte en différentes couleurs ; & les Teinturiers en France sont obligés d’y laisser autant de roses ou rosettes que de piés, pour faire voir qu’ils ont donné les piés de leur couleur. Savary.

Pié derriere

Pié derriere, au jeu de quilles, se dit d’un joueur qui finissant sa partie est obligé de jouer un pié au but ou dans le cercle de sa boule, & l’autre derriere. Cela ne se fait qu’au dernier coup de la partie ; & il y a même bien des joueurs qui conviennent de ne le pas faire.